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vendredi 1 octobre 2021

Sophie Cluzel, la nouvelle Coluche ?


Le Gouvernement publie les résultats nationaux et régionaux de la deuxième édition de l’étude d’impact de sa « Stratégie nationale autisme et troubles du neurodéveloppement ».

Sophie Cluzel :

« Tout d’abord, malgré les difficultés, aucun indicateur n’est en recul de façon significative »

« Stabilité de l’âge moyen au diagnostic (7,1 ans pour l’autisme)…. »

Il n’y a pas a dire, c’est aussi bon que du Coluche :

« La France, comme elle est, c'est pas plus mal que si c'était pire ! »

Sources : Article d’Handirect et mes bons souvenirs. 


mardi 9 mars 2021

Plus JAMAIS ça !


La vengeance des services sociaux français est terrible. Après qu'on a réussi enfin à arracher Oscar de leurs griffes, la soeur d'Inès (la maman d'Oscar), vient de se faire retirer ses 3 enfants par l'aide sociale à l'enfance.

Ce pays pue le trafic d'enfants. Que fait-on de ces enfants que juges et ASE considèrent comme des marchandises ?

Subiront-ils les mauvais traitements et les abus qu'a subis leur cousin?

Parents belges d'enfants en situation de handicap, n'allez pas vous installer en France, JAMAIS.

Parents français d'enfants en situation de handicap, n'allez JAMAIS voir les services sociaux. JAMAIS.

Parents français qui envoyaient leur enfant en Belgique pour le sauver, notre cher Président Macron et sa complice Sophie Cluzel, secrétaire d'état au handicap, viennent de sortir un moratoire pour vous empêcher de les sauver.

Heureusement, ce moratoire ne concerne que les établissements wallons hébergeurs conventionnés avec la France. Il vous reste encore les écoles et les internats.




dimanche 24 janvier 2021

Oscar n'est pas Diary Sow

 


Oscar n’est pas mannequin.

Oscar n’est pas le meilleur étudiant de son pays.

Oscar n’est pas surdoué.

Oscar est un enfant.

Oscar est autiste.

Oscar n’a pas fugué.

Oscar est retenu prisonnier hors de son pays.

Oscar est Belge.

Oscar est retenu prisonnier en France.

Oscar n’intéresse pas les médias.

Oscar n’intéresse pas les internautes.

Oscar est détenu sur base de rapports mensongers des services sociaux français.
Les services sociaux belges ont démenti ces rapports.

Mais le service public justice belge refuse de réclamer le dossier.

Ce service dit que c’est au juge français de se dessaisir du dossier, sous prétexte que l’adresse d’Oscar était à Lille lors du placement.

Depuis, la résidence officielle d’Oscar est dans une commune de la région de Bruxelles.

Mais le service public justice belge refuse toujours de réclamer le dossier, alors que les règlements européens et internationaux exigent que l’affaire soit jugée dans la juridiction de résidence de l’enfant.

Oscar est noir.

Mais Oscar n’a pas un physique de mannequin.

Mais Oscar n’est pas le meilleur étudiant de son pays.

Mais Oscar n’est pas surdoué.

Mais Oscar est un enfant.

Mais Oscar est autiste.

Mais Oscar n’a pas fugué.

Mais Oscar est retenu prisonnier hors de son pays.

Mais Oscar est Belge.

Et Oscar est retenu prisonnier en France.

Et tout le monde s’en fout.


dimanche 22 novembre 2020

Les ultras de l’autisme ont encore frappé

 

« Music » : Sia défend son film critiqué par des personnes autistes. Le premier film de la chanteuse australienne, annoncé pour février, fait l’objet de critiques car le rôle principal, celui d’une ado autiste, est incarné par une actrice non concernée.

Jeudi, Sia a dévoilé la bande-annonce du film Music, qu’elle a écrit, réalisé et qui sortira en février. Son nouvel album du même nom sera commercialisé simultanément et rassemblera les chansons qu’elle a composées pour ce long-métrage annoncé comme une « exploration originale du pouvoir de guérison de l’amour et de l’importance de la communauté ». L’héroïne, une ado autiste, sera incarnée par la danseuse Maddie Ziegler, apparue dans la plupart des clips récents de la star australienne.

Si la nouvelle a réjoui les nombreux fans de Sia, elle a aussi fait grincer les dents de certains qui reprochent à l’artiste de ne pas avoir confié le rôle principal à une actrice concernée par l’autisme.

Sur Twitter, Sia a défendu ce choix, en plaidant la « compassion ». «J’ai vraiment essayé de travailler avec une jeune fille non verbale sur le spectre de l’autisme et elle a trouvé cela déplaisant et stressant », a-t-elle expliqué.

Comme si les acteurs ne savaient pas jouer un rôle de composition… Faut-il un peintre pour jouer Cézanne, un docteur pour jouer un docteur, un tueur en série pour jouer un tueur en série ???

Décidément, les extrémistes desservent les causes qu’ils croient défendre. Notamment en prenant des positions opposées à l’inclusion, comme pour cette polémique.

Lire l’article : Sia défend son film critiqué par des personnes autistes.


vendredi 3 avril 2020

Message d'une maman à M. Macron


"Monsieur Macron,

À l'occasion de cette journée internationale de l'autisme, vous vous êtes exprimé à notre attention, pour nous annoncer "une bonne nouvelle" à nous les autistes et les aidants :
Nous pourrons à présent bénéficier d'une dérogation spéciale nous permettant de sortir durant cette période de confinement.

Devrions-nous en être reconnaissants ? Saluer votre démarche ? Démarche copiée sur les voisins espagnols qui eux ont le mérite de ne pas avoir attendu une date symbolique pour tirer un écœurant bénéfice d'image de la situation.

Votre discours, Monsieur Macron, est tellement à côté de nos réalités qu'il en est insultant.

Nous serions impatients de retrouver "nos vies d'avant"... Nos vies d'avant ? Celles où nous étions déjà confinés, car exclu d'une société qui ne veux pas de nos enfants dans ses écoles, d'un Etat allant jusqu'à écraser les droits fondamentaux de ses citoyens les plus vulnérables, en les laissant sans solutions, au bord du chemin ?

Nous serions pressés de retrouver "nos habitudes".... Nos habitudes ? Celle de se battre continuellement contre une administration qui fait la sourde oreille, celle de supporter la violence institutionnelle et de payer quotidiennement -de nos existences et de celles de nos enfants- le retard honteux de la France en matière d'inclusion ?

Nous n'avons pas attendu le coronavirus, Monsieur Macron, pour pleurer dans nos chambres en cachette, quand les enfants dorment, parce que nous ne savons pas de quoi leurs avenirs incertains seront faits.

Vous êtes si loin de nos vies, vous maîtriser tellement mal votre sujet, que ça en devient révélateur du mépris que vous avez pour nous.
Non monsieur Macron, nos vies d'avant et nos habitudes ne nous manquent pas, ce qui nous manque, c’est le respect de nos droits en situation ordinaire.

Porter une cocarde bleue en adoptant la rhétorique de la bienveillance, c'est comme applaudir les soignants : c'est joli mais ça ne change rien aux maltraitances que nous subissons et continuerons à subir sans réelles ruptures idéologiques".

Merci à Nadia pour ce superbe texte, qui décrit si bien la réalité, loin de la démagogie et la langue de bois de ceux qui nous gouvernent.

Mon avis personnel : c’est bien qu’il y ait une dérogation pour les personnes en situation de handicap dont les capacités cognitives et/ou troubles du comportement font que le confinement leur est insupportable, pour elles et donc pour leur famille et je salue cette décision, même tardive. Mais effectivement, cette annonce ce jour est à l’image de la Macronie : de la com, de la com, de la com.

jeudi 19 mars 2020

Ceci est le chat, ceci est le fils


Ceci est le chat.

Ceci est le fils.



Le fils est peut-être moins mignon parce que plus grand maintenant mais il a plus de mérite.
Et il n’est pas moins beau (parole de Maman !).

Le fils affronte chaque jour avec courage l’autisme et le syndrome d’Ehlers-Danlos.
Ce n’est pas facile pour lui de rentrer dans votre monde à vous,
Ce n’est pas facile pour sa maman de l’aider dans cette tâche.

Beaucoup d’entre vous ont « liké » sa vidéo,
Beaucoup d’entre vous l’ont partagée
À tous leurs contacts, via mails, réseaux sociaux…

Si certains d’entre vous ont bien voté, et merci à vous !
Vos contacts ont principalement liké.

Alors, n’oubliez pas de voter et de faire voter ici :




lundi 16 mars 2020

Autisme & emploi


Dans le cadre du concours d’Autisme-Europe, Wolfgang a réalisé un court-métrage d’animation : « Choisir ses études en fonction de son futur métier ».

Nous y suivons son parcours.

Pensez à voter pour son film : il peut rassurer les jeunes (et leurs familles) sur leur avenir professionnel et donner quelques pistes concrètes à suivre.

Décomplexé, il aborde avec humour certaines situations vécues ! Et fait montre de l'expertise de nos jeunes dans certains domaines !

Il montre ainsi les atouts de nos jeunes, sans ignorer leurs points faibles et propose quelques solutions pour résoudre les problèmes (très brèves, car la vidéo est très courte !).

Il met aussi l'accent sur les aidants proches, aidants familiaux (en l'occurrence, la maman du jeune homme concerné). Rôle essentiel à ne pas oublier et à valoriser !

Puissent les décideurs en tenir compte...

Le concours se termine ce dimanche 29 mars à minuit, ensuite ceux qui le désirent (parents, associations, professionnels de l’autisme, de l’éducation, de l’emploi…) peuvent envoyer un mail à wolfgang@mostinos.com pour obtenir gracieusement la vidéo à télécharger.




vendredi 28 février 2020

Schovanec se lâche et va au clash


Et c’est réjouissant. Voir les « stars » auto-diagnostiquées autistes, auto-proclamées porte-paroles, ainsi que certain(e)s auto-proclamé(e)s représentant(e)s de la cause se faire gifler si brillamment… je kiffe !


EXTRAITS :

À propos des diagnostics abusifs :
« À peu près tous les professionnels de l'autisme constatent que la part des diagnostics abusifs a totalement dérapé mais peu de gens osent parler, tant le tabou est lourd. »
 (…) « lorsque la personne présente ce que j'appellerais le « carré magique de l'inclusion sociale », à savoir emploi-logement-famille-voiture, avec une mention particulière pour les personnes ayant eu un nombre important de partenaires sexuels. Autant de signes qui doivent inciter à la plus grande prudence. »
(…) « D'autres catégories médicales sont souvent confondues avec l'autisme, à l'instar de l'alcoolémie fœtale, qui pourtant s'accompagne de traits parfaitement observables sur le visage des gens, leur taille, etc. Résultat, tout le monde est autiste. L'abus diagnostic coexiste souvent avec un sous-diagnostic des autistes réels. »

À propos des erreurs d’étiquetage dans le diagnostic (notamment autres troubles psychiques ou sociaux) :
« À ce titre, il convient de préciser que s'intéresser à soi-même, passer son temps sur Facebook, aimer la nature ou encore le sexe ne sont pas des centres d'intérêt autistiques. »

À propos de savoir ci ce phénomène touche plus les femmes que les hommes :
« Ceci étant, je constate une montée forte des diagnostics problématiques chez les hommes également, par mimétisme ou, tout simplement, par volonté d'être dans un environnement féminin – d'ailleurs parfois avec des visées plus ou moins avouables. »

À propos des professionnels qui délivrent les diagnostics :
« Les professionnels de santé s'adaptent de diverses façons : certains cèdent, d'autres changent d'activité, d'autres écrivent délibérément des âneries sur la feuille comme pour alerter « diagnostic faux » et d'autres encore en font un business de façon assumée. »

À propos de la situtation dans les autres pays :
« Il y a plusieurs termes pour désigner les personnes à diagnostic douteux : Aspinets, Wannabe, Barbie, autistes bling-bling, etc. Cette « mode » est en effet plutôt venue du monde anglophone. La France a basculé vers 2016 ou 2017. À présent, la situation est telle que, lorsque le film Hors Normes est sorti, le public a été surpris de voir de « vrais » autistes ».

À propos de l’impact sur les personnes vraiment autistes et en situation de handicap :
« On pourrait y ajouter un discrédit croissant de la notion même d'autisme. Les gens ne sont pas dupes, quand des personnes non-autistes n'ayant pas le moindre signe de handicap sont médiatisées, ils le remarquent, bien qu'ils n'osent, en général, rien dire publiquement. »

À propos des diagnostics précoces :
« Une piste, en effet, pourrait être de mettre l'accent sur le diagnostic dans l'enfance. Une autre serait de responsabiliser les journalistes (dont je fais à ma façon partie aussi), en disant qu'il est anormal, par exemple, que les cinq podcasts sur l'autisme de Télérama réalisés fin 2019 soient tous féminins et portent majoritairement sur la vie affective. »

À propos du fait que Josef ne mâche pas ses mots :
« La première réaction au fait que j'aie accepté cette interview a été « C'est courageux de ta part ». Un ami canadien m'a, de son côté, fermement déconseillé de parler de ces choses. Je sais que cela me vaudra de gros ennuis… Mais je dirai la vérité quoi qu'il m'en coûte. »


Bon maintenant Josef, après tout ce beau discours, te dégonfle pas : publie-le, ton diagnostic !

dimanche 9 février 2020

dimanche 2 février 2020

Le bon exemple par la Macronie


La Maison pour l’autisme de Melle prise en exemple ? Un article de La Nouvelle République.

© (Photo NR, Jean-André Boutier)

Extrait :
Sophie Cluzel a rappelé que le gouvernement a débloqué une enveloppe de 20 M€ pour trouver des solutions qui, notamment, éviteront la fuite des familles en Belgique (où il existe de nombreuses structures d’accueil pour les adultes). « Il nous faut trouver la bonne maille dans nos territoires, étudier comment développer ces dispositifs d’accompagnement et de rééducation. On a ici la bonne solution, il nous faut l’accélérer et la généraliser. »

Mon commentaire :
Pour rappel, l’exode en Belgique coûte plus de 500 millions par an… Quand est-ce que ce gouvernement arrêtera de se ficher du monde ?



jeudi 30 janvier 2020

Euthanasie en Belgique : chronique d'un procès annoncé


Je savais qu’un jour cela allait arriver. J’avais dénoncé plusieurs fois les risques encourus avec un élargissement de l’euthanasie aux porteurs de troubles mentaux et aux mineurs.


J’avais une première fois abordé le sujet de l’euthanasie, en racontant mon expérience familiale douloureuse.

Ensuite j’avais évoqué les dangers à l’étendre aux mineurs. (On avait parlé d’abord de renoncer à l’étendre aux porteurs de troubles mentaux, mais on avait renoncé… à ce renoncement par la suite). J’étais encore revenue sur le risque de laisser l’interprétation du désir de mourir aux psychiatres.

De tous les partis politiques, seul le CDH s’était opposé à cet élargissement. Il avait été quasiment accusé d’intégrisme catholique. Je suis athée, mais j’ai simplement envisagé les conséquences négatives possibles. Les dirigeants politiques auraient dû savoir que « gouverner, c’est prévoir ».

Et les autres partis ont manqué de vision car nous y sommes aujourd’hui. Va-t-on condamner ces médecins ? Cela ne se fera que s’ils ont enfreint la loi. Moi, je pense qu’il faudrait en priorité revoir la loi pour y ôter tous les écueils que j’ai évoqués.



mercredi 15 janvier 2020

Star, un outil d'utilisation d'internet pour les ados autistes


Ressource pédagogique en ligne pour les enseignants visant à promouvoir un usage sûr et responsable d’internet pour les jeunes ayant des troubles du spectre autistique : STAR.


L’enseignement francophone compte environ 5.500 enfants atteints de troubles du spectre de l’autisme (TSA), ce trouble nécessite un outil adapté pour se familiariser à un usage sûr d’Internet et des réseaux sociaux.  Child Focus a lancé, en partenariat avec le SUSA, vzw De Kade, Ekta et 8Trust, « STAR », un nouvel outil pédagogique en ligne visant à renforcer les professionnels de l’enseignement spécialisé mais également de l’enseignement inclusif ou autres institutions diverses dans leur rôle d’éducateurs digitaux. Cet outil s’adresse principalement aux jeunes âgés de 10 à 14 ans atteints de TSA.

Lire l’article du Guide social.

Site internet de l’outil.




mardi 26 novembre 2019

Star de l’autisme ou « idiot utile » pour la psychanalyse ?


Dans un billet, le « Dr BB » revient sur l’interview d’Hugo Horiot sur France Culture du 10 octobre dernier, à propos du film « Hors Normes » et de l’autisme en France.

Pour peu que vous soyez un tant soit peu sensé et connaissiez l’autisme, vous avez dû sursauter plusieurs fois en entendant celui qui se dit lui-même imposteur débiter un flot d’assertions qui m’ont laissée pantoise… Mais comment les journalistes peuvent encore accorder du crédit à ses paroles ? N’y a-t-il personne d’autre à interroger en France, que ces stars auto-proclamées, auto-diagnostiquées de l’autisme, qui prétendent que nos enfants sont tous des petits génies qui n’ont qu’à envoyer leur CV à Silicon Valley pour résoudre les problèmes, non seulement de l’autisme, mais du monde entier ? Comment peut-on, même en n’étant pas personnellement touché par l’autisme, laisser dire tant de bêtises, sans contradiction possible ?

Hugo Horiot réussit le miracle à faire paraître plein de bon sens le Dr BB, psychiatre d'orientation psychanalyste, et à me mettre d’accord avec lui sur pas mal de passages de son billet, c’est dire ! Il offre donc un boulevard pour la défense de la psychanalyse pour l’autisme…



Quelques extraits percutants que je vous livre ici :

Parfois, on ressent fortement le besoin de réagir à certains propos proférés en toute impunité, avec la complicité déroutante d’instances médiatiques de référence. Ainsi, j’ai été assez interloqué à l’écoute de la matinale de France Culture du 18 octobre dernier, au cours de laquelle était interviewé l’écrivain et comédien Hugo Horiot, militant pour la dignité des personnes autistes. A cette occasion, l’invité de la matinale revendiquait son statut d’autiste diagnostiqué précocement mais ayant échappé à la « psychiatrisation », alors que les médecins qu'il avait rencontrés à l’âge de 2-3ans lui auraient prévu un aller simple en hôpital psychiatrique. Né Julien Horiot, il a changé de prénom à 6 ans pour « tuer en lui le dictateur », ce qu’il a rapporté dans un essai autobiographique intitulé « L’empereur, c’est moi ».

Actuellement, Hugo Horiot poursuit sa carrière d’écrivain, en axant sa production littéraire sur la dénonciation des stigmatisations à l’égard de la différence cognitive ou de la pathologisation de la différence (« Autisme : j’accuse ! »). A ce titre, il est régulièrement consulté en tant qu’expert sur la question par les institutions européennes, mais n’a pas souhaité participer à l’élaboration du 4ème plan autisme, en raison de la présence du « lobby psychiatrique » et du « lobby médico-social ». De fait, Hugo Horiot demande explicitement que l’intégralité des fonds alloués à l'institutionnalisation des autistes en France soit réaffectée pour qu’enfin la France puisse exploiter (sic) ces intelligences divergentes.

Effectivement, durant toute l’émission, l’invité de Guillaume Erner a revendiqué la fermeture de toutes les institutions accueillant des personnes autistes, arguant du fait « qu’il n’a a pas de bonne institution », et qu’il faut donc libérer ces enfants retenus captifs entre les murs de structures cherchant à préserver une manne financière. Un seul mot d’ordre donc : l’inclusion et la scolarisation pour tous - l’école n’étant visiblement pas une institution et n’ayant pas non plus de murs…

Lorsque le journaliste questionnait son invité sur sa représentation de l’autisme, celui-ci présenta ‌‌des conceptions à la fois très vagues, et néanmoins assénées comme une vérité intangible. Dans une perspective historique, Hugo Horiot évoquait la découverte de l’autisme par Eugen Bleuler en 1911 – je rappellerais simplement que le psychiatre suisse utilisait alors ce néologisme pour décrire certains regroupements symptomatiques dans le cadre de sa description princeps de la schizophrénie ; il faudra effectivement attendre 1943 pour que Léo Kanner décrive le tableau clinique de l’autisme infantile précoce. Voici les caractéristiques de l’autisme que rapportaient Hugo Horiot : une association d’hyper et d’hyposensibilité et des intérêts restreints avec des pics de compétence très élevés dans certains domaines. En lien avec son propre parcours, Hugo Horiot a beaucoup insisté sur le fait qu’il n’y avait pas de retard de langage, mais une émergence différée de la parole. Toute évocation d’une éventuelle souffrance était aussitôt évacuée, et appréhendée uniquement comme la résultante d’une forme de racisme cognitif et d’un traitement ségrégatif imposé à cette population. Pour ce militant, les notions d’ « autisme sévère » ou d' « autisme léger »sont tout simplement inexactes et préjudiciables. Parlant de son propre vécu de l’autisme, Hugo Horiot évoquait, en toute modestie, ses capacités hors-normes, en termes de concentration, de capacités à faire des liens, ou de performances mnésiques.

[…]

Dès lors, on comprend qu’Hugo Horiot puisse comparer, sans frémir, la politique française à l’égard du handicap et de l’autisme aux programmes eugéniques du IIIe Reich….Lors de l’émission, le journaliste Guillaume Erner ne sembla d’ailleurs pas particulièrement choqué face à ce genre d’allégations, qu’il ne chercha pas à remettre en cause…Certes, notre système de santé a mis en place un dépistage anténatal facultatif de la trisomie 21, et l’éventualité d’une interruption thérapeutique de grossesse est proposée aux parents, en cas de diagnostic positif. Cela peut effectivement soulever certains questionnements éthiques. Néanmoins, il n’y a pas là de programme politique d’éradication, même si les structures d’accompagnement sont insuffisantes. De surcroit, la situation de l’autisme est absolument incomparable, compte-tenu non seulement des enjeux génétiques spécifiques que nous aborderons ultérieurement mais aussi des aspects proprement cliniques.

En entendant ce type de propagande, à une heure de grande écoute, sur une radio publique, sans qu’aucun contradicteur sérieux ne puisse opposer certains éléments de réalité, j’étais assez abasourdi.

En tout cas, en s’en tenant strictement au contenu discursif de cet entretien, un certain nombre de réflexions à l’emporte-pièce– et d’affects- ont pu m’envahir. En toute humilité, je souhaiterais pouvoir partager ces ressentis, même s’ils ne sont pas politiquement corrects. Par ailleurs, il m’a semblé important de pouvoir développer certains points effleurés à la hussarde, afin de ramener des faits, au-delà de revendications militantes hors-sol et déconnectées des enjeux de réalité.

Pourquoi Guillaume Erner n’a-t-il pas fait son travail de journaliste, en adhérant de plain-pied à des propos idéologiques ? Pourquoi aucun soignant prenant en charge au quotidien des enfants autistes n’a-t-il été convié sur l’antenne de France Culture, de façon à pouvoir éventuellement faire entendre des points de vue complémentaires, divergents, voire contradictoires ? Car il faut savoir que la deuxième partie de l’émission était consacrée au film « Hors-normes » d'Eric Toledano et Olivier Nakache, constituant d’après Hugo Horiot une « peinture très crue de la dérive institutionnelle dans la prise en charge de l'autisme, à laquelle nous sommes confrontés en France depuis les années 60 ». Ce long métrage montrerait donc que, « même avec des associations qui leur viennent en aide, et donc avec des personnes de bonne volonté qui sont là pour palier une déficience de notre éducation nationale » - contrairement aux soignants qui sont surement mal intentionnés – « on tombe dans une impasse, liée à une forte exclusion sociale de ces profils ».

Je formule une hypothèse : le journaliste des matins de France Culture était pétrifié, car il craignait d’être accusé, d’une façon ou d’une autre, d’intolérance voire d’ « autismophobie » - mais peut-être que, tout simplement, Guillaume Erner pense qu’il existe des similitudes effectives entre la politique nazie d’épuration des handicapés et notre contexte français contemporain…

Voilà le fond de ma pensée : ne pas s’autoriser à contredire un interlocuteur, parce qu’il serait autiste, ou juif, ou homosexuel, ou victime de toute forme d’oppression ou de stigmatisation, consisterait à adopter une posture paternaliste et condescendante, proche d’une forme de racisme en négatif. A partir du moment où l’on reconnait l’entière responsabilité discursive de la personne avec laquelle on interagit, il convient effectivement de s’autoriser à exercer son esprit critique, au nom justement du refus de toute discrimination. Evidemment, les choses seraient un peu différentes avec une personne appréhendée comme partiellement irresponsable, comme un enfant ou un individu présentant une déficience mentale ; dans cette situation, un devoir de réserve s’imposerait de soi.

[…]

Mr Horiot nous prouve d’ailleurs qu’on peut se revendiquer autiste, tout en n’exprimant aucune plainte fonctionnelle, et en mettant surtout en avant des surcapacités. Et, si l’on veut être tout à fait honnête, en l’écoutant sur France Culture, j’étais surtout exaspéré par une certaine dimension narcissique dans la présentation de sa personne, par ce qui m’apparaissait comme une fausseté du raisonnement, et par des tendances sensitives exacerbées. Il parait évident qu'une personne « autiste » qui ne présenterait aucune trouble dans sa vie sociale et le déploiement de son autonomie n'aura absolument pas besoin d’accompagnement ni de soins. Cependant, il devra se confronter au médecin dans le cadre du diagnostic. Mais alors, pourquoi vouloir diagnostiquer dans ce cas ? Pourquoi revendiquer ce statut plutôt que celui de sujet singulier, avec ses particularités de fonctionnement, ses qualités, ses compétences, ses fragilités et ses défauts ? Quel est le sens de cette recherche de catégorisation nosographique ?

Il ne s’agit pas de nier la neurodiversité, au contraire. Chaque personne est absolument singulière, et cette singularité s’inscrit à l’évidence dans les particularités de son fonctionnement cérébral. Certains sont peut-être plus différents que d’autres, et tant mieux. Mais convient-il subséquemment d’essentialiser cette « différence », et secondairement imposer à tous ceux qui seraient catégorisés de la sorte une façon univoque de vivre son « autisme » ?

Il faut dire que, pour la plupart des autistes militants de la neurodiversité, la reconnaissance de leur statut d'opprimé leur apporte une certaine reconnaissance médiatique, la certitude d'être appréhendé en tant que victime racisée subissant un authentique préjudice social, le bénéfice d’une posture héroïque de justicier à peu de frais, une certaine intouchabilité (qui prendrait le risque d'être taxé d'autistophobe?), voire un véritable fonds de commerce.

Joseph Schovanec, évoquant le triste destin des militants dans l’autisme, rappelle d’ailleurs les dérives de certains, « fascinés par l'argent, le pouvoir et leur nouveau statut social » et le fait que « désormais les autistes militants se haïssent entre eux avec la constitution de clans qui n'ont d'autre objet que de détruire ou évincer l'autre ». Les autistes seraient-ils donc des êtres humains comme les autres, happés par les mêmes passions tristes, la même volonté de puissance, et les mêmes enjeux narcissiques que les « neurotypiques » ?

On peut penser en tout cas que certains militants de la cause autiste sont mus par une animosité assez débordante, voire par une haine authentique, à l’égard du soin au sens large. En témoignent ces quelques citations extraites du blog tenu par Hugo Horiot sur Mediapart.

« La psychanalyse, c’est comme une partouze. Elle doit se pratiquer entre adultes consentants, sinon ça devient dangereux. Pour l’enfance en général et les enfants autistes en particulier, les théories d’inspiration psychanalytique mènent à des dérives tragiques et fatales : packing, placements abusifs, psychiatrisation, culpabilisation des parents… ».

A nouveau, des accusations qui mobilisent des fantasmes très crus, sans jamais prendre en compte la réalité des pratiques…Toujours les mêmes ritournelles, méprisantes à l’égard tant des soignants que des patients pris en charge.

« Il s’agit également de réaffecter l’orgie de moyens, 3 milliards d’euros annuels alloués aux Hôpitaux de jour (source Ministère de la santé) pour tenir enfermés 10 000 enfants, vers des établissements médicaux sociaux adaptés mais surtout vers l’école de la République ».

Les hospitaliers mobilisés afin d’obtenir des moyens adaptés pour garantir des soins décents apprécieront – ainsi d’ailleurs que les enseignants… Le véritable scandale actuel ne serait donc pas la proportion affligeante d’enfants laissés sans prise en charge, ou mal accompagnés, avec un impact tout à fait préjudiciable pour leur devenir, mais le gâchis induit par les dépenses publiques en faveur des institutions thérapeutiques….Affirmer un autre point de vue ne serait qu’esbroufe, manipulation et mensonge car, pour Hugo Horiot, « ce type d’affirmation vise à maintenir un mythe, une croyance pour préserver un juteux marché, au mieux de l’assistanat et au pire de l’exclusion, financé par de l’argent public ». Bigre… « Les autistes ne souffrent pas d’autisme. L’autisme souffre de l’ignorance des uns et de l’opportunisme mercantile des autres ». Mais bien sûr ! Il fallait y penser : tous ces enfants sans langage, enfermés dans leurs stéréotypies, pouvant se mettre en danger du fait de l’intensité de leurs comportements auto-agressifs et présentant des crises d’angoisse massives au moindre changement dans leur environnement, ne bénéficient de soins institutionnels que pour enrichir les soignants du service public. Quel aveuglement : « un autiste visible et non verbal sera considéré comme déficient mental alors qu’il s’agira souvent d’une déficience sociale engendrant une apparente déficience mentale ». Pourquoi donc passons-nous à côté de ses potentiels exceptionnels, à exploiter et à valoriser comme un réservoir de compétences hors normes ? Soyons utilitaristes avant d’être humanistes, sinon « notre pays ne sortira jamais du communautarisme, de l’assistanat de masse et du chômage ». Le vieil adage socialiste « De chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins », doit effectivement être battu en brèche selon notre apôtre de la justice social : il faut avant tout exploiter, tirer profit, avec pragmatisme. Et, de surcroit, la fermeture des tous ces établissements ségrégatifs voire maltraitants et l’entrée des autistes sur le marché concurrentiel du travail résoudra les problèmes sociaux de chômage, d’endettement public, d’inégalités sociales, de discrimination, de performance et de compétitivité ! A bon entendeur…

Il ne sera pas inutile de revenir sur certaines de ces allégations à l’occasion d’un prochain billet, pour ramener un peu de réalité au sein de ce déluge d’acrimonie délirante….

Ce qui parait en tout cas particulièrement problématique, c’est le relais médiatique dont bénéficie cet « expert » et l’influence qu’il revendique pouvoir exercer, notamment auprès des instances européennes. […]

Il est ainsi intéressant de constater à quel point ces discours peuvent infuser insidieusement dans les représentations collectives, du fait notamment de leur omniprésence médiatique.

Dans cette optique, revenons donc sur le film « Hors-normes » d'Eric Toledano et Olivier Nakache, auquel la deuxième partie de la matinale de France Culture était consacrée. Ce long métrage présente le travail associatif d’éducateurs accompagnant des personnes autistes insuffisamment prises en charge par ailleurs. Le projet de montrer à l’écran ces situations complexes et douloureuses parait en soi tout à fait louable, même si les écueils sont nombreux (caricature, instrumentalisation idéologique, narration positive évacuant les aspects réellement problématiques, etc.). Stéphane Benhamou, le fondateur de l’association le Silence des Justes, campé à l’écran par Vincent Cassel, s’exprime ainsi concernant son action : « Nous avons comblé les manques, nous nous sommes infiltrés dans les interstices du système pour pallier les carences d’un pouvoir politique qui accorde trop peu de moyens ». D’emblée, nous nous situons donc dans une forme de dénonciation de l’insuffisances actuelle des dispositifs mis en œuvre, ce qui parait indubitablement légitime. Cependant, le « modèle » proposé devrait nous interpeller : en effet, il s’agit manifestement de promouvoir des initiatives individuelles, menées par des personnes qui, indépendamment de leur bonne volonté, n’ont aucune formation. Au-delà des bons sentiments, on sait bien que de telles modalités d’intervention peuvent être très périlleuses, avec notamment un risque non négligeable de négligences, de préjudice en termes de pronostic, voire de maltraitance…Il parait évident que la compétence intrinsèque des intervenants, leur personnalité, leur motivation et leur implication constituent des éléments déterminants dans la qualité d’un accompagnement – et le film souligne d’ailleurs à juste titre l’importance du facteur humain et de l’investissement relationnel. Cependant, c’est une condition qui peut être nécessaire, mais surement pas suffisante ; certaines aptitudes ne s’improvisent pas et nécessitent un apprentissage rigoureux, tant sur le plan pratique que théorique, une supervision par des tiers, etc. De surcroit, le travail thérapeutique suppose toujours une forme d’organisation institutionnelle, des références collectives, des normes éthiques, des abords pluridisciplinaires, des évaluations de pratique… […]

J’étais donc un peu atterré à l’écoute de cette émission de France Culture, qui consistait finalement à valider des discours superficiels, caricaturaux et réducteurs, en adhérant de plain-pied avec l’air du temps. Car, au-delà de la dénonciation militante, de la bien pensance et des bons sentiments, il convient sans doute de saisir ce que ce type de discours cherche à ébranler, inlassablement.

[…]

Moi aussi, je suis atterrée.


jeudi 21 novembre 2019

Le gouvernement Macron ou loin de la parole aux actes


Plus de SDF dans les rues, plus d’enfants autistes obligés d’aller en Belgique… elles étaient belles les promesses du candidat de la Start-up nation. À la moitié du quinquennat, qu’en est-il de « l’exil » des personnes handicapées en Belgique ?

Non, non rien n’a changé, sauf que maintenant on refuse la solution belge aux familles (c’est même un peu plus vicieux subtil que cela : on refuse de la financer).

Extraits de l’article de la Voix du Nord de ce jour :

Tourcoing: une issue pour Imrane, autiste privé d’école pour défaut de transport ?

[…]

Le cas du petit Imrane est loin d’être isolé, comme en témoigne Isabelle Resplendino, présidente de l’Association pour les Français en situation de handicap en Belgique.

[…]

La présidente de l’association affirme que l’an dernier, la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie a réuni toutes les Maisons départementales du handicap des Hauts-de-France* pour les inciter à trouver des solutions d’orientation « même partielles, même inadaptées, même plus éloignées » en France. Ce qui fait craindre à la présidente « que les orientations MDPH ne soient pas renouvelées ou accordées pour la première fois ».
« J’ai ainsi beaucoup de familles dont les transports ou l’hébergement en Belgique sont refusés, même en plein milieu des études. C’est un scandale sans nom, un double discours du gouvernement qui prétend faire cesser l’exil en Belgique mais ne fait que cesser son financement », dénonce-t-elle.
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*et aussi d’Île-de-France et du Grand-Est