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jeudi 26 novembre 2020

Président cambrioleur

 

Scoop ! On a retrouvé Arsène Lupin Obscène Lutin.

Ce prisonnier est un cambrioleur. Faut-il y voir là la vengeance de l'Histoire ? Emmanuel Macron se trouve aujourd'hui prisonnier de trois crises, sanitaire, économique, terroriste, mais ce président est un "cambrioleur", selon le titre de l'ouvrage dont L'Express publie des extraits inédits (parution ce 26 novembre aux éditions Fayard). Ce n'est pas seulement son élection qui a pris les allures de "casse du siècle", c'est tout son mandat qui met l'hôte de l'Élysée en situation de piller les idées des autres, sans que l'on sache s'il se les approprie vraiment ou s'il ne s'en sert que pour neutraliser les adversaires. Il ne faut dès lors pas s'étonner que l'insécurité gagne jusqu'à ses électeurs de 2017, qui peinent parfois à reconnaître leur champion de l'époque.

Lire l’article de l’Express sur le livre « Président cambrioleur ». Le magazine en relaiera les bonnes feuilles durant 5 jours.


vendredi 3 avril 2020

Message d'une maman à M. Macron


"Monsieur Macron,

À l'occasion de cette journée internationale de l'autisme, vous vous êtes exprimé à notre attention, pour nous annoncer "une bonne nouvelle" à nous les autistes et les aidants :
Nous pourrons à présent bénéficier d'une dérogation spéciale nous permettant de sortir durant cette période de confinement.

Devrions-nous en être reconnaissants ? Saluer votre démarche ? Démarche copiée sur les voisins espagnols qui eux ont le mérite de ne pas avoir attendu une date symbolique pour tirer un écœurant bénéfice d'image de la situation.

Votre discours, Monsieur Macron, est tellement à côté de nos réalités qu'il en est insultant.

Nous serions impatients de retrouver "nos vies d'avant"... Nos vies d'avant ? Celles où nous étions déjà confinés, car exclu d'une société qui ne veux pas de nos enfants dans ses écoles, d'un Etat allant jusqu'à écraser les droits fondamentaux de ses citoyens les plus vulnérables, en les laissant sans solutions, au bord du chemin ?

Nous serions pressés de retrouver "nos habitudes".... Nos habitudes ? Celle de se battre continuellement contre une administration qui fait la sourde oreille, celle de supporter la violence institutionnelle et de payer quotidiennement -de nos existences et de celles de nos enfants- le retard honteux de la France en matière d'inclusion ?

Nous n'avons pas attendu le coronavirus, Monsieur Macron, pour pleurer dans nos chambres en cachette, quand les enfants dorment, parce que nous ne savons pas de quoi leurs avenirs incertains seront faits.

Vous êtes si loin de nos vies, vous maîtriser tellement mal votre sujet, que ça en devient révélateur du mépris que vous avez pour nous.
Non monsieur Macron, nos vies d'avant et nos habitudes ne nous manquent pas, ce qui nous manque, c’est le respect de nos droits en situation ordinaire.

Porter une cocarde bleue en adoptant la rhétorique de la bienveillance, c'est comme applaudir les soignants : c'est joli mais ça ne change rien aux maltraitances que nous subissons et continuerons à subir sans réelles ruptures idéologiques".

Merci à Nadia pour ce superbe texte, qui décrit si bien la réalité, loin de la démagogie et la langue de bois de ceux qui nous gouvernent.

Mon avis personnel : c’est bien qu’il y ait une dérogation pour les personnes en situation de handicap dont les capacités cognitives et/ou troubles du comportement font que le confinement leur est insupportable, pour elles et donc pour leur famille et je salue cette décision, même tardive. Mais effectivement, cette annonce ce jour est à l’image de la Macronie : de la com, de la com, de la com.

jeudi 6 juin 2013

Lettre ouverte au Président de la République



Monsieur le Président de la République,

Vous avez reçu un courrier du dit « Collectif des 39 contre la nuit sécuritaire », ainsi que d’un certain nombre de syndicats, partis et organisations représentant des professionnels de santé, à propos du 3ème plan Autisme. Au cas où vous auriez trouvé leur prose quelque peu obscure, nous vous en proposons le décryptage suivant.
En substance, ces professionnels vous disent:
 
  • La pédopsychiatrie française traditionnelle est la meilleure, et le monde entier nous l’envie.
 
  • La pédopsychiatrie française traditionnelle intègre déjà toutes les avancées scientifiques découlant de la recherche internationale, sous la forme de prises en charges « intégratives ».
 
  • Ne vous avisez surtout pas de tenter de vérifier ces affirmations en vous renseignant auprès d’autres pays.
 
  • Ne vous mêlez pas de savoir si les pédopsychiatres et psychologues français s’occupent bien des enfants autistes, cela ne vous regarde pas.
 
  • Ne vous mêlez pas de savoir si l’argent de la sécurité sociale et des contribuables est dépensé à bon escient dans nos institutions sanitaires et médico-sociales, cela ne vous regarde pas.
 
  • Ne vous mêlez pas de savoir s’il serait mieux dépensé ailleurs (à l’Education Nationale, par exemple), cela ne vous regarde pas.
 
  • Ne retirez en aucun cas les enfants autistes de nos institutions psychiatriques et médico-sociales. Ils nous appartiennent. Comment pourrions-nous vivre sans eux ?
 
  • Le libre-arbitre des soignants implique de pouvoir faire ce qu’ils veulent des patients, sans aucun contrôle extérieur. Le serment d’Hippocrate est un carcan idéologique fasciste qui ne saurait s’appliquer à la psychiatrie.
 
  • Le seul problème dans la pédopsychiatrie française, c’est un problème de moyens. Donnez-nous plus d’argent pour continuer à travailler comme nous l’avons toujours fait, sans que personne ne s’en mêle.
 
  • Ne nous demandez jamais de rendre le moindre compte sur nos activités, il est contraire à notre éthique anti-bureaucratique d’écrire des comptes-rendus et de remplir des formulaires.
 
  • Ne lisez en aucun cas les recherches scientifiques internationales, ni les synthèses qui en sont réalisées par la Haute Autorité de Santé, cela ne vous regarde pas.
 
  • Ne prêtez aucune attention aux associations de familles représentant tout juste quelques dizaines de milliers d’adhérents. Ecoutez uniquement le discours de l’association « La main à l’oreille », représentant une bonne dizaine de familles, qui est la seule homologuée par nos services.
 
  • Nous sommes les seuls véritables humanistes, et tous ceux qui sont contre nous sont d’abominables tortionnaires.
 
  • Nous sommes les seuls à prendre en compte la singularité de chacun, tous les autres ne cherchent qu’à réduire les individus à des clones sans âme.
 
  • Nous sommes les seuls à posséder une véritable connaissance de l’être humain, et tous ceux qui disent en savoir plus sont des scientistes.
 
  • Nous avons le monopole de la générosité et du service public, et tous ceux qui sont contre nous sont mus par des intérêts mercantiles et financés par les compagnies pharmaceutiques « anglo-saxonnes ».
 
  • Nous sommes les seuls à être de gauche, et tous ceux qui sont contre nous sont d’extrême droite, à commencer par votre ministre Marie-Arlette Carlotti.
 
 
  • En conséquence, si vous voulez comprendre les problématiques de la pédopsychiatrie et de l’autisme, ne vous adressez qu’à nous. N’auditionnez ni des scientifiques, ni des psychiatres étrangers, ni des personnes autistes ou leurs familles, ni les représentant des collectifs suscités. »
 
Monsieur le Président, nous vous laissons juge du bien-fondé de ces positions, et nous avons toute confiance dans la capacité de votre gouvernement à avoir une approche rationnelle du problème de l’autisme, et plus généralement des troubles cognitifs et mentaux et de la psychiatrie (qui fait actuellement l’objet d’un rapport parlementaire aux enjeux cruciaux de la part des députés Jean-Pierre Barbier et Denys Robillard). Ces questions sont politiques, mais elles ne devraient pas être partisanes.
 
Le 3ème plan autisme est certes loin d’être parfait : il manque de moyens, et il fait encore la part belle aux institutions médicales et médico-sociales, au détriment de l’inclusion pleine et entière des personnes avec autisme dans les écoles et dans la société. Mais il amorce un virage absolument indispensable, et vous devez bien mesurer toutes les conséquences qu’il y aurait à faire demi-tour, uniquement pour faire plaisir à certains lobbys qui ne défendent que leurs intérêts catégoriels au détriment des patients. Nous restons à votre disposition pour approfondir le sujet avec des membres de notre collectif si vous le souhaitez.
 
Veuillez agréer, Monsieur le Président, l'expression de notre plus haute considération.
 
KOllectif 7 janvier
 

mercredi 16 mai 2012

La plus belle des ambitions nationales


« Faire de l’école un lieu d’intégration de tous les enfants reste la plus belle des ambitions nationales, celle que je porte aujourd’hui »

(François Hollande, 15 mai 2012)


Monsieur le Président,
Je vous fais une lettre
Que vous lirez peut-être
Si vous avez le temps
Je viens de recevoir
Un appel au secours
Un ultime cri d’amour
D’un père au désespoir
Monsieur le Président
Il ne s’alimentera plus
Tant que sa fille n’ira plus
À l’école avec les autres enfants
Parce qu’elle est différente
Parce qu’elle est handicapée
On ne veut pas l’intégrer
Voilà l’ambition de votre France.


Depuis que mon fils est né
Il n’était pas comme les autres
Et pour lui donner un avenir
On vit à l’étranger
Ici avec d’autres réfugiés
Il a droit à l’école
Il deviendra un homme
Il a droit à la dignité
Quel est ce pays qui condamne
Ses plus fragiles à l’exil
Un pays en péril
Un pays sans âme
Un pays sans honneur
Votre pays
Notre patrie
Une patrie sans cœur.


Faudra-t-il que tous les parents
S’enchaînent aux grilles des écoles
Pour ouvrir leurs portes
À leurs enfants différents ?
Faudra-t-il que mille pères,
Fassent la grève de la faim ?
Et qu’ils soient rejoints
Par autant de mères ?
Que faudra-t-il faire
Pour qu’enfin 
On respecte de ces enfants
Le droit le plus élémentaire ?
Combien de larmes verser ?
Combien de protestations ?
Jusqu’où nous mèneront
Toutes ces luttes à livrer ?





Le papa de Camille en grève de la faim
(Image : La Nouvelle République)