dimanche 30 décembre 2012

Lettres d'une association indignée


Courriers du président de Trisomie 21-France, dont j'ai eu l'aimable autorisation de publier ces deux lettres. Qu'il soit remercié de cette autorisation et surtout du contenu de ces courriers :

Vous vous souvenez de la mention sur cette liste de la réponse de Marcel Rufo à une grand-mère pour son petit fils porteur de trisomie 21 tout à fait en sens inverse de ce vers quoi notre société européenne tend c'est -à-dire l'inclusion !

Le Président De Trisomie 21-France en faisant part des réactions face à ces propos qui ne correspondent plus aux situations actuelles de façon stéréotypées, l'invite à venir rencontrer de nombreux jeunes avec T21, lors de la prochaine université d'été début Juillet à St Etienne. Lors de ces 3 jours, nombre d'entre eux seront très impliqués dans l'organisation et le déroulement de ces journées qui leur sont consacrées, en cette 40° année de l'existence de Trisomie 21-France.

Nous vous partageons ces deux courriers.




1ère lettre :

M. Jacques DANIEL - Président Trisomie 21 France
à M. Marcel RUFO
Emission « Allo Rufo » France 5

Monsieur Rufo,

Nous avons été alertés par nos adhérents sur les propos que vous avez tenus le 28 novembre dernier au cours de l'émission que vous animez sur France 5 au sujet de l'orientation d'un jeune porteur de trisomie 21. Ils nous permettent de mesurer le chemin parcouru depuis les deux dernières décennies.

En effet de tels propos auraient paru progressistes au début des années 80 : la scolarité en milieu ordinaire jusqu'à 14 ans n'était alors pas commune pour un enfant porteur de trisomie 21.

Dans les années 90, les mêmes propos seraient apparus plus près de la réalité. C'est en effet la décennie au cours de laquelle les jeunes porteurs de trisomie 21 ont conquis leur place au collège dans des dispositifs adaptés (UPI).

Aujourd'hui ces propos paraissent tout à fait déplacés. En effet, les jeunes adultes porteurs de trisomie 21 ne suivent pas tous le même parcours et pas plus que chacun d'entre nous n'ont un avenir tout tracé. Nous accompagnons de nombreux jeunes dans un travail en milieu ordinaire, dans leur logement et dans une vie sociale qu'ils choisissent. Aujourd'hui l'autodétermination devient pour eux une réalité qu'ils savent nous rappeler.

Le « magazine de la santé » diffusé sur la même chaîne s'en est fait l'écho à plusieurs reprises.

Les représentations de la trisomie 21 ont la vie dure. Rien ne vaut à notre avis le dialogue avec les personnes concernées pour les faire évoluer. Notre Université d'été se déroulera à Saint Etienne les 5, 6 et 7 juillet 2013. Cette manifestation sera co-préparée et co-animée par des personnes porteuses de trisomie 21. Nous vous invitons à venir les rencontrer à cette occasion. Nous sommes persuadés que vous pourrez amener une contribution en répondant à leurs questionnements personnels.

Dans l'attente de votre réponse, et avant d'échanger avec vous de vive voix, je vous prie de recevoir, Monsieur, l'expression de mes salutations les meilleures,

Jacques Daniel
Président Trisomie 21 France


2ème lettre :
Jacques DANIEL
Président Trisomie 21 France
Mme Isabelle DUCROCQ MAIA
Responsable éditoriale de France 5


Madame,

Je vous transmets le courrier que j'adresse ce jour à Monsieur Rufo. Comme l'ensemble de nos adhérents, j'ai été choqué voire scandalisé par les propos qu'il a tenus sur votre chaîne le 28 novembre dernier. En tant que citoyen, je suis d'autant plus scandalisé que ces propos ont été véhiculés par le service public.

Nous invitons Monsieur Rufo à venir rencontrer les personnes porteuses de trisomie 21 au cours de notre Université d'été. J'espère sincèrement qu'il sera parmi nous et que ce sera l'occasion pour votre chaîne de faire part aux téléspectateurs de la réalité de la vie actuelle des personnes porteuses de trisomie 21.

Je vous prie de recevoir, Madame la responsable éditoriale, l'expression de mes salutations distinguées.

Jacques Daniel
Président Trisomie 21 France


jeudi 27 décembre 2012

Rétrospective 2012 : une année d'horreur pour les enfants, une année de deuil pour les parents


Au revoir aux : 


28 passants du bus belge dans un tunnel suisse en ce mardi 13 mars

27 passants de l’école de Newton aux USA en ce vendredi 14 décembre

Fin de l'espoir  ?  :


La chape de plomb s’est refermée sur la douleur des familles d’enfants autistes : la censure de la révélation de leur malheur s’est imposée, et pourtant… 



Et pourtant, c'était l’année de l’autisme ! (grande casse nationale ?)

En cette veille de fin d’année, je suis triste. Triste de devoir porter à bout de bras quotidiennement les appels au secours, nombreux et désespérés des familles françaises qui veulent réfugier leur enfant en Belgique, afin de leur épargner le sombre avenir qui leur est promis. Triste de constater que ces appels sont en augmentation depuis le précédent quinquennat, malgré toutes les promesses de changement

J’ai peur que les méthodes barbares et cruelles pratiquées par la France ne contaminent mon autre pays, ce cher pays qui a sauvé mon enfant, la Belgique.

Pendant que les médias, les célébrités, les politiques et l’opinion publique se focalisent sur quelques rares richissimes réfugiés fiscaux en Belgique, la France continue à y exiler à tour de bras nos milliers de personnes handicapées et âgées, parce qu’elle est incapable de s’en occuper dignement.

Mon petit Wolfgang est sauvé. Mais on continuera impunément à assassiner Mozart* et chaque don de chaque enfant, tous les jours en France… Ce don d’apprendre existe chez tous nos enfants, qu’il soit modeste nous enseigne combien il faudrait encore plus le préserver et l’épanouir alors.

Enseigner, c’est apprendre deux fois » (Joseph Joubert – merci à ma chère amie Geneviève pour m’avoir enseigné cette si belle maxime).

Tous nos enfants ont droit à l'école ! C'est gravé, écrit dans le marbre de la loi... et jamais appliqué. Nos enfants sont refusés ; en réalité, ils n'ont pas droit à l'éducation, pas droit à la vie en société, pas droit à l'autonomie, pas droit au respect, à la dignité. Et pourtant, ils auraient tant à apporter à cette société qui se prive de leurs talents et ne fait que les confiner abusivement dans le rôle de fardeau qu'elle leur décerne dès sa première sentence à leur égard.



*(Pour paraphraser Yves Duteil, je dirais : « À chaque enfant qui disparaît, c’est sur Mozart qu’on tire un trait »)









mardi 25 décembre 2012

Tu seras un homme, mon fils

Petite école de quartier au milieu de la France
Petit brun avec sa capuche marque sa différence
Ses yeux remplis de pourquoi cherchent une réponse en moi
Il veut vraiment que rien ne soit sûr dans tout ce qu'il croit

Son handicap et ses silences tout me va
Qu’il vive ici ou là-bas
Reste avec moi
Si tu crois que ta vie est la
Ce n'est pas un problème pour moi
Mon enfant, je te veux si tu veux de moi


Et quand tu marches le soir ne tremble pas
Laisse glisser les mauvais regards qui pèsent sur toi

Ton étoile jaune c'est ton handicap tu n'as pas le choix
Ne le porte pas comme on porte un fardeau ta force c'est ton droit

Ta particularité et tes mots tout me va
Reste avec moi

Que tu vives ici ou là-bas
Ce n'est pas un problème pour moi
Mon enfant, Si tu crois que ta vie est là
Il n'y a pas de loi contre ça
Mon enfant, à l’école tu as droit
Ta différence c’est notre chance

♫ Le Ballet - Céline Dion [D'EUX 1995]


vendredi 14 décembre 2012

Colloque autisme au sénat : "J'ai honte pour mon pays"


Le 6 décembre 2012, le colloque « Autisme » clôturait en France l’année de la grande cause nationale. Voici le programme, visionnez les vidéos des tables rondes et des questions de la salle en cliquant sur les liens :

MATINÉE
8h15 : Accueil des participants
9h > 9h15 : Ouverture


9h15 > 9h30 : Intervention de Jean-Pierre Bel, Président du Sénat


9h30 > 10h45 : Table ronde n° 1 : 
2012, ANNÉE DE GRANDE CAUSE NATIONALE : BILAN ET PERSPECTIVES

Annie David, Présidente de la commission des affaires sociales du Sénat, médiatrice
Intervenants
Valérie Létard, ancienne Ministre, Sénatrice du Nord
Agnès Marie-Egyptienne, secrétaire générale du Comité interministériel du handicap
Luc Allaire, directeur de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie
Evelyne Guigou, directrice chargée de l’offre médico-sociale à l’Agence régionale de santé Nord Pas-de-Calais
Christel Prado, rapporteure de l’avis du Conseil économique, social et environnemental sur le coût économique et social de l’autisme
Gwendal Rouillard, co-président du groupe d’études Autisme à l’Assemblée nationale
Vincent Gerhards, président du Collectif Autisme

Un grand moment fut celui où le député Gwendal Rouillard dit, à propos du packing : « J’AI HONTE POUR MON PAYS »

10h45 > 11h : Échanges avec la salle


À la demande de Marie-Chri, qui n’a plus de son sur son ordinateur, voici à peu près ce que je disais  dans mon intervention à 7mn30 de la vidéo :

« Bonjour,

Je m’appelle Isabelle Resplendino et je suis franco-belge, je représente les principales associations belges du handicap et les fédérations des associations de parents d’élèves au Conseil Supérieur de l’Enseignement Spécialisé en Belgique francophone.

Je suis un peu choquée d’avoir très peu entendu parler des perspectives sur l’enseignement.
Je voulais savoir pourquoi la France paie 60 millions d’euros par an pour l’hébergement des enfants français handicapés en structures en Belgique – juste pour l’hébergement, car en Belgique, ils sont scolarisés – tandis que cette scolarisation nous coûte à nous [NDLR : la fédération Wallonie-Bruxelles] 38 millions d’euros par an »

La médiatrice : « Je tiens à vous dire qu’il y a une table ronde sur la scolarisation cet après-midi »
Moi : « Oui, mais là on parlait des perspectives »
La médiatrice : « Oui, mais c’était pour vous signaler que cet après-midi, il y a une table ronde sur la scolarisation »
Moi : « Mais oui, je sais ».

Je reprends : « Pour les enfants frontaliers, il en coûte 2500 euros par mois de taxi, payés bien sûr par la sécurité sociale française. Pourquoi la France paie-t-elle jusqu’à 1000 euros par jour pour un hôpital de jour ? Pour une scolarisation très efficace, très performante, la Belgique paie 14 000 euros par an par élève, primaire et secondaire confondus.

Je suis maman d’un enfant autiste, qui était très lourdement handicapé. À près de 5 ans, il ne parlait presque pas, il portait des langes jour et nuit et ne mangeait que des Petits Gervais. Il a fait de très grands progrès dans l’enseignement spécialisé belge, qui dépend de l’Education nationale. Aujourd’hui, il est en classe réellement inclusive dans une école ordinaire, c’est-à-dire que c’est une classe ordinaire dans laquelle est intégré un groupe d’élèves à besoins spécifiques. Il y a deux enseignants, dont l’un est spécialisé, qui s’occupent de toute la classe. Aujourd’hui, mon fils a 95 % de résultats et il est le meilleur élève de toute son école ».

Applaudissements. 

Je reprends : « Et je voulais dire encore une chose, c’est que mon fils s’appelle Wolfgang et, qu’EN FRANCE, ON TUE MOZART TOUS LES JOURS ».

Applaudissements.


Marie-Arlette Carlotti, Ministre déléguée chargée des personnes handicapées et de la lutte contre l'exclusion

11h15 > 12h30 : Table ronde n° 2 : QUELLES FORMATIONS POUR UNE PRISE EN CHARGE ADAPTÉE DE L’AUTISME ?

Valérie Létard, ancienne Ministre, Sénatrice du Nord, médiatrice
Intervenants
Caroline Bachschmidt, sous-directrice des professions sociales, de l'emploi et des territoires à la direction générale de la cohésion sociale
Jean-Louis Adrien, professeur à l’Université Paris-Descartes, institut de psychologie
Virginie Gohin, chef du bureau de la formation des enseignants à la direction générale de l’enseignement scolaire
Pierre Gauthier, président de l’Union nationale des associations de formation en intervention sociale
Jean-Pierre Delfino, directeur général de l’Unifaf
Michel Favre, président de Pro-Aid autisme

12h30 > 12h45 : Échanges avec la salle
À ne pas louper dans cette vidéo : l'intervention de Franck Ramus, 
qui explique que le KOllectif 7 janvier a dû établir une liste noire.

12h45 > 14h30 : Déjeuner libre

APRÈS-MIDI
Accompagner la personne autiste tout au long de son parcours de vie


14h30 > 15h30 : Table ronde n° 3 : MIEUX DIAGNOSTIQUER

Françoise Laborde, Sénatrice de la Haute-Garonne, médiatrice
Intervenants
Joëlle André-Vert et Muriel Dhenain, chefs de projet à la Haute Autorité de santé
Catherine Barthélémy, pédopsychiatre, physiologique au centre hospitalier régional universitaire de Tours
Claude Bursztejn, président de l’Association nationale des centres ressources autisme
Amaria Baghdadli, coordonnatrice du centre de ressources autisme de la région Languedoc Roussillon
M’Hammed Sajidi, président de Vaincre l’autisme

15h30 > 15h45 : Échanges avec la salle

15h45 > 16h45 : Table ronde n° 4 : MIEUX SCOLARISER

Françoise Laborde, Sénatrice de la Haute-Garonne, médiatrice
Intervenants
Thierry Vial, inspecteur de l’Education nationale au rectorat de Lyon
Françoise Kbayaa, présidente-adjointe de l’Unapei
Valérie Merch-Popelier, secrétaire générale de la FCPE
Elaine Hardiman Taveau, présidente d’Asperger Aide France
Sandrine Lair, chef du bureau de la personnalisation des parcours scolaires et de la scolarisation des élèves handicapés à la direction générale de l’enseignement scolaire
Danièle Langloys, présidente d’Autisme France


Le « clou » de la journée fut, sans aucun doute, suite à l’intervention de Danièle Langloys dont le discours émouvant, vrai et donnant toutes les clés pour une scolarisation efficace, ici et maintenant, fut suivi d’une longue et double « standing ovation ».

16h45 > 17h00 : Échanges avec la salle
http://videos.senat.fr/video/videos/2012/video15597.html
À ne pas louper  dans cette vidéo : l'intervention de Christine Philip.

17h15 > 18h15 : Table ronde n° 5 : MIEUX INTÉGRER

Annie David, Présidente de la commission des affaires sociales du Sénat, médiatrice
Intervenants
Dominique Fiard, psychiatre, responsable du centre d’expertise autisme adultes au centre hospitalier de Niort
Bernadette Maillard-Florens, présidente de Sésame Autisme
Marie-Lucile Calmettes, administratrice de la Fegapei

18h15 > 18h30 : Échanges avec la salle

18h30 : Clôture du colloque
Annie David, Présidente de la commission des affaires sociales du Sénat


jeudi 22 novembre 2012

Retour sur la situation des Français handicapés exilés en Belgique


Décembre 2011 : signature d’un accord-cadre entre l’État français et la Région wallonne concernant les personnes handicapées françaises hébergées en Belgique. Parties prenantes : 

France :
  • L’État français ;
  • Les Conseils Généraux ; 

Et par délégation de l’État français :
  • L’ARS (Agence Régionale de Santé) du Nord-Pas-de-Calais ; 
  • La Caisse d’Assurance Maladie de Roubaix/Tourcoing ;

Belgique : 
  • La Région wallonne ;

Et par délégation de la Région wallonne : 
  • L’AWIPH (Agence Wallonne d’Intégration de la Personne Handicapée).

La ministre française de l’époque en charge du dossier des personnes handicapées, Mme Montchamp, par ailleurs candidate aux élections législatives pour la circonscription des Français du Benelux, a été interpelée lors d’un dîner-débat par Mme Resplendino, Secrétaire Nationale du Collectif des Démocrates Handicapés (CDH, aujourd’hui dénommé l’Initiative Citoyenne pour l’Inclusion Transversale et Universelle, l’In’CITU) sur les nombreux dysfonctionnements constatés dans l’hébergement des personnes handicapées françaises, tels que les problèmes de paiement des organismes français, la marchandisation de l’offre belge et les soucis liés à certains termes de l’accord-cadre, en plus de l’entérinement d’un exil dû à un désengagement inacceptable de l’État français.

Franco-belge, Mme Resplendino alerte également les associations belges du monde du handicap :

  • L’AFrAHM, (Association Francophone d’Aide aux Handicapés Mentaux) ;
  • L’APEPA, (Association des Parents pour l’Épanouissement des Personnes avec Autisme) ;
  • L’AP³ (Association de Parents et de Professionnels autour de la Personne Polyhandicapée) ;
  • L’APEM-T21, (Association de Personnes porteuses d’une Trisomie 21, de leurs parents et des professionnels qui les entourent) ;
  • La Ligue des Droits de la Personne Handicapée ;
  • La ligue des Droits de l’Enfant ;


Associations qui saisissent le parlement wallon en la personne de M. Luc Tiberghien, président de la commission des affaires sociales, notamment au sujet d’une disposition de cet accord (article 1, l’objet) qui permet l’échange de moyens humains et matériels, de  méthodes entre les deux pays. 

Ces associations s’inquiètent notamment de la possibilité, en vertu de cet accord, de l’introduction en Belgique de méthodes de « soins » plus que controversées pratiquées en France, au rang desquelles figurent le « packing » – méthode de contention dans des linges trempés et préalablement refroidis au réfrigérateur, voire au congélateur, d’enfants autistes nus ou en sous-vêtements dès l’âge de 3 ans –, d’autant plus que le Pr Delion, de Lille toute proche, responsable de l’étude en cours sur le packing cherche chaque année 26 cobayes supplémentaires.

Les associations ont pour principales revendications que l’objet de l’accord-cadre se conforme aux recommandations de la Haute Autorité de Santé française et à la Convention relative aux Droits des Personnes Handicapées, et aussi d’être suffisamment impliquées dans le processus d’application et, le cas échéant, de modification de cet accord.

Suite à l’interpellation de Mme Montchamp, une réunion a lieu à la chancellerie française à Bruxelles en avril 2012 avec, entre autres, le CDH, l’ANDEPHI (Association Nationale de Défense des Personnes Handicapées en Institution) le Cabinet ministériel, l’ARS du Nord-Pas-de-Calais, le Consul de France et l’AWIPH.

Des bases ont été jetées pour une collaboration future, notamment la création d’un comité de suivi de cet accord-cadre. Ce comité sera présidé par le directeur général de l’ARS Nord-Pas-de-Calais qui en assurera le secrétariat et sera composé de :
  • Des représentants de l’État : DGCS (Direction Générale de la Cohésion Sociale, DAEI (Délégation aux Affaires Européennes et Internationales), DSS (Direction de la Sécurité Sociale) ;
  • L’ARS du Nord-Pas-de-Calais, ainsi que les 3 autres ARS les plus concernées : ARS Île-de-France, ARS Picardie, ARS Champagne-Ardenne ;
  • La CNSA (Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie) et la CNAMTS (Caisse Nationale d’Assurance Maladie des Travailleurs Salariés) ;
  • 5 représentants des associations de personnes handicapées et organismes proposés par le CNCPH (Conseil National Consultatif des Personnes Handicapées), parmi ou en dehors de ses membres ;
  • 5 représentants des Conseils Généraux proposés par l’Assemblée des départements de France ;
  • Le Consul Général de France en Belgique ;
  • Le parlementaire représentant des Français établis en Belgique.

Entretemps, les élections françaises et l’alternance qui en a suivi ont redistribué les responsabilités, la ministre Mme Carlotti étant actuellement en charge du dossier et le parlementaire élu des Français du Benelux se trouvant être M. Philip Cordery. En octobre 2012, le CNCPH désigne enfin les associations qui seront partie prenante au comité de suivi :
  • APIM HF, association représentant les personnes handicapées accueillies hors de France ;
  • Autisme France ;
  • CFHE (Conseil Français des personnes Handicapées pour les questions Européennes) ;
  • ANPEDA, candidature faite conjointement avec le CLAPEAHA (handicap rare, polyhandicap) ;
  • AIRE (handicap psychique).

Or, il s’avère que le handicap psychique n’est pas reconnu comme handicap en Belgique. Les Français en situation de handicap psychique hébergés en Belgique dépendent de la santé mentale, donc du gouvernement fédéral, et non pas de la Région wallonne ; les établissements qui les accueillent sont des établissements qui dépendent de l’INAMI (Institut National de l’Assurance Maladie-Invalidité), et non pas de l’AWIPH. En clair : l’AIRE n’a rien à voir avec cet accord-cadre. Pourtant, cette association est nommée au comité de son suivi !

Depuis cette désignation, le mandat du CNCPH étant arrivé à expiration, sa composition a été renouvelée. Sa nouvelle présidente est Mme la députée Martine Carrillon-Couvreur.

Par ailleurs, pour rentrer en application, cet accord-cadre doit être ratifié par les parlements respectifs (par un décret pour chaque parlement). Ce processus peut prendre au minimum deux années. Or, en attendant sa ratification, les organismes français refusent tout nouveau conventionnement aux établissements belges qui en font la demande, même si ceux-ci présentent un projet répondant à une importante demande comme par exemple des établissements pour adultes avec déficience intellectuelle modérée à sévère, troubles du comportements, établissements offrant une prise en charge avec les Thérapies Cognitivo-Comportementales, type d’offre qui fait cruellement défaut, en France comme en Belgique…

« Ce que tu fais pour moi, si tu le fais sans moi, tu le fais contre moi ». Ce proverbe dont on attribue parfois la paternité à Ghandi, parfois à un auteur anonyme d’Afrique du Nord, prend encore tout son sens avec cet accord-cadre, dont la genèse a été décidée sans consultation des associations ni des experts du monde du handicap.

Article écrit pour Autisme Rights Watch

mardi 20 novembre 2012

Quand Philippe Val traite de fascistes les contradicteurs de la psychanalyse


Passé maître dans l'art de l'invective creuse et méchante, Philippe Val, ex-patron de Charlie Hebdo promu à la direction de France Inter par l'ex-président français Sarkozy, a sobrement qualifié de... fascistes les éminents auteurs du Livre noir de la psychanalyse. Le Belge Jacques Van Rillaer (UCL), un des principaux contributeurs de l'ouvrage, en a vu d'autres, mais rarement d'aussi violentes.




La sentence du « Torquemada de Radio France » est tombée comme une plate évidence, sur les ondes de la radio qu'il dirige, alors qu'il tentait de justifier la teneur un brin laudative de la journée spéciale Freud du 9 novembre dernier, sur France Inter : « Le Livre noir de la psychanalyse, un livre d'ailleurs à tonalité… Avec des auteurs, disons, assez louches, plutôt marqués à l'extrême droite, et une extrême droite qui ne sent pas toujours très bon, mais apparemment, ça n'a choqué personne ».

La sortie — ultra-nuancée ! — de Val n'en restera peut-être pas là : l'avocat des éditions Les Arènes, qui ont publié l'ouvrage en 2005, envisage une action judiciaire.

Jacques Van Rillaer, lui, ne revient toujours pas de l'aplomb de Val : « Je le mets au défi d'identifier quoi que ce soit dans le livre qui soit susceptible de nous assimiler à des fascistes ! Tant l'éditeur que les auteurs, en particulier l'historien Mikkel Borch-Jacobsen, se situent tous à gauche. Il est évident que Val n'a pas ouvert le livre et se contente d'ânonner les accusations à l'emporte-pièce de la psychanalyste Elisabeth Roudinesco Source de bien des légendes freudiennes, elle avait été jusqu'à parler de livre "antisémite" ! ».

Le professeur Van Rillaer s'amuse de la faiblesse de l'argument ad hominem de Val… « Notre approche scientifique serait fausse sous prétexte que nous serions fascistes Cela me rappelle un commentaire du philosophe Bertrand Russell à propos de Hitler, qui assurait que la théorie de la relativité d'Einstein était nécessairement mauvaise puisqu'elle émanait d'un Juif ».

RICARDO GUTIÉRREZ, « Le Soir »


dimanche 18 novembre 2012

La fin d'un mythe



Philippe Val, directeur de France Inter, s’est-il fait-il l’allié objectif de l’extrême droite en cautionnant un penseur d’extrême droite : Sigmund Freud ?


par Jean Cottraux, psychiatre honoraire des Hôpitaux 
et ancien chargé de cours à l’université Lyon 1.


Philippe Val répondant a l’abondant courrier qui critiquait la journée sans débat consacrée à la gloire de Sigmund Freud, le 9 Novembre 2012 sur France Inter, a cru bon d’attaquer les auteurs du livre noir de la psychanalyse (Les Arènes, 2004) en les taxant d’être des personnages « louches et d’extrême droite », sur les ondes de France Inter, le 15 Novembre 2012. En tant que co-auteur du « Livre noir de la psychanalyse » je vais essayer de répondre à Philippe Val sans le stigmatiser.




Sa réponse  montre que le gauchisme de Philippe Val s’est inversé en son contraire : une pensée d’extrême droite élitiste, autoritariste et méprisante.  Philippe Val, à son insu, se soumet inconditionnellement à un penseur d’extrême droite: Sigmund Freud. Il est grand temps qu’il ouvre les yeux. A l’appui, voici trois pages extraites de mon ouvrage : « Choisir une psychothérapie efficace,  Odile Jacob, 2011, pp 75-77) » qui se fondent sur des documents  accessibles à tous. Elles montrent un Freud bien différent de sa légende : Freud était, en fait, un partisan de l’austro-fascisme du Chancelier Dolfüss.




Sur le plan politique, Freud se situait nettement à droite – en témoigne Pourquoi la guerre (1933), qui reprend sa correspondance avec Albert Einstein. Après une critique virulente de l’Union soviétique et un éloge des rois qui ont fait la France, qui semble tout droit issu de L’Action française, Freud nous assène cette profonde vérité: «Il faudrait consacrer davantage de soins qu’on ne l’a fait jusqu’ici pour éduquer une couche supérieure d’hommes pensant de façon autonome, inaccessibles à l’intimidation et luttant pour la vérité, auxquels reviendrait la direction des masses non autonomes. […] Aujourd’hui déjà, les races non cultivées et les couches attardées de la population se multiplient davantage que celles hautement cultivées » 

Ce passage aurait tout aussi bien pu être écrit par le prix Nobel de médecine Alexis Carrel (1873-1944), qui fut un ardent «collabo» et l’auteur de L’Homme, cet inconnu (1935), ouvrage eugénique, qui préconisait l’élimination des populations inutiles d’Europe et proposait qu’un consistoire de savants conseille les dictateurs. Voyons ce qu’écrit Alexis Carrel trois ans après Freud: «Pour la perpétuation d’une élite, l’eugénisme est indispensable. Il est évident qu’une race doit reproduire ses meilleurs éléments. Cependant, dans les nations les plus civilisées, la reproduction diminue et donne des individus inférieurs.» Ce dangereux rapprochement n’est pas un accident dans la pensée freudienne. Sa vision élitiste du monde s’exprime dans deux autres ouvrages : «Le prix que nous payons pour l’avancée de la civilisation est la perte du bonheur qui résulte de l’augmentation du sens de la culpabilité» (Malaise dans la civilisation, 1929-1930). « Ce n’est que grâce à l’influence de personnes qu’ils reconnaissent comme leurs guides que les hommes se laissent inciter aux labeurs et aux renoncements sur lesquels repose la civilisation?» (L’Avenir d’une illusion, 1927). Rappelons que le mot guide se traduit en allemand par Führer.



Freud dédicaça flatteusement un de ses livres à Mussolini et, bien que les nazis aient brûlé ses ouvrages, il se servit de son élève anglais Ernest Jones pour essayer de maintenir une psychanalyse 'aryennisée' en Allemagne sous la férule du neveu d’Hermann Göring. Il s’est donc comporté en PDG désireux, avant tout, de sauver sa multinationale et en partisan des régimes autoritaires au nom de la supériorité des grands hommes. Se croyant à l’abri des persécutions, il ne quitta Vienne pour Londres, en 1938, que sous la pression de la princesse Marie Bonaparte, une de ses patientes qui devint psychanalyste. Cette femme énergique et politiquement lucide versa une rançon aux autorités nazies pour lui permettre de quitter le Reich. Mussolini et l’ambassadeur américain William Bullitt étaient intervenus, aussi, en sa faveur auprès du Führer. Freud, au moment de son départ, fut contraint de signer un papier affirmant qu’il avait toujours été bien traité. Il paraîtrait qu’il aurait eu le courage d’ajouter, non sans humour: «Je recommande la Gestapo à tout le monde.»

samedi 17 novembre 2012

France Inter : écouRtez la déshérence, trouvez un autre job à Philippe Val !


J’ouvre cette page à mon ami Jean-Louis Racca, retranscrivant en entier son article sur Mediapart (consultable ici)

Philippe Val a osé.

Le directeur de France Inter ne s’est pas contenté de consacrer (le 9 novembre dernier), sur la radio publique, ma radio, notre radio, une journée entière dédiée à la gloire de Freud sans le moindre point de vue un tant soit peu critique sur le personnage (bien que de tels points de vue soient aujourd’hui abondamment disponibles, même s’il reste difficile de les entendre en France).

Il ne s’est pas contenté de proposer ainsi une conception de l’information qui, dans tout autre domaine que celui de la psychanalyse, aurait été qualifiée de totalitaire. 
Non. Le pire était à venir. Et il est venu dans la façon dont Philippe Val a justifié ses choix, quelques jours plus tard à l’antenne, lors de son exposé d’évaluation de la journée Freud, suite à de probables et nombreuses réactions d’auditeurs surpris, sinon indignés. 

Passons sur l’affirmation péremptoire « qu’il y avait eu deux génies au XXè siècle, Einstein et Freud », même s’il semble assez surréaliste que ce soit un directeur de radio qui décide avec aplomb et insistance qui est un savant génial ou pas, ou bien quelle théorie scientifique est valide ou dépassée. 

Glissons également sur la comparaison fallacieuse affirmant que « lorsqu’on parlait de Darwin on n’avait pas besoin de créationnistes », en réponse à ceux qui s’étonnaient de l’absence de points de vue critiques sur Freud le 9 novembre : la comparaison ne tient pas, ne serait-ce que parce qu’aucun scientifique crédible ne nie la théorie de l’évolution, alors que les scientifiques, historiens, ethnologues, sociologues, neurologues, etc. qui remettent en cause le freudisme sont légion…

Non ; il a fallu, de surcroît, qu’il calomnie ceux qui s’étaient indignés de l’approche totalement partisane de la journée Freud : il a évoqué les auteurs du « Livre noir de la psychanalyse » en ces termes :

« Le Livre Noir de la psychanalyse, un livre d'ailleurs à tonalité... avec des auteurs disons assez louches, plutôt marqués à l'extrême droite, et un extrême droite qui ne sent pas toujours très bon, mais apparemment ça n'a choqué personne. »
On peut écouter ce jugement ou le télécharger sur :
(Site d’analyse des sophismes et des pseudo-sciences, en français)

Vous avez bien lu (et entendu) : pour Val, une critique de la psychanalyse ne peut venir que d’une personne d’extrême droite !

On ne peut que proposer à Val l’écoute de cette émission de la chaîne LCP où l’on entend beaucoup Albert Algoud, père d’un enfant autiste, et jadis « employeur » de Val dans l’émission de France Inter « La partie continue ». Mais peut-être Val considère-t-il Algoud comme un personnage assez louche proche de l’extrême droite !…

On ne peut que comparer ces affirmations avec celles de Laurent Joffrin, lors de la sortie du Livre Noir. On y lit, entre autres, l’étonnement du directeur du Nouvel Observateur préparant le dossier prévu lors de la sortie de l’ouvrage, à la fin de l’été 2005 : « Pour équilibrer notre dossier, nous avons d’abord fait appel à l’historienne de la psychanalyse la plus connue en France, Elisabeth Roudinesco, femme de grande capacité. C’est là que nos surprises ont commencé. Elisabeth Roudinesco a d’abord refusé de débattre avec un quelconque auteur du "Livre noir". Elle nous a ensuite encouragés à passer sous silence purement et simplement l’ouvrage et à remplacer les extraits prévus par un long entretien avec elle. Le livre, disait-elle en substance, est politiquement louche, à la limite de l’antisémitisme. Accusation aussi grave que ridicule quand on connaît les auteurs du livre. » Ce passage révèle d’ailleurs à quel point Philippe Val, qui n’a probablement jamais ouvert le Livre Noir, contrairement à Laurent Joffrin, n’est que le perroquet de Mme Roudinesco dans ce domaine. A moins, bien sûr, que  Laurent Joffrin soit un personnage assez louche proche de l’extrême droite !… 

Modestement, je renvoie aussi à mon billet « Je suis de gauche et j’emmerde la psychanalyse ! ». Mais peut-être suis-je moi-même, à l’insu de mon plein gré, un personnage assez louche proche de l’extrême droite !…


Merci à Magali pour l'image


Apostille : un directeur de France Inter ne devrait-il pas être d’une trempe à faire diffuser des connaissances avérées à l’antenne ?
Un directeur de France Inter ne devrait-il pas inciter à ouvrir les livres, au lieu de se contenter de répéter ce que colportent Elisabeth Roudinesco et Jacques-Alain Miller pour décourager la lecture de toute remise en question des dogmes freudiens ? N’est-il pas temps de proposer à Philippe Val et son sempiternel ton bravache et auto-satisfait, si peu propice, en fait, à la diffusion de véritables savoirs, un job plus adapté à sa déplorable mentalité ?


samedi 10 novembre 2012

Communiqué de Presse




(Novembre 2012 - Un point sur les actualités gouvernementales)

L’In’CITU s’étonne, et c’est le moins qu’on puisse dire, du manque de détermination du gouvernement et de la pertinence de ses actions. D’un côté, il tient ses promesses (Projet de loi sur le mariage homosexuel et l’adoption pour tous et contrat de génération). Dans le même temps, il remet en cause la création d’un 5ème risque, et délocalise ses dépenses vers des départements qui ne pourront les assumer pleinement ou de façon objective, la compensation proposée étant dérisoire au regard des dépenses réelles.

Combien de français s’en trouveront appauvris et dans la précarité ?

L’In’CITU est très sceptique devant la projection de centaines de milliers d’emplois résultant de l’annonce, suite aux préconisations du rapport Gallois, du crédit d’impôts de 20 milliards aux entreprises. Pour mémoire, la baisse de la TVA sur la restauration n’a pas généré d’emplois. Par contre, la hausse de la TVA qui touche certains secteurs, risque fort, en plus de réduire le pouvoir d’achat sur des biens et besoins de nécessité, de favoriser le travail clandestin non déclaré, appelé familièrement « travail au noir ».

Nous comprenons que le gouvernement souhaite respecter son engagement sur l’uniformisation de la fiscalité européenne. Nous avons accueilli favorablement l’annonce de la baisse de la TVA notamment sur les fauteuils roulants. Cependant, nous demandons au gouvernement de « retoucher » le rapport GALLOIS et de corriger sa copie ! La situation de crise n'excuse en rien ces prises de positions. Il y a des économies à faire ailleurs ! Notamment en arrêtant d’exclure de la société les personnes différentes en leur interdisant l’accès à l’éducation, l’accès à l’emploi, ce qui entraîne pour elles une grande dépendance…

Nous suggérons aussi un abaissement de la TVA pour l’aménagement et l’adaptation du logement, ainsi que sur tous les produits considérés comme de première nécessité. Nous faisons confiance au gouvernement pour nous entendre.

Joëlle J. de CORTE
Présidente de l’In’CITU

Contacts :
Joëlle de Corte

Jean-Philippe LaMarche