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vendredi 24 janvier 2014

“Le Mur” met des psychanalystes au pilori


Magazine Knack, 22 janvier 2014, p. 20
  

Le documentaire “Le Mur” met des psychanalystes au pilori
 
Il y a encore des psychanalystes qui considèrent que l’éducation des autistes est un problème. C’est ce que démontre Le Mur, un documentaire français qui a finalement échappé à la censure.
 
Si vous voulez voir un documentaire choquant sur la santé mentale, vous devez chercher Le Mur sur l’internet. Ce reportage de la journaliste Sophie Robert a été interdit pendant deux ans. La censure a été levée la semaine passée.
Pour Le Mur, Robert avait interviewé quelques psychanalystes francophones, parmi lesquels le Belge Alexandre Stevens, sur la façon dont ils traitent les enfants autistiques. En totale contradiction avec les faits scientifiques, les descendants de Sigmund Freud en sont toujours à croire que c’est la distanciation de la mère vis-à-vis de son enfant qui rend celui-ci autiste. Dès lors, la façon dont ils traitent ces enfants — notamment en les isolant de leurs parents — est fortement contestée. Depuis des années, l’association française Autistes sans Frontières mène des actions contre des situations intolérables. Dans la plupart des pays, la psychanalyse est quelque peu dépassée, mais en France sa variante lacanienne — celle de feu Jacques Lacan — est encore très active.
Les lacaniens qui ont la parole dans Le Mur produisent un verbiage devenu injustifiable en 2014 pour des psychiatres. En un mot : ils se ridiculisent. Lorsque le film est sorti, en 2011, il a provoqué de vives protestations. Trois psychanalystes interviewés par Robert lui intentèrent un procès : ils affirmaient que leurs propos avaient été présentés avec l’intention manifeste de leur nuire.
Parmi eux : notre compatriote Alexandre Stevens, qui dirige dans le Hainaut Le Courtil, un centre pour enfants ayant des problèmes psychosociaux. Ensemble, lui et deux collègues réclamaient, fin de 2011, des dommages-intérêts d’un montant avoisinant les 300.000 euro. Étonnamment, le juge donna raison aux plaignants. Il avait regardé les rushes et avait estimé que Robert s’était rendue coupable d’un montage trompeur. Avec le soutien financier d’Autistes sans Frontières, Robert est allée en appel. Après deux années mouvementées, la cour d’appel de Douai, dans le Nord de la France, s’est prononcée la semaine dernière. Robert a été réhabilitée, son film peut à nouveau être montré et les trois plaignants doivent payer des dommages-intérêts, dont le montant doit encore être déterminé par le juge.
Jacques Van Rillaer, professeur émérite à l’Université catholique de Louvain se réjouit vivement. Van Rillaer a lui-même, autrefois, été freudien, mais s’occupe depuis des années à dire ce qu’est réellement la psychanalyse et cela sans mâcher ses mots. « C’est un soulagement pour Sophie Robert, mais ce l’est aussi pour les parents d’enfants atteints d’autisme », dit-il. « Je me souviens encore qu’il fut un temps où je considérais ces parents coupables de l’état de leur enfant. Je me réjouis de voir que chacun peut constater, en regardant Le Mur, que l’on colporte encore aujourd’hui ces dangereuses sottises. Ainsi, cela finira peut-être un jour par disparaître. »
 



 Joël De Ceulaer
Traduction : J. Van Rillaer

jeudi 27 décembre 2012

Rétrospective 2012 : une année d'horreur pour les enfants, une année de deuil pour les parents


Au revoir aux : 


28 passants du bus belge dans un tunnel suisse en ce mardi 13 mars

27 passants de l’école de Newton aux USA en ce vendredi 14 décembre

Fin de l'espoir  ?  :


La chape de plomb s’est refermée sur la douleur des familles d’enfants autistes : la censure de la révélation de leur malheur s’est imposée, et pourtant… 



Et pourtant, c'était l’année de l’autisme ! (grande casse nationale ?)

En cette veille de fin d’année, je suis triste. Triste de devoir porter à bout de bras quotidiennement les appels au secours, nombreux et désespérés des familles françaises qui veulent réfugier leur enfant en Belgique, afin de leur épargner le sombre avenir qui leur est promis. Triste de constater que ces appels sont en augmentation depuis le précédent quinquennat, malgré toutes les promesses de changement. 

J’ai peur que les méthodes barbares et cruelles pratiquées par la France ne contaminent mon autre pays, ce cher pays qui a sauvé mon enfant, la Belgique.

Pendant que les médias, les célébrités, les politiques et l’opinion publique se focalisent sur quelques rares richissimes réfugiés fiscaux en Belgique, la France continue à y exiler à tour de bras nos milliers de personnes handicapées et âgées, parce qu’elle est incapable de s’en occuper dignement.

Mon petit Wolfgang est sauvé. Mais on continuera impunément à assassiner Mozart* et chaque don de chaque enfant, tous les jours en France… Ce don d’apprendre existe chez tous nos enfants, qu’il soit modeste nous enseigne combien il faudrait encore plus le préserver et l’épanouir alors.

Enseigner, c’est apprendre deux fois » (Joseph Joubert – merci à ma chère amie Geneviève pour m’avoir enseigné cette si belle maxime).

Tous nos enfants ont droit à l'école ! C'est gravé, écrit dans le marbre de la loi... et jamais appliqué. Nos enfants sont refusés ; en réalité, ils n'ont pas droit à l'éducation, pas droit à la vie en société, pas droit à l'autonomie, pas droit au respect, à la dignité. Et pourtant, ils auraient tant à apporter à cette société qui se prive de leurs talents et ne fait que les confiner abusivement dans le rôle de fardeau qu'elle leur décerne dès sa première sentence à leur égard.



*(Pour paraphraser Yves Duteil, je dirais : « À chaque enfant qui disparaît, c’est sur Mozart qu’on tire un trait »)