mercredi 26 février 2014

Autisme. Des parents manifesteront demain au colloque d'une psychanalyste


26 février 2014 - Le Télégramme
 
Des parents d'enfants autistes de plusieurs associations bretonnes ont décidé de manifester, demain, à l'ouverture d'une journée scientifique sur l'autisme qui se tiendra à la faculté de médecine de Brest. Ce colloque est réservé aux professionnels, sauf dérogation accordée par le Pr Michel Botbol, le chef de service de pédopsychiatrie du CHRU de Brest qui coordonne aussi l'activité du Centre de ressources autisme (CRA).
 
La journée est centrée sur l'expérience de Marie-Christine Laznik, psychanalyste et membre de l'association lacanienne internationale fondée par Charles Melman, dont les propos, dans notre édition de vendredi, ont déclenché une avalanche de réactions de parents, d'élus et de médecins (voir notre édition de lundi).
 
« Le collectif autisme se félicite que le CRA ait retiré son soutien à ce colloque sous la pression de l'Agence régionale de santé (ARS) mais s'étonne qu'il reste présidé par le chef de service chargé du CRA », écrit le collectif Autisme Bretagne qui s'interroge : « Comment mettre en œuvre le 3e plan autisme tout en invitant seulement ceux qui sont contre ce plan ? ». Hier soir, nous n'avons pas pu joindre le Pr Michel Botbol.
 
Le communiqué
 
Asperansa - Autisme Breizh Autonomie - Autisme Cornouaille - Autisme Côte d’Émeraude - Autisme Ecoute et Partage - Autisme Ouest 22 - Autisme Trégor Goëlo – Goanag - Je ted à l'école - Lud’autisme - Maison Lud’eveil - S’éveiller et sourire - Ted-dit autisme pays de Fougères – Autisme France Bretagne-Pays de Loire -
Collectif Autisme Bretagne
 
Le 25 février 2014,
 
Le jeudi 27 février, le SUPEA (service universitaire de psychiatrie de l’enfant et l’adolescent) St Pol Roux – dirigé par le Pr Michel Botbol – organise à Brest une journée « scientifique » «Interventions précoces auprès des bébés à haut risque de troubles développementaux ». Mme Marie-Christine Laznik va plancher sur le « Traitement précocissime d’un bébé à haut risque d’autisme » dans la lignée des positions développées récemment dans la presse régionale par Charles Melman.
 
Les associations regroupées dans le collectif Bretagne Autisme se félicitent que le Centre de Ressources Autisme (CRA) ait retiré son soutien à ce colloque, sous la pression de l’Agence Régionale de santé (ARS).
 
Elle s’étonnent cependant que le colloque reste présidé par le chef de service qui coordonne l’activité du CRA. Comment mettre en œuvre le 3èmeplan autisme, insuffisant mais qui va dans le bon sens, tout en invitant systématiquement seulement ceux qui se sont exprimés contre ce plan : Bernard Golse (mai 2013), Pierre Delion (septembre 2012), Jacques Constant et Moîse Assouline (décembre 2013), et maintenant Marie-Christine Laznik – dont l’association veut faire annuler les recommandations 2012 de la Haute Autorité de Santé ?
 
Pour la première fois, ce colloque est interdit aux personnes autistes et à leur famille. Il est soi-disant réservé aux professionnels, mais les partisans de la psychanalyse non professionnels ont droit à un rabais de 66% (60 € au lieu de 180 €).
 
Il est vrai que lorsqu’on continue à affirmer que le bébé devient autiste à cause de son « environnement », que ce terme (environnement) est une manière de désigner la mère, il est normal de se protéger des usagers qui ont subi et subissent ce type d’interprétations sans aucun fondement scientifique. Léo Känner s’est excusé il y a 50 ans de ses premiers propos concernant les mères froides. Quand un pape ou une papesse de la psychanalyse franco-lacanienne le fera-t’il ?
 
Nous n’attendons pas de miracle du babillage d’un-e psychanalyste avec un bébé. Aujourd’hui, il n’y a pas de moyen identifié de définir un bébé à haut risque autistique entre 3 mois et 18 mois. Prétendre le « guérir » est d’autant plus aventureux !
 
Nous voulons des professionnels capables de détecter le plus tôt possible les signes d’un trouble autistique. Nous voulons des professionnels capables d’en parler aux parents, pour mettre en œuvre ensemble des méthodes éducatives permettant à l’enfant et à l’adulte de trouver une place dans la société. Nous ne voulons pas d’un enfermement dans des hôpitaux ou dans des institutions spécialisées. Nous voulons que la société accepte les personnes autistes avec leurs différences.
 
Nous ne voudrions pas perdre notre temps à discuter avec des dinosaure(e)s. Mais ils monopolisent les moyens de l’Hôpital et de l’Université de Brest.
 
Plusieurs associations (Autisme Cornouaille, Autisme Côte d'Emeraude, Asperansa, Lud'Autisme etc ...) envisagent donc de manifester à la fac de médecine jeudi 27 février. A partir de 9 heures.
 
Le Collectif Bretagne Autisme s’est constitué en septembre 2012 pour lutter contre l’épuration organisée du CRA par les partisans de la psychanalyse, épuration qui s’est traduite par la mise au placard du Dr Lemonnier et le départ de la coordinatrice du CRA.
 
Interview de M-C Laznik par Sophie Robert (« Le Mur »)
 
Lire ici le tract qui sera diffusé lors de cette manifestation
 
 

vendredi 21 février 2014

Ça fait peur


 
Les meilleurs mots de la conférence « Qui sont les autistes aujourd’hui ? » à la Maison Communale de Leers-Nord, animée par les psychanalystes du Courtil, Institut médico-pédagogique près de la frontière française en Belgique. (Le 20 février 2014)
 

Salle de réunion du Courtil

« Quel dommage que les autistes soient sortis du champ de la santé mentale pour être dans celui du handicap » (ben tiens, ça vous lève une part de marché, hein ?)
 
« L’autiste a un double et il faut parler au double si l’autiste veut pas communiquer ça permet de rentrer en contact »
 
« Un ‘sujet’ a choisi l’électricité comme job pour se connecter aux autres »
 
« On a choisi de pas éduquer l’autiste parce que le faire rentrer dans notre monde c’est une violence terrible »
 
Sans oublier le grand classique : « Il ne parle pas parce qu’il ne VEUT PAS parler » La suite de : "L'autisme, c'est le choix du sujet", dit proféré plus tôt.
 
Il se regarde dans le miroir sur la porte puis il va voir derrière la porte. (Zut mon chat aussi il est AUTISTE. Je n’avais pas assez avec un mari et un fils.)
 
L’éducatrice : « On ramassait des orties pour faire du purin d’orties, avec les gants mais ça faisait mal quand même. Je me pique aux orties, je crie. Je ‘théâtralise’ et là Henri parle. Parce qu’à cause des orties, ça lui rappelle son père qui était jardinier et qui est parti de la maison quand il était petit. Plus tard, Henri  est allé à l’école et là il a fait des progrès : les progrès c’est grâce à mon cri qui a provoqué un déclic ».
 
« Mais on fait des tas de choses, on n’a même que 10 minutes pour les repas des enfants car il y a : atelier théâtre, atelier eau, atelier promenades, atelier gares, atelier poterie, etc. Alors hein, avec tout ça le temps d’école il est partiel hein, enfin pour ceux qui vont à l’école ».
 
Et plusieurs fois dans la soirée (sans parler des tracts distribués à l’entrée) : « Allez voir le film de Mariana Otero « à ciel ouvert » à IMAGIX à Tournai, le film qui montre le Courtil c’est un super film ».
Un peu de promo aussi pour 2 bouquins.
 
Ne rigolez pas, tout ça c’est avec vos impôts. Le film aussi…
700 000 euros d’Arte (Chaîne publique européenne)
 70 000 euros du ministère de la culture de Wallonie-Bruxelles
 20 000 euros de Tax Shelter
 
(Liste non exhaustive). Combien d’enfants avec autisme aurait-on pu scolariser et éduquer avec cette somme ?
 
Image du Courtil
 
À ciel ouvert, peut-être, mais à la raison fermé.

dimanche 16 février 2014

Maltraitance animale : une méthode en question



 
Quelle horreur !

 
Une école vétérinaire prétend "soigner" les troubles du comportement de nos animaux par la méthode dite des enveloppements humides.

 
Elle consiste à les contenir dans des draps et couvertures trempés et glacés, plusieurs fois par semaine voire quotidiennement, pendant au moins trois quarts d’heure et ce, sur une période de plusieurs mois, voire plusieurs années !
 

Ci-dessous les photos. Âmes sensibles, s’abstenir :
 




 
 


Je suis sûre que les Français vont se mobiliser et manifester, écrire en masse au gouvernement et pétitionner pour que cette torture s’arrête, que les coupables de telles atrocités soient poursuivis…
 

 
 

 

jeudi 13 février 2014

« Ça n’arrivera jamais » (Ils l'ont fait)


 
La Belgique légalise l’euthanasie pour les mineurs, sans âge minimum.
 
 
« Contrairement aux Pays-Bas, où l'euthanasie est autorisée à partir de 12 ans, les parlementaires ont opté pour la notion, plus flexible, de "capacité de discernement". Cette capacité de l'enfant à comprendre le "côté irréversible de la mort", selon les mots d'une députée, sera estimée au cas par cas par l'équipe médicale et par un psychiatre ou un psychologue indépendant. Et si l'initiative de demander l'euthanasie devra venir de l'enfant, les parents devront donner leur consentement. »
 
Lire l’article ici.
 
Voilà. Les psychanalystes ont de beaux jours devant eux pour exercer le droit de vie et de mort sur nos gamins… Encore « heureux » qu'un amendement ait écarté le motif « souffrance psychique » pour réclamer l’euthanasie. Il paraît qu’on demandera le consentement aux parents. Et quand les parents ont été déchus de leurs droits pour « défaut de soins » par  exemple parce qu’ils refusaient l’hospitalisation en psychiatrie pour leur enfant autiste, hum ? Puisque les psychanalystes disent que l’autisme est « un choix du sujet » en réaction à une mère destructrice, donc responsable de l’autisme de son enfant…

C'est juste un exemple, il y a d'autres handicaps où l'on ne peut exprimer sa pensée clairement... il faut dans ce cas s'en remettre à un interprète. Dont on ne saura pas toujours mesurer le degré de fiabilité. Dont certains si je comprends bien seront JUGES du désir de mourir de l'enfant. 
 
Bon et au fait le motif « souffrance psychique » il est écarté jusqu’à quand ? Ne dites pas « ça n’arrivera jamais ». Quand on a légiféré sur l’euthanasie, on a dit, à propos des mineurs : « ça n’arrivera jamais ».
 
J’avais déjà parlé de tout cela ici
 
 

mercredi 5 février 2014

La France réussit le Grand Chelem ! (Edit)


Janvier 2013, Conseil de l’Europe
 
Charte sociale européenne révisée – Comité européen des Droits sociaux – Conclusions 2012 (FRANCE)
 
Voir Page 25 de ce rapport :
 
Suivi de la réclamation Autisme-Europe contre France (réclamation n° 13/2002, décision sur le bien-fondé du 4 novembre 2003)
 
Concernant l’intégration scolaire des enfants autistes, le rapport fait état d’un nouveau « plan autisme 2008-2010 », qui poursuit trois objectifs :
 
• Renforcer la connaissance scientifique de l’autisme, ainsi que les pratiques et les formations des professionnels – un état des lieux des connaissances sur l’autisme a été publié en mars 2010 et une offre de formation professionnelle en la matière, assortie de recommandations pratiques, devait être lancée en 2011 ;
 
• Mieux repérer pour mieux accompagner les personnes autistes et leurs familles – les fonds alloués au diagnostic de l’autisme ont été revus à la hausse, des critères normalisés d’appréciation de l’activité des centres de ressources pour l’autisme (CRA) ont été définis et des partenariats entre les CRA et les MDPH ont vu le jour ;
 
• Diversifier les approches dans le respect des droits fondamentaux de la personne – plus de 170 millions d’euros ont été destinés à la création, d’ici fin 2012, de 4100 places supplémentaires pour les personnes autistes (2 100 places pour enfants dans les institutions d’enseignement spécial et 2000 places pour adultes dans les structures spéciales et les services d’aide à domicile) ; fin 2010, quelque 1330 places pour enfants et 342 places pour adultes avaient effectivement été créées ; en outre, 24 structures expérimentales faisant appel à des méthodes comportementalistes, ont ouvert leurs portes en 2009 et 2010.
 
Mon commentaire sur ce paragraphe : cela tient du mercurochrome sur la jambe de bois, comme disait Coluche. Une personne avec autisme sur 100, faisons le calcul rapide sur plus de 60 millions de Français : 600 000 personnes.
 
Places supplémentaires direz-vous ? Mais il y avait déjà un énorme déficit antérieur du nombre de solutions ! De plus, les prises en compte déjà existantes faisaient fi de toutes les méthodes officiellement recommandées, du désir des familles et de l'inclusion dans la société des personnes concernées. Je constate que seulement une des nouvelles places sur 12 est conforme aux méthodes approuvées.
 
Le rapport précise aussi que plusieurs des actions initiées ne sont pas encore terminées et que les résultats obtenus grâce à ce plan sont en cours d’évaluation. Tout en prenant note des nouvelles mesures et en tenant compte du fait que leurs effets restent à déterminer, le Comité constate que le rapport ne précise pas l’impact du précédent « plan autisme » ni les changements qu’a entraînés dans la pratique l’adoption de la nouvelle définition de l’autisme de l’OMS.
 
Il attire également l’attention sur le fait qu’il est actuellement saisi d’une nouvelle réclamation (n° 81/2012, Action européenne des handicapés (AEH) contre France), enregistrée en avril 2012, qui porte sur les problèmes d’accès des enfants et adolescents autistes à l’éducation et sur l’accès des jeunes adultes autistes à la formation professionnelle. (Edit : Ce paragraphe parle de la 5ème condamnation, rendue publique aujourd'hui, 5 février 2014)

En l’absence d’informations suffisantes sur la réalité de l’égalité d’accès des personnes autistes au niveau éducatif ordinaire et à l’enseignement spécial, le Comité considère que le rapport n’apporte pas suffisamment d’éléments nouveaux pour qu’il revienne sur sa conclusion précédente en la matière.
 
Conclusion :
 
Le Comité conclut que la situation de la France n’est pas conforme à l’article 15§1 de la Charte au motif qu’il n’est pas établi que l’égalité d’accès à l’enseignement (ordinaire et spécial) soit effectivement garantie aux personnes atteintes d’autisme.
 
Donc 4 condamnations successives : 2004, 2007, 2008, 2013
 
 
 



Comme dit mon ami Viktor, la France réussit le grand chelem !!!
 
Et rien ne change... pour l'instant.
 
Eh oh, y'a quelqu'un là-haut ? Il paraît que ça se discute en ce moment...
 
Vous faites quelque chose ou on rempile pour le prochain match
avec encore une "victoire" à la clé ?

 
Edit du 5 février 2014 : Après 4 condamnations sur la même plainte, la France vient d'être condamnée une 5ème fois sur le même motif... Y'en a toujours pas marre, là-haut ?
 
 
 

 

mardi 4 février 2014

Le DSM-V et le Syndrome d’Asperger

Rappel :
Depuis mai 2013, une modification du DSM-V qui a attiré beaucoup l'attention est celui du changement d'appellation du syndrome d'Asperger. Le trouble est désormais désigné comme une forme légère de trouble du spectre autistique. Ce changement a soulevé, chez les associations, la crainte que le nouveau système ait pour conséquence de changer radicalement qui recevra ou ne recevra pas le diagnostic, ce qui a des implications sur l'accessibilité des soins.
 
Les diagnostics précédents de trouble autistique, syndrome d'Asperger, trouble désintégratif de l'enfance et trouble envahissant du développement non spécifié sont réunis sous la seule appellation de trouble du spectre autistique et sont distingués par le degré de sévérité.
 
L'objectif de cette nouvelle classification, est-il expliqué, est que toute personne qui rencontre les critères d'altération, cliniquement significative, de la communication sociale ainsi que d'intérêts ou de comportements restreints et répétitifs rencontrent les critères diagnostiques. Le critère de trouble ou de retard de langage n'est plus nécessaire pour le diagnostic de trouble du spectre autistique.
 
Conséquemment, toute personne qui rencontre les premiers critères et présente des capacités d'acquisition de langage et un fonctionnement cognitif appropriés pour son âge, qui aurait pu auparavant recevoir un diagnostic de syndrome d'Asperger, recevra un diagnostic avec le nouveau système.
 
Lire ici.
 
Selon la formule consacrée, il y aurait "autant d’autismes que d’autistes", j’en ai connu directement ou indirectement :
-             à haut potentiel,  voire génie
-             sans déficience intellectuelle
-             avec déficience intellectuelle légère
-             avec déficience intellectuelle modérée
-             avec déficience intellectuelle sévère
-             avec déficience intellectuelle profonde
   Ø  J'aurais presque pu faire la même liste pour les troubles du comportement, mais comme ils ne sont pas innés mais en réaction à l’environnement et aux perturbations sensorielles...           
-             avec épilepsie
-             avec X-fragile
-             avec trisomie 21 (comorbidité plus répandue qu’on ne croit)
-      avec trisomie sur d’autres chromosomes (et plusieurs chromosomes impliqués) (comorbidité plus répandue qu’on ne croit)
-             avec polyhandicap (comorbidité plus répandue qu’on ne croit)
-             avec d’autres comorbidités (physiques et/ou mentales)
-             puis tous les croisements possibles avec les thèmes de cette liste (non exhaustive de surcroît)
 
Il faut donc envisager de répondre aux besoins de chaque personne, après avoir pu évaluer ces besoins bien entendu. Ce qui passera par un projet de vie individualisé, en participation avec la personne et, le cas échéant, ses parents ou représentants légaux. Ceci est valable pour tous les handicaps et tous les besoins spécifiques d’ailleurs…

samedi 1 février 2014

Un plan autisme en Belgique aussi


Des mamans d’enfants avec autisme reçues

par la Ministre Laurette Onkelinx

 

Deux mamans d’enfants avec autisme, assistées d’une des associations ayant participé cet été à la rédaction de propositions pour un plan autisme en Belgique ont été reçues par la Ministre Laurette Onkelinx ce lundi 27 janvier.
 
Pour rappel, L’APEPA, l’AFrAHM et Grandir Ensemble, ainsi que d’autres associations citées dans le document de propositions, avaient  également participé à sa rédaction.

La Ministre a déclaré mettre tout en œuvre pour que ce plan soit pris en compte dans les programmes des partis politiques et lors de la prochaine législature ; également par les différents niveaux de pouvoirs concernés (Région, communautés, fédéral).

Nous ne pouvons que nous réjouir de cette annonce, en espérant en voir les effets concrets.
 
Cependant, nous voudrions apporter quelques rectifications par rapport à certaines inexactitudes, ou même contre-vérités parues dans la presse et sur les réseaux sociaux :
 
-  Tout d’abord, la France qui en est à son 3ième plan autisme n’est pas vraiment « un modèle du genre » en matière d’autisme[1]. Depuis des décennies, ce pays voisin traite la question de l’autisme avec des approches obsolètes, qui ont fait la preuve de leur inefficacité, provoquant même parfois des sur-handicaps. Cette situation est l’une des importantes raisons de l’exode de milliers d’enfants et d’adultes handicapés français sur notre sol. Si le 3ième plan autisme en vigueur chez nos voisins français tourne le dos sur le papier aux approches contestées, sur le terrain elles sont malheureusement toujours appliquées.
 
- Ensuite, contrairement à certaines affirmations, nous avons en Fédération Wallonie-Bruxelles des classes à pédagogie adaptée à l’autisme en maternelle. Nous pouvons cependant souligner qu’il faudrait en général plus de classes à pédagogie adaptée et plus d’intégration dans l’enseignement ordinaire ; c’est ce que nous réclamons dans nos propositions  pour un plan autisme, entre autres sujets.
 
-  Un des gros points noirs restant le dépistage précoce, c’est avec plaisir que nous annonçons trois outils essentiels :
 
1.     L’avis n° 8747 du Conseil Supérieur de la Santé sur la qualité de vie des jeunes enfants autistes et de leur famille.
 
2.     À destination des parents, une récente brochure de l’APEPA afin de reconnaître les signes de trouble du spectre de l’autisme.
 
3.     À destination des professionnels et des parents, depuis 2009, le projet TEdDI de la Fondation SUSA, avec le soutien de l’AWIPH et en collaboration avec l’ONE.
 
Rubrique de l’AWIPH sur ce projet national.
Le projet sur le site du SUSA.
Les fiches à télécharger. 
 
Restez à l’écoute de l’APEPA pour une très prochaine annonce…




[1] Ainsi, 80 % des enfants avec autisme y sont déscolarisés, les 20 % restant devant le plus souvent se contenter d’une scolarisation partielle sans les moyens adéquats. Tous les enfants à besoins spécifiques ne bénéficient pas, loin s’en faut, de la présence d’Auxiliaires de Vie Scolaire, et pour ceux qui ont cette chance, c’est le plus souvent partiellement, avec du personnel non-qualifié. Ce sont des métiers précaires dont le gouvernement français est en train de revoir le statut et la formation.
 
On peut douter par ailleurs des perspectives d’autonomie quand on rend un enfant dépendant d’une seule et même personne, sans autre accompagnement ou aménagement du système. Quant aux classes à pédagogie adaptée, elles devraient enfin voir le jour en France à la rentrée scolaire 2014-2015 (une classe maternelle par académie, et pour terminer ce plan autisme en 2017 une classe maternelle par département).