mardi 28 mai 2013

Non, non, rien n’a changé, tout, tout a continué

« Lorsque ces courriers concernent les enfants, en particulier les enfants touchés par la maladie ou le handicap, ils traduisent souvent la détresse des familles devant leur incapacité à pouvoir assumer financièrement l'éducation ou l'infirmité de leur enfant. »
 
Les émouvants dessins d'un enfant sourd en 1845.
 
 
 
 
Lire ici.
 

Quand Vincent Peillon rime avec déception

Encore heureux que Claire-Lise Campion soit venue en  Belgique :
 
« Renforcer la coopération médico-social/Education nationale
 
En revanche, un autre amendement a fait son apparition au Sénat. Il émane de Claire-Lise Campion (PS), rapporteure pour avis de la commission des affaires sociales du Sénat, et vise à relancer le chantier de la coopération entre les établissements scolaires et les établissements et services médico-sociaux, "actuellement au point mort", en inscrivant son principe dans la loi.
 
La sénatrice explique que l'une des conditions de réussite de la loi de 2005 en matière de scolarisation des enfants handicapés résidait "dans la coopération renforcée entre l'Education nationale et le secteur médico-social pour rompre la logique de filières, permettre la fluidité des parcours de ces enfants et, ainsi, améliorer la qualité de leur prise en charge".
 
Scepticisme de Vincent Peillon
 
Le cadre de cette coopération a été défini par un décret du 2 avril 2009 qui prévoit notamment la signature de conventions entre les établissements scolaires et spécialisés, ainsi que les modalités d'intervention des personnels médico-sociaux en milieu ordinaire. Or, selon le rapport sénatorial sur l'application de la loi de 2005, que Claire-Lise Campion a cosigné avec Isabelle Debré, le bilan de cette coopération "est très négatif" : une part importante des acteurs locaux, notamment dans les établissements, n'ayant pas connaissance de ce texte, très peu de conventions ont été signées ; lorsqu'elles l'ont été, celles-ci ne couvrent qu'une partie du champ de la coopération prévu par le décret. La sénatrice a donc souhaité relancer ce chantier en donnant une valeur législative à une mesure qui est aujourd'hui de niveau réglementaire.
 
Malgré le scepticisme du ministre de l'Education nationale, Vincent Peillon, et de la rapporteure Françoise Cartron - qui bien que d'accord sur le fond ont estimé qu'il convenait plutôt de se concentrer sur une meilleure application du droit -, Claire-Lise Campion a maintenu son amendement, lequel a été adopté en séance publique. Reste à voir si les députés qui réexamineront bientôt le texte en seconde lecture donneront leur feu vert. »
 
(Extrait de cet article).
 

 
Vincent Peillon  me déçoit à un point… mais à un point… vous ne pouvez pas imaginer. C’est à pleurer. Voilà un ministre de l’éducation de plus dans la liste de ceux que je ne regretterai pas à leur départ. Je remercie Claire-Lise Campion et Isabelle Debré que j’avais rencontrées lors de leur déplacement en  Belgique.


 
 

samedi 25 mai 2013

LE MUR Bonus n°2 : INTERVIEW DE LA PSYCHANALYSTE MARIE-CHRISTINE LAZNIK ...



Ces propos sont insoutenables de prosélytisme de la pédophilie sur les bébés. D'ailleurs, plus grands, les enfants n'intéressent plus cette "professionnelle", comme elle le sous-entend ici.

Il fallait aussi oser affirmer que c'est le retrait de l'enfant qui entraîne des changements visibles dans le cerveau (au lieu du contraire).

France, tes enfants les plus fragiles sont livrés aux gourous d'une secte qui se sert d'eux pour assouvir ses fantasmes de sexe, de pouvoir et de richesse. Aux frais du contribuable français, en creusant le gouffre de la sécurité sociale.

Lève-toi ! Tu es fille de révolution, mère des Droits de l'homme. Arrête de nous faire honte dans le reste du monde. Que la fierté de ton peuple sorte de son tombeau de soumission et revienne parmi nous.

vendredi 24 mai 2013

Game Over ?


Tonnerre sur l’enseignement spécialisé et intégré en Fédération Wallonie-Bruxelles.
 
On a monté en épingle le coup de gueule d’un papa désespéré en généralisant une mauvaise expérience pour jeter l’opprobre sur un système en entier.
 
Loin de moi l’idée de me masquer les problèmes (nous sommes assez sur le terrain à y travailler – avec plus ou moins de bonheur). Mais fallait-il autant jeter le bébé avec l’eau du bain ? Hélas, ce cri désespéré – dont je partage certains passages – a été repris par des Français qui m’ont reproché un aveuglement sur le système d’éducation belge.
 
Mais que croyaient-ils ? Que j’allais montrer en exemple les mauvais ? Non, ce que je veux exporter, ce sont les bonnes choses, bien entendu. Nous avons choisi, à l’annonce du handicap de notre fils, d’emménager dans la province où le réseau d’enseignement spécialisé était le plus dense. Il est certain que, quand on a le choix, on a aussi plus de chances d’avoir du meilleur.
 
Le système peut être bon, il peut être mauvais ; ça c’est le facteur humain qui fait la différence. Ce n’est pas parce que vous avez été victime d’une erreur médicale lors d’une opération chirurgicale que tous les chirurgiens sont des bouchers, et que la médecine de votre pays est mauvaise.
 
Ce cri de révolte d’un papa a été diffusé auprès des Français qui ne connaissent pas notre système, confondent les instituts médico-pédagogiques, qui servent d’internat aux enfants Français scolarisés avec les écoles spécialisées qui dépendent, elles, de notre éducation nationale. Les deux sortes d’établissements ne dépendent pas des mêmes gouvernements ! Tout comme le transport scolaire, fort justement décrié pour sa durée dans l’article en question, ne dépend pas non plus de l’éducation nationale.
 
J’ai pu expliquer ce qu’il en était, mais l’occasion est trop belle pour les partisans du médico-social. Gageons qu’ils se serviront bien du texte du papa pour empêcher qu’on importe ce qu’il y a de bien de Belgique en France. Il était évident qu’une scolarisation spécialisée ou intégrée dépendant entièrement de l’EN est moins coûteuse que si elle dépend tout ou partie du médico-social ou du médical, (pas de convention 66, pas de tarification ahurissante : des actes comptés en prix de journée…), pas de transport en taxi ou en ambulance si on est scolarisé tout près de chez soi… Donc…
 
Ma crainte (et je ne suis pas la seule à l’éprouver) est que nombre des établissements français fassent un peu d’éducatif pour se conformer aux directives du plan autisme III tout en continuant allègrement et plus ou moins officieusement la psychanalyse…
 
Mais, surtout, si on ne veut pas de nos enfants à l’école, ben… ils ne seront jamais intégrés dans la société. Jamais.
 
J’avais encore un faible espoir, après plusieurs attaques idéologiques ou personnelles dont nous, les partisans de l’école, avons été victimes en France et dont je ne sais dans quelle mesure elles ont impacté notre crédibilité en pleine élaboration du plan autisme III, de pouvoir semer quelques jalons pour l’avenir. Ces attaques étaient encore plus injustes et stupides quand elles venaient de notre propre camp.
 
Je crois qu’avec cette histoire, je vois s’envoler la dernière chance d’importer par projets-pilotes nos bonnes expériences (qui ne sont pas générales, bien sûr, nous prenons souvent notre bâton de pèlerin pour en faire le prosélytisme chez nous car nul n’est prophète en son pays !). Mais même chez nous, pour tout vous dire, je crois qu’on vient de se prendre une grande gifle. Ce sera bien plus dur de se faire entendre. Il faut dénoncer les mauvaises choses ; il faut aussi proposer des solutions et répandre les bonnes pratiques. C’est une question d’objectivité.
 
Ce soir, j’ai mal pour tous ces enfants, mal pour ces parents. Mon gamin est sauvé, et je n’aurais rien pu faire ou presque pour le leur. Je n’aurais pu arracher que des clopinettes, par-ci, par-là. Jamais pu rendre l’immense chance qui nous a été donnée.
 
 
 
Mais il y a une chose que je peux faire : je vais quand même rendre hommage à tous les professionnels de l’enseignement qui ont su donner un avenir à mon fils, et aussi à tous ceux qui m’ont épaulée dans mes projets. Ils le méritent, eux qui ont donné du temps bénévole, qui ont répondu à mes sollicitations. Ce ne fut pas idyllique avec tous, bien sûr. Mais faudrait-il pour autant que je jette l’opprobre sur tous ?

 

jeudi 23 mai 2013

Qui perdra à ce jeu de mots ?

 
L’excellent blog de notre ami Philippe Steinier reprend une alerte de l’APF :
 
« La commission de l’éducation a adopté la suppression de la dernière phrase de l’article 3 qui précise que le service public de l’éducation « vise à l’inclusion scolaire de tous les élèves, notamment les élèves en situation de handicap ». Elle lui préfère une formulation plus générale : le service public de l’éducation « veille à l’inclusion scolaire de tous les enfants, sans distinction d’origine, de milieu social et de condition de santé ». (…)
 
Cette même remarque est applicable à l’article 10, qui spécifie que « le service public du numérique éducatif et de l’enseignement à distance est organisé y compris pour les élèves en situation de handicap ». (…)
 
Pour revenir à l’inclusion scolaire, l’APF est loin d’être satisfaite et à communiqué par la voix de Bénédicte Kail, sa conseillère nationale éducation et familles « Il est important de garder spécifié le principe de l’inclusion scolaire ou d’une école inclusive, explique-t-elle. Il faut que les besoins éducatifs particuliers des élèves en situation de handicap soient pris en compte et les adaptations spécifiques prévues afin de faire de l’école une école réellement inclusive. »
 
Lire l’article d’Handimobility ici, le communiqué de l’APF ici.
 
Mon avis :
 
Si, idéologiquement, on ne peut être que d'accord avec l'idée de supprimer la différence dans les termes pour ne pas faire de discrimination, on ne peut écarter que cela pourrait être une manœuvre pour justement ne pas avoir à s’occuper des enfants en situation de handicap. Il ne faudrait pas que l’on supprime des aménagements pour cette (fausse) raison ! Ni que l’on exclue nos enfants pour la même.
 


 
Je mesure combien ce  pays est en retard.
 
Ici en Belgique, nous parlons d’élèves à besoins spécifiques, TOUS les besoins spécifiques, car évidemment ça fait longtemps que les élèves handicapés sont scolarisés chez nous…
 
J’aborde justement cet angle de vue en page 7 de mon projet.
  
cela fait peur : le handicap y est écarté, autrement dit : on ne suppose pas une autre voie que l'échec pour nos enfants.
 

Adieu, le métèque


samedi 18 mai 2013

Pour mon fils




You've got the will, boy

 You've got the power now

 Ain't to use to run

 Ain't to use to hide

 Take a ride on night life

 It's not a good life

 And I hear you screaming inside

 

 Oh boy

 You're a lonesome Zorro

 Oh boy

 You're a lonesome Zorro

 

 Don't act like a Don Juan

 Making love like Peter Pan

 And I hear you screaming inside

 

 All day has been a high

 The next day's been a low

 And I hear you screaming inside

 

 (Oh boy

 You're the lonesome Zorro)

 (Oh boy

 You're a lonesome Zorro)

 Oh boy

 You're a lonesome Zorro

 And I hear you screaming inside

 

 

vendredi 17 mai 2013

ON A GAGNÉ !!!


 

 
Réussite éducative et coéducation avec les parents – L'adoption d'un amendement à l'article 25, de la rapporteure Françoise Cartron, permet de maintenir le principe d'une mise en place conjointe entre l'équipe éducative et les parents (coéducation) dans le cadre de dispositifs d'aide aux élèves en difficulté, notamment les programmes personnalisés de réussite éducative (PPRE). Il réintroduit les parents dans la décision et la mise en oeuvre du dispositif alors que le projet de loi les en écartait au bénéfice d'une simple information.
 
Dans la ligne de la doctrine sur la réussite éducative qui est en train de se formaliser, Françoise Cartron estime que "la prise en charge de la difficulté scolaire ne peut être que globale parce que ces causes et ces effets sont multiformes. Il ne convient donc pas de marquer une rupture entre la sphère familiale et la sphère scolaire. Les parents doivent être directement impliqués dans l'aide apportée à leurs enfants". Il ne faudrait surtout pas "corroborer l'idée fausse que les parents sont indifférents au déroulé de la scolarité de leurs enfants ou qu'ils sont impuissants à agir".
 
Plus loin dans le projet de loi, après l'article 45, "il est prévu dans tous les établissements un espace à l'usage des parents d'élèves et de leurs délégués", depuis que l'amendement de la rapporteure allant dans ce sens a été adopté.
 
Enfin, pas moins de huit amendements ont été adoptés en commission pour supprimer l'article 4 ter introduit à l'Assemblée nationale qui permettait à l'équipe enseignante de saisir, sans passer par les parents, la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) pour proposer "toute révision de l'orientation d'un enfant ou d'un adolescent et des notifications concernant son accompagnement qu'elle jugerait utile, y compris en cours d'année scolaire". La commission coupe ainsi l'herbe sous le pied de Vincent Peillon qui s'était engagé à retirer l'article polémique (voir notre article du 15 avril).
 Texte extrait de cet article
 
 

jeudi 16 mai 2013

100 ans de certi-solitude...


L'autisme et le scandale français : quand une psychiatre, aussi maman, en parle, ça donne ça.
 
N'oubliez pas, vous qui vous vous en fichez : votre argent de contribuable sert à torturer des gamins et à briser leur avenir. Ne préfèreriez-vous pas qu'il soit employé à les rendre autonomes ? En plus, ça coûte moins cher...

lundi 6 mai 2013

Cécile Duflop


Lettre de l’ANPIHM et de la CHA à Mme Cécile Duflot
 
Le 2 mai 2013
Madame la Ministre,
Le site « Batirama.com » vous prête des propos relatifs aux normes d’adaptabilité des logements en relation avec les difficultés vécues par les personnes en perte d’autonomie. Et si ces propos sont bien les vôtres, ils ne peuvent appeler de l'Association Nationale pour l'Intégration des Personnes dites Handicapées Moteurs et de la Coordination Handicap et Autonomie que les plus vives réserves et protestations !
 
En effet, « Batirama.com » titre: Aux handicapés de faire évoluer les normes.
 
Autre sujet sur lequel la ministre s’est exprimée, celui de l’adaptabilité des logements. Aujourd’hui tous les logements neufs construits doivent l’être suivant les normes handicapés avec toutes les contraintes que cela entraine, techniques (1) mais aussi la réduction des surfaces(2) pour les pièces principales telles que les séjours par exemple.
Ces premières allégations sont inexactes et trompeuses, en effet :(1) Les seules dispositions techniques inventées par la loi du 11 février 2005 sont les balcons desservis par un seuil maxi de 2 cm et la possibilité de pouvoir, quand nécessaire, réaliser une douche accessible. Ces deux dispositions, sont reconnues sans difficulté de faisabilité par le Centre Scientifique des Techniques du Bâtiment et appliquées depuis des décennies dans des pays comme la Suisse, peu suspecte d’aventurisme technologique...
 
(2) les dispositions ‘d’adaptabilité’ pouvant impacter les surfaces ont été imposées dès 1975. La loi du 11 février 2005 ne les aggrave en rien et cible strictement les mêmes appartements que la loi du 30 juin 1975, à savoir ceux en rez-de-chaussée ou desservis par ascenseur. La loi du 11 février 2005 y ajoute seulement « les logements susceptibles d’être desservis par ascenseur », en clair ceux d’improbables immeubles équipés d’une « cage d’ascenseur» en réservation.
 
Dans ces conditions, imputer aux règles d’adaptabilité en place depuis 38 ans les conséquences des dérives, contemporaines, des couts du foncier et de la construction relativise la pertinence de ce préambule éditorial quelque peu (mal ?) orienté.
 
« Batirama.com » poursuit: A cela Cécile Duflot fait un constat, « 577 députés et plus de 400 sénateurs ont voté la loi de 2005 à l’unanimité (1) Personne à ce moment-là ne s’est manifesté (2) pour expliquer par exemple qu’installer des siphons de sols à tous les étages sous les baignoires n’était peut-être pas une obligation opportune » (3)
 
Si ces propos sont exacts, nous ne pouvons rester sans réagir tant ils déforment la réalité historique du vote de la loi incriminée !
En effet (1), la loi du 11 février 2005 fut adoptée avec les seules voix des parlementaires de la majorité de l’époque (364 voix ‘pour’ sur 527 votes exprimés). L’opposition, elle, fut unanime à la rejeter (163 voix ‘contre’, dont celles des députés écologistes Martine Billard et Yves. Cochet) aux motifs, entre autres, qu’elle ne répondait ni aux attentes ni aux besoins. Ce qui est une réalité aujourd'hui, particulièrement en matière de cadre bâti d'habitation !
 
(2) Au stade du vote de la loi, la retenue était de mise quant aux dispositions techniques, non encore connues, puisque du seul ressort de la réglementation à venir, elle ne peut donc ici valoir approbation rétroactive.
Pour sa part, bien esseulée il est vrai, l’ANPIHM a réagi dès sa connaissance de textes opposables illégitimes en recourant, avec succès, devant le Conseil d’Etat puis, via les parlementaires de l'Opposition, devant le Conseil Constitutionnel, preuve de la pertinence de sa compréhension des limites de cette loi, comme des atteintes aux règles de l’art et de sécurité, des contradictions et des incohérences de sa réglementation qu’il convient maintenant de corriger et non d’amoindrir .
 
(3) Par ailleurs la ‘possibilité’ de pouvoir réaliser, quand nécessaire, une douche accessible n’est pas obligatoire dans tous les appartements nouveaux à tous les étages, mais uniquement dans les appartements en rez-de-chaussée ou desservis par ascenseur, ce qui ne représente guère plus de 50 % du quota annuel de logements neufs et moins de 10% des maisons individuelles neuves.
 
« Batirama.com » poursuit encore: « Si aujourd’hui je monte au créneau, on me promet une manifestation de gens en fauteuils roulants devant mon ministère. J’ai d’ailleurs parlé du sujet de l’adaptabilité des logements avec le Président de l’Association des Paralysés de France cette semaine en lui expliquant les contraintes de ces exigences (1), mais cette évolution si elle doit avoir lieu (2) doit être portée par ces associations d’handicapés elles-mêmes(3) ».
 
Permettez-nous, Madame la Ministre, de vous indiquer que vos propos, s'ils sont exacts, nous laissent pantois !
 
En effet, comment admettre alors que le Président de la République, certes alors qu'il était seulement candidat, a indiqué que «le handicap devait devenir une grille de lecture» et que de surcroît une circulaire du Premier Ministre appelle l'ensemble des ministres à intégrer dans leurs projets de loi «les problématiques des personnes dites handicapées» afin de ne pas créer ou aggraver les situations de handicap qu'elles vivent au quotidien en raison des obstacles qu'elles doivent surmonter, que vous puissiez demander, non pas aux professionnels du Bâtiment d'appliquer la volonté du législateur, déjà bien insuffisante pour être efficace, mais vouloir « expliquer » au Mouvement associatif « les contraintes de ces exigences... » ! En précisant par ailleurs, « mais cette évolution si elle doit avoir lieu » !
 
Est-ce à dire que l'adaptabilité à mettre en oeuvre ne le serait plus nécessairement selon vos intentions? À l'évidence, si tel était le cas, il s'agirait là d'un casus belli irréductible entre le Mouvement associatif et votre Gouvernement !
 
Enfin, en concluant comme vous le faites « doit être portée (l'évolution’ NDLR) par ces associations d'handicapés elles-mêmes » ! Outre qu'il serait plus respectueux vis-à-vis des personnes concernées que vous employiez le terme de « personnes » et non pas du seul substantif « handicapés », il semble que vous méconnaissiez la réalité et confondiez nos fonctions respectives !
 
En effet, voilà plus de 50 ans que les personnes dites handicapées se battent pour que les différents acteurs économiques et politiques cessent de multiplier les obstacles générateurs de situations de handicap, mais n'ont obtenu que les lois de 1975 et de 2005 bien insuffisantes à amorcer ne serait-ce que l’élimination des obstacles architecturaux !
 
Mais la réalité doit être dite ! C'est l'absence de volonté politique des différents gouvernements successifs et leurs tentatives de renoncements qui contraignent les personnes dites ‘handicapées’ à être de plus en plus « exigeantes » !
 
Et il semble malheureusement, si les propos qui vous sont prêtés sont fidèlement rapportés, que les personnes dites handicapées soient à la veille de devenir victimes d'un nouveau cycle de renoncements !
Aussi, nous vous demandons, Madame la Ministre, de ne pas confondre nos fonctions respectives, car s'il revient au Mouvement associatif de vous présenter ses revendications, revendications inspirées par l’expérience du vécu et particulièrement porteuses ici de l'intérêt général de la population, notamment des personnes valides mais vieillissantes, il revient à votre Gouvernement, au nom des principes républicains qui devraient tous nous animer, de faire triompher la justice sociale et l'égalité de tous les citoyens, qu'ils soient dits valides ou dits handicapés !
 
Pour l’ANPIHM et la CHA, l’accessibilité des immeubles d’habitation et l’adaptabilité des appartements sont les fondements élémentaires du principe de précaution aux conséquences de la de perte d’autonomie. Nous ne pourrions imaginer, tant ce principe vous est familier, que vous puissiez ne pas le partager.
 

Restant à votre entière disposition pour vous informer personnellement des contenus concrets des textes législatifs et réglementaires, de la situation réelle vécue par les personnes dites handicapées au quotidien, et des conséquences financières nettement plus limitées que différents lobbys vous le font croire dès lors qu'il s'agit d'améliorer l'accessibilité architecturale du cadre bâti d'habitation, comme nous l'avons d'ailleurs déjà explicité par le menu aux membres de votre Cabinet,
 
Nous vous prions de croire, Madame la Ministre, à nos sentiments les plus perplexes mais néanmoins respectueux.
 

Vincent ASSANTE.
Président de l'ANPIHM.
Administrateur de la CHA.


Christian FRANCOIS.
Administrateur de l'ANPIHM et de la CHA.
Représentant de la CHA aux commissions
plénières et accessibilité du CNCPH.