dimanche 27 novembre 2016
jeudi 24 novembre 2016
Appel à participation pour une étude – Université de Mons – Service d’Orthopédagogie Clinique
Chers parents,
Le Service d’Orthopédagogie
Clinique de l’Université de Mons mène actuellement une recherche-action visant
à améliorer l’apprentissage à l’autonomie des enfants et adolescents ayant un
trouble du spectre de l’autisme, et ce, au sein de leurs différents milieux de
vie.
Cette recherche, débutant à la
fin du mois de Janvier 2017, consistera à utiliser une application numérique
disponible sur iPAD et à en évaluer, auprès du jeune, son efficacité dans la
réalisation autonome d’activités de la vie quotidienne.
Vous êtes intéressé·e·s ?
Vous habitez les régions de Mons, Charleroi, La Louvière et alentours et vous
possédez un iPad ? N’hésitez pas à marquer votre intérêt à participer
avant le 16 décembre en contactant par courriel Monsieur Robin Bastien (robin.bastien@umons.ac.be).
lundi 21 novembre 2016
Accueil des personnes handicapées : 2ème Commission mixte Wallonie-France
Communiqué du Ministre-Président
de la Région Wallonne, Maxime Prévôt.
Communiqué de Ségolène Neuville,
Secrétaire d’État aux personnes handicapées du gouvernement français. (Le texte
est commun aux deux ministres, mais les liens, contacts et images diffèrent).
Discours de Ségolène Neuville
Commentaires : (ces commentaires n’engagent que
son auteur, moi-même).
1) L’accord-cadre franco-wallon a été signé en
2011, en cachette de la Fédération Wallonie-Bruxelles, qui scolarise les
enfants français dans l’enseignement spécialisé et, surtout, des associations
françaises (hormis l’APIM-HF – Aide aux personnes inadaptées mentales hors de
France – qui ne s’occupe pas d’enfants).
D’où le vide juridique concernant la scolarisation des enfants français
handicapés en Belgique.
Marie-Anne Montchamp, Secrétaire d’État au
handicap, était à l’époque en campagne pour la députation des Français du
Benelux…
La rencontrant dans ce cadre, je lui ai
reproché ce silence. Elle a alors décidé de créer un comité de suivi français
de cet accord-cadre, avec les associations.
J’en demandai autant à son homologue wallonne,
qui refusa, les associations belges représentant les personnes handicapées
siégeant déjà au conseil d’avis et comité de gestion de l’Agence wallonne pour
l’intégration des personnes handicapées (AWIPH). Nous avons par contre obtenu
ce dispositif de son successeur, Maxime Prévot (l’actuel ministre donc), par la
suite.
2) Mme Neuville dit que venir en Belgique peut
être un choix, même pour les personnes non frontalières. Oui et non. Ce n’est
pas qu’une question de manque de places en France si les personnes viennent en
Belgique. C’est aussi pour les approches différentes, notamment la
scolarisation, l’autisme, le polyhandicap, le handicap mental... La ministre
dit donc que c’est un choix. Or, si des familles éloignées avaient les mêmes
approches en France, elles ne choisiraient pas de partir en Belgique…
3) Je vous laisse calculer combien les chiffres
avancés par le gouvernement français pour résoudre le manque de solutions sont
ridicules, étant donné les carences abyssales accumulées/en gestation jamais
interrompue au cours de ces dernières décennies…
De fait, les familles se retrouvent dans une
situation impossible : se contenter de miettes en France ou bien chercher
à l’étranger. Même si nous avons connu des avancées (dont certaines tenaient
hélas de la procession d’Echternach),
il manque une véritable politique générale, d’envergure avec une vision à
court, moyen et long terme pour le handicap.
4) Je suis surprise que Mme Neuville parle dans
son discours du nombre de personnes françaises en situation de handicap
psychique en Belgique. En effet, les affections psychiques dépendent en
Belgique de la santé mentale et non du handicap ; c’est donc une
compétence fédérale et non pas régionale (en tout cas pour l’instant, cela
devrait changer avec le transfert des compétences mais c’est un peu hors-sujet
et pas encore effectif). Les établissements belges qui accueillent les personnes
avec affection psychique sont sous convention INAMI (Institut national
d’assurance maladie invalidité) et accueillent rarement des Français.
Les IMP140 (l’équivalent de nos ITEP),
subventionnés par les régions wallonnes et bruxelloises, n’accueillent pas non
plus de Français.
Cependant, les établissements de la Région
wallonne accueillant des Français n’étant pas agréés par l’Agence pour une vie
de qualité (AViQ, ex-AWIPH), mais ayant reçus simplement une Autorisation de
prise en charge (APC), juridiquement ils ne sont pas contraints à respecter
cette disposition. Il faut savoir aussi que nombre d’établissements accueillant
des personnes françaises en situation de handicap psychique sont en fait des
établissements « pirates » (sans APC de l’Agence), pour la plupart
situés dans la province de Liège. Ils ne sont donc pas concernés par
l’accord-cadre.
Il arrive aussi parfois que des établissements
pour personnes handicapées mentales hébergent l’un ou l’autre résident avec
handicap psychique, mais il n’y est pas à sa place, aux dires mêmes des
directeurs des établissements en question.
À ma connaissance, un seul établissement avec APC déclare être dédié principalement aux personnes avec handicap psychique, mais plutôt avec un syndrome de Korsakoff (celui généré par l’alcoolisme), dans un système de logements supervisés.
Ce qui me semble plus fréquent, c’est qu’un
grand nombre de personnes handicapées françaises en Belgique sortent d’hôpitaux psychiatriques
français.
Aussi, les diagnostics avec la classification
française toujours en vigueur dans ce pays (hélas) classe l’autisme non
spécifié dans les psychoses…
Donc pas mal de raisons pour expliquer ce
passage dans le discours de la ministre ; un décryptage était nécessaire. Mais
nous sommes toujours dans le flou, malgré la bonne volonté des acteurs et celle
des familles un peu au dépourvu sur ce coup-là.
5) Les inspections conjointes ont abouti à
l’arrêt des orientations pour 10 établissements, en raison de dysfonctionnements.
Nombre d’associations s’émeuvent, à juste titre, du fait que les résidents déjà
en place y restent… Malheureusement, ils sont sans autres solutions… Le
problème est crucial : si vous dites OK, et que les résidents arrivent, il
est très difficile de « renverser la vapeur » après coup, étant donné
que ces populations n’auraient guère d’autre choix… que 0 (la rue, quoi) !
Pour rappel : voir mon précédent article sur le danger à
accepter d’ouvrir contre des promesses (cas des Français handicapés qu’on
voulait héberger dans d’anciennes cuves à pétrole). La dépollution avait été
promise après ouverture… Rassurez-vous, tout a fini bien qui a bien fini. Mais
je me demande, avec effroi, si la vigilance des associations n’avait pas été de
mise, où l’on en serait à l’heure actuelle pour les résidents, les
professionnels et leur santé ???? Merci tout de même aux responsables qui
nous ont écoutés.
À noter, et cela a son importance, même
cruciale : le rapporteur du projet de loi de financement de la sécurité sociale
(pour le volet médico-social), Philip Cordery, souligne, à raison, dans le chapitre consacré au handicap en Belgique,
le paradoxe à ce que le financeur français veuille tirer le prix de journée
vers le bas tout en exigeant une meilleure qualité.
6) Dans les chiffres annoncés, on oublie encore
et toujours les écoliers (de l’enseignement spécialisé) transfrontaliers ou
hébergés dans des internats scolaires publics. Ils ne font pas partie de
l’accord-cadre, puisque l’Éducation est une compétence de la Fédération
Wallonie-Bruxelles, comme expliqué plus haut.
7) Une phrase du ministre wallon peut choquer
les Français non informés : la présence des Français en situation de
handicap génère des milliers d’emplois en Belgique. En fait, le ministre doit
régulièrement faire face à des accusations du type « les Français prennent
la place des Belges ». Or, il n’en est rien puisque ces places sont créées
pour les Français, et financées par la France. Au contraire, ces établissements
peuvent aussi accueillir des Belges. D’où la communication ciblée du ministre
sur ce point, faisant ressortir les avantages.
En vérité, pas mal de travailleurs français
transfrontaliers sont aussi compris dans ce lot d’emplois. Il est d’ailleurs
assez interpelant de voir tant d’étudiants français en professions
paramédicales en Belgique, qui effectuent leurs stages/voire se font employer
dans ce pays… Une double exportation…
Il n’y a pas que les exilés fiscaux en
Belgique !
Je me rappelle le jour où j’ai failli me faire
agresser physiquement par une maman belge à bout qui avait dû placer son fils
dans un établissement à 300 km par manque de solutions alors qu’il y avait un
autre qui n’accueillait que des Français à côté de chez elle… mon accent
provençal était mal passé ; comment lui en vouloir ?
Même les écoles frontalières accueillant des
Français gratuitement permettent de maintenir des places pour les élèves
belges… Hélas cette situation fait que la qualité de l’enseignement spécialisé
en souffre, étant donné que la France ne donne aucune indemnité pour la
scolarisation, et que nos petits Français viennent en Belgique déjà bien abîmés
par leur système, avec des sur-handicaps et des comportements très
problématiques.
Il va de soi aussi que l’on envoie en principe
en Belgique que les personnes, enfants et adultes, avec des besoins plus
prégnants, les personnes avec des besoins plus légers étant souvent
« préférées » dans des établissements qui font leur
« marché », pour la simple raison que la demande est bien plus forte
que l’offre. (Mis à part les idéalistes : bravo à eux).
C’est donc sur cette reconnaissance que je
terminerai mon billet. C’est bien de terminer sur une bonne note…
dimanche 20 novembre 2016
Journée de lancement de la Plateforme interrégionale pour l'innovation en matière d'autodétermination, d'autonomie et d'inclusion des personnes handicapées - Lille
Message du Service d’orthopédagogique
clinique de l’Université de Mons :
Madame, Monsieur,
Nous avons le plaisir de
vous inviter, vous et votre équipe, à la journée de lancement du projet
Interreg V – I SAID, (Interregional platform for Innovation in
Self-determination, Autonomy and Inclusion in people with Disability - Plateforme
interrégionale pour l'innovation en matière d'autodétermination, d'autonomie et
d'inclusion des personnes handicapées) dont le Service
d’Orthopédagogie Clinique est partenaire.
Où ? Maison Européenne des Sciences de
l'Homme et de la Société (MESHS) - Salle Baïetto, 2, rue des Canonniers -
59002 Lille
Quand ? Le vendredi 09 décembre
2016 de 09h à 13h30.
Quoi ? Ce projet inter-régional s'inscrit dans la volonté
de promouvoir la santé globale des personnes adultes avec déficience
intellectuelle et, pour ce faire, souhaite développer des actions inclusives
et vectrices d’autodétermination.
Si
vous désirez en connaitre davantage sur le projet ainsi que ses implications
sur le terrain et surtout, si vous souhaitez y participer, notre matinée de
lancement est faite pour vous !
Programme
de la matinée :
ü Présentation collaborative du projet
Interreg V – I SAID.
ü Partage d’expériences et
d’initiatives autour des trois thématiques fédératrices du projet:
o
Quels freins et leviers à l’autodétermination des personnes avec déficience
intellectuelle ? Comment favoriser le soutien à l’autodétermination ?
o
Comment favoriser, à travers des actions inclusives, la
promotion de la santé globale des
personnes avec déficience intellectuelle ?
o
Réflexions sur le parcours de vie des personnes avec déficience intellectuelle
: quels moyens pour prendre en considération ce parcours et les expériences
antérieures ?
ü Apéro dinatoire offert pour clôturer
cette matinée riche en partage !
Nous vous invitons à
vous inscrire en ligne grâce au lien suivant : https://formulaires.meshs.fr/index.php/262952?lang=fr
Plus d'explications sur le projet :
http://www.meshs.fr/page/Autodetermination_deficience_intellectuelle
Plus d'explications sur le projet :
http://www.meshs.fr/page/Autodetermination_deficience_intellectuelle
samedi 19 novembre 2016
Georges Brassens - La mauvaise réputation (Officiel) [Live Version]
Un grand honneur que de partager cette distinction avec cet immense personnage !
vendredi 18 novembre 2016
Retrouvailles
Moment émouvant hier à l’Université de Mons où j’ai pu remercier le scientifique Philippe Tremblay dont l’un des dispositifs d’inclusion scolaire a permis la réussite de mon fils.
Philippe voulait savoir si, après son expérience, le dispositif a perduré. J’ai eu le plaisir de lui répondre par l’affirmative. Il s’est étendu à d’autres écoles et concerne aujourd’hui tous les besoins spécifiques.
En savoir plus ? Voir ce reportage vidéo.
mardi 8 novembre 2016
Autisme : la dés-intégration scolaire
J’ouvre
ce soir mon blog aux mots d’une amie de la région parisienne, Françoise
Rodrigues, enseignante et maman d’un enfant avec autisme.
Une
petite lettre écrite à six mains, en espérant que cette bouteille à la mer sera
lue, en cette période préélectorale, par quelqu’un qui sera en mesure de
changer les choses…
Mère d'un enfant autiste et enseignante, je
suis comme tous les autres parents dans ma situation : j'aurais aimé que
l'école de la République prenne en charge mon fils pour lui délivrer
l'instruction à laquelle il a droit comme tous les autres enfants, et ne pas
être contrainte ni de le voir s'enkyster dans des problèmes, ni de me sentir
enfermée dans toutes ces difficultés administratives, ces lourdeurs qui en
découlent, ni de me voir, l'angoisse dans l'âme et au cœur, le laisser partir à
l'âge de cinq ans et demi en exil en Belgique, pour qu'il y aille fréquenter
les écoles qui, ici, lui sont fermées.
Oui, j'aurais aimé que l'école de la
République le prenne en son sein, l'aide à grandir, le soutienne, me soutienne.
J'aurais aimé que le sort de ces « enfants différents » soit pris en
charge par le Ministère de l'Éducation et pas par celui de la Santé.
Et soudain, sous l'effet de la révolte des
parents qui me ressemblent, cette révolte qui sourd dans les réseaux sociaux,
dans des émissions télévisuelles ou radiophoniques, l'inclusion point, sortie
d'on ne sait où.
Mais quelle inclusion ? Et avec quels moyens
?
Ici je ne parlerai que des enfants autistes,
c'est de leurs besoins que j'ai une idée plus précise. Moi qui m'attendais à
voir naître dans chaque établissement scolaire des classes de six à sept élèves
où le personnel serait assez nombreux pour mettre réellement chaque enfant au
cœur des apprentissages en fonction de ses capacités avec une sorte de SESSAD
présent dans cette école, et pour les enfants qui le pourraient une intégration
plus ou moins longue dans une « classe lambda », je suis obligée
d’abandonner mes légitimes ambitions pour constater que ces enfants, pour ceux
qui le peuvent, sont intégrés si ce n'est de manière sauvage, disons au moins
de manière désinvolte.
L'enseignant qui les accueille doit faire
face à leurs particularités sans aucune formation (si ce n'est personnelle),
sans aucune connaissance du trouble (si ce ne sont les renseignements glanés çà
et là par le bouche à oreille), avec juste sa bienveillance, son humanité, sa
conscience professionnelle, mais aussi avec cette idée angoissante qu'il y a
également entre vingt-quatre et vingt-neuf autres têtes pensantes dont il faut
s'occuper, comme si les enseignants étaient tous des avatars de la déesse
Shiva.
Heureusement, plutôt souvent les AVS viennent
à leur rescousse pour entourer l'enfant dans la classe, se substituer à leur
présence auprès de lui... mais pas à temps complet, ce serait trop beau !
L'enfant accueilli, lui, doit faire face à
ses angoisses : le rythme de la classe, le bruit dans la classe (vingt à trente
enfants qui apprennent, ce n'est jamais complètement silencieux), les attitudes
et compétences sociales qui sont bien loin d'être claires pour lui. Alors, s'il
se met à chantonner, s'il commence ses balancements, son flapping ou ses
stéréotypies, ce n'est qu'un moindre mal. Cela devient plus douloureux s'il
entre en crise : douloureux pour lui, pour ses parents qui en entendront
forcément parler, pour les autres enfants qui peuvent être apeurés, pour
l'enseignant qui se voit alors directement confronté à son impuissance, notre
impuissance, qui voit toute sa bonne volonté mise à mal, et qui devient vite la
cible des parents, pleins de récriminations, confrontés eux-mêmes à la
douloureuse détresse face au handicap de leur enfant. Une vraie mise en abyme
abyssale.
Et dire que tout cela ne se joue que par des
choix politiques. C'est sûr, cela représenterait un coût pour l'État ; mais
quid de toutes ces sommes que notre société verse dans le tonneau des Danaïdes
des hôpitaux psychiatriques – ce tonneau qui n’a pas de fond car sans progrès,
ou à l'étranger ?
Il serait peut-être l'heure de réfléchir autrement
à l'école dite de l'inclusion pour accueillir ces enfants qu'on relègue au ban
de notre société en ne les accueillant pas du tout ou en les accueillant mal.
C'est juste une volonté politique, une volonté bien plus exigeante et humaine
que l'école de l’intégration, qui finalement n'est qu'une école de la
dés-intégration, une école où les parents se montent les uns contre les autres,
s'en prennent à l'enseignant et où la transmission de savoirs émancipateurs se
retrouve plus que mise à mal.
dimanche 6 novembre 2016
Femmes 3000 et attendre l'an 3000 pour que ça change ?
Vendredi
4 novembre, j’ai reçu la médaille d’argent du trophée 2016 « Femmes 3000 ».
Je comptais sur cette opportunité pour secouer les consciences, alerter du sort
qui est réservé aux personnes handicapées et leurs familles en France, mais je
n’ai eu que quelques dizaines de secondes pour m’exprimer…
Alors, je
retranscris ici le discours que je n’ai pas pu prononcer. Voici ce que j’aurais dit si j’avais pu le faire :
« Quand la Présidente de la Fédération Femmes 3000, Mme Annie Beulin-Weber, m’a contactée pour le trophée 2016, sur
proposition de l’Ambassade de France en Belgique, j’ai examiné le dossier de
candidature. Il me semble que je ne rentrais pas exactement dans les cases,
mais c’est habituel chez moi.
J’ai rempli le dossier et quelle ne fut pas ma
surprise de savoir que la médaille d’argent m’était attribuée. J’en étais très
honorée, et encore plus lorsque j’ai su que la lauréate était Mme Pascale Jeannot, qui lutte contre la drépanocytose à Madagascar. Être sa « dauphine »
est une grande distinction.
La cause du handicap qui me tient à cœur, et
plus particulièrement celle de l’autisme, doit supporter d’immenses injustices.
C’est un sentiment étrange et ambivalent qui
m’envahit ce soir. Je suis reconnaissante et fière de cette récompense qui
amène un éclairage sur les personnes avec handicap et leur famille. Mais d’un
autre côté, je ne peux pas cacher la cruelle réalité de leur vie.
Ces six derniers mois, nous avons connu 5
drames, liés à l’autisme, en France. Suicides et/ou infanticides, une maman qui
tue son enfant et se tue ensuite, un papa qui tue son fils adulte, une maman qui
se défenestre du 8e étage, laissant veuf son mari et orphelins ses
deux enfants autistes qui n’avaient aucune prise en charge puisque l’école de
la république ne voulait pas d’eux, ce qui faisait peser sur leur maman une
menace de signalement à l’aide à l’enfance…
Beaucoup de ces familles cherchent une solution
à ce marasme en Belgique. De campagne médiatique en campagne médiatique contre
ce qu’on dénonce comme « l’exil » en Belgique, les autorités ont
décidé de mettre un coup d’arrêt à cette transhumance. Le problème est qu’on a
alors « mis la charrue avant les bœufs ». Il aurait fallu élaborer un
plan pluriannuel avant de cesser cet exode. Aujourd’hui, les familles n’ont
pratiquement plus cette issue de secours qui, si elle est discutable, vaut
toujours mieux que rien…
Au moment où je vous parle, une famille est au
bord du suicide collectif depuis de longs mois. Les autorités n’ont pu trouver
pour leur enfant, dans toute la France, qu’une solution à 750 km de leur
domicile, dans un institut fermé le week-end, ce qui contraindrait les parents à
effectuer 2 allers-retours hebdomadaires, soit 3000 km par semaine. C’est
évidemment impossible.
Je pense ce soir à mon fils. Lui qui, étant
petit, présentait des troubles sévères d’autisme, il est à présent un jeune
adolescent heureux et brillant. Lorsque j’ai constaté ses progrès fulgurants dus
à une éducation adaptée, j’ai su que ma voie était d'essayer de redistribuer
cette chance aux autres familles. C’est ce que je tente de faire depuis, et
aussi de venir en aide à nos milliers de compatriotes handicapés en Belgique et
leurs proches.
Mais le bénévolat a ses limites : il n’a
pas le pouvoir de décider des politiques à mener.
Nous sommes déjà en période électorale. Si vous
avez la curiosité de vous pencher sur les programmes des candidats à la présidentielle
en matière de handicap, la vacuité de leurs propositions vous donnera le
vertige.
Il ne suffirait pourtant que d’un quinquennat
pour changer la vie des personnes handicapées de ce pays et celle de leurs
familles. Une révolution est tout à fait envisageable sur ce laps de temps, et
ne demande pas plus de moyens financiers, ou si peu, que ceux en cours, mais leur
réorientation vers des systèmes efficaces ; et c’est bien là que pêche la
volonté politique.
Alors, je vais profiter de cette soirée pour
lancer un appel. Nous avons beaucoup de préoccupations comme l’emploi, le
terrorisme. Si ce sont des sujets majeurs, les 12 millions de Français
handicapés représentent la plus importante des communautés, sans compter leur
entourage.
Les personnes handicapées sont en 2016 rejetées
de la société, parquées dans des instituts, enfermées dans des hôpitaux
psychiatriques.
Gandhi disait « On reconnaît le degré de
civilisation d'un peuple à la manière dont il traite ses animaux ».
Avant-hier, j’ai fait un rêve. J’ai rêvé qu’il
n’y avait plus de pétition dans les écoles pour rejeter les enfants en
situation de handicap, j’ai rêvé que l’on n’accusait plus les mères d’être
responsables du handicap de leur enfant, j'ai rêvé que les couples ne se défaisaient plus en raison du handicap de leur enfant, j’ai rêvé que des parents ne prient
plus tous les jours pour que leur enfant meure avant eux, j’ai rêvé que je
n’avais plus d’appels désespérés de familles au bout du rouleau. Puis je me
suis réveillée et le cauchemar de la vie a repris.
Je n’ai pas compté les dizaines de
sollicitations que j’ai reçues en une journée. Je ne compte pas, car je n’ai
pas le temps. Pourquoi cette double, cette triple peine de l’exclusion et des
bâtons dans les roues que l’on ajoute au handicap ?
Merci de votre écoute. Que vous puissiez vous
faire l’écho de cette souffrance afin qu’enfin, les choses changent. J’ai 50
ans et je voudrais voir cela de mon vivant.
Merci de relayer la voix de ceux que l’on
n’écoute pas. »
jeudi 3 novembre 2016
Message de Mensa.be
2016 marque les 50 ans de la création de Mensa
Be et les 70 ans de Mensa International.
Cette journée du 19 novembre, baptisée
Intelligence Day, marque le démarrage d'une année de célébrations.
Mensa Be organise à Bruxelles une journée de
conférences et d'ateliers sur le thème « l'enfant à haut potentiel et l'adulte
qu'il devient ». Des scientifiques et spécialistes feront le point sur ce que
la science peut dire sur le HQI (Haut Quotient Intellectuel).
Les conférences seront traduites simultanément
en français, néerlandais et anglais.
Un peu à l'image des conférences TEDx,
l'objectif de cette journée est d'offrir au public une information pointue sur
le haut potentiel, allant plus loin que les conférences généralistes qui sont
habituellement données.
Ceux qui auront la chance d'être présents
profiteront d'une journée dans un cadre de prestige avec des conférenciers
internationaux de qualité, dont une majorité de scientifiques.
Les autres pourront bénéficier gratuitement des
vidéos, diapos et abstracts que les conférenciers nous auront autorisé à
diffuser.
Programme de la journée : 7 conférenciers, 3
conférences, 2 ateliers, 1 conférence-débat, suivi d'un cocktail avec
proclamation des Mensa Be Games Awards 2016.
Conférenciers : Canada, Laurent Mottron PhD-MD
; France, Dominique Sappey-Marinier PhD-MD, Nicolas Gauvrit PhD, Maud Besançon
PhD ; Belgique, Stijn Smeets PhD, Pierre Debroux psychologue clinicien ;
Pays-Bas, Lotte Van Lith coach pour HP.
Infos et inscriptions : www.mensa.be/id
Vous trouverez le détail avec l'affiche jointe.
Une morale de sans-morale
J’ai entendu ce matin une interview d’une
famille d’électeurs de Donald Trump en Louisiane. Le journaliste commentant ce
reportage s’étonnait du niveau de détestation envers Hillary Clinton, accusée d’être
une crapule méritant la mort en raison des emails qu’elle avait envoyés via une
messagerie non cryptée quand elle était Secrétaire d’État. (Vous trouvez la
sanction trop forte pour une erreur ? Moi aussi – c’était à frémir d’entendre
la haine dans la voix de ces gens).
Cependant, cela ne m’a pas étonnée. J’en
connais, des bas-de-plafond faciles à manipuler, qui haïssent et souhaitent la
mort d’une femme qu’ils ne connaissent même pas, abusés comme ils sont par un
leader charismatique (leader à la petite semaine, hein, ici on n’est pas aux
States, tout n’est pas « bigger than life », c’est un charmant petit
pays).
Ici, en Belgique, ils ne votent pas Trump,
évidemment. On y rencontre toutes les opinions politiques, mais ce qui me
frappe le plus, c’est le nombre d’entre eux qui sont des sympathisants avérés
du PTB – Parti du Travail de Belgique ; donc la gauche de la gauche – et affichent des positions ouvertement
racistes sur leur profil Facebook… C’est paradoxal, hein ? Peut-être, et c’est
une hypothèse comme toutes celles qui peuvent tenir la route, parce qu’ici l’extrême-droite
réalise des scores anecdotiques, sinon on peut se douter où iraient leurs
bulletins…
En France, la Présidente du Front National a
été assez habile en vouant aux gémonies, au moins officiellement, l’ultra-libéralisme
des fondateurs du parti pour adopter un discours économique empiétant sur les
plates-bandes de la gauche de la gauche, ce qui contribue à sa dédiabolisation
mais lui amène aussi beaucoup d’électeurs pris dans le marasme de la crise…
mais ceci est une autre histoire.
Pour revenir en Belgique, ce qui ne m’étonne pas non plus, c’est que, alors
que le leader en question jure ses Grands Dieux qu’il jettera de sa liste d’amis
Facebook tous ses contacts qui tiendront des propos racistes, il ne le fait pas
pour ses ouailles…
Il ne peut bien sûr le faire puisque cela
reviendrait à se couper de la plus grande partie de ses forces vives et
dévouées !
La morale de cet article, c’est que,
finalement, certains s’accommodent de tout, et surtout de renier leurs propres
principes moraux, du moment que cela leur profite…
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