jeudi 25 avril 2013

À la recherche de la devise perdue


Sur tous les frontons de leurs édifices publics, ils avaient écrit leur devise :

 
« Liberté, Egalité, Fraternité »

 
Mais certains d’entre eux étaient moins libres, moins égaux et recevaient moins de fraternité que d'autres.
 
Dans les armoiries originelles, leur sort était déjà scellé :
 

 
 
 
 

 

mercredi 24 avril 2013

France, préfères-tu nous entendre vivants ou nous comprendre morts ?

Je remercie Catherine Dupont Le Calvé, parent des Yvelines, qui a écrit avec son cœur ce texte magnifique et si vrai à propos du drame de lundi dernier :
 
 
Le 22 avril 2013, un homme d'une soixantaine d'années, épuisé, a tué son fils autiste âgé de quarante ans avant de tenter de se suicider. Le fils est mort, le père a été sauvé par l'auxiliaire de vie du fils.
 
Dans les Médias, aucun article conséquent de vrais journalistes qui feraient leur travail en alertant et en dénonçant le drame français.
 
Un homme autiste de 40 ans a été tué par son père à bout, père à qui il a été empêché de mourir tel qu'il le voulait avec son fils et qui va souffrir toute sa vie.
 
Non cette histoire ne bouleverse personne à part nous qui sommes concernés et qui savons toute la douleur, tout l'épuisement, toutes les frayeurs, tout l'abandon de la France, qui ont conduit ce père à ce geste fatal.
 
Un homme est mort tué, il était autiste, alors tout le monde comprend le drame, admet que c'était peut-être la seule solution.
 
 
Au mieux le geste du père est compris et personne ne jugera.
 
 
La liste s'allonge, régulièrement nous apprenons les solutions finales trouvées par des familles qui sont laissées sans aide, face à l'autisme de leur enfant, enfant ou adulte, des familles qui préfèrent crever d'un coup plutôt que dans les souffrances insupportables.
 
La justice nous a montré pour les cas similaires précédents qu'elle comprend.
 
Généralement il y a une peine de sursis pour le parent qui a tué son enfant autiste.
 
Cette compréhension montre bien que la société sait ce que vivent les personnes autistes et leurs familles.
 
Et pourtant rien ne bouge, la société n'évolue pas.
 
Le parent qui passe à l'acte reçoit un sursis de peine parce que la justice sait que le vrai coupable n'est pas le parent mais l'abandon de la France, que le seul vrai coupable est la France qui ne permet pas aux personnes autistes de bénéficier de leurs droits.
 
Et cela veut dire que même lorsqu'elle est victime d'un meurtre la personne autiste n'a pas accès à ses droits, puisque le vrai coupable n'est pas convoqué au tribunal.
 
Lorsqu'un homme non handicapé est tué, on trouve le coupable et on le juge selon les critères habituels. Lorsqu'un homme autiste est tué, tout le monde compatit.
 
 
La société y voit surtout la fin d'une souffrance... Rarement la fin, par meurtre, d'une vie.
 
On constate combien la vie n'a pas la même valeur aux yeux de la société selon qu'on est né handicapé ou pas.
 
La société ne fait rien pour faire face à la souffrance, ne permet pas aux personnes handicapées de bénéficier de leurs droits. Mais elle comprend la pire façon de mettre fin à la souffrance. Elle accepte sans émois que des familles mettent fin à la souffrance en mettant fin à la vie.
 
Les personnes handicapés victimes du désespoir et de l'épuisement de leurs familles mais victimes avant tout de l'abandon de la France reçoivent une discrimination de plus lorsqu'elles sont tuées : la compréhension pour l'auteur du geste fatal !
 
Les parents épuisés qui, dans un désespoir profond, font le geste fatal se foutent de la compréhension qui leur est accordée. Ils auraient préféré qu'on leur laisse le temps de réussir leur suicide parce qu'il est évident qu'ils ne pourront plus vivre et souffriront jusqu'à leur dernier souffle. Ces parents-là auraient préféré être entendus et compris avant le crime de l'épuisement.
 
La compréhension, c'est de leur vivant qu'en ont besoin les personnes autistes !
 
La société comprend la mort mais pas la vie !
 
Il est plus facile d'offrir des larmes de compassion face à la mort que d'agir pour une vie digne !
 
France, je croyais que nous, parents d'enfants autistes, attendions de toi mais nous entendons la réponse à notre attente par le silence de ce plan 3 pour l'autisme que nous appelons à présent le plan fantôme.
 
France je réalise que c'est peut-être toi qui attends de nous, parents d'enfants autistes...
 
France, le père qui a opté pour la solution de la mort pour son fils et lui t'a sûrement entendue avant les autres, ton silence s'entend très fort en ce moment et ton silence est meurtrier.
 
France préfères-tu nous entendre vivants ou nous comprendre morts ?
 
 
France, nous aimons la vie, nous aimons nos enfants, nous savons ce qu'il faut faire pour répondre à leurs besoins mais nous ne pouvons pas tout, en étant seuls et sans moyens.
 
France ne nous laisse pas plus longtemps entendre le bruit des chaînes de ton plan autisme fantôme.
 
France, les parents des enfants et adultes autistes n'ont pas de disponibilité pour aller gueuler sur les boulevards de ta capitale afin d'obtenir leurs droits fondamentaux.
 
France n'attends pas que leur épuisement se transforme en crime même si ça t'arrange.
 
 
France ne réponds pas à nos attentes par un plan fantôme.
 
 
France, n'oublie pas que tu es le pays des droits de l'homme.
 
 
France, SOS ! Nous ne pouvons plus attendre d'être morts pour être entendus et compris !
 
Français n'attendez pas d'être concernés.
 
1 personne sur 100 est autiste.
 
La solidarité c'est maintenant !
 
 
Catherine Dupont Le Calvé,  mère d’un jeune adulte autiste
23/04/2013
 
 
 

lundi 22 avril 2013

Circulez, il n'y a rien pour vous (Silence, on tue)


Installation du Conseil national de l'innovation pour la réussite éducative


Président : Didier Lapeyronnie, sociologue
Didier Lapeyronnie est professeur de sociologie à l’université Paris-Sorbonne.
Il a été chargé de recherche en Sciences politiques au CNRS de 1985 à 1992, puis professeur à l’université Victor-Segalen de Bordeaux de 1992 à 1997.
Il a consacré l’essentiel de ses travaux de recherche et de ses publications aux questions de marginalité urbaine, de quartiers sensibles et d’immigration. Il a publié notamment

Refaire la cité - L’avenir des banlieues (avec Michel Kokoreff), Paris, Le Seuil, La République des Idées, 2013
Ghetto urbain - Ségrégation, violence, pauvreté en France aujourd’hui, Paris, Robert Laffont, 2008
L’individu et les minorités - La France et la Grande-Bretagne face à leurs immigrés, Paris, PUF, 1994
Les quartiers d’exil (avec François Dubet), Paris, Le Seuil, 1992 Campus blues - Les étudiants face à leurs études (avec Jean-Louis Marie), Paris, Le Seuil, 1992

 
Les autres membres sont issus de :

 

 

 
Ministère de l’éducation nationale
Ministère de la justice
Ministère des outremers
Ministère des sports, de la jeunesse, de l’éducation populaire et de la vie associative
Ministère de la ville
Ministère de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt
Préfet à l’égalité des chances
Ministère de l’égalité des territoires et du logement (DATAR)
Ministère délégué à la famille
Institut français de l'éducation
Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances (ACSÉ)
Professeurs des écoles
Enseignants collège
Enseignants lycée
Association des maires de France (AMF)
Association des départements de France (ADF)
Association des régions de France (ARF)
Réseaux des villes éducatrices
Collectif Cape
FESPI
ANARE
Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf)
Recteurs
Directeurs académiques des services de l'éducation nationale (Dasen)
Inspecteur d'académie - inspecteur pédagogique régional (IA-IPR)
Inspecteur de l'Education nationale (IEN)
Directeurs d’école
Principaux de collège
Proviseur de lycée
Mais voici le meilleur passage :
Chercheurs
Titulaires
  • Philippe Meirieu, professeur en sciences de l’éducation à l’université Lumière-Lyon 2, pédagogue  (César va en piquer une jaunisse)
  •  Viviane Rolle-Romana, docteur en psychologie, chargée de cours à l’université Paris 8 (Vous pouvez verser de vraies larmes mamans crocos)
  •  François Dubet, professeur de sociologie à l’université de Bordeaux, directeur d’études à l’EHESS

PEEP
FCPE
Monde économique
Et… Et… RIEN, NADA pour le handicap. On voit que faire réussir nos enfants en situation de handicap, le gouvernement n’y songe même pas.
Silence, on tue.

Plus de détails (avec les noms des membres) sur ce Conseil ici.



jeudi 18 avril 2013

Ecole, handicap et politique : bonnet d'âne et tableau d'honneur

Vu qu'on parle d'éducation, je me  permets de distribuer les bons et les mauvais points pour une journée au Sénat :
 

Sénat, Commission de  la culture, de l’éducation et de la communication 

Mardi 26 mars 2013

 

 

 
BONS POINTS :

Mme Maryvonne Blondin (Sénatrice EELV) :

« Avez-vous évoqué la place de la santé dans le cadre de la refondation de l'école ? Notre ancien collègue, M. Etienne, actuellement membre du CESE, qui était très attaché à cette question. Cela rejoint la question des élèves handicapés et celle de la violence à l'école » (…)
« Le texte initial a été largement modifié pour y inclure un volet relatif à la santé scolaire. C'est un progrès, car les familles touchées par la précarité rognent souvent prioritairement dans leurs dépenses de santé. Des amendements ont été adoptés à l'Assemblée nationale, mais ce volet du texte reste flou : la santé scolaire reste-t-elle dans le giron de l'éducation nationale ? Quelles missions lui seront dévolues ? Nous avons évoqué l'accueil des enfants handicapés : cette mission n'est pas prise en compte dans le temps de travail des personnels médicaux en milieu scolaire. »

 Mme Françoise Cartron, Sénatrice PS, rapporteure :

 « L'école appartient à tous » : tel est bien en filigrane la philosophie de ce projet de loi qui s'efforce de mettre en place une école ouverte sur son territoire et ses partenaires.
La place des parents dans les parcours d'orientation est peut-être insuffisamment reconnue. Il est pourtant nécessaire qu'ils soient associés. Or, les enfants qui réussissent sont ceux dont les parents sont présents, associés et confiants dans l'école. Pensons à ces liens de confiance entre l'institution et les parents, notamment au sujet de l'orientation ou de la situation des enfants handicapés. Sans minimiser la place des enseignants, la réussite est meilleure dans un climat de dialogue et de confiance."

 
MAUVAIS POINTS :


Mme Dominique Gillot (Sénatrice PS) :
« Attention à ne pas transformer l'éducation nationale en structure spécialisée, ni les enseignants en éducateurs spécialisés. Les enfants handicapés ont, pour une partie d'entre eux, besoin d'un accompagnement spécifique. Je crains que certains parents d'enfants handicapés n'aient placé trop d'espoirs dans la loi de 2005, qui leur permet théoriquement de scolariser leur enfant dans l'école du quartier. Les bienfaits tirés de la scolarisation en milieu ordinaire doivent être évalués sérieusement ; ce n'est pas une fin en soi. Il faut préserver la capacité de l'école à assurer ses missions premières. » (…)
 
M. Vincent Peillon (Ministre PS) :

(…) « Je veux vous tenir un discours de vérité sur les enfants handicapés. Il n'y a pas d'un côté ceux qui sont accueillants à leur égard, et les autres. Ces problèmes sont très lourds.
Nous portons ensemble, avec la ministre de la culture, le parcours d'éducation artistique et culturelle. Nous réunirons prochainement les Directions régionales de l'action culturelle (Drac) et les recteurs pour définir les tâches qui incombent à chacun. Nous sommes encore dans la phase de conception. Nous n'avons certes pas, avec le ministère de la culture, les mêmes traditions, mais le dialogue est noué.
Nous aurons l'occasion de revenir sur la question des enfants sourds et malentendants. D'aucuns ont pris la parole sur ce sujet à l'Assemblée nationale. Il y a là un problème de principe : nous accueillons tout le monde, mais faisons-nous tous les métiers, et acceptons d'une société qu'elle se décharge sur l'école de problèmes qu'elle ne sait pas traiter ? »
 
Serdu

 

 

mercredi 3 avril 2013

Suite de la visite de Mme Carlotti en Belgique


Suite à la visite de Mme Marie-Arlette Carlotti en Belgique, les associations françaises CFHE , Autisme France et belges AFrAHM , APEPAAP³ , APEM-T21  La Ligue des Droits de l’Enfant associées à Autisme Europe ont adressé à la ministre française du handicap et à son homologue belge un document de revendications complétant celui remis lors de cette visite.

 



Dans son allocution lors de la soirée de gala d’Autistes Sans Frontières pour la journée mondiale de sensibilisation à l’autisme le 2 avril, Mme Carlotti, présentant les grandes lignes du prochain  plan  autisme 2013-2015, a fait allusion à sa visite en Belgique :
 
(…)« Merci aussi aux parents qui m’ont pris par la main pour me montrer, en Belgique, à Arras ou ailleurs que des solutions existent et que ça marche ! »(…)
 
Les associations apporteront leur aide et seront attentives à que cette visite qui avait le double but de s’enquérir du sort des Français handicapés exilés en Belgique et de s’inspirer des méthodes performantes de ce pays, notamment en scolarisation des enfants avec autisme, puisse porter ses fruits.
 
 

mardi 2 avril 2013

Plan autisme 2013-2015 Question au gouvernement

 
Question de Mme Martine Pinville, députée, présidente du Comité National Autisme,
à Mme Marie-Arlette Carlotti, Ministre en charge des personnes handicapées
Le 2 avril 2013, journée mondiale de sensibilisation à l'autisme

On est fait pour se méprendre par Flavie va-t'en


2 avril, journée mondiale de sensibilisation à l’autisme, avec l’inénarrable émission de Flavie Flament sur RTL « On est fait pour s’entendre » : Bernard Golse venant y faire sa promo.



Flavie, à chaque émission c’est un invité psykk ou apparenté.

Elle fut d’une mauvaise foi absolue sur les témoignages des parents sur les réseaux sociaux à propos de cette émission : les dénonçant comme agressifs au début de l’émission puis les passant carrément sous silence par la suite. Pas un mot non plus sur le fait que pas un de ces messages ne défendait Bernard Golse. Au contraire il y avait  une absolue unanimité pour le dénoncer.

Par contre, au téléphone en direct les appels très filtrés ne laissaient passer que des témoignages qui ne contredisaient pas l’invité ; au contraire, nous eûmes droit à un témoignage de consœur psychanalyste en renfort ! (Venue elle aussi faire la promo de son bouquin, tout comme Golse).

J’ai même été blacklistée de la page facebook de l’émission et n’ai pu continuer à témoigner de mon indignation.



Cette fausse journaliste approuvant et légitimant les sentences de Golse (qui sont à hurler pour un réel scientifique) ! Comment peut-on ainsi se faire (et y impliquer sa station) complice du massacre de nos gamins autistes par la psychanalyse ?

L'émission ici (si vous avez le courage).

Journée mondiale de sensibilisation à l'autisme Bruxelles


Cérémonie d'ouverture de la bourse de Bruxelles
avec l'APEPA (Association de Parents pour l'Epanouissement de Personnes avec Autisme)
 son Président Freddy Hanot
et le SUSA (Service Universitaire Spécialisé pour personnes avec Autisme)
 le Directeur de la Fondation SUSA Eric Willaye

lundi 1 avril 2013

TEDucation : Autisme & Enseignement


Compte-Rendu de la Journée TEDucation : Autisme & Enseignement
Conférences et ateliers de l’APEPA
(Association de Parents pour l’Épanouissement des Personnes avec Autisme)

  

09h30 : Ouverture du Colloque TEDucation par Freddy Hanot, Président de l’APEPA
 
 - Mot de M. Jean-Marc Van Espen,  Député-Président du Collège Provincial de Namur,
 - Chairman : Ghislain Magerotte, Pr. émérite Université de Mons, Président d’honneur
    de la Fondation SUSA (Service Universitaire Spécialisé pour personnes avec Autisme)
 
 
 
09h45 : Évolution historique de la scolarisation des élèves à besoins spécifiques : État des lieux et perspectives par Jean-François Delsarte, Conseiller pour l’Enseignement spécialisé auprès de Madame Marie-Dominique Simonet, Ministre de l’Enseignement obligatoire.
 
10h15 : Le Plan Individuel d’Apprentissage (PIA) : outil de progrès et non document administratif Par Geneviève Vandecasteele, Inspectrice de l’enseignement fondamental spécialisé
 
10h45 : Approches éducatives performantes dans les domaines de l’autisme et  de la gestion des troubles du comportement Par Eric Willaye, Docteur en psychologie, Directeur de la Fondation SUSA
11h15 : Ateliers au choix :
 
Animateurs : Jean-François Delsarte, Isabelle Resplendino, Dirk Mostien
 
Atelier 2 : L’application des méthodes éducatives en classe
Animateurs : Eric Willaye, Alice Suls, Claudine Soblet
 
Atelier 3 : Le PIA en application concrète
Animateurs : Geneviève Vandecasteele, Freddy Hanot, Ghislain Magerotte
 
 Atelier 4 : L’indispensable coopération entre les parents et les enseignants
 Animateurs : Hélène Dieu, Christine Deravet
 
12h00 : Pause repas
 
13h00 : Stimulation précoce des enfants avec autisme de 0 à 7 ans : efficacité, nécessité !
 Par Aline Henrion, psychologue & Laure Jacob, logopède, Le Chat Botté à Incourt
 
13h30 : Des exemples concrets de pédagogie adaptée aux enfants avec autisme en classe
 primaire spécialisée par Sylvia Spitalieri, L’Arbre Vert à Mons
 
14h00 : Une école adaptée, un projet spécifique pour les  adolescents autistes de bon et
 haut niveau ? Par Kathleen Kleinermann, École des 4 vents – Bruxelles
 
 14h30 : L’inclusion d’élèves avec autisme dans l’enseignement ordinaire Par Hélène Dieu, École Ste Gertrude de Brugelette
 
15h00 : Ateliers au choix :
 
 Atelier 5 : Le travail au Chat Botté
 Animateurs : Audrey Laurent, éducatrice, Claudine Soblet, Mme Bekangba-Moleka
 
Atelier 6 : La vie quotidienne dans une classe primaire de pédagogie adaptée
Animateurs : Valérie Marin, kinésithérapeute, Michèle Roussel, Katty Carlier
 
Animateurs : Hélène Dieu, Isabelle Resplendino, Dirk Mostien & Wolfgang
 
Atelier 8 : Une école spécifique pour des ados autistes de bon niveau 
Animateurs : Kathleen Kleinermann, Freddy Hanot, Alessandra Campardo, Bastien Kindt
 
15h45 : Conclusions
 
16h00 : Verre de l’amitié
 
                
 

Un rapport plein de bonnes intentions, mais...


Un rapport plein de bonnes intentions que celui sur l'inflation normative mais avec un très gros piège à l’intérieur.

Le rapport ici.

Le piège page 20 :

« Abrogation, le mot figure dans la lettre de mission du Premier Ministre ouvrant ainsi une perspective qui nous a permis de lancer une chasse aux normes absurdes s leurs naissances où devenues telles en raison de la manière dont elles sont appliquées.

Pour organiser cette chasse, nous nous sommes appuyés sur les travaux existants comme l'excellent rapport Doligé, sur l'expertise des élus locaux et sur celle des parlementaires.

Les relais médiatiques dont nous avons bénéficié, révélateurs de l’intérêt pour le sujet, ont provoqué un mouvement de signalement par des rabatteurs spontanés ayant croisé l’absurdité normative.

Lors de cette chasse, nous avons rencontré les lobbies qui dressent des chiens de garde derrière chaque norme comme d’autres derrière chaque niche fiscale.

De puissants fenseurs de normes sont prêts à dénoncer tout assouplissement comme un signe de laxisme ou de recul.
 
Certains secteurs connaissent même une quasi-sacralisation de la norme qui rend presque impossible tout débat d’étalement ou d’assouplissement. Tel est le cas des normes dans le domaine du handicap. »

Vous remarquerez au passage que le lobbying des promoteurs immobiliers contre les normes d’accessibilité n’est pas évoqué… Sans doute moins dérangeant que celui de ces salauds d’handicapés !!!


Comment le piège s’est tendu ?

Voir la lettre de mission du 1er ministre page 3 de ce rapport :

Allusion du 1er  ministre à la PPL (Proposition de loi) Doligé sur la simplification des normes. Surprenant, après tous les remous suscités par cette PPL de Doligé suite à son rapport éponyme, cité aussi dans le rapport qui fait l'objet de cet article. Cette PPL permettait des dérogations à l’accessibilité en 2015 ! Mais cette loi n’avait pas eu le temps d’être votée avant le changement de législature.
 
Donc notre nouveau gouvernement a depuis remis d’autres élus sur le coup, sans cibler particulièrement l’accessibilité (sans doute une ruse pour éviter les alertes des associations) : Jean-Marc Ayrault fait aussi allusion à cette PPL de Sueur (PS) et Gourault (MoDem) sur la création d’une haute autorité pour les normes (vu qu’elle sera composée d’élus nationaux, territoriaux, d’agents de l’état et pas d’associations on peut craindre le pire) ! Elle est en cours de vote.
 
Enfin, cette haute autorité devrait être financée par une augmentation sur le tabac (voir l’article 3 à la fin si, si) : « Les conséquences financières pour l'État de la présente loi sont compensées à due concurrence par la création d'une taxe additionnelle aux droits prévus aux articles 575 et 575 A du code général des impôts ».

Cela rassurera les non-fumeurs, les autres verront pas trop le rapport avec eux, mais c’est certainement pour votre santé, pour que vous arrêtiez en vous touchant au portefeuille. Ne soyez pas trop nombreux tout de même à vous soucier de votre santé, sinon l’État fait faillite, bien sûr.

Sous couvert de simplifier les normes administratives, (ce qui n’est pas superflu, je le  reconnais volontiers, qui pourrait nier cette évidence !), déjà avec le rapport Doligé on a cherché à tout prix à faire reculer l’échéance de 2015 pour l’accessibilité, (car on  savait que, pris trop tard, on n’y arriverait pas) : voir ici.

Voire même carrément à échapper à cette accessibilité ad vitam aeternam par la PPL Sueur/Gourault ?

Je rappelle que la Convention Relative aux Droits des Personnes Handicapées parle d’aménagements raisonnables, et non pas de dépenses inutiles et extravagantes ! Bien sûr, il y a une solution plus économique : faire comme en 40 avec les personnes handicapées.  Ne vous inquiétez pas, ça viendra : entre ce que la majorité et l’opposition, main dans la main, nous concocte pour les Français en général, ce sera bientôt l’extrême-droite qui gouvernera. On vous emmerdera plus, nous les personnes handicapées, avec nos fauteuils, nos béquilles, nos facultés sensorielles en panne, nos exigences de pictogrammes parce que notre handicap nous empêche de lire… Vous en ferez des économies !
 
Au fait, Mesdames, Messieurs les élus, il ne vous est jamais venu à l’esprit qu’un jour vous pourriez être handicapés ? Ou bien l’un de vos proches ?

Pour enfoncer le  clou, suite au rapport Lambert,  les premières décisions seront prises lors du Comité interministériel de modernisation de l’action publique (Cimap) le 2 avril.
 
Le 2 avril, demain, journée mondiale de l’autisme, quand le monde du handicap sera bien occupé et regardera ailleurs… si c’est pas du timing, ça !!!
 
Mes chers lecteurs, voici la liste des élus qui avaient voté pour la PPL de Doligé.

Voici celle de ceux qui avaient voté contre.

Il nous reste à mobiliser ceux qui étaient contre et qui ont vu leur mandat reconduit depuis… contre le danger du rapport Lambert et la PPL Sueur/Gourault. S’ils n’ont pas tourné casaque depuis, car M. Sueur était dans ce groupe… tout comme notre actuel Premier ministre... à noter que dans cette liste, il y a Mme Lebranchu, justement chargée de cette réforme de l’action publique de par sa qualité actuelle de Ministre de la Réforme de l'État, de la Décentralisation et de la Fonction publique. Et Mme Carrillon-Couvreur, nommée récemment Présidente du CNCPH (Conseil National Consultatif des Personnes Handicapées) qui devrait interpeller ses collègues sur le fait qu’aucune association des usagers (handicap et autres d’ailleurs !) ne fait partie de cette future Haute Autorité…
 
Que les associations des usagers siègent à cette Haute Autorité chargée du contrôle et de la régulation des normes applicables aux collectivités locales me semblerait la moindre des choses…

« Ce que tu fais pour moi, si tu le fais sans moi, tu le fais contre moi » (Proverbe Marocain).

Et pour finir, Lambert, l’escargot de Quimper, il t’emmerde. Nous on continue bien à entretenir des élus et autres intervenants dont certains sont inutiles voire néfastes. Et ça nous coûte bien cher… (Je salue au passage les autres, les valeureux élus et intervenants dont l’action au service de leurs concitoyens me laisse toujours espérer en la politique).