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vendredi 19 février 2021

LaREM me donne LeSEUM (partie 2)


Après LaREM me donne LeSEUM partie 1, voici LaREM me donne LeSEUM partie 2.

Pieyre-Alexandre Anglade, le député fantôme censé représenter les Français du Benelux, mais en vérité plus intéressé par sa carrière politique (il se rappelle tout de même quelquefois à notre bon souvenir en période électorale) a déclaré dans une interview à Fréquence ESJ (École Supérieure de Journalisme), à propos des étudiants : « Cette expression de génération sacrifiée me révolte ».

Je crois comprendre qu’un caricaturiste est plus proche de la réalité qu’un élu.



 

lundi 5 juin 2017

Législatives 2017 : résultats du 1er tour pour les Français du Benelux


Résultats provisoires du 1er tour des élections dans l’attente de la publication officielle par la commission électorale (Publication du consulat)

Taux de participation : 23.3% 
  • Pieyre-Alexandre Anglade (REM) : 49.3%
  • Sophie Rauszer (FI) : 13.0%
  • Perrine Ledan (EELV) : 10.7%
  • Valérie Bros (LR) : 8.8 %
  • Philip Cordery (PS, député sortant) : 6.0%
  • Soraya Lemaire (FN) : 3.4%
  • Caroline Laporte (UDI) : 3.0%
  • Muriel Réus (Indépendante) : 1.3%
  • Denis Dhyver (PCD) : 1.3%
  • Olivier Rasson (UPR) : 0.6%
  • Claire Des Mesnards (DEC) : 0.5%
  • Yves Gernigon (PFE-FÉ) : 0.5%
  • Julie Saumier (PP) : 0.5%
  • Yann Pereira : (MV) 0.3%
  • Philippe Lanney (FPR) : 0.3%
  • Bertrand De Cordier (MDP) : 0.2%
  • Frédérique Plaisant (PRG-GE) : 0.1%
  • Sylvain Bleubar (SE) : 0.0%

Analyse : on peut s’étonner du très peu de mobilisation, cette élection impactant pourtant directement le sort des Français résidant au Benelux.
De grands chamboulements, qui toutefois sont à examiner à la lumière de cette (dé)mobilisation qui n’atteint pas le quart des inscrits...

  • Tout d’abord, le député sortant, Philip Cordery, unanimement reconnu comme compétent, efficace et dévoué à ses administrés, paie le prix fort d’un quinquennat présidentiel calamiteux, en n’arrivant qu’à la 5e place avec seulement 6 % !
  • L’extraordinaire percée du candidat d’En Marche, qui a failli l’emporter dès le 1er tour. Lors de sa campagne, il a expliqué qu’il travaillerait avec la société civile sur les thématiques qu’il ne maîtrisait pour l’instant pas. Ce qui était bienvenu, son programme se limitant aux propositions d’En Marche pour la France.  
  • 2e : La France Insoumise, 3e : les écologistes, ce qui est surprenant pour une population traditionnellement à droite mais s’explique peut-être par la surabondance de candidatures droite-centre droit.
  • La candidate LR n’arrive qu’en 4e position, mais elle avait contre elle d’être parachutée de Paris, même si sa suppléante, bien implantée en Belgique, était déjà candidate lors des élections de 2012. La candidate actuelle est aussi de sensibilité « sens commun », dont l’action contre le mariage pour tous a été fort mal vue des Français de l’Étranger, qui sont bien plus ouverts que les Français de France.
  • La candidate du FN, parti qui réalise habituellement dans cette circonscription un score bien moindre qu'au national, sans doute pour la raison évoquée plus haut, devance de peu Caroline Laporte, UDI, Conseillère consulaire, élue communale en Belgique, implantée sur le terrain et proche des gens. Cette dernière n’accède même pas au seuil des 5% qui lui permettraient de voir ses frais de campagne pris en compte, ce qui est plus que rude. La pléthore de candidats (la place est bonne !) y est certainement pour beaucoup, comme pour le député sortant.
  • Les autres candidats se partagent les voix restantes.

Mon avis : Nous avions un député qui faisait bien son travail, mais on s’achemine pour un 2e tour à voter pour un représentant de la (future) majorité présidentielle. Ce candidat est à l’écoute des associations du handicap. Ce sera lui qui sera en charge du dossier des Français en situation de handicap en Belgique, ainsi que d’importer les bons exemples en France.

Son prédécesseur, qui s’inscrivait alors dans l’ancienne majorité, avait défendu des dossiers généraux et individuels avec constance, s’était inscrit au groupe autisme à l’Assemblée Nationale.

Grâce à son action politique (seule ou avec d’autres responsables et associations), quelques actions remarquables en ce qui concerne le handicap ont pu voir le jour : 

  • Demande du respect des recommandations HAS/ANESM en matière d’autisme, pour le 3e plan ;
  • Création des 112 unités d’enseignement maternelles autisme ;
  • Création de 100 unités d’enseignement externes tout handicap (par rapprochement du médico-social et de l’Éducation nationale) ;
  • Dans l’esquisse du 4e plan, sont déjà prévues 100 unités d’enseignement autisme en primaire et 100 en secondaire ;
  • Dispositif du « plus de maîtres que de classes » de la Loi Peillon ;
  • Arrêt du financement du packing dans le médico-social ;
  • Saisie de la cour des comptes pour le coût de l’autisme et donc la réorientation du flux financier vers les approches adaptées et l’inclusion, demande de statuer sur la pratique du packing en milieu hospitalier ;
  • Interventions contre l’arrêt de la prise en charge des frais de transport et/ou d’hébergement pour les familles n’ayant pas d’autre choix que la Belgique,
Nous espérons donc que l'élu-e continuera ces actions et portera encore plus loin les projets que le précédent député aurait voulu faire aboutir en ce qui concerne l’inclusion des personnes en situation de handicap. Qu’il ou elle soit de la majorité présidentielle ou dans l’opposition, cet élu-e devra convaincre le ou la ministre du gouvernement reformé après les législatives de respecter la promesse du président alors candidat Macron (lors de la carte blanche du débat d’entre-deux tours) d’étaler sur le quinquennat les réponses à apporter pour endiguer l’exil en Belgique et non pas de l’arrêter immédiatement alors que nous n’avons pas encore les solutions en France.

Pour l’instant, les associations sur le terrain s’épuisent à porter à bout de bras des milliers de familles désespérées qui, en bout de course, n’ont plus que la Belgique comme solution : la fuite. La fuite face au manque de solutions, aux solutions inadaptées et maltraitantes, à l’exclusion, au harcèlement par les services sociaux, à la guerre contre les familles que livrent certains professionnels obnubilés par la psychanalyse, jugeant les familles responsables du handicap de leur enfant/adulte et les écartant car les considérant comme toxiques pour leurs proches.

Tout en rejetant ces proches bien vite dès qu’ils ne savent plus gérer les troubles du comportement qu’ils ont eux-mêmes induits, ou les plaçant à l’isolement et/ou contention pendant des mois, voire des années.

La loi Bayrou propose de supprimer la réserve parlementaire. Si cela se justifie pour certains élus qui en ont abusé par clientélisme, nombre de petites associations de Français de l’Étranger s’occupant de la grande paupérisation ou de l’isolement linguistique de cette population (et non, ils ne sont pas tous des exilés fiscaux, loin de là) en ont besoin pour aider des familles dans le dénuement.

La demande des associations de Français de Belgique est donc d’exiger plus de transparence sur ces accords de réserve parlementaire. Nous espérons donc que le ou la député-e élue du Benelux proposera un amendement en ce sens.

En ce qui concerne mon vote personnel : bien qu’étant neutre politiquement, j’ai accepté de tourner une vidéo où je faisais le bilan de l’action du député sortant, qui était vraiment positive.

Pour ce 2e tour, nous avons le choix donc entre le candidat investi par En Marche et la France Insoumise. J’ai, par le passé, écrit plusieurs articles sur ce que je pensais de la gauche de la gauche, son allégeance à la psychanalyse, son action contre les recommandations de bonnes pratiques en matière d’autisme, ses revendications pro-packing. Ils ont beau avoir ôté ces dispositions dans leur programme devant la bronca qu’elles avaient suscitée dans le chef des parents, notamment via les réseaux sociaux, j’en reste au proverbe « le renard perd le poil, mais pas le vice ».                                           
En tant que déjà "vieille routière" de l’associatif et des groupes de travail gouvernementaux, je sais que l’obstacle n°1 à l’inclusion de nos enfants et adultes à besoins spécifiques vient des corporatismes.

Je voterai donc pour le candidat d’En Marche au 2e tour et appelle les personnes concernées par le handicap à faire barrage à la gauche de la gauche. 










mardi 24 janvier 2017

Français de Belgique

Message aux parents d’enfants/adultes français en situation de handicap en Belgique :
Vendredi 3 février 13h-14h30 Table ronde avec le Député des Français du Benelux
À Stambruges (Beloeil)
Plus d’infos ici : isabelle.resplendino@skynet.be


lundi 23 mars 2015

Lettre type à envoyer à son député

Objet : Votez contre l’amendement n°AS1488 au projet de loi de santé 2015

Madame la Députée, Monsieur le Député,

Vous examinerez prochainement à l’Assemblée le projet de loi de santé 2015. En tant que parent d’un enfant handicapé, je tiens à vous faire part de mon inquiétude à la lecture de l’amendement n°AS1488 et je vous demande instamment de bien vouloir voter contre cet amendement. En effet, cet amendement, s’il est voté, signera un grave recul des droits des personnes handicapées, en permettant que l’orientation des personnes handicapées ne soit plus réellement fondée sur leurs besoins.

Cet amendement prévoit que la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées) pourra, en cas de besoin lorsqu’elle instruit le dossier d’une personne, réunir un «groupe opérationnel de synthèse» incluant des gestionnaires d’établissements et services notamment sanitaires, sociaux, médico-sociaux et éducatifs. Ce groupe proposera alors un « plan d'accompagnement global à la CDAPH» (Commission des Droits et de l'Autonomie des Personnes Handicapées, organe de la MDPH décidant des prestations attribuées aux personnes handicapées, ainsi que de leur orientation scolaire, professionnelle et en établissement ou service médico-social).

Deux éléments en particulier sont inquiétants :

• il est prévu que ce groupe de synthèse formulera des préconisations non plus seulement sur la base des besoins de la personne, comme le prévoit actuellement la loi, mais «à partir des besoins de la personne handicapée et des ressources mobilisables», ce qui instaure une possibilité d’orientation par défaut, y compris par exemple vers des structures en Belgique, où sont déjà exilées 5.000 personnes françaises handicapées

• il apparaît que la MDPH pourra, si le projet d’amendement est adopté, statuer sur des orientations dans le secteur sanitaire puisqu’il est question de «tout établissement, service ou dispositif» : en l’absence de places de SESSAD autisme, la MDPH pourrait donc par exemple statuer sur une orientation en hôpital de jour ; de même, pour un adulte, elle pourrait statuer sur une orientation en hôpital psychiatrique à défaut de places en établissement médico-social. Ce type d’orientation est totalement inadapté.

Même si l’amendement stipule que la proposition du groupe de synthèse à la CDAPH se fera «après avoir obtenu l’accord de la personne handicapée ou de ses parents», je doute de son applicabilité. On sait bien qu’aujourd’hui, l’article L241-7 du CASF n’est quasiment jamais respecté alors qu’il stipule pourtant que la personne handicapée ou ses parents « sont consultés par la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées ».

Ces « groupes opérationnels de synthèse » sont clairement inspirés des commissions « situations critiques », créées fin 2013 afin de résoudre les situations les plus complexes (personnes handicapées sans solution). Elles se sont en fait révélées incapables de remplir leur mission. Il est donc illusoire de croire qu’en réunissant des « groupes opérationnels de synthèse », on trouvera des solutions alors qu’elles n’existent pas : le problème, c’est l’insuffisance de l’offre médico-sociale.

Alors que les délais de décision des MDPH sont déjà bien au-delà de ce que prescrit la loi (parfois un an ou 18 mois, alors que la loi prévoit 4 mois), cet amendement, en instaurant un nouvel organe à consulter, ne fera que retarder encore les décisions de la MDPH, voire bloquera toute décision : la CDAPH s’abstiendra en effet probablement de statuer si le « groupe opérationnel de synthèse » ne propose pas de solution.

L’amendement prétend proposer aux personnes handicapées des solutions qui, quoique non adaptées à leurs besoins, permettraient provisoirement de leur apporter un semblant de réponse en attendant que l’offre médico-sociale se crée et s’adapte. Mais c'est un leurre : on sait que le provisoire devient fréquemment définitif. En témoigne le recours à l’amendement Creton, voté par l’Assemblée en 1989 pour permettre aux jeunes adultes ayant dépassé la limite d’âge des 20 ans de rester dans leur Institut Médico-Educatif en attendant que des places en structure adulte leur soient offertes. 26 ans plus tard, l’amendement Creton, qui n’avait vocation qu’à être un palliatif provisoire, est encore très largement (et de plus en plus) utilisé.

Pour toutes ces raisons, j’espère que vous rejetterez l’amendement n°AS1488. Dans cette attente, je vous prie d’agréer, Madame la Députée, Monsieur le Député, mes salutations les meilleures. »

EDIT : L'amendement est en cours de remaniement. Cet article est donc dépassé. Il restera toutefois sur le blog à titre d'information pour les lecteurs.