jeudi 22 août 2013

Enfin on peut féliciter le gouvernement !


22 Août 2013, journée à marquer d’une pierre blanche.
Le Parti Socialiste au pouvoir, dans les grandes lignes du Projet Wolfgang
 
 
« Vincent Peillon, ministre de l'éducation nationale, George Pau-Langevin, ministre déléguée à la réussite éducative et Marie-Arlette Carlotti, ministre déléguée aux personnes handicapées et à la lutte contre l'exclusion, présentent de nouvelles mesures pour l'accompagnement des élèves en situation de handicap. Ces mesures s'inscrivent dans le cadre de la loi pour la refondation de l'École de la République et ont pour objectif de proposer une offre de scolarisation et d'accompagnement de qualité à chaque enfant en situation de handicap.
 
 
 

Le principe de l’École inclusive
 
Grâce à la loi pour la refondation de l’École de la République, du 8 juillet 2013, figure désormais, dès le premier article du code de l’éducation (L. 111-1), le principe de l’inclusion scolaire de tous les enfants, sans aucune distinction.

La scolarisation en milieu ordinaire est ainsi favorisée. Ce mode de scolarisation permet d’obtenir les meilleurs résultats éducatifs pour de nombreux élèves en situation de handicap tout en offrant une plus grande ouverture à la différence aux autres élèves. »
 
28000 Auxiliaires de vie scolaire seront titularisées et diplômées au cours des six années à venir, 8000 pour la rentrée scolaire prochaine. Cette promesse de professionnalisation des AVS, nous l’avons entendue depuis tant d’élections, qu’on a du mal à croire qu’elle est enfin tenue !!!
 
« Former tous les personnels au handicap
 
Pour réaliser l’École inclusive, il ne suffit pas de bien former les personnes dédiées à l’accompagnement des enfants en situation de handicap. C’est toute la communauté éducative qui doit être, non seulement sensibilisée mais véritablement formée aux enjeux de la prise en compte des handicaps et des besoins spécifiques des élèves.
 
(Ouf ! Je n’y crois pas ! Ils ont entendu et compris que la seule sensibilisation, promise dans le projet initial ne suffisait pas ! Ben oui, ils sont à l’écoute et j’en reste sur les fesses – excusez ce langage mais je n’y croyais plus).
 
À cette fin, les nouvelles Écoles supérieures du professorat et de l’éducation (ESPE) dispenseront des formations portant sur ces sujets, destinées à l’ensemble des personnels et notamment des jeunes enseignants.
 
Dans les modules de tronc commun, obligatoires pour tous les étudiants, futurs enseignants, inscrits en formation initiale dans une ESPE, figureront plusieurs formations dédiées aux enjeux généraux du handicap et à la connaissance des différents troubles des apprentissages
 
De plus, des modules spécialisés pourront être développés pour faire de la formation plus spécialisée, consacrée à un niveau scolaire en particulier ou à un handicap spécifique.
 
Enfin, à moyen terme, les modules existants de formation à l’adaptation scolaire et à la scolarisation des élèves en situation de handicap (ASH) ont vocation à intégrer les enseignements des ESPE.
 
(…)
  
Former les enseignants au handicap par le numérique
 
La plateforme de formation continue en ligne des enseignants du premier degré, "M@gistère", comprendra d’ici à la fin de l’année deux modules liés au handicap : l’un, portant sur les enjeux généraux de l’École inclusive, l’autre sur les spécificités de l’autisme.
  
L’article intégral ici.
 
Le gouvernement n’a pas encore osé aborder le sujet de la création d’un corps paramédical et éducatif dépendant de l’Éducation Nationale (et là-dessus il ne fallait pas compter avec une rentrée syndicale annoncée très chaude) mais cela peut venir avec le temps et la dose de courage nécessaire…
 
Que cela arrive, que les formations soient à la hauteur, pour que l’école devienne vraiment inclusive ! Tiens voilà qui me ferait voter PS en 2017 les yeux fermés… L’école inclusive après la fin de la discrimination au mariage pour les amoureux du même sexe, voilà qui serait deux très grandes choses pour le bilan de ce quinquennat.
 
Bon allez, maintenant je me lâche, et je remercie pour avoir porté nos idées qu’il partageait déjà par le fait de vivre en Belgique, pays dont l’enseignement dédié aux enfants à besoins spécifiques dépend de l’Éducation Nationale, mon député Philip Cordery, ses assistantes parlementaires avec une sacrée pensée pour Rebecca, mon vieil ami Jean-Michel Caudron au passage, Marie-Arlette Carlotti et son cabinet, je leur tire mon chapeau pour avoir su convaincre Vincent Peillon et George Pau-Langevin alors que là, la partie n’était pas gagnée, Jean-Marc Ayrault et François Hollande pour avoir tranché en faveur de l’inclusion.
 
Et merci aussi aux élus de l’opposition qui ont été à l’écoute des familles.
 
Et surtout bravo à Danièle Langloys, à Autisme France et ces associatifs engagés dans un dur labeur auprès de tant de groupes de travail. J’ai une pensée toute émue pour mon amie Maria qui y a tant travaillé, spécialement aujourd'hui, elle sait pourquoi.
 
 
 

mercredi 7 août 2013

Le gouvernement joue avec la vie de nos enfants


On s’y attendait, il est paru !

Le décret autorisant « pour expérimentation » une réduction du taux d’encadrement périscolaire dans le cadre du PEDT (projet éducatif territorial).
 
- 1 animateur pour 14 mineurs âgés de moins de six ans (au lieu de 1 pour 10 actuellement) ;
- 1 animateur pour 18 mineurs âgés de six ans ou plus (au lieu de 1 pour 14).
 


Il s’agit en fait de toutes les activités périscolaires et extrascolaires, même si on essaie de faire passer la pilule sous le couvert des nouveaux rythmes scolaires de la loi Peillon.
 
 

À noter qu’on laisse la responsabilité de la garantie de la qualité de ce PEDT aux collectivités ! On croit rêver (mais c’est un cauchemar) : Ponce-Pilate non content de se laver les mains fournit aussi la croix et les clous !
 
C’est assez surréaliste de lire « et sous réserve que la sécurité des enfants et la qualité éducative des activités soient garanties » Comment garantir la sécurité des enfants lors des sorties avec un taux d’encadrement aussi bas ?
 


Pour limiter les risques, le Conseil d’État a porté la période d’expérimentation à 3 ans plutôt que 5 comme dans la proposition initiale. La période pour espérer passer entre les gouttes les accidents est donc raccourcie avant que cela ne devienne définitif…
 
 
 
Et bien sûr, dans ce décret, aucune disposition pour les enfants en situation de handicap, la circulaire demandant un volet handicap se limitant aux nouvelles lois et ne concernant pas les décrets. Le taux d'encadrement ne sera-t-il pas relevé pour les rares enfants avec handicap ayant accès aux activités péri et extrascolaires ? Que prévoit-on avec les nouveaux rythmes scolaires pour les familles qui ont un enfant handicapé scolarisé ?
 
Tout cela pour des économies de bouts de chandelle !!!
 
Mais quand est-ce que Sarkozy s’en va et que la gauche arrive au pouvoir ???
 
 
 
Article source.

mardi 6 août 2013

Quelles bandes d'ignares !


Je vais partager ici le cri d’indignation de mon amie facebookienne, Christine Dalbergue, revenant sur des interventions politiques qui remettent gravement en cause le principe d’accessibilité.
 
Mon introduction :
 
Voir ici la réponse – à juste titre indignée –  de la Ministre déléguée aux personnes handicapées, Marie-Arlette Carlotti à Benoist Apparu, ancien Ministre du logement qui critique les normes d’accessibilité.
 
Sans doute, Mme Carlotti ignore que sa collègue du gouvernement actuel, Mme Duflot, succédant à M. Apparu depuis le changement de majorité, pense la même chose ?
 
En plus, Mme Duflot refuse catégoriquement  une circulaire sur les maisons-relais pour les personnes avec autisme, maisons-relais qui respectent bien plus le principe d’inclusion que l’institutionnalisation tout en étant bien moins onéreuses…
 
En vérité, certains politiques, de gauche comme de droite, ne sont pas en reste pour remettre ce principe d’accessibilité (et donc d’inclusion de la  personne en situation de handicap) en cause ! À ce sujet, l’électeur peut constater de sacrés revirements d’opinion lorsque des personnalités politiques d’opposition qui nous défendaient alors accèdent au pouvoir…
 
 
 
 
Voici donc le cri du cœur de Christine, que je partage entièrement, comme beaucoup de personnes concernées et leurs proches :
 
« La norme devrait être la construction de tout bâtiment accessible aux fauteuils roulants... Les valides n'ont aucun problème pour s'adapter à ces normes...
 
Ma baignoire coûte plus cher que la douche au sol accessible à mon fauteuil... Les heures d'aides à domicile que cela coûte à la société pour qu'on vienne me laver sont plus coûteuses que cette douche qui n'a jamais pu être installée (pour des raisons légales)... Ce qui me rendrait autonome coûte moins cher que ce que je coûte à tous par semaine !
 
À la gare de Toulouse, l'ascenseur pour les fauteuils roulants pue la pisse et est toujours en panne alors que la place qu'il y a juste à côté pour faire une rampe au sol pour tous peut facilement remplacer les escaliers qui empêchent l'accès au quai et au métro... Cela coûterait moins cher à mettre en place que les ascenseurs (coûteux et en panne très régulièrement) et permettrait à tous les usagers d'arrêter de se péter le dos pour descendre leurs bagages et les poussettes pour enfants...
 
J'ai des milliers d'exemples d'aménagements urbains ou bâtis où des solutions moins chères et plus simples seraient efficaces pour l'accès, le confort et la santé de tous...
 
À force de regarder le handicap comme une difficulté compliquée à surmonter, les valides experts de tout poil nous expliquent que les normes spécifiques handicaps sont chères et difficiles...
 
Je constate qu'effectivement les "spécificités" sont plus coûteuses dès lors qu'elles sortiraient ces pauvres valides de leurs pratiques ordinaires en inventant des sophistications stupides, chères... Toujours pas généralisées...
 
Je constate que les personnes en situations de handicap ne sont toujours pas intégrées dans la tête des gens parce que leurs approches sont compliquées depuis leurs prismes...
 
Alors que les personnes en situation de handicap sont de plus en plus nombreuses dans toute l'Europe avec, notamment, le vieillissement de la population...
 
Un super technicien m'a pris la tête au sujet de la rampe d'accès de la douche dans ma salle de bain... Il me soutenait que la roue de mon fauteuil ne serait pas dans le vide au cours de ma manœuvre pour accéder à la douche avec de grandes thèses techniques et mathématiques bien fumeuses... J'en ai eu marre de sa vue de l'esprit (ou de sa connerie ?!), malgré les douleurs, je me suis levée de mon fauteuil et je lui ai demandé de se mettre dessus et de faire la manœuvre lui-même... CQFD... Il suffisait de se mettre en situation pour comprendre que ses calculs savants étaient complètement inutiles et stupides !
 
Monter sur un fauteuil roulant est plus parlant que tous ces bavardages sur les handicaps et les besoins réels et sérieux de toutes les personnes qui en sont porteuses... À quand les étudiants des écoles d'architectures sur des fauteuils roulants pendant leur cursus de formations ?
 
Dans une société où on privilégie encore de caser les vieux dans des maisons de retraites plutôt que de les maintenir à domicile avec de bons aménagements pour qu'ils soient autonomes le plus longtemps possible et non à la merci d'une prise en charge coûteuse, caser les personnes handicapées en prétendant que des normes permettant à plus d'autonomie sont plus coûteuses que les prises en charges humaines qu'elles suscitent démontrent encore que la vue de l'esprit remplace une parfaite étude des conséquences réelles pour toute la société (ce ne sont pourtant pas les rapports qui manquent dans les ministères de tout poil depuis des décennies !)...
 
Être incapable de prendre de la hauteur avant de parler d'un phénomène de société en prenant les gens de haut n'est-il pas le plus bel handicap que ces ignorants nous offrent ? »