samedi 20 juillet 2013

Longue vie au Roi et à la Reine !


Ce billet aurait pu aussi s’intituler :
Le nouveau Roi, la nouvelle Reine et le handicap en général (et l’autisme en particulier).
 
La Princesse (Reine à  partir du 21 juillet 2013) Mathilde alors logopède (orthophoniste pour les Français) avait œuvré auprès de personnes avec autisme. Voir ici l’article : « Belgique : une famille royale engagée auprès des personnes handicapées »
 
Aussi, l’Association de Parents pour l’Epanouissement des Personnes avec Autisme (l’APEPA, où l’humble bloggeuse que je suis y exerce quelques responsabilités)  était sous le haut patronage de la Princesse Mathilde (une première période de 5 années qui a été renouvelée et qui s’achève quasiment au même moment qu’interviendra le couronnement).
 
Le petit Prince Emmanuel ayant des troubles d’apprentissage, ses parents Philippe et Mathilde ont décidé de l’inscrire dans l’enseignement spécialisé afin de lui donner toutes les possibilités de répondre à ses besoins spécifiques.  C’est un geste fort, qui à la fois souligne ce que peut avoir d’excellent notre enseignement spécialisé – je suis, en tant que maman, bien placée pour le reconnaître – mais aussi qui envoie un signal positif aux familles dont l’enfant y poursuit sa scolarité.
 
 
 
Plus tard dans l’actualité, coup de tonnerre : un livre affirme que le Prince Philippe « souffre du syndrome d’Asperger »

Prenez connaissance au passage du « diagnostic », raconté par l’auteur du livre :

« J’ai un ami qui est psychiatre et on bavardait un peu de tout. Je lui raconte que le prince Philippe garde sur son portable la liste de tous les livres qu’il a lus. Il m’a alors expliqué que c’était bizarre, et que c’était très spécifique aux personnes qui sont touchées par ce syndrome », affirme l’auteur de « Kroongeheimen » (Secrets de la Couronne).
 
Ouh là sûrement un psychiatre psychanalyste, on en a entendu de ces sentences chez eux, du style « Votre fils est autiste parce que vous l’avez appelé Denis, donc vous l’avez dénié ». En plus, ce sont des propos retransmis par une personne qui ne connaît probablement pas le syndrome d'Asperger, et hors contexte, ce qui laisse pas mal de place à l'interprétation de l'auteur du livre en question.
 
Pour  plus de sécurité, dois-je faire traiter mon syndrome d’Asperger, car j’ai classé sur fichier Excel tous mes DVD ? …Pour les retrouver facilement dans les mallettes où ils sont rangés par numéro (car sinon on passait des heures dans la vidéothèque à rechercher le film qu’on voulait visionner, que voulez-vous c’est le lot de tous les neurotypiques…)
 
Une réponse a été apportée à cette affirmation (à propos du diagnostic d'Asperger sur le Prince), sous forme d’interview du psychologue Jérôme Vermeulen (pleine de bon sens et dont je partage chaque phrase, sauf le titre – dû probablement au désir de la rédaction d’accrocher le chaland le lecteur – titre qui réduisait le syndrome d’Asperger à une insulte).

Inutile de vous dire que mon sang n’a fait qu’un tour à la lecture de ce titre. Mon fils (comme mon mari, et tant d’autres personnes, enfants comme adultes) a un syndrome d’Asperger, et ce n’est nullement une insulte ! Pour en avoir le cœur net, je décidai de téléphoner au psychologue interviewé dans cet article en réponse au livre.

De fait, il s’avéra qu’il n’avait pas du tout voulu faire une analogie entre le syndrome d’Asperger et une insulte, c’était le raccourci d’une interview téléphonique « à chaud », accordée le jour même du 1er article sur le livre et cette interview devant paraître le lendemain, il n’avait pu relire le texte avant parution et ne l’avait d’ailleurs même pas encore reçu. M. Vermeulen voulait seulement souligner, à juste titre, l’injustice des attaques réitérées sur le Prince, qui ne datent pas d’hier. Il me demande alors de lui envoyer le lien de l’article pour qu’il sache de quoi il retourne, ce que je fais. En même temps, nous discutons du syndrome, de l’histoire de mon fils, et il me demande de la lui écrire pour la faire paraître sur son site internet.
 
Après avoir lu son interview, il fait paraître une explication sur son site.
 
Peu de temps après l’interview de M. Vermeulen dans « l’Avenir », le Prince Philippe s’est entretenu avec lui pour le remercier.

Cette histoire assez insolite a permis finalement une collaboration plutôt fructueuse.
1)    2) 3) 4)
 
Comme quoi, à quelque chose, malheur est bon…

Long règne à Philippe et Mathilde !

Lynda Lemay - Ça m' fout la frousse (Montage photos)


jeudi 18 juillet 2013

Turquie 1 - France 0


 
Et en France ?
Adieu la date butoir.
Tous les moyens sont bons pour la mettre à la poubelle.
 
Même une ministre écolo a le toupet de demander aux « associations d’handicapés » (sic !) de porter elles-mêmes ces demandes de recul.
 
 
 

Cécile Duflot vient aussi de refuser le projet de circulaire de maison-relais pour personnes avec autisme (maison-relais qui seraient, soit dit en passant, bien moins onéreuses que des places en institut !)
 
On a fait un mauvais procès à Mme Duflot en lui reprochant les tweets antimilitaristes de son compagnon, qui n’engagent que l’opinion de ce dernier (bien que, personnellement, si j’avais été conjointe d’un ministre, je n’aurais pas osé… mais on ne peut reprocher à un ministre l’acte de son conjoint. Je doute d’ailleurs fortement qu’on en aurait fait de même si le ministre avait été un homme, je n’ai pas souvenir qu’on ait reproché au Président le tweet malheureux de sa compagne - cela aurait été injuste).
 
Non, franchement on a bien plus à reprocher à Mme Duflot pour sa manière de traiter les personnes handicapées…
 
Heureusement que  Mme Pompili qui soutient vraiment les revendications des familles relève l’honneur du parti écolo français !
 
Bon, au fait, pour la scolarisation des enfants handicapés, on arrive (péniblement) à presqu’égalité avec la Chine
 
Il y a quand même des jours où j’ai mal à mon pays (l’autre).
 
 
 
 
 

jeudi 4 juillet 2013

Encore un dérapage du Parti de Gauche au sujet de l’autisme


(Coup de gueule de mon ami Gérard)

 
Suite à ce communiqué du Parti de Gauche
Le coup de gueule (justifié) de mon ami Gérard :
 
Le PDG, drôle de sigle pour un parti d'extrême gauche ! Une fois n'est pas coutume, pas de retrait d'attention face à la connerie sans fond du texte du parti de gauche : un texte visiblement écrit depuis le divan d'un psyKK : on retrouve tous les éléments du langage psyKK : (pluralité des approches, sujet, souffrance) !
 
Tout est grandiose dans ce texte à commencer par l'introduction dans laquelle la manipulation est primaire : on mélange vérité et contre-vérité, omissions dès l'introduction : "les recommandations HAS préconisent prioritairement une approche éducative, comportementale et développementale, basée notamment sur des apprentissages répétés.".
 
Premièrement les recommandations sont élaborées en réponse à la question : "Quelles sont les interventions les plus sûres et les plus efficaces en matière d'autisme". Et la réponse qui gêne visiblement les rédacteurs de ce texte est claire et sans ambiguïté : les interventions éducatives, comportementales et développementales sont les plus sûres et les plus efficaces dans le traitement de l'autisme. C'est pour cette raison et nulle autre raison idéologique qu'elles sont préconisées. De même, les recherches démontrent que les approches psychanalytiques ne disposent à ce jour d'aucune étude scientifique validant leur intérêt dans l'autisme.
 
La rhétorique du PDG ne peut rien contre ces faits ! Plus grave, ces interventions psyKK sont pratiquées et financées majoritairement en France depuis plus de 40 ans. Ce sont elles qui sont hégémoniques, liberticides, et qui ont été protégées par tous les gouvernements en place depuis des décennies. Le titre du communiqué est d'autant plus étonnant (Non au plan autisme, oui à la liberté de choix des familles) que la liberté de choix n'existe pas aujourd'hui en France du fait de la prégnance de l'approche psyKK que défend paradoxalement le PDG sous couvert de choix, mais de qui se fout le PDG ?
 
Les rédacteurs du texte ont-ils pris contact avec des représentants de familles dont ils défendent (on se demande à quel titre) la liberté de choix ? Ont-ils essayé de trouver un praticien formé aux TCC pour s'en rendre compte ? Par contre les psychanalystes se trouvent à tous les coins de rue. Voilà donc un parti d'extrême-gauche qui, non content de défendre une pratique de bourgeois, conçue par un bourgeois pour des bourgeois friqués, propose de le faire sous couvert de liberté de choix des familles, c'est tout simplement ridicule !!!
 
Le parti de gauche aurait tout intérêt, dans les plus brefs délais, à inclure dans son bureau politique des personnes informées sur la médiocrité des résultats des psychanalyses (rapport INSERM 2004) ; des personnes informées sur l'infiltration des psychanalystes dans le domaine de la santé, des médias, de l'expertise médicale (avec le succès que l'on commence à percevoir et qu'on aurait intérêt à évaluer finement), l'infiltration du monde politique afin de s'émanciper de cette pensée bourgeoise et totalitaire qui a trouvé en France et en son propre sein, un terreau fertile !
 
Deuxièmement les approches modernes ne se limitent pas à la répétition, le penser et l'affirmer est soit une connerie sans nom, soit une mauvaise foi sans borne. Mais dans un cas comme dans l'autre c'est faux et surtout a-pragmatique : dénigrer une pratique efficace pour en défendre une autre à l'inefficacité avérée n'est pas un gage de sérieux dans le raisonnement et ne plaide pas en faveur des autres idées du PDG !
 
Troisièmement, la répétition ce n'est pas le mal, bien au contraire ! La répétition est un principe d'apprentissage fondamental et c'est sans doute la volonté de le nier qui est à l'origine d'une grande partie des difficultés d'apprentissage que rencontrent nos élèves aujourd'hui. S'approprier des connaissances en les réinventant est un processus intéressant mais il ne saurait être efficient pour tous les apprentissages, ni pour tous les élèves ! Dans la formation des élèves, l'apprentissage par répétition doit jouer un rôle important qu'il ne convient ni de négliger, ni de stigmatiser. Dans l'apprentissage des élèves avec autisme, la répétition revêt d'autant plus d'importance que les capacités sensorielles, de raisonnement, de dépendance au contexte, peuvent venir occulter les capacités d'apprentissage par répétition.
 
De plus les difficultés de généralisation des compétences hors contexte d'apprentissage nécessitent de retravailler une compétence apprise dans nombre de situations afin de permettre à l'enfant de développer son autonomie dans un environnement naturel en faisant la part des choses entre ce qui est pertinent dans une situation (l'absence de voitures en mouvement à proximité du passage pour piétons) et ce qui ne l'est pas (la couleur de la voiture arrêtée).
 
La suite du texte rédigé par les psyKK de service du PDG se passe de commentaires tout au plus peut-on rire de certains paradoxes : défendre l'omnipotente psychanalyse en évoquant le comportement de ses détracteurs qui serait digne de la grande époque soviétique est d'une loufoquerie sans pareil ; la psychanalyse est une pratique d'État, financée et entretenue durant des décennies malgré l'absence totale de résultats, ainsi que le prouve l'argumentaire scientifique.
 
Mais les trois psyKK qui ont rédigé le texte (tant de conneries ne sauraient tenir en une seule cervelle), ne s'arrêtent pas là, le parti de gauche récuse les conceptions réactionnaires du ministère (entendre donner la priorité en matière de santé à ce qui fonctionne) ; heureusement que les psyK n'ont pas investi le domaine, disons au hasard, de l'antibiothérapie, sinon on serait dans une sacré mouise.
 
Le PDG défend la liberté des soignants, y compris quand ils utilisent des interventions qui ne soignent pas ! Le PDG défend la liberté des psychologues et des éducateurs d'exercer leur art, pas de problème mais qu'ils aillent l'exercer sur eux-mêmes si leur art consiste à proposer des interventions non sûres et non validées. De quel droit le PDG revendique-t-il la médiocrité pour nos enfants ? Peut-être faut-il chercher dans cette revendiKKaction finale la vraie raison du positionnement du PDG.
 
Il apparait qu'il se situe plus en position de syndicat défendant les prérogatives exorbitantes de certains corporations, qui a pris ses habitudes (attente de l'émergence du désir de communiquer) qu'en véritable défenseur de la liberté de choix des familles car dans les faits, le choix actuel pour les familles (et le PDG le saurait s'il avait pris la peine de les contacter) est soit la psychanalyse soit la marginalisation avec la scolarisation et la recherche dans le privé des praticiens formés aux interventions reconnues par la HAS et par toutes les autres recommandations parues à travers le monde comme étant les plus efficaces.
 
Et là je mets un commentaire bien senti de mon ami Viktor sur mon  indignation face à ce communiqué :
On dirait des gens dans les marécages, plus ils gesticulent, plus ils s'enfoncent. Leur crédibilité est définitivement perdue, dit moi une seule spécialité de la médecine ou les patients luttent contre les docteurs ?
 
Note de l’auteur de ce blog :
Ils n’ont pas de relecteurs dans ce parti ? Accuser dans le même communiqué de presse le gouvernement d’adopter des pratiques dignes de l’ère soviétique – un comble pour le « Parti de Gauche » en droite – ouh le gros mot – ligne de la parabole de la paille et de la poutre  – et plus loin d’être réactionnaire, celle-là est pas mal du tout. Faut pas les inviter à un dîner, il y aurait trop de prétendants…
 
Comme Gérard, je pousse mon coup de gueule sur les attaques contre les familles, menées par ces partis et mouvements qui vivent de revendications corporatistes, faisant pression sur les professionnels de l’Education Nationale afin qu’ils ne se forment  pas,  qu’ils n’acceptent pas nos enfants en situation de handicap à l’école de la république,  piétinant au passage toutes les conventions internationales, tous les textes de lois françaises.
 
J’en ai marre de leur RACISME !!! Car il  faut bien appeler un chat un chat. Quel syndicat, quel parti politique oserait dire qu’il faut des établissements séparés de l’école républicaine pour les enfants à peau noire, pour les enfants de confession différentes, pour les enfants nés d’unions non hétérosexuelles. C’est pourtant ce que font le PCF, le FDG, le PDG, la CGT, SUD, avec NOS enfants à besoins spécifiques afin de garder leur pognon : la mainmise sur ce personnel et les mouvements sociaux, les cotisations, la représentation…
 
Cela ne leur fait pas mal au ventre de vendre ces enfants. Ce ne sont pas les leurs. Ce sont les nôtres. Mais ce sont ceux de TOUS les Français.
 
Petit roman-photo pour exprimer en images mon indignation :
 
 
 
 

 
Voilà, Gérard, on l’a écrit ce texte à quatre mains (même six avec ViKtor).
 
Une chanson pour saluer cette amicale collaboration :