mardi 27 septembre 2011

Ça suffit, maintenant, les c....ards !

27 septembre 2011.

J’écoute RTL Soir. Christophe Hondelatte.

Au journal, la grève des enseignants.

Puis, « une autre manifestation, dont on n’a pas beaucoup parlé. La manifestation des handicapés. (sic) »

S’ensuit un micro-trottoir, avec les explications de la journaliste envoyée sur place. La manif de l’Association des Paralysés de France : « des bâtons dans les roues », qui enterre symboliquement devant le sénat la loi de 2005 sur l’accessibilité promise en 2015 et que les dérogations ont tuée avant même qu’elle voit le jour.

En studio, la journaliste revient sur le reportage. Interruption brutale d’Hondelatte : « Oui bon, ça suffit, maintenant, les handicapés ! »

Elle s’excuse, elle rigole, elle dit qu’elle a fait ça pour l’énerver.

Ben, moi ça m’a attristée. Ça m’a indignée. J’ai un syndrome d’Ehlers-Danlos, mon fils aussi, puis il est autiste en plus. Mais ça suffit. Ça suffit les connards qui ne supportent pas les critiques car ils sont des artistes sensibles. Ça suffit que ces mêmes connards considèrent les PERSONNES handicapées comme de sous-humains. Ça suffit qu’on nous dise « ça suffit » quand on réclame simplement le droit de vivre comme les autres. Je rappelle que la convention internationale des droits des personnes handicapées qui nous l’accorde, la France l’a signée et ratifiée. Je rappelle qu’elle a voté la loi de 2005, avant de s’assoir dessus.

Maintenant, Monsieur Hondelatte, ça suffit. Ça suffit votre présence indigne à l’antenne de la plus grande radio de France. J’appelle toutes les personnes sensibilisées au problème du handicap à ne plus écouter cette radio tant que vous n’en aurez pas été viré. Fais-moi un procès, j’attends que ça pour te mettre tout le caca que tu as dans la bouche sur ta figure.

Une maman handicapée, d’un enfant handicapé. Pour qui ça a suffi de te voir et de t’entendre.






Non au packing

lundi 26 septembre 2011

Résultat des élections sénatoriales

M’exprimant en mon nom, je tiens tout d’abord chaleureusement à remercier mes colistiers, ainsi que tous ceux qui ont su relayer notre action pour ces élections sénatoriales.

En ce qui concerne les résultats du CDH, c’est avec une agréable surprise que nous avons constaté que nous avions récolté des suffrages, car les partis traditionnels présentaient tous au minimum une liste, voire plus, ce qui prouve que nos électeurs ont été sensibles à notre programme, hors de tout clivage. Qu’ils en soient également remerciés.

Cependant, le problème évoqué de nos compatriotes exilés en Belgique en raison du désengagement de l’État envers le handicap a su mobiliser ; notre profession de foi a ainsi pu poser des jalons pour l’avenir en ce qui concerne la nécessaire inclusion de la personne handicapée dans notre propre pays.

C’est un petit score pour un parti, mais un grand espoir pour le monde du handicap, et la société toute entière. Nous pensons notamment aux méthodes de soins et d’éducation qui ont fait leurs preuves à l’étranger et qui ne sont que très peu appliquées sur notre territoire, l’expérience des Français de l’Étranger à ce sujet a été mise en lumière avec cette campagne et saura inspirer les politiques prochaines.

Nous n’oublions pas non plus nos partenaires d’Europe-Liberté et, entre autres propositions, leur promotion de l’Esperanto et des langues régionales, pour un monde où nous vivrons tous ensemble en respectant nos différences.

Aujourd’hui, s’ouvre la page de nos prochains combats politiques pour une nouvelle vision de la société,

Isabelle Resplendino, Secrétaire Nationale-Adjointe du Collectif des Démocrates Handicapés.


mercredi 14 septembre 2011

Marieke

Épidémie d'Alzheimer à l'UMP ?

Après la récente annonce de l’anosognosie de Jacques Chirac, voici qu’un des membres célèbres et charismatiques de l’UMP, une autre gloire nationale, qui plus est un être jeune et sportif, vient peut-être d’être atteint lui aussi d’un trouble de mémoire.


En déplacement en Belgique, le tout récent Secrétaire d’État aux Français de l’Étranger, notre célébrissime David Douillet himself, a inauguré le gymnase du Lycée français de Bruxelles, la classe bilingue du Lycée français d’Anvers.


Au milieu de Français tous acquis à la grande cause UMPiste 2012 dont certains sont des exilés fiscaux qui profitent allègrement de scolariser gratuitement leurs enfants dans des établissements prestigieux et coûteux avec les impôts des esclaves smicards français restés en France depuis l’application de la généreuse idée de Nicolas Sarkozy. En fait, selon le « Canard enchaîné », ce serait quand Cécilia, partie à New York, lui a adressé la facture du Lycée Français pour leur fils Louis (15 000 dollars), que notre monarque aurait eu cet élan de générosité avec les deniers publics.


Mais, voyez-vous, ce qui me fait dire que M. Douillet souffre de troubles mnésiques, c’est que, quand ce grand protecteur est venu visiter les Français expatriés de Belgique, eh bien il a oublié d’aller voir les plus faibles, les plus fragiles de ces Français : les 6500 personnes handicapées (enfants et adultes) et les 1600 personnes âgées françaises qui n’ont eu d’autre choix que d’être exilées en Belgique, puisque leur pays s’en débarrasse ainsi honteusement depuis des années. (Ces chiffres datent de 2008, et sont extraits du dernier rapport officiel à ce sujet, le rapport Gallez.)
 

Sans doute que peu de ces personnes et leurs familles contraintes à l’éloignement par manque de places en France votent UMP…
 

Ou bien, me vient un doute : David Douillet, récemment nommé à son poste, est-il au courant de la présence de ces damnés de la France ? Se pourrait-il qu’on l’ait envoyé en Belgique sans lui en faire part ? Qu’on ait OUBLIÉ de lui dire ? Et dans ce cas, les victimes de l’épidémie d’Alzheimer qui frappe l’UMP, ne seraient-elles pas plutôt Mmes Bachelot et Montchamp, MM. Châtel et Sarkozy, qui eux, connaissent la situation ?


J’informe M. Douillet (car moi, je n’ai pas ma carte à l’UMP et n’ait donc pas encore été atteinte par l’épidémie) qu’étant dans le secteur associatif du handicap, de l’enfance et de la dépendance, en Belgique et en France puisque je suis Française en Belgique, que les demandes pour placer les enfants en Belgique ont explosé en cette rentrée où, malgré les effets d’annonce, nombre d’enfants handicapés n’ont pas su trouver de place en France.


Des échos me sont parvenus des quatre coins de France, par les associations et les parents. Naturellement, je me retrouve, en tant qu’associative belgo-française, sollicitée de toutes parts. Et j’aimerais bien un coup de main. J’aurais bien besoin de votre aide, Monsieur Douillet, car mes journées n’ont que 24 heures, et c’est bien insuffisant pour endiguer ce flot de malheurs. Je prends quand même le temps d’écrire ce billet pour vous appeler à l’aide.


Veuillez m’excuser s’il a commencé sur le ton de l’ironie, mais l’humour est parfois la forme polie du désespoir.


Alors, Monsieur Douillet, la prochaine fois que vous passerez en Belgique, n’oubliez pas les compatriotes qui ont le plus besoin de vous. Et même, réparez cet oubli, prenez contact avec moi : vous savez me trouver.


J’ai bien entendu votre phrase pourtant, à 1’24’’ de cette vidéo sur votre visite en Belgique : « C’est la culture française, la francophonie qui resplendit, qui continue à vivre et grandir avec nos enfants, avec les enfants du monde »


Alors, Monsieur Douillet, lisez les mots d’une Française en Belgique, Mme Resplendi-no, qui porte aujourd’hui vers vous la voix de nos enfants et adultes atteints de handicap et de nos aînés.


P.S. : Parents d’enfants atteints de handicap, vous pouvez aussi contribuer : n’hésitez pas à répondre à ce questionnaire du Monde sur la rentrée scolaire.


dimanche 11 septembre 2011

Profession de foi

Mesdames et Messieurs les Membres de l’Assemblée des Français de l’Étranger,

Le dimanche 25 septembre, vous élirez vos représentants au Sénat. Le Collectif des Démocrates Handicapés, dont je suis la Secrétaire Nationale-Adjointe, y présente une liste qu’il m’a confiée de mener, aux côtés du mouvement Europe – Liberté.

Française résidant en Belgique depuis de nombreuses années, je partage avec mes colistières et colistiers les préoccupations de nos compatriotes installés à l’Étranger. Nous sommes aussi particulièrement concernés par la problématique des 6500 personnes handicapées, enfants et adultes, et des 1600 personnes âgées résidentes françaises en Belgique. 

Nous désirons œuvrer au partage des savoirs et forces de ces deux nations quant à la prise en charge de ces dépendances, afin non seulement d’apporter une réponse à la question des résidents français de Belgique, mais aussi de prendre en compte l’intérêt des citoyens des deux pays dans ces échanges de bonnes pratiques. 

En tant que Maman d’un petit garçon atteint d’un syndrome autistique, je participe à la promotion en Belgique, en France et plus largement en Europe, d’une véritable inclusion scolaire des enfants à besoins éducatifs particuliers. Le Collectif des Démocrates Handicapés milite pour l’inclusion des personnes handicapées et des minorités dans tous les secteurs de la vie en société. 

Mais nos projets ne sont nullement communautaristes : ils œuvrent au bien général, comme le modèle d’écoles inclusives que nous promouvons – appliqué avec succès de part le monde – bénéficie à tous les élèves, en situation de handicap ou non, en les amenant à la réussite scolaire. Vous savez quelle place tient l’Éducation au rang des préoccupations des Français de France et de l’Étranger. 

L’éducation :

·         Par un partage des bonnes pratiques internationales, amener la France à combler son retard en matière d’éducation aux enfants à besoins spécifiques. Pour une véritable inclusion scolaire de qualité, une école de l’égalité des chances et de la réussite pour tous. Un projet adapté à la réalité française.

·         Nous reconnaîtrons l’espéranto comme langue vivante et nous le proposerons parmi les choix de langues durant le parcours scolaire de chaque élève.

 La dépendance :

·         Par un partage des bonnes pratiques internationales, aider la France à prendre le tournant d’un des plus importants enjeux de ce siècle. Pour une société solidaire et équitable, où le « vivre ensemble » ne sera plus un slogan, mais un fait.

 Les valeurs :

·         Le vote blanc doit devenir un suffrage considéré comme exprimé à chaque élection ;

·         Nous soutiendrons les langues régionales et minoritaires ;

·         Nous promouvrons les emplois liés à l’environnement ;

·         Liberté de participer pleinement à toutes les activités de la communauté ;

·         Égalité des chances dès la naissance ;

·         Fraternité « Un jour, gravissant la montagne, j’ai aperçu une ombre, grimpant plus haut et m’approchant, je me suis rendu compte que c’était un homme, quand je me suis trouvé tout près, j’ai vu que c’était mon frère » (Conte tibétain).

vendredi 9 septembre 2011

Communiqué de Presse

Rentrée scolaire : le cauchemar des familles recommence

Le Président de la République Nicolas Sarkozy a annoncé, après la mi-août, le recrutement de 2000 assistants de scolarisation qualifiés pour cette rentrée – recrutement qui devrait donc être effectif dans l’année, vu le peu de délai accordé aux recruteurs et aux formateurs.

Des quatre coins de France nous sont parvenues les doléances de parents, dont les enfants n’ont pas vu s’ouvrir pour eux les portes de l’école au motif de leur handicap. Voici des décennies que dans beaucoup de pays, tous les enfants ont droit à aller à l’école. Mais pas dans le nôtre.

Pour que la France respecte enfin la Convention Internationale des Droits des Personnes Handicapées qu’elle a signée et ratifiée, et qui prône une école réellement inclusive, le CDH demande :

- Que la formation des enseignants comporte des modules du handicap et des troubles de l’apprentissage ;
- Que les professions paramédicales et éducatives puissent intervenir suffisamment au sein des établissements scolaires ;
- Qu’en plus des classes spécialisées et des intégrations individuelles, on dispose d’intégrations collectives au sein de classes ordinaires, avec un binôme d’enseignants, dont l’un doit être spécialisé ;
- Que les Auxiliaires de Vie Scolaire reçoivent une formation menant à un vrai métier ;

En ce qui concerne la prise en charge de l’autisme, le CDH demande :

- Que l’on développe en France et à l’école les méthodes éducatives de l’autisme qui ont fait leurs preuves dans les autres pays (et les formations ad hoc)
- Que l’on cesse d’effectuer cette prise en charge sous l’angle de la psychiatrie analytique
- L’interdiction pure et simple du packing, un acte de maltraitance indigne de notre pays.
- La scolarisation sur le territoire national des enfants handicapés qui sont déplacés en Belgique à l’heure actuelle

Le CDH condamne les effets d’annonce du gouvernement et s’indigne que les enfants handicapés fassent encore les frais de l’absence d’une réelle politique d’éducation inclusive. L’école républicaine se dérobe de plus en plus à ses devoirs, par manque d’ambition, malgré la volonté d’enseignants désireux d’ouvrir leurs établissements à tous les enfants scolarisables.

Contact presse :

Isabelle MOSTIEN-RESPLENDINO
Secrétaire Nationale-Adjointe du Collectif des Démocrates Handicapés
Conseillère à l’inclusion scolaire

T +32 65 78 31 01 - F +32 65 78 31 02
secretariat-adjoint@cdh-politique.org

vendredi 2 septembre 2011

On scolarise, mais dans quelles conditions ?

La scolarisation de tous les enfants atteints de handicaps fut la promesse qui fit remporter le débat télévisé par le candidat Nicolas Sarkozy, et par là-même, probablement les élections présidentielles.
 
Cette année, le Président a annoncé lors de la conférence nationale du handicap le recrutement [de 2000] auxiliaires de vie scolaire pour la dernière rentrée scolaire avant la remise en jeu du quinquennat.
 
Or, les suppressions des postes d’enseignants spécialisés se sont poursuivies ces dernières années pour cause de rigueur budgétaire, l’argumentation du ministère étant que les compétences des enseignants du milieu ordinaire devaient se rapprocher de celles des enseignants du milieu spécialisé pour une meilleure intégration. En effet. Mais sans la formation adéquate, cela tient plus du vœu pieux que de la réalité…
 
Dans les années 1970, la plupart des pays dits alors « riches » se lancèrent dans une politique volontaire d’éducation à destination des élèves à besoins spécifiques, que ce soit par un réseau d’enseignement spécialisé, ou par une intégration massive.
 
La France, elle, se contenta de « mesurettes » qui perdurent aujourd’hui… Quatre décennies plus tard, les drames humains sont toujours là… Sans parler de l’autisme, dont les méthodes éducatives sont la plupart du temps ignorées au « bénéfice » de la psychiatrie analytique, avec les résultats qu’on connaît…
 
Pour combler son retard, la France ayant ratifié la Convention Internationale des Droits des Personnes Handicapées, (voir l’article 24 sur l’éducation), article qui prône l’inclusion réelle, ce pays ne doit pas se lancer aujourd’hui dans la création d’un réseau d’enseignement spécialisé.
 
Plutôt, qu’il passe directement à l’étape des classes inclusives, telles que pratiquées en Finlande, au Québec, dans certains états des États-Unis et, plus récemment, en Belgique. (Voir à 15’50’’ un reportage télévisé d’Outre-Quiévrain). Ces classes ont une véritable « mixité » de leurs effectifs, avec environ un quart d’élèves à besoins spécifiques, le reste de la classe n’étant pas reconnu comme tel.
 
Ces classes ont un binôme d’enseignants, dont l’un est spécialisé. Tous deux s’occupent de la classe entière. Ainsi, c’est aussi la fin de l’échec scolaire pour tous les élèves, la totalité de l’effectif bénéficiant des techniques de remédiation et du soutien d’un enseignant aguerri à détecter les difficultés d’apprentissage et autres problèmes. Tandis que les enfants à besoins spécifiques et l’enseignant spécialisé apprennent à travailler sur le programme scolaire ordinaire et selon ses rythmes.
 
Les enfants en inclusion y bénéficient aussi d’un soutien en orthophonie, psychomotricité, psychologie, au sein même de l’établissement.
 
Naturellement, pour certains enfants, les difficultés étant trop grandes (provisoirement ou plus durablement), l’alternative de recourir à une classe entièrement spécialisée au sein d’un établissement ordinaire doit côtoyer la classe inclusive, l’idéal étant de disposer des deux formules pour chaque niveau, et de la souplesse qui permette de passer de la classe spécialisée à la classe inclusive le moment venu.
 
Qui aura la volonté de faire rentrer notre pays dans le XXIe siècle en respectant les textes qu’il a signés et ratifiés ? Et quand ?