samedi 20 avril 2019

Messieurs les censeurs, je ne vous salue pas


Je vous invite à lire l’excellent interview de mon ami Laurent Savard qui remet les pendules à l’heure pour les vantards de l’autisme glamour. Ah mais c’est vrai, les autres ils ne sont pas qu’autistes, la déficience intellectuelle c’est un double diagnostic, suis-je bête.

Mais on va te faire croire qu’ils sont tous des génies, des acteurs, des beaux parleurs. Bien sûr.

J’aurais voulu directement partager l’interview de mon ami Laurent Savard sur Facebook, mais voici le message que j’ai reçu :



Moi, je file un zéro pointé
À ceux qui n'ont plus rien
Pas d’empathie, juste du baratin
On changera pas votre avis
Vos belles pensées
Pouvez-vous au moins
Ne pas censurer autrui ?

À tous les recalés de la générosité
Les handicapés du cœur, les oublieux de l’équité
Si vous pensez à nous, c'est en fait égoïste
Mais demain vos enfants peut-être grossiront la liste

Aujourd'hui, on n'a plus le droit
De n’avoir pas de bras, de chocolat
Dépassé le je pense à toi
Chacun pour soi, tu penses à toi

Je te demande pas de te taire
Mais juste de pas parler au nom de mon fils
Un peu d’humilité et de modestie
Dans tes discours, tes écrits.

Pense aux effets de ta prose
Sur les parents devant leur télé
Avant de te faire interviewer
Pour qu’on ne t’ait pas en overdose

T’as pas mauvaise conscience
Ça t’empêche pas d'dormir
Et pour tout dire, ça fait du bien à tes finances
C'est encore mieux si on t’admire

Mais ça devient dangereux quand le public croit
Qu’on est tous comme toi

J'ai pas de solution pour lui ouvrir les yeux
Et du gouvernement tu fais le jeu
Pour nier les misères, et ne pas y remédier
Alors si tu pouvais arrêter de nous censurer…

MERCI !



mardi 16 avril 2019

Pas que des pierres



Non, ce ne sont pas que des pierres.

Des générations d’ouvriers, d’artisans, de compagnons, d’artistes les ont assemblées pendant des siècles, certains ont dû en payer le prix de leur vie lors d’accidents.


Elles sont du temps où les hommes savaient bâtir.
Le temps où les hommes savaient construire du durable, du beau : un savoir qu’on a perdu, peut-être à jamais.

Le temps où les hommes étaient capables de se sacrifier pour leur spiritualité, et non pas comme aujourd’hui où, quand ils le font, c’est dans un acte pour tuer le plus possible d’autres hommes.

Le temps où les constructions sauraient dans le futur résister aux guerres et aux cataclysmes naturels, le temps où les ponts ne s’écroulaient pas brusquement, au moyen-âge comme dans l’antiquité.

Le temps où les hommes bâtissaient pour élever leur âme, faire l’histoire sans en tirer reconnaissance. Pas pour en tirer profit ni gloire.

Le temps où les hommes étaient des hommes.



lundi 8 avril 2019

Rapatriement forcé d'une personne autiste de Belgique (depuis 30 ans) en France


COMMUNIQUÉ DE PRESSE : 30 ans d’habitude – l’exode en Belgique




Lors du débat d’entre-deux tours, le candidat Emmanuel Macron a assuré qu’à l’issue de son quinquennat, aucune personne autiste serait obligée de s’exiler à l’étranger.

Mme Sophie Cluzel, Secrétaire d’État en charge des personnes handicapées, dit partout que cet exil a cessé.



En vérité, jamais l’AFrESHEB (l’association pour les Français en situation de handicap en Belgique) n’a eu autant de demandes pour des enfants et des adultes sans solution en France, ou bien des familles poursuivies par les services sociaux car elles refusent l’hospitalisation psychiatrique de leur enfant ou adulte (dont d’ailleurs Mme Cluzel vient de reconnaître l’inutilité en matière d’autisme).

Ces familles qui, malgré tout, choisissent la Belgique, se voient la plupart du temps refuser la prise en charge par la France des frais de transport, d’hébergement, de soins… sous prétexte que l’exil aurait cessé !

Mais aujourd’hui, nous allons vous parler d’un cas bien plus révoltant : une dame autiste est dans un établissement belge, tout près de la frontière, depuis 30 ans. L’association de tutelle a décidé de la placer dans un établissement français de l’autre côté de la frontière. La famille habite en région parisienne. L’éloignement est donc le même, d’un côté ou de l’autre de la frontière.

On a mis la mère et la sœur devant le fait accompli, les prévenant au dernier moment.

Une dame autiste qui a ses habitudes depuis 30 ans dans le même établissement, le même personnel !

C’est criminel, d’autant plus qu’une personne autiste supporte très mal tout changement, même minime !

Nous en appelons à la Secrétaire d’État Sophie Cluzel : plutôt que de rapatrier des personnes enracinées en Belgique depuis de nombreuses années, faites donc en sorte que de nouvelles ne soient plus obligées de venir en Belgique.


Contact presse :
Isabelle Resplendino, Présidente d’AFrESHEB asbl
+32 65 78 31 01
+32 473 52 07 92