vendredi 20 février 2015

Quand c'est dit, c'est fait ?


Ou comment s’abriter derrière l’arbre qui cache la forêt…

 
 


Courrier d'Autisme France adressé à :
Madame Neuville, Secrétaire d’État aux Personnes Handicapées
Madame Fourcade, Directrice de la Direction Générale de la Cohésion Sociale
Madame Marie-Egyptienne, Secrétaire du Comité Interministériel du Handicap
 
À propos des observations du gouvernement français sur le rapport du Commissaire Européen aux Droits de l’Homme.
 
Je vous fais un topo :
 
Autisme France a participé à l’enquête du Commissaire aux Droits de l’Homme en envoyant une contribution “Autisme et Droits”, disponible sur le site d’Autisme France, ainsi qu’un volet sur l’exil des Français en situation de handicap en Belgique.
 
Le rapport du Commissaire Européen reprend certaines de ces protestations dans son analyse – largement critique – de la situation des personnes handicapées en France.
 
Je vous avoue qu’en lisant les observations du gouvernement français, je suis restée un peu interloquée par un passage à la page 45 :
« Les ministères de l’Éducation nationale et des Affaires sociales ont également signé une convention avec la coordination d’associations Autisme France (qui rassemble plus de 125 associations). Cette convention encourage les associations gestionnaires d’établissements médico-sociaux, membres de la coordination, de participer à la formation des personnels de l’Education nationale à l’autisme. »
 
Le problème est qu’Autisme France n’a toujours pas de nouvelles de ce projet de convention (datant de 18 mois, je le sais pertinemment) ; projet qui n’était pas non plus rédigé en ces termes (eh bien oui je sais et pour cause aussi).
 
Oups…
 
Bon, allez un petit tuyau d’une « vieille routière » en matière de rapports internationaux : toujours décortiquer les réponses de l’État-Partie.
 
Car la vérité a de multiples facettes… elle est même ailleurs, paraît-il.
 
 
 
 
 
 

jeudi 19 février 2015

Rapport du Commissaire aux Droits de l’Homme du Conseil de l’Europe suite à sa visite en France du 22 au 26 septembre 2014

La scolarisation, l’autisme, l’inclusion, l’exil en Belgique… Un rapport sans langue de bois.


 
 
5. Droits de l’homme des personnes handicapées
 
Le Commissaire a constaté lors de sa visite que malgré les progrès effectués au cours des dernières années la question du handicap est rarement abordée sous l’angle des droits de l’homme en France. Bien que le cadre juridique en la matière soit développé et donne la priorité à l’autonomie et à l’inclusion dans la société, le Commissaire constate que celles-ci ne sont pas toujours garanties en pratique, en raison des difficultés de mobilité et d’accessibilité et des défaillances des dispositifs d’orientation et d’accompagnement des personnes handicapées.
 
Il est préoccupé par les milliers de personnes handicapées qui se voient contraintes de quitter la France pour chercher à l’étranger, en particulier en Belgique, des solutions adaptées à leur situation. Il déplore en outre les difficultés d’accès à l’emploi et les conditions discriminatoires réservées aux travailleurs handicapés dans certaines structures spécialisées. Il invite les autorités françaises à redoubler d’efforts pour remplir leurs obligations tirées, notamment, de la Charte sociale européenne en matière d’accompagnement des personnes handicapées et d’accès à l’emploi, faute de quoi ces personnes resteront marginalisées et exclues de la société.

La question du droit à l’éducation et à l’inclusion scolaire des enfants handicapés, notamment ceux souffrant de troubles autistiques, a été mise en relief par des décisions et par des conclusions du Comité européen des droits sociaux. Elle a également retenu l’attention du Commissaire, qui s’inquiète de constater que certains enfants handicapés demeurent exclus du bénéfice du droit à l’éducation. Il salue les mesures adoptées en matière d’accompagnement des enfants handicapés afin de favoriser leur scolarisation, à tous les niveaux, en milieu ordinaire. Les autorités sont invitées à redoubler d’efforts dans ce domaine, de manière à garantir qu’aucun enfant ne soit laissé au bord du chemin faute d’accompagnement ou d’instruction appropriés et continus.
 
Le rapport contient les conclusions et les recommandations du Commissaire aux autorités. Il est publié sur le site internet du Commissaire, de même que les commentaires des autorités françaises.
 
Lire ici le rapport intégral (et concernant le handicap à partir de la page 44)
 
 

Remise d'Ordre National du Mérite


 
 
Je commencerai par un remerciement à notre ambassadeur Bernard Valero pour son émouvant discours d’aujourd’hui et son action de toujours. Une amicale pensée pour notre ancien consul, Sylvain Berger, parti pour remplir sa mission en Turquie. Aujourd’hui notre nouveau Consul, Marie-Christine Butel, a eu à cœur, entre autres actions, de reprendre très efficacement les dossiers en cours, dont ceux concernant nos compatriotes en situation de handicap résidant en Belgique. Je salue aussi notre Consul général-adjoint Matthieu Clouvel, avec qui je collabore très souvent à ce sujet.
 
C’est un jour particulier aujourd’hui : depuis l’année dernière, la France a décidé que le 18 février serait la journée nationale du Syndrome d’Asperger, d’après le jour de naissance du médecin Hans Asperger qui découvrit ce trouble du spectre de l’autisme. Quelle date symbolique pour ce jour ! Je n’oserais pas dire le contraire, étant épouse et mère de deux merveilleux hommes porteurs du syndrome.

 Il n’y a pas de mots pour décrire combien je suis honorée de cette distinction et combien elle m’encourage à continuer sur la voie que j’ai empruntée il y a des années. Ce n’est pas que ma modeste personne qui est  honorée aujourd’hui ; c’est aussi la cause que j’essaie de servir au mieux qui est ainsi mise en valeur. Et c’est, il me semble, surtout un message de solidarité adressé aux familles auxquelles je tente de redistribuer la chance que la mienne a reçue.

 Stefan Zweig disait : « Toute vie qui ne se voue pas à un but déterminé est une erreur ».

 Je me rappelle mon premier contact avec Philip Cordery, qui n’était pas encore notre député des Français du Benelux, mais présentait sa candidature aux élections. Notre première rencontre m’a agréablement surprise ; j’y ai découvert une personnalité tout à fait connectée au quotidien et se faisant une haute idée du service à ses futurs administrés.

 Philip, dès le premier jour, je t’ai accordé ma confiance et mon estime et toutes deux ne furent jamais déçues, bien au contraire. Depuis le début de ton mandat, tu contribues grandement à améliorer le sort des Français en situation de handicap, que ce soit en Belgique ou en France où tu es vice-président du groupe d’études « Autisme » à l’Assemblée Nationale.
Tu as soutenu sur ta réserve parlementaire la délégation d’Autisme France pour les Français en situation de handicap en Belgique, ce qui lui a permis, entre autres actions, d’éditer un guide à leur intention et à celle de leur famille. En renouvelant cette aide, tu permets de développer la nôtre, car la demande est forte. Il faut dire qu’entre les enfants et les adultes, il y aurait environ 6600 personnes concernées et leurs familles. Je salue tes collaboratrices Amandine, Laure et Chloé, toujours sur la brèche. J’ai une pensée pour Rebecca, dont Amandine a pris le relais.
 
J’allais oublier de vous dire que Philip est un jeune retraité des terrains de rugby. Si un jour, vous voyez à la télé un député entonner l’hymne des supporters du Rugby Club Toulonnais, le fameux PILOU-PILOU, en pleine Assemblée Nationale, vous saurez… qu’il a perdu un pari contre moi.

 Je salue aussi tout ce cercle solidaire des Français de Belgique, les élus de l’Assemblée des
Français de l’Étranger, les conseillers consulaires, dont l’idéal commun est de vouloir œuvrer à l’amélioration de la société. Cela passe bien sûr par le dévouement à son prochain, particulièrement celui qui se trouve en difficulté.

Cécilia Gondard, Patricia Grillo, Tanguy Lebreton, Anne Monseu-Ducarme, Georges-Francis Seingry, Francine Bougeon-Maassen. Francine, nous étions ici même en septembre, pour la remise de ta Légion d’Honneur, où le handicap là aussi fut à l’honneur, nous savons combien
cette cause te tient à cœur…

Je n’oublierai pas de citer également Nathalie Griesbeck, députée européenne du Grand Est, qui, à son grand regret, n’a pas pu être des nôtres aujourd’hui. Nathalie à qui j’envoie régulièrement
les éditoriaux de JFK dans la presse belge. J’ai entendu parfois cette question, posée par nos amis belges : « Mais les Français ne savent pas que JFK est mort ? ». Il ne s’agit pourtant pas de John Fitzgerald Kennedy, mais de Jean-François Kahn

Nathalie a largement aidé à faire naître une Unité Mobile d’Intervention pour les personnes avec autisme dans sa circonscription. Ce projet est né d’une collaboration franco-belge, nos amis du SUSA de Mons (le Service Universitaire Spécialisé pour personnes avec Autisme), que je salue ici, étant partenaires. Mais Nathalie nous a dépêché son fidèle représentant Louis Cavalli dit « Loulou » que j’embrasse bien fort, venu ici avec un ami, John Lippis, auteur-compositeur-interprète, qui partage son dévouement pour la cause du handicap et celle de nos aînés. John, merci pour nous accompagner de ton talent. C’est un beau cadeau pour une si belle journée.

Nous sommes tous susceptibles d’être touchés par le handicap, peu importe l’endroit où nous
sommes nés, n’en déplaise à Maxime Leforestier. Le handicap frappe partout ; que l’on soit aisé ou précaire. C’est naturellement plus facile d’obtenir des aides quand on peut en assumer la part financière… Pour les autres, ce sera plus difficile. Mais il existe une grande solidarité dans le monde du handicap, et cette solidarité dépasse certains clivages. C’est une leçon de vie à retirer, en ces temps troublés où tant d’idées, préconçues ou pas, nous divisent…

 On attribue cette phrase à Robert Kennedy (le frère de JFK, le 1er JFK pour ceux qui suivent et ne se sont pas encore endormis) : « Peu de gens ont suffisamment de notoriété pour modifier le cours de l'histoire, mais chacun de nous peut travailler à changer un petit nombre d'évènements... Ce sont d'innombrables actes de courage et de foi qui façonnent l'histoire de l’humanité ».
 
Ma Chère Marie Garcia, toi qui es à la fois dans l’associatif pour le handicap et l’enseignement, et exerce des responsabilités politiques en Ile-de-France, tu représentes mieux que quiconque les deux leviers qui peuvent soulever le monde. Le tout étant de trouver le bon point d’appui pour donner raison à Archimède.
 
J’en viens donc tout naturellement au secteur associatif, qui constitue ma famille de cœur.

-L’APEPA (l’Association des Parents pour l’Épanouissement des Personnes avec Autisme), où je suis administratrice et plus particulièrement en charge des questions d’enseignement et des Français de Belgique. L’APEPA, qui fête ses 40 ans cette année, est ici représentée par sa Vice-Présidente et chargée des relations publiques, Miss « Mc Laren » de l’avenue Louise, j’ai nommé : Alice Suls. Mesdames, Messieurs, si vous voulez essayer une belle voiture, allez dire un mot à Alice ;

-Les autres associations de la concertation que je représente dans divers groupes de travail : l’AFrAHM (pour le handicap mental), l’APEM T21 (pour la trisomie 21), l’AP³ (pour le polyhandicap)
ici représentées par Thérèse Kempeneers ;

- Ensemble pour une Vie Autonome et sa Présidente, mon amie Corinne Lassoie, la plus fervente
militante de Belgique francophone pour une vie indépendante (on va y arriver Corinne) ;

- Autisme France dont je suis la Secrétaire Générale et la Déléguée aux Français de Belgique, ici représentée par son Président, Christian Sottou et Danièle Langloys, Déléguée générale et Vice-Présidente, et, pour les associations partenaires, Fouzia Bruzzi d’Île-de-France, et, pour le Nord-Pas-de-Calais : Marie-France Leman, Bernard Annota et son épouse Odile, Eugène Urban et son épouse Marie-Claude.
Eugène est le Président de SATTED, service de répit qui accueille pendant les vacances scolaires françaises et belges les petits Français avec autisme, qu’ils soient scolarisés en France ou en Belgique. Danièle, nos échanges de SMS sont si fréquents que Proximus, l’opérateur belge, a gagné
plusieurs points en bourse m’a-t-on dit. Ton fournisseur de téléphonie mobile te déroule-t-il le tapis rouge lorsque tu franchis le seuil d’une de ses boutiques ?

Je rajouterais un mot. Violette, de Picardie, aurait dû être là. Mais elle n’a pas pu venir car aujourd’hui elle doit se battre pour son enfant qui est déscolarisé. Elle doit se battre aussi pour son association car le réseau de l’école de son fils retire en même temps son partenariat en la privant des locaux pour abriter son association, laissant 40 familles sur le carreau. Cela jette une ombre sur cette journée, mais c’est le quotidien de tant de familles, et il fallait que cela soit dit aujourd’hui. Violette, nous pensons fort à toi, et je dédie cette médaille à tous ces parents qui luttent pour leurs enfants et pour leur idéal d’une société qui, enfin, arrêterait de les rejeter. J’espère ne pas mourir de vieillesse avant d’avoir vu cela.

On ne va pas continuer plus longtemps  à plomber l’ambiance, je reprends mes salutations. Les prochaines victimes :

-   Le Conseil Français des Personnes handicapées pour les questions européennes, ici représenté par son délégué Philippe Miet.

-  Autisme Europe, sa Directrice Aurélie Baranger.

 Autre association amie que je salue :
-  MENSA Belgique car les besoins éducatifs particuliers ne concernent pas que la déficience, et mon ami Thierry Marchand, animant la branche MENSA Youth.

 Je tiens à accorder une place particulière à ce qui en prend tant dans ma vie, le Conseil Supérieur de l’Enseignement Spécialisé, et ses membres du secteur associatif.

-  D’abord, je rends hommage à ma complice Éliane Demunter, présidente de « GrandirEnsemble ». Tout un programme que le nom de cette association qui n’en regroupe pas moins de onze. Éliane,
je serais perdue sans tes conseils avisés ! Nous vivons en symbiose : tu m’imprègnes de ta longue expérience, je t’apporte ma modeste « expertise » en autisme… Éliane, Pierre-Joseph, si vous voulez dire un mot à M. l’Ambassadeur à propos des nombreuses voitures qui se garent chaque jour devant votre entreprise en face du Lycée français, c’est aujourd’hui ou jamais.

-   Dominique Damas, Présidente de X-Fragile Belgique (elle qui est si solide) et avec qui je compose
un tandem de choc ;

-   Philippe Rateau qui a siégé longtemps au Conseil Supérieur, lui apportant tellement ! Philippe
en est « l’autre Français ». Mais, contrairement à ce que j’ai vécu, personne n’y a relevé son accent : il n’en a pas. Quant au mien, j’avais délibérément choisi de ne pas le perdre. Ainsi, tout Belge a l’impression d’être en vacances quand je parle et qu’il m’écoute en fermant les yeux… Je pourrais toujours me recycler professionnellement en inventant le « téléphone bleu »… Il me faudra juste un fond sonore avec le glouglou de l’eau fraîche qui coule sur un pastis et ses glaçons, des tirs de pétanque et un orchestre de cigales…

Mais au Conseil supérieur, il n’y a pas que des associations, loin s’en faut ! Il y a aussi de grands professionnels dont l’intelligence le dispute à l’efficacité, qui le dispute elle-même au dévouement. Je salue donc ces autres membres, actuels et anciens, ici présents :

-  Christophe Quittelier, qui a été lui-même décoré de la Légion d’Honneur par Michèle Boccoz, votre prédécesseur, Monsieur l’Ambassadeur, pour avoir « sauvé » par l’éducation tant de petits Français dans son école près de la frontière ;

-   Geneviève Vandecasteele, qui inspecte si nos chères têtes blondes sont à bonne école (pas de chance pour les enseignants ici présents : elle est là !) ;

-   Patrick Beaufort, grand voyageur devant l’Éternel, qui a tant fait et fait tant encore pour la cause des enfants à besoins éducatifs particuliers et leurs familles, partout où il passe en Belgique et dans toute l’Europe ;

-   Karin Van Der Straeten, qui représente le Délégué général aux droits de l’enfant. Avec elle, on peut dormir sur nos deux oreilles, nos enfants, petits et grands, sont en de bonnes mains protectrices.
 
Je salue bien bas ceux qui ont la patience de me supporter, les conseillers pour l’enseignement
spécialisé auprès de la Ministre Joëlle Milquet, à savoir Didier Duray et Paul-André Leblanc, auxquels je tiens à rendre hommage pour leur travail acharné et leur souci de nos enfants. Combien
de fois, grande gaffeuse que je suis, leur ai-je marché sur les pieds ! Heureusement que vous n’êtes pas rancuniers… N’est-ce pas ? N’est-ce pas ? Allez, je suis tout de même moins pénible que d’autres. Bon, d’accord, c’est facile.

Et que pourraient faire les associations si elles n’avaient pas autour d’elles des professionnels
si compétents et si investis ?

-  Notre cher Ghislain Magerotte, qui, trop pris par ses obligations, n’a pas pu être présent aujourd’hui. Un jour, il y a quelques années, mon fils m’a demandé : « Maman, est-ce que Ghislain habite à Saint-Ghislain ? » (C’est une commune proche de la nôtre). Il voulait déjà canoniser Ghislain ! Quoi de plus logique quand tant de familles voudraient lui élever une statue…

-   Eric Willaye, toi qui es toujours sur la brèche, et indispensable. Je rouspète sur les Français quand j’ai besoin de toi en Belgique et que tu es en France… ou bien souvent ailleurs, partout dans le
monde où l’on réclame ton expertise.

Savez-vous que c’est l’année de la France pour l’Université de Mons ? Les liens n’en seront que renforcés. J’espère que le Dr Willaye ne se confond pas entre les septante et les soixante-dix, les
nonante et les quatre-vingt-dix. Moi, j’ai l’habitude de compter en belge quand je suis en France et de compter en français quand je suis en Belgique… je suis toujours à contretemps.
 
-  Saïd Acef et Florence Bouy ; Saïd qui continue son action pour le handicap et l’autisme dans ses actuelles responsabilités au ministère du handicap en France et Florence qui forme les professionnels d’aujourd’hui et de demain…

- Je salue un autre professeur belge, Jacques Van Rillaer ; nous nous sommes connus au cours des péripéties de notre lutte commune pour faire triompher la science sur l’obscurantisme. Nous n’avons pas encore complètement gagné, mais ça viendra.
 
Surtout, je salue bien chaleureusement les professionnels du monde de l’éducation qui se sont
occupés de notre fils :

-   Stéphane et Laurence qui ont conduit et accompagné pendant des années, et ce, matin et soir, Wolfgang sur le chemin de l’école et du retour à la maison ;

-   Muriel dite « Madame Mumu ». La première institutrice spécialisée de Wolfgang (à la maternelle). Le monde est décidément bien petit, elle fut formée à l’autisme par un certain Ghislain Magerotte. Je me rappelle, Mumu, quand nous t’avons confié notre Wolfgang… Que de progrès a-t-il accomplis ! Les pages que tu remplissais chaque jour pour me raconter sa journée car, bien évidemment, je n’en aurais rien su par lui… Les paillettes dont tu parsemais ses cahiers et qui volaient partout dans la pièce sitôt le cartable ouvert… Ah que tu les aimais, les paillettes ! Mon aspirateur s’en souvient. Non, ce n’est pas vrai, il est largement mort et remplacé plusieurs fois depuis ; les PDG de Miele et de Hoover ont accroché ton portrait dans leur bureau, paraît-il…

- Pascal, attendu avec impatience chaque jour pour les devoirs mais aussi pour d’autres activités plus ludiques qui font de lui le grand blond, avec ou sans chaussure noire. (Seuls les initiés savent à quel autre rôle de Pierre Richard je fais allusion, c’est-à-dire : « le Jouet ») ;

-  Thierry : Séverine et toi, vous vous êtes aussi si bien occupés de Wolfgang, et puis au moins chez vous on ne doit pas finir l’assiette, ce n’est pas « l’enfer pour les anorexiques » comme chez le grand blond et son épouse à paillettes ;

Je tiens aussi à dire toute mon affection pour Georges et Céleste, qui furent témoins, depuis le début, de l’évolution de notre fils et dont l’indéfectible amitié nous a accompagnés, dans les épreuves comme dans les succès. Je remercie aussi de leur présence en cette belle journée les
parents des camarades de notre déjà grand Wolfgang : Charline et Luc, parents de Tamari et Kimera.

Cette liste de personnes à remercier serait incomplète si je ne citais pas les parrains du « projet Wolfgang » pour améliorer la scolarisation des enfants en situation de handicap en France :
Salvatore Adamo qu’on ne présente plus. François Pirette, le grand humoriste du Borinage que la France, que dis-je, le monde entier, nous envie. Et le grand croqueur devant l’éternel, ce cher dessinateur engagé dans tant de nobles causes : Serdu, qui hélas n’a pas trouvé de place pour se garer et a dû repartir.
François Pirette habite assez loin en France, dans la campagne, Adamo ne peut pas être parmi nous aujourd’hui car il travaille. Il avait un concert de prévu et n’a pas pu annuler…

Je voulais leur dire que, dans le cadre du plan autisme, entre 2014 et 2017, 100 classes à pédagogie adaptée à l’autisme sont ou seront ouvertes en maternelle, pour 700 élèves concernés. Pour le handicap en général : 100 autres classes du médico-social seront externalisées dans les écoles. Pour d’autres besoins éducatifs particuliers : la réduction du redoublement et l’élaboration d’alternatives à ce redoublement seront renforcées. Dans certaines écoles situées en zone d’éducation prioritaire, le concept de « plus de maîtres que de classes » est déjà instauré. On fabrique les outils pour développer la maîtrise du français chez nos tout-petits. Même si ce n’est pas encore assez, c’est encourageant et ces résultats nous poussent à persévérer.

Enfin, la famille est là ! Je tiens à remercier mes sœurs Aline et Josiane, mon beau-frère Nicolas pour le long voyage depuis le Var qui leur a permis d’être présents ici aujourd’hui. Je me rappelle, lorsque j’étais jeune, je me moquais d’Aline car elle passait son temps à aider autrui. Et en vieillissant, je fais pareil. Je dois donc, pour être juste, fustiger cette jeune femme égoïste que j’étais. Quant à Josiane, je n’aurais jamais son autorité naturelle… elle me serait pourtant bien utile.
J’aurais été bien inspirée de m’en moquer aussi !

J’ai bien sûr une pensée pour mes parents que l’âge, la fatigue et la maladie ont empêché d’être parmi nous.
 
Un jour, la vie a décidé que je deviendrai plus âgée que mon grand frère. Je sais qu’il aurait été fier de moi. Il me manque tous les jours, dans la peine comme dans la joie. Je salue tous ceux qui nous ont quittés, et ceux qui n’ont pas pu être présents malgré qu’ils aient fort désiré l’être.

À toi mon mari, qui supportes depuis si longtemps mes absences, mes déplacements, mes veillées tardives (avec ta sempiternelle question « Viens-tu encore te coucher ? »), mes réveils très matinaux, les dossiers qui m’accaparent. Toi qui dois insister plusieurs fois le matin pour que je
descende prendre le petit déjeuner, pratiquement le seul repas en commun de la journée, quand on prend bien souvent les autres repas devant nos ordinateurs le reste du temps. (Il paraît qu’il ne faut
pas le faire ; cela reviendrait à entretenir un réservoir à bactéries, mais on le fait quand même).

Toi qui acceptes de voir tant de samedis consacrés à des colloques et réunions en tout genre tandis
que tu emmènes notre fils au cinéma, au musée, au restaurant… Toi qui restes stoïque quand je passe tant de temps devant l’ordinateur ou pendue au téléphone…  Toi qui dois, parfois, pour
arriver à communiquer avec moi, m’envoyer un email alors que tu es en face de moi… Toi qui, à chaque fois que tu es disponible, me conduis à mes rendez-vous…

Homme rare qui arrive à s’accommoder de mon impulsivité quand même moi j’ai du mal… De mon chagrin quand je vois tant de malheurs autour de moi. De mes insomnies agitées quand les sujets de la journée m’occupent trop la nuit pour laisser la place au rêve.

Cette décoration, tu en portes ta large part. Nous formons une solide équipe. Quand le handicap
sépare énormément de couples, ceux qui restent unis deviennent très soudés.  Peu de pères traverseraient quasi-quotidiennement un pays, même pas très grand comme la Belgique, pour
aller travailler afin que leur enfant puisse disposer des interventions les plus adaptées. Je t’aime mon Cher Mari.

À toi mon fils Wolfgang, par qui tout est arrivé. Tu dis souvent que si tu n’étais pas là, je ne serais pas si « connue ». C’est vrai. J’aurais probablement une petite vie égoïste et confortable, avec
pour seuls soucis de choisir couleurs et matières pour décorer la maison, plantations pour le jardin… Le bagne quoi… (Tu remarqueras que je n’ai pas dit « shopping », je sais que tu détestes jusqu’à entendre ce mot. Je ne l’ai pas dit.)…

À l’annonce du handicap, beaucoup de parents se disent : « Pourquoi nous ? » ; moi je me suis dit « Pourquoi pas nous ? » je nous sentais armés déjà pour affronter ce qui allait suivre, et je me disais que c’était mieux que cela nous arrive plutôt qu’à d’autres familles qui auraient été plus dépourvues.

On me demande parfois pourquoi des enfants extra-ordinaires naissent ? Je pense que c’est parce qu’ils font sortir ce qu’on a de meilleur en nous, et même, qu’ils nous rendent meilleurs. Nous avons eu la chance de te voir faire d’immenses progrès, de revenir parmi nous alors que tu étais né presque étranger… Cette chance a changé ma vie, car je n’ai eu de cesse depuis de vouloir la
transmettre à ceux qui ne l’ont pas eue.

J’espère vivre assez longtemps pour voir un jour cette chance exceptionnelle devenir la règle
dans nos deux pays. Victor Hugo, (Français ayant vécu en Belgique !), aurait dit : « Il n'est rien au monde d'aussi puissant qu'une idée dont l'heure est venue ».

Bien sûr, aujourd’hui tu es un jeune homme courtois, avenant (c’est d’ailleurs ton troisième prénom, que tu as mis un certain temps… à bien porter), tu es aussi un élève brillant et tout le monde me dit que je dois être fière de toi. C’est vrai. Pourtant, je veux que tu saches que tous les jours, et même lorsque les difficultés engendrées par ton autisme dépassaient largement ses avantages, nous, tes parents, avons été fiers de toi. Chaque jour depuis ta naissance.
 
À l’instar de Marc-Aurèle, j’espère recevoir : « le courage de changer les choses que je peux changer, la sérénité d'accepter celles que je ne peux pas changer, et la sagesse de distinguer entre les deux ».
 
Merci à tous d’être là en ce jour.

 

 

 

 



samedi 14 février 2015

La Honte


Évaluation et statistiques
 
À l'école et au collège, les enfants en situation de handicap
constituent une population fortement différenciée scolairement et socialement.
 
Note d'information - N° 04 - février 2015
 
L’essentiel :

 « Parmi les enfants en situation de handicap scolarisés à la rentrée 2013, moins d’un sur trois est une fille. Presque la moitié (45 %) présente des troubles intellectuels et cognitifs et un enfant sur cinq des troubles du psychisme [raaah !]. Les troubles du langage et de la parole, potentiellement révélés au cours des apprentissages, sont un peu plus courants à douze ans qu’à huit. [raaah ! La dame qui a écrit le rapport n’a pas vraiment actualisé ses connaissances].
 
Huit enfants sur dix présentant des troubles du langage et de la parole sont scolarisés en classe ordinaire, de même que plus de sept enfants sur dix présentant des troubles visuels, moteurs ou viscéraux. Les enfants présentant des troubles intellectuels et cognitifs sont les plus nombreux à fréquenter une classe spécialisée (CLIS ou ULIS), tandis que les enfants présentant des troubles du psychisme [raaah !] sont parmi les plus nombreux à être scolarisés en milieu spécialisé.
 
La majorité des familles estime que l’établissement fréquenté par leur enfant correspond à leur choix, qu’il s’y sent bien et qu’il reçoit un enseignement de qualité. La proportion de parents mécontents est cependant plus importante que parmi les autres familles. Le degré de satisfaction des parents diminue quand l’enfant présente un trouble du psychisme [raaah !] ou, dans une moindre mesure, des troubles intellectuels et cognitifs.
 
La quasi-totalité des parents rencontre un enseignant au moins une fois dans l’année. Malgré cela, plus de la moitié des familles méconnaît les aménagements pédagogiques prévus par le plan personnalisé de scolarisation (PPS) de leur enfant. C’est en particulier le cas lorsque l’enfant présente un trouble du psychisme [raah !] ou des troubles intellectuels et cognitifs.
 
Ces différences de perception peuvent également trouver leur origine dans la situation sociale des familles. Les parents d’enfants en situation de handicap appartiennent plus souvent à une catégorie sociale défavorisée, quelle que soit la nature du trouble rencontré. C’est d’autant plus le cas que les familles sont plus souvent monoparentales et que de nombreuses mères déclarent avoir réduit leur activité ou arrêter de travailler pour les besoins particuliers de l’enfant. »
 
Lire ici.
Plusieurs choses à la lecture de ce texte :
 
1.     Le concept du psychisme (et donc la psychanalyse) a encore de très beaux et longs jours à vivre en France.
 
2.     Je traduis pour ceux qui n’auraient pas compris le texte : Le handicap est la faute à ces salauds de pauvres. Bravo la gauche. (Pour rappel, l’autisme est la faute à la mère, c’est ce que disent les psychanalystes, bon pourquoi pas étendre le concept ?).
 
3.     Le handicap précarise les familles : Pas faux, quand on sait que fréquemment, les mères doivent renoncer à travailler en raison de carences de l’état, et qu’elles se retrouvent très souvent seules à assumer la situation familiale (nombre de pères ayant fui sachant ce qui les attendait en France en tant que parents d’enfants handicapés)…
 
4.     Ça veut dire que quand une famille est aisée, elle trouve des solutions. Donc : les solutions existent. Donc : l’État est doublement coupable de ne pas les offrir.
 
5.     En plus : on retrouve dans l’enseignement spécialisé des enfants n’ayant qu’un handicap social. C’est vrai, et c’est scandaleux, mais on rajoute au scandale quand l’État se décharge ainsi de ses responsabilités en accusant les familles ! Et le fait qu’en France il n’y ait pas de véritable enseignement spécialisé (mais du médico-social ou du sanitaire) aggrave la responsabilité de l’État puisque les enfants en situation de handicap aussi se retrouvent là-dedans.
 


Rappelez-moi déjà ce qu’il y a inscrit au fronton des édifices publics dans ce beau pays :
 
 
LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ.


 
Comme disait Coluche : « Il y en a qui seront un peu moins égaux que les autres. Et pour ceux-là, ce sera très dur ».
 
Bonus :
« C’est d’autant plus le cas que les familles sont plus souvent monoparentales et que de nombreuses mères déclarent avoir réduit leur activité ou arrêter de travailler pour les besoins particuliers de l’enfant. »
« Arrêté » eut été mieux.
Bravo pour l’Éducation Nationale ! C’est sûr qu’avec de tels rapports, elle va avancer dans le bon sens…
 

vendredi 13 février 2015

Un autre regard sur l'autisme en Belgique francophone


L’APEPA fête ses 40 ans



Les débuts :
L’année 2015  sera particulière pour notre association qui fêtera ses 40 ans d’existence. L’APEPA, l’Association des Parents pour l’Épanouissement des Personnes avec Autisme est née en novembre 1975. Avec l’Ambassadeur Jean-Charles Salmon, père d’un enfant avec autisme, l’APEPA a été co-fondatrice du SUSA[1] créé en 1991 à l’Université de Mons. L’APEPA asbl est reconnue représentative des personnes handicapées par le Gouvernement Wallon, non-subsidiée mais bénéficie de subventions ponctuelles. Pendant 10 années, L’APEPA a été sous le Haut Patronage de celle qui était alors la Princesse Mathilde. Son siège social est situé à Namur.
 
Qui sommes-nous ?
L’APEPA est une association de volontaires dynamiques, parents, grands-parents et autres bénévoles, des professionnels aussi, qui œuvrent ensemble pour toute la Belgique francophone. Notre association est ouverte à tous, la personne avec autisme et ses parents, les professionnels et les sympathisants.
Les membres du CA et les bénévoles au secrétariat, tous suivent des formations en autisme en continu, en Belgique et à l’étranger.
 
Depuis sa création, l’APEPA a voulu fournir un travail essentiel de lobbying pour les parents auprès des instances publiques, tout en leur offrant une écoute et des conseils dans tous les domaines. Notre travail de fond et de longue haleine se fait toujours dans le respect des parents et des interlocuteurs  de la santé et de l’éducation, sociaux et politiques.
 
L’APEPA est donc co-fondatrice du SUSA, membre fondateur d’Autisme Europe et de l’ASBL Participate!. Elle est membre de la Plateforme pour l’annonce du Handicap, de la Plateforme pour l’inclusion scolaire de l’enfant handicapé ou malade chronique, de la Ligue des Usagers des Services de Santé et est aussi présente au service Support’AHM pour l’après-parents.
 
Et notre association vous représente à la Concertation des 4 Associations  dont l’APEPA fait partie avec : l’AFrAHM, pour le handicap mental, l’AP³, pour le polyhandicap, l’APEM-T21 pour la trisomie 21.
 
L’APEPA entretient des liens étroits avec « l’association-sœur » néerlandophone de Belgique, la VVA.[2] avec qui elle siège, comme avec les 8 Centres de Référence et de Diagnostic en Autisme, au CA de Participate.
 
Événements de L’APEPA en 2015 :
Cette année, l’APEPA fête donc ses 40 ans ! En plus de sa traditionnelle Journée Annuelle et de la Journée internationale de sensibilisation à l’autisme du 2 avril, l’APEPA organisera divers événements pour fêter dignement cet anniversaire. Vous les découvrirez au fur et à mesure de nos annonces.
Des journées sportives pour personnes avec autisme comme celle qui a été organisée le 19 décembre 2014 sont en préparation avec la FéMA (sport adapté). Il sera aussi question de foot et de tennis.
Le thème retenu pour la Journée Annuelle en novembre prochain est : « Les bonnes pratiques  en autisme ».
 
Que faisons-nous ? 
Depuis longtemps, l’APEPA collabore efficacement au sein de différents organes d’avis et  plateformes communes. Voici un aperçu de notre travail :
 
À Autisme-Europe : Nous faisons partie du Conseil d’Administration, participons aux Congrès triennaux d’où nous ramenons nombre de nouveautés scientifiques.
 
À la commission wallonne des personnes handicapées du Conseil Wallon de l’Action Sociale et de la Santé 

À l’AWIPH[3] :                         
ü  Au CEAH : Conseil d’Avis pour l’éducation, l’accueil et l’hébergement, concernant tous les agréments, les modifications, les places subventionnées, les cas prioritaires ;
ü  Au groupe de travail sur l’autisme ;
ü  Au groupe de travail pour un référentiel de qualité des services où l’APEPA représente les usagers et veille à l’application des recommandations nationales et internationales ;
ü  Dans la commission subrégionale de Namur, son groupe de travail Double Diagnostic (dialogue AWIPH/Santé Mentale). 
Au Conseil Supérieur de l’Enseignement Spécialisé :
ü  Collaboration à la rédaction de divers avis (pour les travaux récents) :
·       Le Plan Individuel de Transition (PIT), pour accompagner le passage de la scolarisation à l’âge adulte), avis qui ont servi à l’introduction de l’obligation de l’élaboration de ce PIT dans le dernier décret concernant l’enseignement de la précédente législature ;
·       Une nouvelle ère pour l’enseignement spécialisé, qui mettait l’accent sur la nécessité d’une société inclusive ;
·       L’enseignement de Type 5, où l’APEPA a fait acter que  l’inscription des élèves avec autisme en enseignement de type 5 ne doit pas se faire que sur base du diagnostic d’autisme, ce qui ferme de facto la porte à une éventuelle psychiatrisation de l’autisme au sein de l’enseignement !;
·       La contention et l’isolement qui ne permet ces mesures qu’en cas d’absolue nécessité pour raison de mise en danger physique de l’élève ou d’autrui et lorsque toutes les autres mesures ont échoué, avec toute la prévention, la gestion, la transparence et la déontologie exhaustives. L’APEPA y a fait stipuler in extenso l’article 15 de la convention ONU sur la maltraitance et la torture et fait préciser qu’en aucun cas, la contention pouvait être utilisée comme moyen thérapeutique.
ü  Groupes de travail en cours :
·       Les pédagogies adaptées : l’APEPA  a au préalable effectué un travail de recueil de témoignages et d’expériences. Elle a pu ainsi dégager aussi bien des dysfonctionnements que des exemples à dupliquer, ainsi que formuler des suggestions. Les conseillers de la cellule enseignement spécialisé ont remonté ces informations à la ministre Joëlle Milquet qui a demandé en conséquence l’ouverture de ce groupe de travail.
·       De l’intégration vers l’inclusion : l’argumentaire pour l’ouverture de ce groupe provient aussi de la plateforme des parents (associations du handicap et fédérations des associations de parents d’élèves) dont fait partie l’APEPA, qui a également recueilli témoignages et expériences à ce sujet.
·       Réflexion sur le Type 8 : nombre d’élèves avec autisme sont scolarisés, dans l’enseignement spécialisé ou intégré, sous cet enseignement, particulièrement ceux qui ne présentent ni déficience intellectuelle ni troubles du comportement.
·       Partenariat école-famille : via la représentation des parents. 
L’Enseignement spécialisé : L’APEPA est à l’origine, avec le SUSA, des classes TEACCH importées des États-Unis, désignées depuis le décret de 2009 par l’appellation « Classes à pédagogie adaptée pour les élèves avec autisme ». L’APEPA procède en ce moment à la réactualisation de la liste pour y faire figurer les différents sites comportant des classes à pédagogie adaptée et non plus seulement l’école de référence. 
 
La vigilance : Lorsque l’APEPA a appris qu’une école près de la frontière s’était vu proposer une formation au packing[4], elle a envoyé un courrier à toutes les écoles spécialisées de la Fédération Wallonie-Bruxelles pour les informer du danger, en y associant la Ligue des droits de l’enfant.

Au groupe transversal sur la contention et la mise en isolement : Recommandations dirigées par le Centre interfédéral de l’égalité des chances et le Délégué général aux droits de l’enfant, en collaboration avec le SUSA. Nous y avons fait stipuler in extenso l’article 15 de la convention ONU sur la maltraitance et la torture et fait préciser qu’en aucun cas, la contention pouvait être utilisée comme moyen thérapeutique, ni pour une expérience médicale.
 
Au Conseil Supérieur de la Santé (CSS) : Participation à l’élaboration de l’avis N° 8747 : Qualité de vie des jeunes enfants autistes (0 – 6 ans) et de leur famille.
 
Au Centre Fédéral d’Expertise en Soins de Santé (KCE) : Participation à l’élaboration du guide de pratique clinique sur la prise en charge de l’autisme chez les enfants et les adolescents. 
 
L’information : L’APEPA a une page Facebook pour l’information immédiate, un site internet et édite une e-newsletter mensuelle publiée aussi sur notre site.
L’APEPA participe à divers Salons (« 1001 familles », « Soins et santé », etc.) et d’autres activités dans ce domaine. Nous sommes également présents par un stand lors de congrès comme ceux du  « Belgian Brain Council », de « Participate! », etc.
Les membres du CA se déplacent régulièrement vers des écoles ou des organisations en demande d’informations sur l’autisme.
 
Le soutien aux travaux d’étudiants : L’APEPA diffuse les annonces des étudiants par mailing, sur les réseaux sociaux et ses newsletters, les met en contact avec les familles et les professionnels susceptibles d’être concernés par leurs travaux, leur offre un stand lors de journées annuelles et autres évènements qu’elle organise. Nous prêtons une attention particulière aux écoles qui forment des professionnels en contact avec les personnes avec autisme. Nous participons, par exemple, à des jurys de TFE (Travail de fin d’études).
 
Le soutien aux familles : l’APEPA assure une permanence à l’écoute téléphonique et contribue à organiser des groupes de paroles destinés aux parents.
L’APEPA a facilité la création d’associations, par exemple : Les enfants de la différence, Auti-Ressources, Autisme Liège, Auti-bol d’air, et renseigne sur les procédures à suivre, soutient des initiatives privées.
 
Les formations pour les parents et les professionnels : L’APEPA organise des formations en faisant appel à des spécialistes renommés, de Belgique et de l’Étranger.
Cette année, outre les « Passeports pour l’autisme » organisés dans plusieurs villes de Belgique, l’APEPA proposera un programme de formations particulièrement concret et diversifié : elle organisera une seconde formation ABA, une formation sur les moyens de communication pour personnes avec autisme et une supervision pour les personnes ayant déjà suivi cette formation. En outre, son plan de formations abordera d’autres thématiques importantes : l’accompagnement des personnes avec un syndrome d’Asperger, l’intégration sensorielle, les outils informatiques adaptés aux prises en charge éducatives, les troubles du comportement, etc.
 
Le dépistage précoce : En réponse à la requête qu’avait adressée l’APEPA, la recherche-action « START », menée par le SUSA, pour la détection précoce des troubles du spectre de l’autisme (dans une tranche d’âge de 15 à 30 mois), financée par CAP 48, se déroule sur les arrondissements de Mons, Ath et Soignies, et devrait s’étendre à toute la Wallonie vers 2019.
L’APEPA a édité une brochure à l’attention des parents afin de reconnaître les signes de troubles du spectre de l’autisme lors de situations concrètes.
 
Le Plan Autisme : L’APEPA, dans le cadre des rencontres du Collectif Plan Autisme ou individuellement,  a obtenu de différents ministères rencontrés l’assurance de tenir les engagements qui avaient été pris durant la campagne électorale. D’autres visites dans des cabinets ministériels sont programmées ou encore à venir. Voir par exemple ce reportage sur Canal C, l’interview du Ministre Prévot vers 2’15’’ qui date du 19 décembre 2014.
 
Les Français en situation de handicap en Belgique : L’APEPA suit de très près ce dossier et a obtenu du Ministre Prévot l’assurance, sous cette législature, d’alignement des normes des établissements avec autorisation de prise en charge sur celles des établissements agréés. D’autres informations suivront dans les mois qui viennent au sujet des Français de Belgique.

D’autres projets sont en perspective
et l’APEPA se fera l’écho régulier de ces avancées.

            
Contacts presse

Pour les questions de santé et l’autisme en Europe :
M. Freddy HANOT, Président
+32 (0)81 73 52 53

Pour les questions du handicap :
Mme Alice SULS, Vice-Présidente
+32 (0)4/75  36 36 45

Pour les questions d’enseignement spécialisé et les Français de Belgique :
Mme Isabelle RESPLENDINO, Administratrice
+32 (0)65/78 31 01

Pour toute autre question :
APEPA
Rue de l’Aurore 98 – 5100 JAMBES
+32 (0)81 744 350


 




[1] Service Universitaire Spécialisé pour personnes avec Autisme
[2] Vlaamse Vereniging Autisme
[3] Agence wallonne pour l’intégration des personnes handicapées
[4] Méthode qui consiste à contenir l’enfant autiste, dès l’âge de 3 ans, nu ou en sous-vêtements, dans des draps et couvertures trempées et glacées pendant environ ¾ d’heure plusieurs fois par semaine.