mercredi 22 décembre 2010

La chaîne, le poisson et le centre.

Alexandre me met en maillon d'une chaîne.

L'enjeu est d'expliquer ce qui fait la spéficité centriste.

Beaucoup doutent de l'existence du centre.

Je vais donc leur donner mon sentiment personnel. Qu'est-ce qui fait que je me définis comme centriste et non gauchiste ou droitiste ? Rien à voir avec le fait que sois gauchère pour certaines choses et droitière pour d'autres, et que ces choses n'ont jamais été interchangeables chez moi.

Ce qui définit le mieux mon engagement politique, c'est la parabole du poisson :

"Si tu donnes un poisson à un homme, il mangera un jour. Si tu lui apprends à pêcher, il mangera toute sa vie".

Je pense qu'être à gauche, en gros, c'est donner le poisson. Je pense qu'être à droite, en gros, c'est confisquer le matériel de pêche. Je pense qu'apprendre à pêcher, c'est être centriste.

Evidemment, ceci est très schématisé et c'est pour cette raison que j'ai insisté en caractères gras. Car cela souffre beaucoup d'exceptions et est très réducteur, malgré que mon discours soit en train de s'enfoncer dans l'épaisseur...

Je vais même appeler ici aux cris de protestation de trolls gauchers et droitiers : au plus on est à gauche, au plus on en rajoute : on pêche le poisson, on le vide, on l'écaille, on le cuisine, on met la table, on débarrasse la table et on fait la vaisselle.
Au plus on est à droite, on confisque le matériel de pêche, les bâtons pour s'en fabriquer, les forêts dont les branches des arbres pourraient être taillées en bâtons...

J'exagère je vous dis ! En fait, je me trompe plutôt, car notre Président actuel qui n'est pourtant pas à l'extrême-droite fait tout cela, lui, au grand désespoir des vrais gaullistes qui savent ce que droite sociale veut dire... Tandis que certains bien plus à droite se montrent préoccupés, au moins dans leur discours, des "petits" citoyens, populisme oblige.

Pour finir ce billet un peu bâclé (mes nombreuses responsabilités font que j'ai encore une tonne de travail à accomplir en ces vacances), je vais essayer de me rattraper en citant un ami qui m'est très cher, il se reconnaîtra :

"Finalement le centre reste à sa place, c'est tantôt la droite tantôt la gauche qui se recentrent et donnent l'illusion d'optique que le centre serait fluctuant".

Il m'avait écrit cette très jolie (et vraie) phrase cet été, je l'ai conservée car cette citation devait l'être, et je lui avais dit que je m'en servirai un jour. Merci à Alexandre de m'avoir permis de le faire.

jeudi 9 décembre 2010

Pizza de PISA (2)

Communiqué de presse de la Ligue des droits de l'enfant (Belgique)

PISA : Pas vraiment de quoi nous réjouir !

Ce mardi, d'aucuns se réjouissaient de la progression de la Belgique dans le classement PISA. Si celui-ci est réjouissant (la Belgique occupe le 11e rang sur 64 pays), il est essentiellement dû aux résultats de la Communauté flamande et, dans une moindre mesure, de la Communauté germanophone. Les quelques progrès que la Communauté française a réalisés en lecture (+14 points) ne doivent pas occulter les difficultés qui s'agrandissent en mathématiques et surtout en sciences.

1. Notre système scolaire reste parmi les plus inefficaces de l'OCDE et est surtout le plus discriminatoire de tous.

Il broie chaque année de plus en plus d'élèves. Le redoublement et les orientations précoces (avant la fin de la 4e secondaire) sont en augmentation constante, l'abandon scolaire est dramatique et on expulse les élèves des écoles de plus en plus rapidement. Chaque année, ce ne sont pas moins de 100 000 élèves qui sont victimes de l'échec de l'école (60 000 redoublements annuels - 13 000 en primaire et 47 000 en secondaire - 17000 orientations précoces vers le technique ou le professionnel, 20 000 abandons et 2 500 renvois).  En outre, on sait que :

  • Les systèmes scolaires qui ne pratiquent pas le redoublement sont les plus efficaces et obtiennent les meilleurs scores aux tests internationaux. Ceci démontre assez que la suppression du redoublement accompagné de remédiations immédiates favorise le nivellement vers le haut de tous les élèves ;
  • Au plus le tronc commun est long (jusque 16 ans), au plus les systèmes scolaires sont équitables. Notre tronc commun se limite à 12 ans (fin du primaire : le premier degré du secondaire est, en fait, un tronc commun différencié. Il ne permet pas à tous les élèves d'acquérir des savoirs et savoir-faire de base communs à tous et participe de la discrimination entre populations scolaires) ;
  • Le fossé entre écoles à population socialement favorisée et celles concentrant les élèves présentant un indice social faible est énorme.



2.  Notre exigence : Une révolution copernicienne rapide.

Il est temps que le politique cesse ses "réformettes" de législature en législature. La grande majorité des élèves - nous estimons la proportions d'élèves discriminés à 70 % - ainsi que de nombreux enseignants - 4 enseignants sur 9 abandonnent l'enseignement durant leurs 5 premières années professionnelles - sont en souffrance. Il est de plus en plus urgent de changer radicalement le système éducatif. Les solutions sont connues. Nous attendons donc des réformes radicales qui visent à créer une véritable école inclusive à savoir :  (L'école inclusive est l'école pour tous, quelles que soient les difficultés d'apprentissage et les spécificités des élèves : sexes, âges, origines, milieux sociaux ou culturels, spécificités physiques ou mentales,...). Pour plus d'informations sur l'école inclusive, lire la Déclaration de Salamanque).

  • Une véritable hétérogénéité scolaire ;
  • La lutte contre le quasi-marché scolaire ;
  • Un vrai tronc commun jusqu'à 16 ans (à tout le moins ! La CIDE impose l'éducation sur base de l'égalité des chances pour tous les enfants, soit jusqu'à 18 ans).
  • La remédiation immédiate et la spécialisation des enseignants dans les difficultés d'apprentissage ;
  • Une réelle gratuité ;
  • Une vraie formation psychopédagogique de tous les enseignants (cursus universitaire)
  • L'intégration scolaire de toutes les différences (L'inclusion est synonyme de pratiques pédagogiques adaptées aux difficultés d'apprentissage. De cette manière, elle bénéficie à TOUS les élèves qui ont des difficultés d'apprentissage).



mercredi 8 décembre 2010

Pizza de PISA (1)

À peine sortie de mon travail de forçat (hier c'était l'enfer) le temps de souffler un peu (30 secondes)...

Et voilà que César me tague sur un sujet auquel je ne peux résister... Je vais essayer de mettre de l'ordre dans mes idées, être sur une bécane de 5h du matin à 1h du matin le lendemain fait qu'elles risquent de ne pas être claires, et pour leur tri c'est pas top.

Alors il faut dire ce qu'on pense de ses propositions pour remettre l'école sur les rails.

a) Réaffecter tous les moyens alloués à ce qui ne sert à rien : Mille fois oui.

César les énumère :

Formation continue des enseignants. Je dirais que l'important, c'est déjà une bonne formation à la base avec, j'insiste, une année de spécialisation pour savoir s'occuper des élèves à besoins éducatifs particuliers. Bon, c'est vrai qu'ensuite, il faut quand même se mettre à jour de temps en temps. Mais c'est vrai aussi qu'il y a des formations... on se demande à quoi elles servent ! Par contre, il y en a qui valent le coup ! Enfin, moi je parle d'expérience belge. Et, dans le domaine des besoins éducatifs spécialisés, ben la formation continue appropriée, bien faite et bien suivie est indispensable. Je répondrai donc oui et non à cette proposition. Sans compter que pour ceux qui enseignent déjà et veulent faire une spécialisation, à moins d'avoir une machine à remonter le temps, va leur falloir la suivre en cours du soir, ici c'est en 2 ou 3 ans je crois.

Inutile aussi selon César, l'éducation civique. Ici, en Belgique, les enfants ont, au choix, soit des cours de religion (catholique, juive ou musulmane ) soit de morale non religieuse, qui s'apparentent en fait plus à des leçons d'altruisme et de réflexion sur l'actualité pour la morale et sont assez fortes culturellement pour la religion (avec des notions des autres religions, de géographie, d'histoire)... Je ne connais pas le programme français à ce sujet, mais le belge est très bien, de ce que je vois avec mon fils. Je ne peux donc pas répondre à cette proposition.

Pour la découverte professionnelle, César nous entretient du bon niveau des troisièmes techniques et professionnelles. En Belgique, la scolarité est obligatoire jusqu'à 18 ans. Quel patron embaucherait un mineur ? Donc nous essayons en fait de prolonger le tronc commun le plus possible. Il y a en plus, comme dans beaucoup de pays, 6 années de primaire. Personnellement, étant née en décembre, j'avais 13 ans à mon entrée en troisième, et je pense que c'était trop jeune pour apprendre un métier. Mais d'autres élèves ayant redoublé une ou plusieurs fois étaient évidemment dans une situation différente.

b) Garantir à chaque établissement scolaire les moyens de mettre en place la remédiation pour les plus faibles (RASED et aide individualisée massive dans les écoles primaires).  Encore mille fois oui, l'aide individualisée c'est le principe de l'école inclusive, et les RASED emploient, en grande partie, le même personnel. Justement, j'ai écrit deux notes qu'on m'a demandé à ces deux sujets, et elles étaient très liées. César, je t'envoie ça, je pense que ça va t'intéresser. Plus de langues aussi demande notre cher hérétique. Oui oui oui. Niveau catastrophique en France. J'avais déjà commenté à ce sujet sur un de tes articles : une question d'oreille ? 

c) Laisser une liberté totale d'utilisation de ses fonds et de sa dotation horaire. Pour les horaires, une souplesse est nécessaire en effet, on doit pouvoir s'adapter à la situation, je l'ai vu lorsque j'ai écrit un projet de reportage sur une école primaire : le scientifique qui suivait l'expérience trouvait que l'emploi du temps de mon fils était trop vague, et en voulait un plus détaillé. Or, le directeur de l'école n'a pas pu m'en donner : c'est impossible de s'en tenir à un horaire très fixe, les évènements peuvent bousculer ces horaires. Nous avons donc renoncé à un tableau d'emploi du temps dans le projet.
Pour les fonds, par contre... Tu fais confiance si facilement, César ? Moi, pas : j'en ai vu de trop belles ! Je te raconterai un jour... Mais je crois plutôt que je me trompe, et qu'en langage scolaire français cela a un autre sens que celui auquel je pense ?

Générer des groupes de travaux verticaux (en ne tenant pas compte de la classe), par exemple en langues vivantes : cela peut être une bonne idée, à tenter en tous cas, mais... peut-être pas pour tous les enfants, je vois ça assez difficilement dans une classe inclusive par exemple, où on a déjà une tendance verticale quelque part, finalement.

d) En finir avec les évaluations bidons. Il ne doit plus s'agir de déterminer la compétence d'un élève, mais son niveau d'entrée dans un établissement,et son niveau de sortie. Tiens, c'est un peu dans la même veine de ce que je viens de suggérer à un scientifique québécois de l'école inclusive : je voulais avoir les chiffres tout simples, la progression des notes chez les élèves "ordinaires" avant/pendant/après l'inclusion et par rapport à une classe de même niveau mais complètement "ordinaire" - car on sait que l'inclusion est bénéfique à tous les élèves, mais les évaluations connues ne reprennent pas ces simples chiffres. Et il est encore en train de chercher à l'heure qu'il est... Toutefois, il m'a conseillé un livre là-dessus, un passage précis, mais je n'ai pas encore eu le temps de le lire. Et je suis là, en train de bloguer...


À suivre, pourtant, le communiqué de la Ligue des droits de l'enfant en Belgique sur le classement PISA. Je parie que tu auras quelques objections à soulever, si tu le lis César, mais c'est grâce à la Ligue que nous avons déjà tant avancé au niveau de l'inclusif. Des passionnés, il en faut, ce sont eux qui font avancer le monde, et même si je ne suis pas toujours d'accord à 100 % avec le Président de la Ligue, Jean-Pierre Coenen, son engagement total est nécessaire pour faire bouger les murs qui emprisonnent nos enfants.




mardi 23 novembre 2010

Non à la ségrégation - Hommage à Rosa Parks



Rosa a eu le courage de dire "non" à l'exclusion. Aurons-nous le courage de dire "oui" à l'inclusion ?
En 1955, aux USA, un Noir devait laisser sa place assise à un Blanc dans le bus.
55 ans plus tard, les enfants atteints de handicaps n'ont pas tous le droit d'aller à la même école que les autres enfants. Ni même, pour certains, en France, d'aller à l'école...

samedi 20 novembre 2010

Pirette en ministre flamand



Allez, je vais peut-être remettre de l'huile sur le feu dans un problème communautaire, mais merci à François Pirette pour parrainer le "Projet Wolfgang" de propositions pour l'enseignement inclusif en France...
Je précise que c'est un humoriste et non pas un vrai ministre flamand...

jeudi 18 novembre 2010

Noter ou ne pas noter ? Ceci n'est PAS la question

César m'invite dans son billet "les notes, c'est pas le problème" à venir donner mon point de vue sur l'appel à supprimer les notes en primaire.

Tout d'abord, je rends à César Françoise ce qui est à Françoise, car ce que je vais exprimer ici est l'un de ses grands chevaux de bataille :

Il s'agit surtout de ne pas stigmatiser l'élève par la divulgation publique de ses notes.

Or, ces notes sont indispensables (chiffrées : c'est plus précis que des smileys ou des lettres) pour savoir où en est l'élève, quelles sont ses difficultés, les problèmes incompris, afin de lui apporter toute l'aide nécessaire pour y remédier. Il suffit donc de les garder entre le professeur, l'élève et les parents. On peut voir quand une moyenne dans une ou plusieurs matières baisse, c'est un signal d'alarme qui sert d'évaluation en continu (et peut être révélateur d'autres soucis, la vie ne s'arrêtant pas au travail scolaire).

Les 20 personnalités, dont, à mon grand dam, mes "compatriotes" toulonnais Cyrulnik et Rufo, qui ont lancé l'appel solennel pour la suppression des notes à l'école primaire, sont donc passées, veuillez excuser l'expression, un peu à côté de la plaque à mon avis.

On parle des meilleurs classements PISA de ces pays qui ont laissé tomber les notes. Paraîtrait que certains y reviennent... Je ne mettrai pas le lien qui l'affirme, car ce que j'ai trouvé provient d'un organisme quelque peu controversé.

Mais je vais vous expliquer, moi, pourquoi la Finlande et le Canada ont de très bons résultats au classement PISA. Ce n'est pas une question de notes. C'est parce que la Finlande et le Canada ont choisi d'avoir une école toute inclusive. Oui, vous avez bien lu. Une école où l'on prend en charge les besoins éducatifs particuliers. Où l'enseignement est individualisé. Où nombre d'enseignants sont spécialisés et rompus aux méthodes de traitement des difficultés scolaires.

Mais, en France, on ignore les besoins spécifiques des élèves. Ça fait 40 ans de plus que les autres pays dits "riches" des années 1970. On veut des bons petits citoyens, qui vont rentrer dans un moule et qui vont bien voter toute leur vie. On veut avoir du temps de cerveau de libre pour vendre du Coca-cola dans des annonces publicitaires entre deux programmes de téléréalité.

JF ayant déjà écrit hier sur la question, il faut évidemment que Françoise reprenne la plume à ce sujet, mais quelque chose me dit qu'elle l'a déjà en main... Je taguerais bien Mirabelle aussi si je ne savais déjà son avis sur la question, mais si elle a du temps, elle peut l'expliquer à ses lecteurs. Je taguerais aussi Martine, mais impossible : elle n'a pas de blog.


mercredi 3 novembre 2010

L'homo controlus

Je dois répondre à un tag de Spaulding.
Il tenait le maillon de la chaîne tendue par Mirabelle, initiée par César.
Je salue au passage Carole et sa superbe réponse, en "soeur de tag" de Spaulding. (1er commentaire)

Je vais essayer de retrouver le fil de la pelote de laine, Dieu qu'il est embrouillé !!!
Parce qu'on m'a tagué sur une chaîne en disant que c'était l'être et l'avoir.

En remontant le fil, je m'aperçois que la tagueuse de mon tagueur disait justement que cela ne l'était pas. C'était sur une pensée d'Épictète dont elle n'avait pas la même lecture que l'initiateur de la chaîne, qui est d'ailleurs venu expliquer en commentaire ce qui le rapprochait de la lecture de la tagueuse. Vous suivez ? Moi, plus tout à fait, je me ressers un Martini. Un autre suivra peut-être, car je viens de lire que la tagueuse n'était qu'à moitié d'accord avec l'explication de son tagueur.

Je préfère revenir au texte qui était l'objet du tag originel, celui d'Épictète : Pensées chapitre I à IV.

Et j'en donne donc mon interprétation (tout à fait perso):

Épictète a séparé en deux colonnes les choses sur lesquelles nous avons une influence et celles sur lesquelles nous n'en avons pas.

Je suis à moitié d'accord avec lui. Car, pour moi, ces colonnes-là ne sont pas fixes, et, selon les circonstances de lieu, de temps, de faits, selon les personnes, les interprétations..., une chose peut passer d'une colonne à l'autre.

Mais là où je le rejoins, c'est dans ce qu'il nous enseigne : le "lâcher prise". Concentrer ses efforts là où cela en vaut la peine, plutôt que de gaspiller notre énergie, notre temps, nos efforts, notre argent, que sais-je, dans des batailles perdues d'avance.

Moi aussi, j'avoue, j'ai été prise dans la frénésie de l'ère de "l'homo controlus", celle de notre société actuelle. J'étais jeune alors, et je pensais que je pouvais, pire, que je devais, faire en sorte que tout (ma vie et les cercles concentriques liés à cette vie, c'est-à-dire touchant autrui, des "proches" aux "moins proches") aille dans le sens que je voulais ou plutôt que je croyais bénéfique pour tous.

Qu'il est bon de vieillir si c'est pour se débarrasser de ce fardeau ! Il m'arrive encore de me tromper, d'investir dans des causes perdues, mais cela ne dure guère, et je n'en ai grief à personne, même pas à moi, la première "fautive" ! J'estime que ce temps investi là n'était pas tout à fait perdu, puisqu'il m'a appris de nouvelles choses à éviter, et parfois, permis de belles rencontres.

Épictète fut un des maîtres à penser de Marc-Aurèle, de qui je tiens une de mes citations préférées :

"Mon Dieu, donne-moi le courage de changer les choses que je peux changer, la sérénité d'accepter celles que je ne peux pas changer, et la sagesse de distinguer entre les deux".

Marc-Aurèle savait déjà que la pré-définition de ces choses-là était illusoire.

Tant que j'écris, je me rends compte que j'ai écrit plusieurs fois "Épitècte" à la place d'"Épictète". Je suis dyslexique, mais je peux corriger certaines fautes. Je me sers des outils à ma disposition, que je les aie fabriqués moi-même ou que je me les sois appropriés, cela fait toujours partie des choses sur lesquelles j'ai une influence. Il y en a d'autres. Il y en a où je n'en ai pas.

Tout un chacun a une influence :
Merci à Robert Kennedy : "Peu de gens ont suffisamment de notoriété pour modifier le cours de l'histoire, mais chacun de nous peut travailler à changer un petit nombre d'évènements... Ce sont d'innombrables actes de courage et de foi qui façonnent l'histoire de l'humanité".

Merci à Salvatore Adamo et à Serdu pour avoir accepté de parrainer le "projet Wolfgang", cet ensemble de propositions pour l'enseignement destiné aux enfants à besoins éducatifs particuliers, ce projet que je porte à bout de bras depuis qu'ayant constaté les progrès de mon fils, j'essaie de transmettre ce qui les a permis...

Marc Aurèle d'après Vien

Que pouvez-vous faire pour changer les choses et sur quoi n'avez-vous aucune prise ? Je vais taguer à mon tour sur cette question Hervé qui voudra bien répondre s'il estime que son billet de retour pourra être assez long, et puis Orange Sanguine parce que c'est injuste qu'avec tout son talent il ne le soit jamais...








lundi 1 novembre 2010

Salvatore Adamo - Viens ma brune

La chanson est parue l'année de naissance de la luciole... brune. Si c'est pas un signe ! Merci M. Adamo.

Merci pour tout.

Automne à la Villa Regain

Mirabelle et Dany m'ont transmis le virus...

Moi aussi, j'ai fait photos de cette nature enchanteresse chez nous, et ce, à toutes les saisons. Padmée et Friso vous accompagnent dans ce voyage automnal.

samedi 23 octobre 2010

Il est des colères saines

À la faveur d'échanges de mails avec un ami, qui me faisait remarquer que parfois je manquais de recul pour parler de choses qui me parlaient à coeur, il m'a suggéré l'écriture d'un billet à ce sujet. Je n'ai pas su déterminer si c'était à propos du fait divers qui m'avait indigné et qui faisait l'objet de l'échange, ou bien sur ma tendance - toute méditerranéenne - à m'emporter trop vite.

Comme je trouve important de répondre aux deux, je mets ici le lien du fait divers que je me suis empressée de diffuser :

L'article concernait une manifestation du collectif "ni pauvres, ni soumis", où la répression policière a été le sujet de mon indignation. Mon ami me faisait remarquer qu'on devait s'assurer par recoupements de la véracité de l'affaire avant de diffuser. C'est à juste titre. Cependant, j'ai relayé cette information relevée sur facebook. Elle date de 2008. Un peu tard sans doute pour s'indigner, mais pour que les médias traditionnels s'emparent de cette histoire, il faut que l'internet fasse le tam-tam, offrant une nouvelle diffusion deux ans plus tard. C'est à déplorer, mais les médias traditionnels sont si muselés, de nos jours, en France...

Je vous laisse soin de juger par vous-mêmes de la vidéo de l'article. Elle est parlante, je dirais même criante.

Je dis ici que j'assume mes actes et mes dires passés, même si j'en regrette certains, pour avoir été trop violente, sous le coup de l'émotion. Cependant, je n'hésite pas alors à le reconnaître publiquement. J'ai plusieurs limites qui me sont, si j'ose dire, intrinsèques (bouh le vilain choix du mot) :

  • Faire attention à ne pas blesser injustement (je n'y arrive pas toujours, maladresse ou peur de trop tendre la joue)
  • Discrétion professionnelle (j'ai choisi de ne pas recourir à l'anonymat, mes précédents billets étant signés d'un pseudonyme non secret)
  • Discrétion politique afin de ne pas causer du tort aux causes que je défends.
  • Enfin, lorsqu'il y a des écrits que je sais ne pas pouvoir assumer par la suite, je m'autocensure. Je peux assumer un propos qui a dérapé, en reconnaissant cet excès. Pas un propos que je n'ai aucune excuse, aucune raison, aucun motif (à mon avis) d'avoir tenus.

Et, puisqu'on parle de causes qui me tiennent à coeur, je voudrai revenir en arrière. En 2007. Ce soir-là, un débat télévisé d'entre-deux tours des élections présidentielles opposait Nicolas Sarkozy à Ségolène Royal.




Ce soir là, incrédule, j'ai vu le débat - et probablement les élections - basculer sur le sujet dont j'ai fait le combat de ma vie. C'était d'autant plus incongru, que les protagonistes avaient tort tous les deux alors.

Ségolène, comme moi parfois, a perdu son sang-froid en entendant Nicolas affirmer qu'il ferait que tous les enfants handicapés seraient scolarisés s'il était élu. Il promettait une loi opposable en ce sens.

Combien cette loi était utile ? La législation de l'époque était alors bien suffisante pour faire condamner l'état pour défaut de scolarisation. De plus, qu'est-ce que la promulgation d'une loi, si les moyens ne suivent pas ?

Mais Ségolène n'a pas relevé. Elle s'est indignée parce qu'elle avait fait handiscol, parce qu'elle avait permis la scolarisation d'enfants handicapés en grand nombre en maternelle, et que la droite revenue au pouvoir avait abrogé cette disposition. C'est vrai, mais avec un encadrement et des moyens insuffisants, Ségolène, on envoie ces enfants au casse-pipe...

On sait depuis ces élections que les mesures que le gouvernement a prises en la matière ont été :

  •  l'arrêt du remboursement des frais de transports des enfants vers les instituts ;
  • la non-reconduite du contrat de nombre d'Auxiliaires de Vie Scolaire
  • la gestion de ces emplois par les associations : le désengagement de l'État 
  • les dettes de cet État envers les MDPH 
  • j'en passe...

Et que toutes les belles dispositions prises sur papier ne sont pas suivies d'effets dans la réalité. Bien sûr, on n'a plus non plus JAMAIS entendu parler du droit opposable à la scolarité... Oh, oui tout enfant est INSCRIT à l'école, et s'il est scolarisé une heure par jour ou par semaine, on le compte dans la catégorie "scolarisé".

Oui, Ségolène a perdu le débat à cet instant-là, à cet instant précis, pourtant, les parents des enfants handicapés en France savent aujourd'hui qu'elle a eu raison, non pas sur la réponse à Nicolas qui n'était pas complète, non pas sur les choses qu'elle avait mises en place et qui n'étaient pas complètes non plus, mais elle a eu raison de se mettre en colère.

Car il est des colères saines, oui, mon jeune et cher ami, il est des colères saines.

Si vous cherchez un extrait vidéo de ce débat sur Internet, bonne chance, car depuis, la censure est passée par là, pas l'autocensure, mais celle qui consiste pour le gouvernement en place d'effacer le plus possible les traces de ses anciennes promesses non tenues...

La réaction d'étonnement de mes amis belges le lendemain de ce débat, amis qui en on tant à redire sur la politique française quant à l'enseignement destiné aux enfants à besoins éducatifs particuliers : les écoles frontalières accueillent plus que de petits Français que de petit Belges...

À propos, c'était pas une promesse du candidat Sarkozy ça, le retour des "exilés de Belgique" ?

P.S. (Sans jeux de mots) : billet plus long que d'habitude. Il faut croire que l'ami dont je parle est contagieux...











lundi 18 octobre 2010

Osez !

La jolie chaîne de Mirabelle s'est arrêtée net.

Sujet trop délicat.

En discutant par commentaires interposés, il m'est venu une idée de chaîne (pardon si elle a déjà été lancée en partie) :

  1. Votre plus grand désir
  2. Votre plus grande crainte
  3. La chaîne que vous n'osez pas lancer et/ou que vous redouteriez qu'on vous lance
Je m'y colle :

Mon plus grand désir :
Voir enfin une réponse efficace à la détresse des familles d'enfants handicapés français en mal de scolarisation.

Ma plus grande crainte :
Connaître le cauchemar que chaque parent redoute, celui qui a jeté la Belgique toute entière dans l'effroi le plus absolu il y a 14 ans.

La chaîne que je brûle d'envie de lancer, que je n'oserai sans doute jamais, et à laquelle j'aurai honte de répondre :

Les 5 ami(e)s virtuel(le)s (blogo ou facebook) avec qui vous pousseriez plus loin... (si vous étiez célibataire, pour les fidèles qui ne le sont pas).

Voilà, je rends la politesse du tagage à la tigresse , j'y ajoute le canardJFCésar, et, attention, il s'agit de ne pas répondre à l'intitulé de la dernière chaîne, n'est-ce pas Spaulding ?


Plus que quelques semaines

La féline me tague sur un sujet auquel nous avons sans doute tous pensé, un jour ou l'autre :

"Et s'il ne vous restait plus que quelques semaines à vivre, que feriez-vous ?"

Je pense alors à mon cher frère, disparu à l'aube de ses 44 ans, il y aura déjà 6 ans en mars. Car il avait toujours su qu'il mourrait jeune. De santé fragile, atteint probablement par cette saloperie de syndrome rare qui nous bouffe les articulations à mon fils et à moi, le collagène de ses poumons était également touché et il souffrait d'une sorte d'asthme atypique. Ayant plusieurs fois frôlé la mort, il fallait lui éviter tout facteur de stress... Ceux qui l'ont provoqué ce jour-là savaient pourtant ce qu'ils risquaient de faire. Ils l'ont fait.

Mais je me rappelle comme il était joyeux, tout le temps, tout le temps. Il riait, se moquait de tout et de tous gentiment et savait nous faire rire comme personne. Il savait qu'il allait mourir, alors il passait son temps à apporter ainsi du bonheur aux gens. Il a bien rempli sa mission. Depuis, je ne sais ce qui s'est passé, si une parcelle de son âme s'est installée en moi, mais j'ai attrapé cette manie de faire de l'humour, je choque parfois les bien-pensants, mais c'est ainsi. Je ne fais aucun effort pour perdre cette manie, bien que je ne la force pas, c'est ma manière de lui rendre hommage respectueusement. (Il faut aussi dire qu'en Belgique, on pratique l'autodérision et je suis quelqu'un qui s'intègre tout naturellement).

La dernière fois qu'on s'était parlés par webcam, très peu de temps avant, mon frère m'avait fait beaucoup rire, c'est la dernière image que je garde de lui, et, comme dit la chanson, "elle est belle comme le souvenir au milieu d'un chagrin".

Donc, voilà une chose que je ferai, de l'humour.

Bien sûr, il est évident que je laisserai plein de recommandations à mon cher mari pour qu'il puisse s'occuper de notre fils et de notre ménagerie (2 boxers, 2 teckels et une chatte).

Mais aussi, je ferai un peu comme cette maman dont je vais vous raconter l'histoire qui a fait l'actualité en Angleterre :

Gemma Hoog a 31 ans et elle va mourir d'ici un an, au plus tard. Elle doit utiliser le peu de temps qui lui reste à organiser son départ et préparer ses trois enfants à vivre sans leur maman.

La jeune femme s'emploie à rédiger ce qui sera son testament d'amour : un journal à l'attention de son mari dans lequel elle note mille petites recommandations, des conseils d'éducation mêlés de détails pratiques, les recettes préférées des enfants, le contenu idéal de leur panier de goûter, l'importance de brosser tous les soirs les longs cheveux de sa fille...

Pour qu'ils sachent que leur maman sera toujours là quand ils auront besoin d'un câlin, Gemma fait imprimer une photo d'elle sur trois coussins - deux bleus et un rose - avec un message : "Pour toutes les fois où vous aurez envie de me serrer très fort dans vos bras." Et elle prépare trois boîtes à souvenirs. Elle y glisse des photos, des cadeaux, une bouteille de son eau de toilette, pour que les enfants se remémorent son parfum, plus un sac de petits cailloux récoltés sur la plage de Brighton, souvenir des jours heureux...

Gemma trouve encore l'énergie d'écrire une carte pour leurs anniversaires jusqu'à leurs 21 ans. Mais les jours fuient, elle sent ses forces l'abandonner. Elle s'accroche pourtant : elle a promis à Thomas de l'accompagner à sa première rentrée des classes, elle ne veut pas le décevoir. Hélas, la maladie galope, le 2 septembre, quatre jours avant la rentrée, la jeune femme doit être hospitalisée. Ce n'est plus qu'une question d'heures. Mais c'est compter sans sa détermination.

Le 6 septembre, elle signe une décharge et quitte l'hôpital, contre l'avis de ses médecins, pour conduire son garçon à l'école. Une ultime bravade face à la maladie qui lui a tout pris.

Épuisée, Gemma Hogg regagne ensuite l'hôpital. Elle est allée au bout d'elle-même, elle peut partir en paix. Elle s'éteint le lendemain, entourée de son mari et de ses enfants bouleversés. Dans la boîte à souvenirs de Thomas, il y a désormais une photo de plus. Celle de sa maman posant avec lui le jour de la rentrée des classes. Ils sourient tous les deux, et leur sourire est gravé pour l'éternité.

P.S. : J'ai pleuré "comme une madeleine" en lisant l'article et encore en tapant ce billet... Ah Minou, ne te mords pas les griffes de m'avoir fait pleurer, car, selon la citation attribuée à Malcom de Chazal, les pleurs sont la lessive de l'âme.

Article LND n°1464 - Photo tlife.gr








mardi 28 septembre 2010

Communiqué du Collectif des Démocrates Handicapés



Le CDH en ordre de marche pour 2011... et après.


Ce samedi 25 septembre 2010, le Collectif des Démocrates Handicapés (CDH), réuni en assemblée générale extraordinaire, a voté la modification de ses statuts et procédé à l'élection de son nouveau bureau exécutif national pour une durée de trois ans.

La confiance a été renouvelée, à l'unanimité, à Jean-Louis Fontaine pour poursuivre son action, entouré d'une équipe plus nombreuse et ayant le souci de "l'efficacité".

J-C Parisot, fondateur, ayant brillamment introduit la journée de travail, le CDH a procédé à sa réorganisation complète, mettant à profit ses dix ans d'existence et le maillage dont le mouvement dispose sur le territoire national et hors de nos frontières.

Le CDH souhaite, plus que jamais, appréhender avec une vision européenne les problématiques liées aux handicaps et au vieillissement de la population.

Fort d'une organisation mieux structurée, le CDH entend peser sur les choix politiques à venir qui concernent l'ensemble des Français. Dans l'immédiat, sur ceux concernant les retraites, et le scandale du "passage en force" de la réforme auquel se livre le gouvernement. La pénibilité au travail y est inéquitablement prise en compte et les travailleurs handicapés à peine pris en considération.

Maintenant, le CDH entend "vulgariser" auprès de l'opinion publique le débat sur le "5ème risque" de manière à éviter que ne soit bradée la protection sociale des Français.

"Le CDH présentera des candidats aux prochaines élections sénatoriales, a affirmé Jean-Louis Fontaine. Nous allons nous adresser aux grands électeurs pour les mettre devant leurs responsabilités quand ils vont élire les sénateurs renouvelables en 2011. Certains sénateurs font, en effet, le jeu de ceux qui sont prêts à sacrifier les plus vulnérables pour livrer notre protection sociale aux seuls grands intérêts financiers."

"Le CDH appellera d'autres mouvements autonomes à le rejoindre, sur ces dossiers dont il a une parfaite expertise", ajoute J-L Fontaine. En 2011 et après, le CDH saura faire entendre la voix des exclus.



+33 (0)665 12 11 30





mardi 21 septembre 2010

À l'école de Wolfgang, l'école inclusive


Reportage sur les classes d'inclusion scolaire de l'école communale de Brugelette, en Belgique, où les enfants de l'enseignement spécialisé sont scolarisés dans l'ordinaire.


Nous suivons le parcours du petit Wolfgang, 9 ans, atteint d'un syndrome d'Asperger, sorte d'autisme de haut niveau.


Le reportage est constitué d'une 1ère partie, suivie de questions sur le plateau à M. Jean-François Delsarte, conseiller pour l'enseignement spécialisé auprès de la ministre de l'Éducation en Belgique francophone et responsable de l'inclusion scolaire. Viennent ensuite une 2e partie, puis de nouvelles questions.


Voir le film ici.



mardi 7 septembre 2010

La Meute


"Quand tu te fais accepter d'une meute de loups, tu dois garder l'odeur"

(Wolfgang, 9 ans)
Crédits photo : De Vecchi

mardi 10 août 2010

Un Mensonge de Plus

Je suis ritale comme Estrosi

Je suis ritale comme Falco

Je suis ritale comme Bruni

Française de 2e génération comme Sarko...

mercredi 14 juillet 2010

Hortefeux, le nouveau Garcimore ?



Communiqué du Ministre de l'Intérieur :

Mis à jour le 14/07/2010 à 15 :24

"La nuit du 13 au 14 juillet s'est déroulée sans qu'aucun incident majeur n'ait été signalé, grâce aux 35 000 policiers et gendarmes mobilisés sur l'ensemble du territoire. Le dispositif de sécurité mis en place a démontré toute son efficacité. 392 personnes ont été interpellées, alors qu'elles étaient 240 en 2009. Le nombre de presonnes déférées a, pour sa part, augmenté de +62 %, passant de 190 en 2009 à 306 la nuit dernière.

Comme je l'avais annoncé dès l'année dernière et confirmé en janvier lors de la présentation des résultats de la lutte contre la délinquance, aucun chiffre de voitures brûlées ne sera communiqué pour la nuit du 13 au 14 juillet afin de mettre fin à cette tradition malsaine consistant à valoriser, chaque année à la même époque, des actes criminels. Des consignes ont été données aux préfectures afin qu'elles ne communiquent pas non plus sur le nombre de voitures brûlées dans leur département. Désormais, seul un bilan annuel sera rendu public.

La nuit prochaine, notre mobilisation sera totale. Je n'accepterai pas que ce moment de fête et de concorde nationale puisse être gâché par le comportements de voyous sans scrupules".

Commentaire de la Luciole :

Je ne vois pas comment on peut tirer mérite d'une augmentation du nombre d'arrestations, qui traduit une augmentation des faits de délinquance, plutôt que de se réjouir d'une baisse de la criminalité.

Mais cette baisse n'a pas eu lieu (sinon les chiffres - qu'on peut toujours arrondir dans un sens - seraient répandus par tous lémédia alabotte), et le silence imposé au ministère et aux préfectures peut plutôt nous faire suspecter le contraire, de même que le climat actuel.

Quel tour de passe-passe foireux !!!

Permettez-moi donc un calembour aussi fin que les sabots dont Brice s'est chaussé : le ministre transforme de mauvais chifffres en bons, faisant Hortefeux de tout bois !

Photo : La Dépêche.

lundi 5 juillet 2010

Elie l'a tuer


Lu sur le blog de JFK :


MESSAGE IMPORTANT : Ce blog et ce forum vont s'interrompre en juillet, mais ne reprendront pas en septembre. J'en suis triste, profondément, j'aurais tant voulu que nous réussissions tous ensemble cette expérience. Que nous fassions vivre un espace de liberté innovant et constructif.


Mais les nouvelles dérives d'hier (dont le dénommé Elie Arié est effectivement le principal responsable), et le refus de toute modération pourtant indispensable m'ont convaincu que ce n'était quasiment pas possible. Sauf, comme c'est le cas de beaucoup d'autres blogs, à se désintéresser complètement des commentaires. Mais cela irait contre notre philosophie, contre notre volonté d'échange. D'autant, et c'est mon plus grand regret, que de nombreux forumistes m'ont beaucoup apporté par leur talent, leur savoir, leur authenticité.


C'est d'autant plus dommage que ce vrai échec est paradoxalement la conséquence d'un vrai succès. Il faudra imaginer d'autres formes d'interventions collectives.
(NB de Luciolebrune : la mise de caractères en gras et les retraits de paragraphe sont de mon chef).


vendredi 25 juin 2010

Perquisition jusque dans la tombe d'un archevêque

À l'instar du Pape en sa prise de conscience, Le clergé belge se réveille.

Il y a eu le Mea Culpa et la démission de l'évêque de Bruges.
La police mène aujourd'hui des perquisitions au sein de l'Église belge.

Une de ces perquisitions est même allée, avec marteau-piqueur et caméra, jusqu'à la profanation de la tombe d'un archevêque.

Si la moindre des choses est que la justice soit faite, et que les pédophiles ne soient pas plus à l'abri sous des habits religieux que ceux de n'importe quelle corporation (ou pas de corporation du tout), même une "anti-pédophile viscérale" comme moi est profondément choquée de ces pratiques.

Sur une indication de travaux récents, on profane une tombe, peut-être deux. De dignitaires de l'église, dans la cathédrale de Malines. Même si j'ai perdu la foi il y a fort longtemps, je trouve que, quelque part, ce sont des circonstances aggravantes (ou décisives de l'action, selon ?). Bien sûr, si c'étaient les sépultures de simples quidams, ce serait tout aussi bouleversant (mais sans doute moins retentissant : en aurais-je entendu parler et aurais-je écrit ce billet ?). (Sans présager de mon lectorat question "retentissement", j'évoquais plutôt mon besoin d'écrire).

De plus, s'il y avait VRAIMENT eu des documents compromettants là-dedans, si ces documents avaient permis de résoudre une affaire de pédophilie, d'arrêter un coupable, et quoi ?

En Belgique, les pires actes de pédophilie, même avec séquestration, tortures, actes de barbarie, proxénétisme, etc., ne relèvent que du tribunal correctionnel (du moment qu'il n'y a pas meurtre), et leurs auteurs écopent de peines ridicules*, souvent avec sursis, effectuées au maximum au tiers de la peine ferme. Et encore, quand ils sont condamnés, ce qui n'est pas si souvent le cas.

Vraiment pas de quoi interrompre un repos qui aurait dû être éternel...

*Méfiez-vous que semblables dispositions ne soient pas prises en France, attention à la réforme que nous concocte MAM !

Image : Cathédrale de Malines.








mardi 15 juin 2010

Lynda Lemay - Si j'étais optimiste (Live)

Si j'étais optimiste...

En réponse au Tag de la Belle Mira, on doit donner nos 3 raisons d'être pessimistes et nos 3 autres d'être optimistes.
LES 3 RAISONS À MON PESSIMISME ACTUEL:
  1. L'homme
  2. La politique
  3. L'école

Le 1er me désespère. Capable de la pire cruauté sur les enfants, les vieux, les femmes, les animaux, en clair les plus faibles que lui, pas un jour sans nouvelle abominable à lire ou à entendre.

Trop d'usagers de la 2e me désespèrent presqu'autant. Selon comme souffle le vent, un jour vêtus de rouge, l'autre de vert, l'autre de rose, l'autre d'orange... couleur qu'ils oublieront aussitôt élus car la seule couleur qui leur importe finalement, c'est le marron du cuir de leur portefeuille.

Pour la 3e, je ne peux pas lire 2 phrases écrites par un "djeun" sans maudire "la fabrique du crétin" car le niveau d'orthographe et de spiritualité qui se dégage de ce genre de prose doit donner des envies de suicide à tous les profs consciencieux retraités.

LES 3 RAISONS À MON OPTIMISME ACTUEL :

  1. L'homme
  2. La politique
  3. L'école

Pour le 1er, que soit béni entre tous l'humble qui prend de son temps, de ses efforts, de son argent pour aider son prochain encore plus dans la peine que lui.

Pour la 2e, je veux rendre ici hommage à tous ces petits élus, presque anonymes, qui ne comptent pas leurs heures, ni leurs efforts afin de changer la société, qui croulent sous des responsabilités si lourdes face à l'insoutenable rareté de la gratitude. Je veux croire qu'en général, la seconde de cette charade noire et rose tient encore une porte, ne serait-ce qu'entrouverte, sur un avenir meilleur.

Pour la 3e, je n'aurais ici pas assez de mots pour décrire la beauté de ce lac où vient s'abreuver l'élève ayant soif de savoir, la vague de bonheur dans le coeur de parents s'émerveillant de la progression de leur enfant...

Je ne taguerai personne d'autre que la grande Lynda dans cette chaîne.

mercredi 2 juin 2010

Le Marronnier de Juin


Mer, montagne, ville, village, campagne ?



  • Où résidez-vous ?

  • Où partez-vous en vacances cet été ?

Je suis née au bord de la mer. J'ai habité la ville plusieurs fois. J'ai habité la campagne plusieurs fois.


Je suis allée en vacances à la mer, à la montagne, à la ville, au village, à la campagne.


J'habite aujourd'hui dans la forêt et j'adore. D'ailleurs, j'ai aimé tous les endroits (ou presque) où j'ai vécu et où je suis allée en vacances.


Cette année, nos vacances, ce seront... la forêt, car nous ne partons pas, examens de santé pour notre petit Wolfgang, nouvelle petite pensionnaire tigrée qui arrive...


Quelle(s) blogueur(se)(s) soumettre à ce questionnaire bateau ?

César (dont j'espère pour lui qu'il va prendre des vacances), Chantal qui vient de la mer comme moi, Hubert que je n'ai encore jamais tagué, Sylvain qui est rentré il n'y a pas si longtemps, Orange Pressé qui devra se reposer de ses partiels et qui ferait bien une fois - comme disent les Belges - de parler autre chose que de politique (ça fera des vacances à ses lecteurs), et puis un jeune marié qui devait faire un billet pour la mi-juin, ça tombe bien...


dimanche 23 mai 2010

Blog retrouvé


Paraît que César se prend pour Jack Malone et part à la recherche du cercle des blogueurs MoDem disparus.


J'avoue : j'ai bien essayé il y a quelque temps de publier un peu plus souvent, mais reprise par l'actualité trépidante de l'éducation en Belgique (nous fêtons les 40 ans de l'enseignement spécialisé) et ayant participé à des colloques, j'ai un peu mis mon blog de côté.


J'en ai encore un "sur le feu" (à résumer), auquel j'ai assisté le mois dernier, à propos de la formation des enseignants en vue de l'école inclusive, et aussi pas mal de liens d'actualités et de documents à y annexer, je viens il y a peu de retranscrire un précédent, sur les dés-intégrations scolaires, (échec, redoublement, décrochage, violences...), j'ai assisté aussi à un autre ce mois-ci sur l'évaluation de la déficience intellectuelle chez l'enfant.


Puis la fréquentation (dont nous nous passerions bien) assidue des hôpitaux, dans les services de rééducation pour moi-même et les examens pour notre petit Wolfgang (il faut vraiment autant de mois pour un diagnostic ?) est assez chronophage, et enfin, enfin le printemps est arrivé en Belgique, et nous en profitons : cela risque de ne pas durer... Mercredi, retour de l'hiver annoncé. Certainement, je passerai à nouveau plus de temps devant l'écran.


D'autant plus qu'il n'y aura pas d'interruption "vacances" cet été : devant l'incertitude au sujet de la santé de notre fils, nous n'avons pu réserver la pension animalière pour tous nos animaux (il faut fixer une date des mois à l'avance quand on a 4 chiens et un chat). De plus, après le départ de notre chère Fanny, nous attendons un chaton pour le mois prochain : impossible de le mettre en pension à peine arrivé, bien sûr. Il paraît que c'est une petite Padmée, après examen par son actuel propriétaire (vaut peut-être mieux, car un Sylvestre tigré, ça ne l'aurait peut-être pas fait).


De plus, ma foi, la campagne électorale des régionales étant terminée, celle des sénatoriales pas encore ouverte, nos détracteurs se font donc discrets et ça nous fait des vacances de ne pas avoir à démentir les tonnes de mauvaise foi habituelles, ce qui explique peut-être le silence de la blogo orange.


Combien de temps prend une lune de miel avant qu'on ait à nouveau l'envie irrépressible de tapoter son clavier ? Je pose la question à Nemo et lui dit au passage que mon fils tiendra son rôle pour le spectacle de l'école samedi prochain. Pour son costume de scène, j'ai dû lui acheter un collant... orange, mais oui !!!


Renaud a aussi son usine à billets en débrayage depuis mars.


Promis, le prochain article va suivre très bientôt : sans doute un tag sur les lieux de vacances (ouh le marronnier !!!), voilà qui devrait intéresser le "tas de fainéants" que nous sommes...









mardi 27 avril 2010

Le chat, l'insecte, Dieu et le Diable





Ça devait arriver !
Le chat a pris la luciole dans ses griffes et en a profité pour la taguer.

Déchaînons-nous : enchaînons-nous au spirituel questionnaire...

1ère question : Voteriez-vous pour Dieu s'il se présentait à la présidentielle ?

- S'il arrive à trouver dix justes parmi les politiques pour former un gouvernement OUI, mais c'est pas gagné !

2ème question : Jésus se présente à votre porte, il est :

a) Avec des chaussures de ville b) Une paire de All Stars c) Pieds nus d) Autre, Précisez

- Réponse d) Pour venir jusqu'à ma porte dans la forêt belge, il aura certainement pris la précaution d'enfiler une paire de bottes en caoutchouc en cas de Drache Nationale.

3e question : Comment éviter que l'église catholique ne se radicalise devant tant d'attaques ?

L'église catholique ne se radicalise pas devant les attaques. De nos jours, elle se radicalise devant l'émulation, par opposition à d'autres intégrismes.

4e question : Si Lucifer était une personne, à qui ressemblerait-il ?

À quelqu'un à qui on donnerait le Bon Dieu sans confession... J'ai des noms...

La luciole va à son tour allumer la torche et crucifier Christine.





dimanche 25 avril 2010

Fanny


Je me rappelle le jour où l'on s'est vues là 1ère fois. Tu étais derrière la grille de ta cage.

Tu étais si laide que nous avons eu pitié : tu ressemblais à E.T. ou quelque chose d'inconnu : un grand front bombé, des oreilles immenses, des yeux globuleux, tout le reste était si petit en proportion, dans ta tête et ton corps...

Personne ne voudrait de toi dans ce refuge.

Nous t'avons donc prise, et puis, avec toutes tes couleurs bizarres, mélange de noir, d'orange, de blanc, on ne risquerait pas de te confondre avec les chats des voisins : on te repèrerait vite.

Marius, notre jeune Bengal, venait de nous quitter, en traversant malencontreusement lors du passage d'une voiture.

Et c'est pour toutes ces raisons négatives que tu es rentrée dans notre vie.

Nous t'avons menée, pour te faire examiner, chez le vétérinaire. Là, nous avons appris que tu devais n'avoir que 5 ou 6 semaines, on t'a déclarée née du 1er avril, comme une farce.

L'homme en sarrau préférait prendre toutes les précautions questions vaccins, rappels et tests, parce que j'étais en plein traitement hormonal, parce qu'un petit Wolfgang ou une petite Eleanor était désiré, était-ce bien raisonnable de t'adopter alors ? Certes, mais avec toutes les précautions.

À notre grand étonnement, les jours, les semaines, les mois passant - comment as-tu su que mon conte préféré était celui du vilain petit canard ? - E.T. s'est transformé en magnifique créature. Les proportions de ta tête se sont harmonisées (front, yeux, oreilles).

Tous ceux qui avaient le privilège de te voir étaient étonnés de ton masque de Zorro dégageant exactement ta bouche, ton short "disco", contraste parfait de couleurs noire et orange aux cuisses sur le blanc des pattes arrières, tes pattes élancées, ta fourrure douce et brillante.

Tu me suivais partout. Panisse (notre premier chat, celui à qui "il ne manquait qu'une cravate jaune" pour être le chat de Geluck) t'avait acceptée. Panisse a voulu traverser la rue le jour où Wolfgang (c'était finalement un Wolfgang) devait venir. Panisse a rejoint Marius. Deux semaines plus tard, on a quand même du se résoudre à faire sortir la star Wolfgang de ses coulisses d'où, ma foi, il semblait se trouver bien, puisqu'il voulait y rester.

Tous les soirs, Papa (depuis ce jour-là c'est son nom) vous ramenait le petit body du bébé de la maternité : Topaze et Zelda, le couple de teckels, s'imprégnait ainsi de son odeur, comme toi, pour que vous fassiez déjà sa connaissance (autrement qu'en reniflant mon gros ventre).

Ce fut la fête, rentrés à la maison. Un beau jour, un voisin du bout de la rue a déposé une petite chatte de 5 mois dans le jardin : une en trop dans la portée... Il savait ce qu'il faisait, c'était une bonne maison. Elle n'est jamais repartie. Immédiatement, elle se mit dans le parc du bébé, interdisant aux deux chiens et à toi d'approcher de lui. Nouveau bilan de santé par précaution, et tous les soins par l'homme en sarrau. Elle était si jolie que je la baptisai "Avril".

Et quand Wolfgang eut 18 mois, Avril eut la malencontreuse idée de traverser la route... Fanny, tu fus alors le "dernier des mohicans" dans cette hécatombe. D'autorité, tu pris la place d'Avril près de Wolfgang, toutefois, tu me réservais ta préférence, me poursuivant de tes assiduités jusque dans le bain, sur les toilettes, sur le tapis de gym, et surtout, le lit !

Tu as suivi tant de péripéties : notre déménagement. Nouvelle habitation, nous devions nous installer dans une autre province, pour que notre petit Wolfgang puisse suivre l'enseignement spécialisé adéquat. Avions-nous bien fait de traverser toute la Belgique ? De vendre notre maison, que nous avions achetée pour rester près de Mamé mourante, puis, Mamé au Paradis, nous devons partir pour l'avenir, et quoi ?

Très belle région, notre nouvelle maison se situe dans la forêt. Les nuisibles ont si dévasté le parc que je perds espoir d'avoir autre chose qu'un gruyère pour terrain : les précédents propriétaires de notre nouvelle maison avaient déjà 3 chiens et 2 chats.

Il ne t'a fallu que quelques semaines pour tout remettre en ordre, ma belle. Les musaraignes, les mulots, les rats que tu n'as pas tués sont partis au loin. Les invasions de taupes ultérieures cèderont à ton efficacité. Je constaterai à chacune de tes absences pour cause de vacances ou, plus rarement, de maladie que les nuisibles essaient de revenir : tu les en dissuaderas vite, une balade en soirée te suffira.

Bizarrement, là tu te rendras compte que ton papa mérite aussi ton affection que tu lui prodigueras alors de plus en plus généreusement. Tu n'es pas une ingrate.
Tu as suivi toutes les évolutions de la famille : le chiot boxer mâle Friso qui fait son entrée, Topaze le teckel mâle qui nous quitte, la chienne boxer Hilde qui arrive, puis le jeune Icare, encore un teckel...

Jusqu'à ce mauvais tour d'aujourd'hui que tu nous as joué, après tes dix années passées parmi nous. Je ne saurai jamais si tu l'as fait exprès d'épouser l'asphalte à l'aide d'une voiture qui passait par là, mais je me rappellerai longtemps les cris de mon petit garçon.
Et ce soir, pour la première fois, je sais que je ne me plaindrai plus de tes griffes qui s'enfoncent dans ma chair que tu tètes en même temps, je sais que tu ne ronronneras plus comme un hélicoptère vrombrissant dans mes oreilles, je sais que ce soir, je vais mal dormir, car tout cela me manquera.
Tu nous auras laissé, comme un adieu, les photos que Wolfgang a prises ce dernier matin, juste avant ton départ, à la demande de notre vétérinaire, qui pensait que notre boxer mâle venait d'atteindre cette saison l'âge auquel il était le plus beau, raison pour laquelle ton petit maître avait pris l'appareil qui a permis de figer ces derniers instants de bonheur insouciant, et dont je dépose ici-même l'image éternelle.

mercredi 21 avril 2010

Meirieu et Pédagogie Nomade


Je viens de lire un article du Monde, "Violence à l'école", signé Philippe Meirieu.


Ici, un paragraphe a particulièrement attiré mon attention :


"Nous savons qu'il faut créer des unités pédagogiques à taille humaine encadrées par des équipes stables, favoriser l'engagement des professeurs dans des projets partagés, leur permettre d'assurer une présence éducative dans l'établissement en plus de leurs heures d'enseignement".


À ce sujet, je vous avais déjà parlé, dans un précédent billet sur les dés-intégrations scolaires, de "Pédagogie Nomade", dont l'un des "parrains spirituels", puisqu'elle s'inspire de sa pédagogie et a été fortement encensée par lui-même, n'est autre que... Philippe Meirieu.


Je vous laisse admirer un résultat de ces méthodes :




Je vous rassure, le Maître dépasse toujours l'élève, même en ces matières.


Saint-Brighelli, protégez nos enfants !


Je m'en vais relire tous les billets de blogs de l'hérétique sur l'éducation, avant de border mon fils, moi... Ça va me faire du bien.






mardi 20 avril 2010

L'école pour tous. Quelles formations pour les enseignants ?


Le 24 avril prochain, la Ligue des droits de l'Enfant et la plateforme associative pour l'intégration scolaire organisent un colloque à Bruxelles sur la formation des enseignants et du personnel de l'enseignement.

La récente Convention internationale des Droits de la Personne Handicapée impose aux États la mise en place progressive d'un enseignement inclusif. L'école inclusive est l'école de tous, quelles que soient les différences. Elle suppose donc :
  • Une école qui comprend tout le monde ;
  • Une structure administrative commune pour l'enseignement spécifique et ordinaire ;
  • La formation des enseignants ordinaires et spécifiques ;
  • La flexibilité et l'adaptation des cursus ;
  • Le partenariat avec les parents ;
  • La prise de conscience et l'information.

(Cf. Charte de Luxembourg 1996).

Ce colloque a pour objectif d'aborder la problématique de la formation des enseignants et de l'ensemble du personnel ayant une responsabilité dans le système éducatif dans l'optique d'une école inclusive. Intégrer des enfants à besoins particuliers au sein d'une école qui élimine déjà ceux qui n'ont "que" de simples difficultés d'apprentissage est la meilleure manière de les envoyer au massacre. Pourtant, l'inclusion d'enfants porteurs de différences est incontournable à moyen terme.

On n'inclut pas un handicap mais un enfant qui a une ou des difficultés d'apprentissage dues à une particularité. Finalement, tout en gardant les particularités liées à la situation de handicap ou à la maladie, existe-t-il une grande différence par rapport à ce qu'il se passe déjà avec tous ceux qui sont dans l'école ordinaire avec une ou de multiples difficutés d'apprentissage ? L'école inclusive devra donc être l'école de tous, avec des enseignants spécialisés dans la détection et la remédiation des difficultés d'apprentissage de tous les enfants, au-delà des différences.

La refonte de la formation initiale s'impose à terme. Comment ? Qu'y mettre ? Quelle durée ? Qu'existe-t-il à l'étranger ? Et quid de la formation continuée ?

En 2010, les 4 Hautes Écoles en pédagogie de Belgique qui donnent la formation en orthopédagogie fêtent leurs dix ans. Elles ont un bilan à proposer. L'intégration de l'orthopédagogie dans une formation longue des enseignants nous paraît difficilement contournable. Mais cela ne serait qu'une des pistes. Il y a certainement plein d'autres choses à dire...

Une approche globale et cohérente de la formation est un élément essentiel pour promouvoir l'école inclusive. Cette réflexion doit se faire en terme de :

  • Formation initiale : quelles connaissances essentielles et quel savoir-faire doivent-ils être mis en place pour assurer que tout futur enseignant soit à même de repérer des difficultés (observation), d'en cerner les caractéristiques (connaissances de base sur les troubles spécifiques), de jouer relais vers des ressources adéquates (travail en réseaux). De même pour les autres disciplines (thérapeutes, psychologues,...) : comment les préparer à travailler dans le sens de l'inclusion dès la formation initiale en Haute École ou à l'Université ?
  • En formation complémentaire : quel rôle peuvent jouer les formations complémentaires dans la préparation des personnels se destinants à travailler dans l'enseignement ?
  • En formation continuée : quelle place ont pris les formations organisées par l'IFC et les formations organisées par les différents réseaux ? Quelle cohérence y voit-on ?

(Texte préparatoire au colloque de la Ligue des Droits des Enfants).

mardi 23 mars 2010

Devant ou derrière, comme tu préfères


Ah, je parie que vous avez tous cliqué dessus, quand vous avez vu le titre ?

Petit(e)s coquin(e)s.

Vous serez de la revue !!!

C'était simplement le titre de ma réponse au tag de César sur ce qu'on ferait si on possédait une machine à voyager dans le temps. Je comptais demander à mon fils son choix pour vous le faire partager, mais sa réponse a été : "TOUTES les époques".

Tout d'abord, j'irais il y a un peu plus de 5 ans en arrière, et j'essaierais d'empêcher la mort de mon cher frère. Mon grand frère qui est aujourd'hui, et pour l'éternité, plus jeune que moi.

J'irais sans doute à la rencontre du père de mon mari que je n'ai jamais connu.

Ensuite, je voudrais assister à la libération de Paris.

Je chercherais à percer tous les secrets de beauté des pin-up des années 50/60.
J'assisterais aux tournages de Marcel Pagnol, et m'émerveillerais devant le jeu du grand Raimu.

Je regarderais par-dessus l'épaule de Victor Hugo quand il écrit.

Evidemment, je ne vais pas répéter ce que d'autres bloggeurs ont dit déjà dans la chaîne, mais vous pensez bien que je rendrais une petite visite aux pharaons, aux Romains (les matrones romaines et leurs esclaves masculins, j'en connais qui voudront aussi aller voir comment ça se passe), aux Aztèques, aux Mayas...

Ah et puis pour en avant, un certain dimanche de mai 2012 à 20 heures, ça OUI ça me tente bien !

Et je vais tagger mon homonyme Isabelle, qui ne manque jamais d'imagination, et notre cher Nemo que je trouve bien silencieux ces derniers jours, puisse ce thème l'inspirer...
Merci à Bettie Page et à son immortelle beauté.














mercredi 3 mars 2010

"Être plus fort au coeur"


Spécialement pour les connaisseurs en Rugby (à Jean) :


L'équipe de rugby de Toulon n'avait pas gagné le championnat depuis 1931. Régulièrement, elle échouait sur les huitièmes de finale, rarement plus loin.


Je suis née en 1965, à Toulon.


Mon frère - de 5 ans plus âgé que moi - me prenait par la main pour aller voir les matches quand j'étais petite : j'étais mordue, à l'époque... Les rugbymen étaient des amateurs, il n'y avait pas tout ce business autour que nous connaissons aujourd'hui.


Nous rentrions, souvent sous le mistral qui sait être si mordant, à la mi-temps du match au Stade Mayol parce-que-c'est-gratuit. Nous faisions parfois une petite sieste sur les gradins de béton, qui étaient plus moelleux et moins froids que ce que nous connaissions à la maison.


Plus tard, (j'étais ado) j'ai continué à pénétrer dans cette enceinte sans lui (parce qu'il n'y croyait plus) pour soutenir l'équipe à l'entraînement : le stade était ouvert, selon la coutume, au public. Je n'avais pour compagnons derrière le grillage que des "vieux de la vieille", messieurs du 3e et 4e âge, et nous étions ravis de communier à travers les générations et les sexes : nous portions un espoir : celui de voir "Les Petits", comme aurait dit le regretté Roger Couderc (le commentateur, pas l'homme politique) accéder au titre. Mes vis-à-vis s'étonnaient toutefois quelque peu de voir une jeune fille en savoir plus qu'eux sur les "nouvelles règles" rugbystiques.


Et puis, il y a eu cette finale de mai 1987. (Et, auparavant, toutes les éliminatoires que l'équipe de Toulon a passées). Nous étions de plus en plus nombreux, de plus en plus jeunes, de tous sexes (oui) à supporter cette équipe, les rangs grossissaient au fur et à mesure des éliminatoires remportées. Une foule immense était là pour porter cette équipe en triomphe à son retour sur le port.


Je m'étais retirée entretemps du nombre de leurs supporters : l'équipe n'avait plus besoin de moi. Notez au passage comme je jouais déjà les petites mouches inutiles.


Mais la petite mouche va retransmettre cette déclaration dont elle a été témoin un certain soir :

À la mi-temps de la finale du Championnat de France de Rugby, saison 1986-1987, un soir de mai 1987, le Capitaine de l'Équipe du Rugby Club Toulonnais, le grand Jérôme Gallion, a dit pour mobiliser ses troupes en difficulté :


"Au coeur, il faut être plus fort au coeur"



Au coeur, il faut être plus fort au coeur.


Le club a remporté le titre.