dimanche 27 janvier 2013

Les mêmes


En fait, ils sont tous là.
Ce sont les mêmes.
Les mêmes qui refusent à nos enfants « pas comme les autres » le droit d’aller à l’école. « Pour leur bien ». Parce qu’ils seraient malheureux d’aller à l’école avec les « enfants normaux » bien sûr.

Ce sont les mêmes qui refusent aux couples qui s’aiment de se marier parce qu’ils sont homosexuels.
Ce sont pourtant encore les mêmes qui s’indignaient naguère sur l’apartheid…

Oh, ils font ça pour « protéger les enfants ». De quoi ? Parce qu’être un couple hétéro, c’est forcément une assurance tous risques pour être bons parents ? Parce qu’être un couple homo, ça veut forcément dire qu’on sera des parents maltraitants ?

Vous êtes contre ce droit au mariage. 
« Pour leur bien », celui de vos enfants, qui sont ou seront peut-être homos, pensez donc à assumer et à devoir leur expliquer plus tard pourquoi vous êtes contre…

Et à ceux qui m'ont dit que c'était contre-nature de procréer par assistance (un "détournement" alors que ce ne serait "qu'une aide" pour les couples hétéros) je demanderais : n'est-ce pas à l'envers de toute chose que de renier ses enfants ? N'est-ce pas plutôt à l'enfant de s'affranchir de sa tutelle pour devenir adulte ?

À ceux qui se drapent dans leurs convictions religieuses, je rappelle que Pierre a renié son mentor avant le chant du coq, pas son enfant.

Laissez donc cette nation dont le symbole est aussi le coq s'exprimer, comme vous personne ne vous a empêché de vous exprimer contre la fin d'une discrimination.

Et surtout, n'employez plus pour vous les mots de "tolérance" "humanisme" "démocratie". Parce que, vraiment, ils ne vous vont pas. Pas plus qu'à un pays qui aurait pour devise "Liberté, Égalité, Fraternité" et qui continuerait à pratiquer l'apartheid, dans les mairies, dans les écoles, et partout...

Mix fakes/real


samedi 12 janvier 2013

Une journée comme une autre


Je ne résiste pas au plaisir de vous faire partager un instant de vécu de mon amie Nathalie, atteinte du syndrome d’Asperger comme sa fille :

"Hier au Starbucks, alors que je lisais le livre de Josef Schovanec  et que je riais aux éclats à certains passages...une dame qui était assise à coté de moi me demande si le livre est bien. Je lui réponds qu'il est excellent. 

Elle me dit immédiatement qu'elle l'a vu dans une émission et qu'elle l'a trouvé très touchant, très impressionnant et ajoute "ma fille, je crois qu'elle est autiste aussi" et là elle commence son couplet sur la "maladie"...je lui dis "non ce n'est pas une maladie...c'est une différence d'organisation cérébrale"...et je lui dis que je suis également aspie. 

Elle est surprise, mais commence à me dire "mais vous êtes handicapée, vous percevez une allocation, vous ne pouvez pas travailler"...je lui dis que je suis maman d'une jeune fille de 15 ans et que j'élève seule, que je n'ai pas d'allocation pour moi mais pour elle car, elle, on l'empêche d'être scolarisée normalement...bref, ni une ni deux, la dame me parle de psychanalyse....et là je sens que la pression monte, monte doucement...et je lui explique ce qu'est l'autisme, que c'est génétique et neurobiologique, et elle me demande "ah ce n'est donc pas la faute de la mère, n'est ce pas ?"

Je lui dis "pourquoi y aurait il une faute quelque part ? Et pourquoi la mère ? Pourquoi pas le chat, le chien, la grand mère, l'oncle ou même les psychanalystes stupides ?" Et là, mouvement de recul comme si je l'avais giflée, elle me dit "aaaah mais tous les psychanalystes ne sont pas ainsi....mais je me demandais si...." et voyant que je me replonge dans mon livre elle me laisse lire...puis un moment donné je me remets à sourire puis à m’esclaffer, mais bon, normal, c'était un passage où Josef parlait des anciens internes et qu'on pouvait se demander si ce n'était pas d'anciens internés des hôpitaux et qu'en fait il était plus probable que cela soit le cas....et je me faisais la réflexion que c'est ce que j'avais toujours pensé au sujet des psychiatres entres autres. 




Me voyant rire, elle me demande "vous ne prenez pas de traitement euphorisant au moins...vous avez réellement plaisir à le lire ?" Moi je réponds "non je ne prends aucun traitement, je ne suis pas malade je suis autiste !" et là je pense "ah la pauvre, devoir réprimer un plaisir et rire aux éclats, elle ne doit même pas savoir ce que c'est... il faut vraiment être une psykk frustrée et perverse pour avoir des idées aussi tordues !" Mais pourquoi les gens ne peuvent ils pas rire ostensiblement ni se faire plaisir ?" 

On parle de grilles de diagnostic, tente de me faire croire que ça ne repose sur rien...je lui explique que ça doit sûrement la dépasser mais que je compatis vis à vis de sa fille...si elle est réellement autiste elle doit souffrir de ne pas être comprise...elle tente de récupérer en me disant "justement, est ce qu'elle ne serait pas plutôt bipolaire...mais l'autisme et la bipolarité...c'est la même chose finalement ?" 

Je lui réponds que si elle croit ça c'est qu'elle n'a aucune compétence en matière psychiatrique ni neurologique...ni génétique d'ailleurs...et là je me lève je lui dis que je dois aller chercher ma fille au collège...et je lui dis que je souhaite que sa fille s'en sorte...et je lui dis "la psychanalyse, ça c'est une belle maladie !" Hihihihi !"

jeudi 10 janvier 2013

Les convois de la honte ?


Amandine Weaver est une battante. Une maman prête à tout pour le bien être de Maxence, son fils de 8 ans et demi. Un enfant diagnostiqué autiste en 2007. Alors quand le taxi qui emmène Maxence tous les jours dans son école en Belgique lui a parlé de la loi de financement sur le transport sanitaire, la jeune maman a été « scandalisée » « C'est stupide et c'est inhumain », juge-t-elle.

Amandine Weaver n'a pas réussi à scolariser son fils en France. Depuis la rentrée de septembre 2010, il va donc au Clair logis, une école d'Havré, dans la banlieue de Mons. Matin et soir, un taxi vient le chercher chez lui, à Petite-Forêt, pour l'emmener de l'autre côté de la frontière. Il part le matin à 7 h 45 et revient vers 17 heures. Demain avec les appels d'offres et les transports groupés, elle craint fort que le trajet de son fils se rallonge plus que nécessaire : « Si ça se met en place, son temps de transport risque d'être triplé. Il passera alors près de 4 h 30 par jour dans les transports."

Amandine avec Maxence, son fils de huit ans et demi, scolarisé au Clair Logis, une école d'Havré, en Belgique.

La maman comprend d'autant moins la mesure que son fils ne coûte rien à la Sécu française : «C'est le contribuable belge qui paie pour l'école de Maxence. S'il était dans un IME, en France, ça coûterait 950 E par jour. Là, le transport coûte 2 500 E par mois. Rien comparé au financement en IME. L'État ne paie pas pour la scolarité de mon fils ; il doit avoir au moins le droit d'avoir le transport payé ». La mère de famille comprend la nécessité de faire des « restrictions budgétaires» mais pas au détriment des personnes transportées. Elle craint par exemple de la maltraitance avec des personnes pas forcément aguerries au transport d'enfants handicapés avec des troubles du comportement. Depuis qu'il va en Belgique, Maxence s'est habitué à son chauffeur de taxi, toujours le même. Elle craint aussi des « bus de la honte. Ils vont ramasser les personnes handicapées pour les emmener en Belgique ».

Depuis que son fils va à l'école, en Belgique, Amandine Weaver l'a vu progresser : « Il va très bien. Il est heureux. Il a tellement attendu le jour où il irait à l'école, lui qui n'a jamais pu aller en classe de maternelle. Aucune école en France ne voulait de lui. Là il commence à lire avec la méthode des Alphas. C'est plus difficile pour écrire mais il manipule l'ordinateur et le traitement de texte. Il a développé d'autres capacités. Il avance et progresse. » Alertée par le chauffeur de taxi de Maxence, Amandine Weaver a décidé, à son tour, de sensibiliser Marc Bury, le maire de Petite-Forêt. Elle l'a rencontré hier après-midi : « Il est solidaire du combat des taxis ». Comme elle.

VÉ. B. (La Voix du Nord)

Le rapport de Cécile Gallez de 2008 recense 2 920 jeunes enfants accueillis dans l'enseignement spécialisé belge et 1 900 enfants handicapés accueillis en établissements spécialisés. 59 % sont originaires du Nord, 13 % du Pas-de-Calais, 14 % d'Ile-de-France et 9 % de Lorraine.

Commentaire : la France ferait bien mieux de scolariser convenablement ses enfants, au lieu de rogner sur leurs frais de transport. Le prix de cet exil coûte bien plus en honte qu'en argent.

EDIT : Cette proposition de loi a été abandonnée.

vendredi 4 janvier 2013

Un seul acteur, des milliers d’exilés


Un acteur exilé fiscal, des milliers de personnes handicapées et âgées exilées de la honte nationale : devinez de qui on parle le plus ?




Française en Belgique ayant depuis peu obtenu la nationalité belge, je ne peux laisser passer certaines affirmations que j’ai pu entendre, corrélant la demande de nationalité belge des résidents français à un exil fiscal systématique.

Je suis venue en Belgique non pas par exil fiscal, mais par amour, puisque mon futur mari était Belge.

J’ai demandé la nationalité belgenon pas par exil fiscal, mais pour remercier le pays qui a sauvé mon fils, en le scolarisant avec les moyens adéquats, afin que son autisme ne le prive pas de son avenir, dès que j’ai su que je pouvais conserver ma nationalité françaiseafin de pouvoir aussi aider mon pays d’origine puisque l’occasion s’en présentait. 

Pour en finir avec les affaires Depardieu et consorts, je dirais ceci :

Blaise Dehon pour La Libre


On vous rendra vos riches quand vous saurez convenablement vous occuper de vos personnes handicapées, sans devoir demander à votre petite cousine belge de le faire à votre place. Honte à la France.