mardi 27 avril 2010

Le chat, l'insecte, Dieu et le Diable





Ça devait arriver !
Le chat a pris la luciole dans ses griffes et en a profité pour la taguer.

Déchaînons-nous : enchaînons-nous au spirituel questionnaire...

1ère question : Voteriez-vous pour Dieu s'il se présentait à la présidentielle ?

- S'il arrive à trouver dix justes parmi les politiques pour former un gouvernement OUI, mais c'est pas gagné !

2ème question : Jésus se présente à votre porte, il est :

a) Avec des chaussures de ville b) Une paire de All Stars c) Pieds nus d) Autre, Précisez

- Réponse d) Pour venir jusqu'à ma porte dans la forêt belge, il aura certainement pris la précaution d'enfiler une paire de bottes en caoutchouc en cas de Drache Nationale.

3e question : Comment éviter que l'église catholique ne se radicalise devant tant d'attaques ?

L'église catholique ne se radicalise pas devant les attaques. De nos jours, elle se radicalise devant l'émulation, par opposition à d'autres intégrismes.

4e question : Si Lucifer était une personne, à qui ressemblerait-il ?

À quelqu'un à qui on donnerait le Bon Dieu sans confession... J'ai des noms...

La luciole va à son tour allumer la torche et crucifier Christine.





dimanche 25 avril 2010

Fanny


Je me rappelle le jour où l'on s'est vues là 1ère fois. Tu étais derrière la grille de ta cage.

Tu étais si laide que nous avons eu pitié : tu ressemblais à E.T. ou quelque chose d'inconnu : un grand front bombé, des oreilles immenses, des yeux globuleux, tout le reste était si petit en proportion, dans ta tête et ton corps...

Personne ne voudrait de toi dans ce refuge.

Nous t'avons donc prise, et puis, avec toutes tes couleurs bizarres, mélange de noir, d'orange, de blanc, on ne risquerait pas de te confondre avec les chats des voisins : on te repèrerait vite.

Marius, notre jeune Bengal, venait de nous quitter, en traversant malencontreusement lors du passage d'une voiture.

Et c'est pour toutes ces raisons négatives que tu es rentrée dans notre vie.

Nous t'avons menée, pour te faire examiner, chez le vétérinaire. Là, nous avons appris que tu devais n'avoir que 5 ou 6 semaines, on t'a déclarée née du 1er avril, comme une farce.

L'homme en sarrau préférait prendre toutes les précautions questions vaccins, rappels et tests, parce que j'étais en plein traitement hormonal, parce qu'un petit Wolfgang ou une petite Eleanor était désiré, était-ce bien raisonnable de t'adopter alors ? Certes, mais avec toutes les précautions.

À notre grand étonnement, les jours, les semaines, les mois passant - comment as-tu su que mon conte préféré était celui du vilain petit canard ? - E.T. s'est transformé en magnifique créature. Les proportions de ta tête se sont harmonisées (front, yeux, oreilles).

Tous ceux qui avaient le privilège de te voir étaient étonnés de ton masque de Zorro dégageant exactement ta bouche, ton short "disco", contraste parfait de couleurs noire et orange aux cuisses sur le blanc des pattes arrières, tes pattes élancées, ta fourrure douce et brillante.

Tu me suivais partout. Panisse (notre premier chat, celui à qui "il ne manquait qu'une cravate jaune" pour être le chat de Geluck) t'avait acceptée. Panisse a voulu traverser la rue le jour où Wolfgang (c'était finalement un Wolfgang) devait venir. Panisse a rejoint Marius. Deux semaines plus tard, on a quand même du se résoudre à faire sortir la star Wolfgang de ses coulisses d'où, ma foi, il semblait se trouver bien, puisqu'il voulait y rester.

Tous les soirs, Papa (depuis ce jour-là c'est son nom) vous ramenait le petit body du bébé de la maternité : Topaze et Zelda, le couple de teckels, s'imprégnait ainsi de son odeur, comme toi, pour que vous fassiez déjà sa connaissance (autrement qu'en reniflant mon gros ventre).

Ce fut la fête, rentrés à la maison. Un beau jour, un voisin du bout de la rue a déposé une petite chatte de 5 mois dans le jardin : une en trop dans la portée... Il savait ce qu'il faisait, c'était une bonne maison. Elle n'est jamais repartie. Immédiatement, elle se mit dans le parc du bébé, interdisant aux deux chiens et à toi d'approcher de lui. Nouveau bilan de santé par précaution, et tous les soins par l'homme en sarrau. Elle était si jolie que je la baptisai "Avril".

Et quand Wolfgang eut 18 mois, Avril eut la malencontreuse idée de traverser la route... Fanny, tu fus alors le "dernier des mohicans" dans cette hécatombe. D'autorité, tu pris la place d'Avril près de Wolfgang, toutefois, tu me réservais ta préférence, me poursuivant de tes assiduités jusque dans le bain, sur les toilettes, sur le tapis de gym, et surtout, le lit !

Tu as suivi tant de péripéties : notre déménagement. Nouvelle habitation, nous devions nous installer dans une autre province, pour que notre petit Wolfgang puisse suivre l'enseignement spécialisé adéquat. Avions-nous bien fait de traverser toute la Belgique ? De vendre notre maison, que nous avions achetée pour rester près de Mamé mourante, puis, Mamé au Paradis, nous devons partir pour l'avenir, et quoi ?

Très belle région, notre nouvelle maison se situe dans la forêt. Les nuisibles ont si dévasté le parc que je perds espoir d'avoir autre chose qu'un gruyère pour terrain : les précédents propriétaires de notre nouvelle maison avaient déjà 3 chiens et 2 chats.

Il ne t'a fallu que quelques semaines pour tout remettre en ordre, ma belle. Les musaraignes, les mulots, les rats que tu n'as pas tués sont partis au loin. Les invasions de taupes ultérieures cèderont à ton efficacité. Je constaterai à chacune de tes absences pour cause de vacances ou, plus rarement, de maladie que les nuisibles essaient de revenir : tu les en dissuaderas vite, une balade en soirée te suffira.

Bizarrement, là tu te rendras compte que ton papa mérite aussi ton affection que tu lui prodigueras alors de plus en plus généreusement. Tu n'es pas une ingrate.
Tu as suivi toutes les évolutions de la famille : le chiot boxer mâle Friso qui fait son entrée, Topaze le teckel mâle qui nous quitte, la chienne boxer Hilde qui arrive, puis le jeune Icare, encore un teckel...

Jusqu'à ce mauvais tour d'aujourd'hui que tu nous as joué, après tes dix années passées parmi nous. Je ne saurai jamais si tu l'as fait exprès d'épouser l'asphalte à l'aide d'une voiture qui passait par là, mais je me rappellerai longtemps les cris de mon petit garçon.
Et ce soir, pour la première fois, je sais que je ne me plaindrai plus de tes griffes qui s'enfoncent dans ma chair que tu tètes en même temps, je sais que tu ne ronronneras plus comme un hélicoptère vrombrissant dans mes oreilles, je sais que ce soir, je vais mal dormir, car tout cela me manquera.
Tu nous auras laissé, comme un adieu, les photos que Wolfgang a prises ce dernier matin, juste avant ton départ, à la demande de notre vétérinaire, qui pensait que notre boxer mâle venait d'atteindre cette saison l'âge auquel il était le plus beau, raison pour laquelle ton petit maître avait pris l'appareil qui a permis de figer ces derniers instants de bonheur insouciant, et dont je dépose ici-même l'image éternelle.

mercredi 21 avril 2010

Meirieu et Pédagogie Nomade


Je viens de lire un article du Monde, "Violence à l'école", signé Philippe Meirieu.


Ici, un paragraphe a particulièrement attiré mon attention :


"Nous savons qu'il faut créer des unités pédagogiques à taille humaine encadrées par des équipes stables, favoriser l'engagement des professeurs dans des projets partagés, leur permettre d'assurer une présence éducative dans l'établissement en plus de leurs heures d'enseignement".


À ce sujet, je vous avais déjà parlé, dans un précédent billet sur les dés-intégrations scolaires, de "Pédagogie Nomade", dont l'un des "parrains spirituels", puisqu'elle s'inspire de sa pédagogie et a été fortement encensée par lui-même, n'est autre que... Philippe Meirieu.


Je vous laisse admirer un résultat de ces méthodes :




Je vous rassure, le Maître dépasse toujours l'élève, même en ces matières.


Saint-Brighelli, protégez nos enfants !


Je m'en vais relire tous les billets de blogs de l'hérétique sur l'éducation, avant de border mon fils, moi... Ça va me faire du bien.






mardi 20 avril 2010

L'école pour tous. Quelles formations pour les enseignants ?


Le 24 avril prochain, la Ligue des droits de l'Enfant et la plateforme associative pour l'intégration scolaire organisent un colloque à Bruxelles sur la formation des enseignants et du personnel de l'enseignement.

La récente Convention internationale des Droits de la Personne Handicapée impose aux États la mise en place progressive d'un enseignement inclusif. L'école inclusive est l'école de tous, quelles que soient les différences. Elle suppose donc :
  • Une école qui comprend tout le monde ;
  • Une structure administrative commune pour l'enseignement spécifique et ordinaire ;
  • La formation des enseignants ordinaires et spécifiques ;
  • La flexibilité et l'adaptation des cursus ;
  • Le partenariat avec les parents ;
  • La prise de conscience et l'information.

(Cf. Charte de Luxembourg 1996).

Ce colloque a pour objectif d'aborder la problématique de la formation des enseignants et de l'ensemble du personnel ayant une responsabilité dans le système éducatif dans l'optique d'une école inclusive. Intégrer des enfants à besoins particuliers au sein d'une école qui élimine déjà ceux qui n'ont "que" de simples difficultés d'apprentissage est la meilleure manière de les envoyer au massacre. Pourtant, l'inclusion d'enfants porteurs de différences est incontournable à moyen terme.

On n'inclut pas un handicap mais un enfant qui a une ou des difficultés d'apprentissage dues à une particularité. Finalement, tout en gardant les particularités liées à la situation de handicap ou à la maladie, existe-t-il une grande différence par rapport à ce qu'il se passe déjà avec tous ceux qui sont dans l'école ordinaire avec une ou de multiples difficutés d'apprentissage ? L'école inclusive devra donc être l'école de tous, avec des enseignants spécialisés dans la détection et la remédiation des difficultés d'apprentissage de tous les enfants, au-delà des différences.

La refonte de la formation initiale s'impose à terme. Comment ? Qu'y mettre ? Quelle durée ? Qu'existe-t-il à l'étranger ? Et quid de la formation continuée ?

En 2010, les 4 Hautes Écoles en pédagogie de Belgique qui donnent la formation en orthopédagogie fêtent leurs dix ans. Elles ont un bilan à proposer. L'intégration de l'orthopédagogie dans une formation longue des enseignants nous paraît difficilement contournable. Mais cela ne serait qu'une des pistes. Il y a certainement plein d'autres choses à dire...

Une approche globale et cohérente de la formation est un élément essentiel pour promouvoir l'école inclusive. Cette réflexion doit se faire en terme de :

  • Formation initiale : quelles connaissances essentielles et quel savoir-faire doivent-ils être mis en place pour assurer que tout futur enseignant soit à même de repérer des difficultés (observation), d'en cerner les caractéristiques (connaissances de base sur les troubles spécifiques), de jouer relais vers des ressources adéquates (travail en réseaux). De même pour les autres disciplines (thérapeutes, psychologues,...) : comment les préparer à travailler dans le sens de l'inclusion dès la formation initiale en Haute École ou à l'Université ?
  • En formation complémentaire : quel rôle peuvent jouer les formations complémentaires dans la préparation des personnels se destinants à travailler dans l'enseignement ?
  • En formation continuée : quelle place ont pris les formations organisées par l'IFC et les formations organisées par les différents réseaux ? Quelle cohérence y voit-on ?

(Texte préparatoire au colloque de la Ligue des Droits des Enfants).