jeudi 23 mai 2019

Une épidémie d'autisme, vraiment ?


Plutôt que de faire de la pub aux psykks et de les victimiser en voulant les censurer (ne pas oublier les risques d’effet Streisand) en mobilisant deux pelés, trois tondus, diffusez la bonne parole, celles des scientifiques qui rappellent, entre autres, que non, les mères ne sont pas responsables de l’autisme de leur enfant.


mercredi 8 mai 2019

Nul n'est inemployable, vraiment ?



Bon ce matin je viens d’apprendre une chose. Je viens d’apprendre que tout le monde peut travailler. Super nouvelle ! NUL N’EST INEMPLOYABLE.

Oh, mais tout va bien, on vous explique dans l’article que l’AAH (allocation adulte handicapé) va augmenter… Sauf qu’à bien à y regarder de plus près, non seulement c’est faux, mais c’est pire qu’avant

On voit bien que Mme Cluzel est la maman d’une jeune femme qui est apte à travailler, qu’elle ne connaît pas (ou plutôt fait semblant d’ignorer) les handicaps plus sévères : polyhandicap, déficience intellectuelle profonde, autisme profond, comportements-problèmes sévères…

Vous imaginez, vous, une personne grabataire ou dans une coque pouvoir travailler ? Eh bien, sachez qu’une ministre, elle-même mère d’une enfant en situation de handicap, ancienne présidente d’association, y croit. Tant de manque de réflexion n’étant pas possible chez une secrétaire d’État, il faut bien se rendre à l’évidence : c’est de la démagogie pour faire des économies.

Vous pensez bien que la Macronie se voit déjà attribuer un revenu à condition d’une activité. Si, si… 
Et les autres, on en fait quoi ? On les laisse mourir de faim ? Bah y’aura bien une solution…

Remarquez que jusqu’à très récemment, certaines personnes en état de grande dépendance peuvent même gouverner. Enfin, avec de la démagogie on peut essayer de faire croire à tout. 
Même Superman avait renoncé à voler après son accident, mais en politique on peut tout se permettre !

Le manque d’empathie est-il un handicap ? En tout cas, ceux qui en sont sévèrement atteints nous gouvernent, les faits le confirment.

Comme je l’expliquais dans mon précédent article, il n’y a pas de petites économies.
Oh, on a bien essayé en haut lieu de m’expliquer que non, des établissements belges ne sont pas repris dans le contrat pluriannuel d’objectifs et de moyens (manque de pot, j’ai les preuves écrites, et par l’administration qui plus est). Quant aux baisses de dotation pour les établissements, cela est général et se passe aussi en France (je suppose que ça vient du fameux SERAFIN-PH pour la tarification), que certains établissements ont été augmentés (donc il y a au moins des menteurs dans l’affaire : les établissements en question ou l’administration).

Et surtout, que les économies réalisées ne l’étaient pas pour un motif économique, mais c’est pour la société inclusive, qui démarre avec l’école inclusive. (Les parents seront heureux de l’apprendre, quelles bonnes nouvelles décidément !). Que la réponse accompagnée pour tous et son plan d’accompagnement global ne sont pas du bricolage, mais LA solution. Bien sûr, je vais le croire.

Bon faudra m’expliquer comment on fait de la meilleure qualité quand, au lieu de petites unités de vie, on fait ce qu’il faut bien appeler des « usines » à personnes handicapées…

Mais suis-je bête ! Y’a qu’à les mettre au travail ! Et puis, certains auto-représentants auto-proclamés auto-diagnostiqués, idiots intelligents utiles du gouvernement, ne cessent de répéter partout qu’ils sont tous des génies de l’informatique. Hop, utilisons les murs des institutions pour en faire des minis Silicon Valley françaises !

C’est pas beau ça ? Sophie Cluzel à l’économie, et la France n’a plus de problèmes !

jeudi 2 mai 2019

Rapatriements forcés de Français handicapés de Belgique


Actualité brûlante pour les Français en situation de handicap en Belgique. Alors, grande vague de rapatriements forcés ou pas ? En-deçà des gros titres accrocheurs des journaux, la vérité que vous connaissez bien elle, est toujours là :



-       Il est de plus en plus difficile de faire accepter ou maintenir une orientation en Belgique, et surtout les frais y afférent (hébergement et particulièrement le transport pour les enfants transfrontaliers qui font l’aller-retour quotidien domicile français/école spécialisée belge ou résident dans un internat scolaire public) ;

-        Chaque année, les établissements hébergeurs voient leur dotation baisser, alors que les salaires sont indexés ; quelle qualité d’accueil peut-on maintenir dans ces conditions ? In fine, la survie même des établissements n’est plus envisageable à plus ou moins long terme ;

-        10 établissements belges ont été repris dans le CPOM français (contrat pluriannuel d’objectifs et de moyens), officiellement, « les plus grands, les plus anciens » (ce qui veut dire les moins chers, les tarifs bas étant viables uniquement si on échelonne les coûts sur le nombre ; ce qui est une marche arrière par rapport au nouvel arrêté wallon qui relève drastiquement les normes : petites unités de vie, chambres particulières…) ;

-        L’on n’hésite plus, ces dernières semaines, à interrompre la prise en charge de frais de transport d’élèves en plein cycle du primaire, alors qu’ils étaient scolarisés en Belgique et y progressaient depuis la maternelle ;

-        L’on rapatrie des personnes qui sont là depuis des décennies, elles ne sont plus que des objets ;

-         L’on se fiche des familles qui ont déménagé, quitté leur emploi, vendu leur maison, pour être plus près de leur enfant/adulte ;

-        L’on ne propose toujours rien d’équivalent en France pour ces personnes et leur famille : du bricolage institutionnalisé (Réponse accompagnée pour tous, plan d’accompagnement global : quelques heures par-ci, quelques heures par-là – psychiatrie pour les cas trop compliqués – justement ceux qu’on envoie en Belgique). Quid des enfants et des adultes que nous avons réussi à sortir d’années de contention, de mise en isolement, de camisole chimique ? Quid de ces enfants pour lesquels il a fallu que l’école les sèvre et leur réapprenne à manger autrement qu’en léchant l’assiette car pendant des années, ils étaient restés les mains attachées dans le dos ? Quid de ces adultes autistes en unités pour malades difficiles, plus faites pour les serials killers que pour les personnes autistes dont si peu de professionnels en France savent prévenir et gérer les troubles du comportement et qui trouvent une solution adaptée en Belgique pour 10 fois moins cher ?

-        Quid de l’arrêt des nouveaux départs en Belgique, même voulus par les familles ? (oh on ne les empêche pas d’y inscrire leur proche, mais elles doivent alors financer par elles-mêmes) ;

-        Quid d’un calendrier pour apporter en France les solutions qu’on trouve en Belgique avant d’arrêter le flux ?

-        Quid de l’article 18 de la Convention relative aux droits des personnes handicapées, sur le choix de la résidence, du pays de la résidence, de la libre circulation des personnes ?

-        Quid de la scolarité, quand la circulaire contre les départs non voulus en Belgique ne propose que du médico-social ou du sanitaire pour les enfants, sans avoir même invité le ministère de l’éducation à son élaboration ?

-        Quid de ses familles poursuivies par des services sociaux français mal formés, confondant handicap et maltraitance, et qui ont trouvé refuge pour leur enfant en Belgique ?

-        Quid du déracinement imposé une 2e fois à des gens ici depuis des décennies, dont certains n’ont plus de famille ?

-        Quid de l’éloignement quand une famille de la région parisienne voit son enfant transféré de Belgique au sud-ouest de la France ?

Non, bien sûr, il n’y aura pas de vague de rapatriement massif, la France en est bien incapable. Mais le gouvernement se doit de répondre aux questions que les personnes françaises en Belgique et leurs familles se posent.

Le 30 avril à Paris, pour la Conférence nationale du handicap, un groupe de travail destiné aux Français de Belgique s’est ouvert. En même temps (comme dirait quelqu’un), les associations les représentant n’y sont pas conviées…


samedi 20 avril 2019

Messieurs les censeurs, je ne vous salue pas


Je vous invite à lire l’excellent interview de mon ami Laurent Savard qui remet les pendules à l’heure pour les vantards de l’autisme glamour. Ah mais c’est vrai, les autres ils ne sont pas qu’autistes, la déficience intellectuelle c’est un double diagnostic, suis-je bête.

Mais on va te faire croire qu’ils sont tous des génies, des acteurs, des beaux parleurs. Bien sûr.

J’aurais voulu directement partager l’interview de mon ami Laurent Savard sur Facebook, mais voici le message que j’ai reçu :



Moi, je file un zéro pointé
À ceux qui n'ont plus rien
Pas d’empathie, juste du baratin
On changera pas votre avis
Vos belles pensées
Pouvez-vous au moins
Ne pas censurer autrui ?

À tous les recalés de la générosité
Les handicapés du cœur, les oublieux de l’équité
Si vous pensez à nous, c'est en fait égoïste
Mais demain vos enfants peut-être grossiront la liste

Aujourd'hui, on n'a plus le droit
De n’avoir pas de bras, de chocolat
Dépassé le je pense à toi
Chacun pour soi, tu penses à toi

Je te demande pas de te taire
Mais juste de pas parler au nom de mon fils
Un peu d’humilité et de modestie
Dans tes discours, tes écrits.

Pense aux effets de ta prose
Sur les parents devant leur télé
Avant de te faire interviewer
Pour qu’on ne t’ait pas en overdose

T’as pas mauvaise conscience
Ça t’empêche pas d'dormir
Et pour tout dire, ça fait du bien à tes finances
C'est encore mieux si on t’admire

Mais ça devient dangereux quand le public croit
Qu’on est tous comme toi

J'ai pas de solution pour lui ouvrir les yeux
Et du gouvernement tu fais le jeu
Pour nier les misères, et ne pas y remédier
Alors si tu pouvais arrêter de nous censurer…

MERCI !



mardi 16 avril 2019

Pas que des pierres



Non, ce ne sont pas que des pierres.

Des générations d’ouvriers, d’artisans, de compagnons, d’artistes les ont assemblées pendant des siècles, certains ont dû en payer le prix de leur vie lors d’accidents.


Elles sont du temps où les hommes savaient bâtir.
Le temps où les hommes savaient construire du durable, du beau : un savoir qu’on a perdu, peut-être à jamais.

Le temps où les hommes étaient capables de se sacrifier pour leur spiritualité, et non pas comme aujourd’hui où, quand ils le font, c’est dans un acte pour tuer le plus possible d’autres hommes.

Le temps où les constructions sauraient dans le futur résister aux guerres et aux cataclysmes naturels, le temps où les ponts ne s’écroulaient pas brusquement, au moyen-âge comme dans l’antiquité.

Le temps où les hommes bâtissaient pour élever leur âme, faire l’histoire sans en tirer reconnaissance. Pas pour en tirer profit ni gloire.

Le temps où les hommes étaient des hommes.