mercredi 1 juin 2011

Double nationalité

Mon fils a la double nationalité, belge et française, et moi-même, Française résidant en Belgique, j'effectue en ce moment les démarches pour obtenir cette nationalité belge, ayant appris récemment que depuis 2009, on n'est plus obligé de renoncer à la nationalité française pour l'acquérir.

Mme Le Pen vient d'envoyer une lettre aux députés français pour leur demander de supprimer le droit à la double nationalité.



La dérive de l'UMP vers le FN fera-t-elle que mon fils et moi devrons renoncer à un des deux pays que nous aimons, et qui font autant partie l'un que l'autre, de notre histoire et de nos racines ?


 






Non, je n'aime pas ce qu'est en train de devenir cette France, cette France de haine, de malheureux à qui les vrais responsables de leurs malheurs désignent des boucs émissaires. Si je dois choisir une nationalité, ce ne sera pas celle du pays qui m'aura obligé de choisir.





lundi 21 mars 2011

TOUS coupables


Ainsi donc, l'abstention a atteint des taux records.


Ainsi donc, le Front National devient un grand parti.


Ainsi donc, un tsunami "nucléaire" au Japon n'aura pas suscité une déferlante verte en France.




Pourtant, on a tous lu ce que l'extrême-droite a écrit comme pages de l'histoire.
Il est vain et néfaste d'accuser les autres, toujours les autres, d'être les responsables de cette marée brune.

Oui, le gouvernement, - et ses prédécesseurs depuis les années 1980 -, ont, par la mauvaise qualité de leur travail, permis à ce parti d'attirer du monde, lui dont les scores devraient logiquement toujours flirter avec les 1 %

Oui, le gouvernement actuel en rajoute une couche dans la surenchère.

Oui, les politiques de gauche sont plus préoccupés de faire tomber leurs rivaux internes que de s'occuper des citoyens.

Oui, ceux et celles qui clamaient haut et fort incarner une 3e voie ne nous l'ont guère montrée, la voix Marine elle, l'a fait, même si cette voie est effrayante.

Des solutions avant la prochaine catastrophe des présidentielles ?

Que les gens de gauche arrêtent de se bouffer le foie entre eux, dans leurs propres partis. Enfin, il ont eu le mérite, contrairement à d'autres, de proposer un programme : l'égalité réelle. Au mépris de l'équité. Pour moi la seule égalité qui vaille c'est celle des chances, je ne crois pas que ce soit un avenir valable de faire de ses concitoyens des assistés en creusant le déficit pour entretenir un vivier d'électeurs. Bah, après tout, une bonne partie de ces propositions est tout simplement irréalisable, mais les Français ont l'habitude des fausses promesses.

Je ne vois pas pourquoi les citoyens se fatigueraient à étudier et travailler si on leur garantit qu'on prendra les revenus à ceux qui le font pour le redistribuer.

Les écolos dans leur grande majorité revendiquent appartenir à cette gauche et donc en ont les défauts, en plus on pourra dire que leurs choix ne sont pas toujours judicieux, même en matière de défense de l'environnement (un comble), nous pouvons pressentir une certaine lassitude de l'électorat envers eux, au moins partielle.

Quant à l'extrême-gauche d'Olivier Besancenot elle se dilue dans ses excès, son flirt avec certaines figures du terrorisme, leader historique d'Action Directe jamais repentant, ou son attitude ambigüe envers l'islamisme intégriste. Nathalie Artaud n'arrive pas à dépasser l'ombre écrasante de sa célèbre aînée Arlette (aux scores pourtant légendairement riquiqui mais à la constance infaillible). Mélenchon, véritable bête de scène, risque de ne pas tenir la distance vers 2012 à cause de ses éclats médiatiques et des travers dont souffre la gauche, que je viens d'évoquer.

Et la 3e voie, de Bayrou, de Villepin, je veux l'entendre moi, leur voix nous la montrer. Que préparent-ils ? Vont-ils enfin nous dévoiler un programme efficace, concret et réalisable ? Ou bien capitaliseront-ils un nombre de voix sur leur nom qu'ils iront déposer en offrande aux pieds de DSK pour un ministère, Bayrou l'éducation, Villepin le Quai d'Orsay ?
Maintenant que la maison brûle, en seront-ils réduits à sauver les meubles ? Ou veulent-ils encore réellement et sincèrement bâtir ?

Villepin a déjà commencé à esquisser quelques lignes. Il devrait présenter son programme sous peu. Nous verrons la validité de la partie financement de son "revenu citoyen".



Bayrou n'a pas encore enclenché la dynamique "programme", celle-là même qui, du moins en grande partie, lui avait permis de réaliser un si bon score en 2007. Il se borne pour l'instant aux déclarations d'intentions, de valeurs, dont l'électorat, à juste titre, se contrefiche, voulant savoir  ce qu'il va manger et les risques qu'il encourt.

Nous verrons s'il se décide enfin à expliquer  comment il va procéder pour relocaliser l'emploi et anéantir l'échec scolaire.

Ce faisant, ils ont laissé la voie libre au Front National, qui est le seul parti "hors-système" à proposer un véritable programme, oh critiquable sur bien des points, mais qui a le mérite d'exister, tout comme celui du PS.

Il est à noter que les socio-démocrates, les démocrates, les gaullistes sociaux, tous disent qu'il faut qu'ils travaillent ensemble pour sauver le pays, mais aucun ne fait effectivement le 1er pas envers l'autre, ce qui arrange bien les affaires de l'UMP tendance sarkozyste.

Bayrou et Villepin auront-ils les 500 signatures ? Sarkozy va freiner des quatre fers, mais, comme me le faisait remarquer un ami, il est probable que les élus socialistes seront plus ouverts à les parrainer, afin de mettre en peine Sarkozy pour atteindre le 2e tour. Enfin, disons que tout dépendra si le ou la candidat(e) de leur propre camp leur convient, à ces élus, sinon il feront comme en 2007 : il feront tout pour que leur candidat(e) échoue... Sans compter que Bayrou et Villepin peuvent aussi rafler des voix aux socialistes.

Et le gros carton rouge je vais le décerner à MM. Copé et Sarkozy, qui refusent un front républicain contre le FN. Au nom de toute l'histoire, vous me donnez envie de vomir aujourd'hui. Je remercie les personnalités de la majorité qui ont osé braver les consignes sur ce coup-là. On s'en souviendra au futur, croyez-moi.


Seraient-ce les prémices à une alliance FN/UMP, dont le "nouveau" (bien qu'officieux) porte-parole Eric Zemmour s'en fait depuis longtemps le prosélyte ? Nul doute que l'idée est déjà passée par certaines têtes de l'UMP ; si les pas n'ont pas encore été officiellement effectués, c'est que la crainte de l'humiliation engendrée par un très possible refus de Marine le Pen est plus forte que l'appât du gain.

Quant au Front National, vous voyez son essor en politique ; ce n'est qu'une partie : en souterrain, il infiltre des associations, des syndicats : que ces organisations soient vigilantes.

Bon, on a fait le tour des politiques, et nous alors ? Nous, citoyens qui n'allons pas voter, qui votons Marine le Pen par protestation, nous qui attendons des politiques qu'ils prennent en charge notre vie, qui rêvons tous de gagner le gros lot du loto pour aller vivre notre vie paradisiaque en égoïste, nous n'avons pas un peu notre part dans cette mise à mal de nos valeurs républicaines et démocratiques ?

TOUS coupables, je vous dis.



 



mercredi 9 mars 2011

Pris sur le mur de Chantal Brunel

Pris sur le profil de Chantal Brunel, à l'Assemblée nationale (Voir : "Groupe d'amitié")



















Nostalgique des Boat-people ?



jeudi 6 janvier 2011

Échec et double, et double échec (2)

Deuxième interview par Pierre Bouillon, journaliste au Soir (Belgique)

Jean-Pierre Coenen, Président de la Ligue des droits des enfants :

"Le redoublement est une maltraitance"

1ère interview ici.  


Image : France-Soir

L'enquête Pisa signale que les pays pratiquant le redoublement ont des résultats médiocres.

On le sait depuis longtemps. Le redoublement n'est qu'un symptôme - celui de l'échec, qu'on pratique sans état d'âme. Le fait est que l'on vit un marché scolaire où les écoles se concurrencent en faisant valoir leur niveau d'exigence. On juge que l'échec est normal. La "bonne école" est pyramidale avec 150 enfants en 1ère secondaire, 60 en 6e [NDLuciole : en Belgique, on dit 1ère, puis 2e, 3e... inversement à la France]. Et 90 ont été évacués vers d'autres filières. C'est culturel. Des familles demandent cela. On vit dans une société compétitive.

Il faut bannir le redoublement ?

Oui. Il faut pratiquer la remédiation immédiate. On pratique trop vite l'évaluation sommative - qui sanctionne. Il faut d'abord pratiquer l'évaluation formative - on contrôle le niveau des élèves. Si les compétences sont acquises, on passe à l'évaluation sommative. Sinon,  on pratique la remédiation. En classe. Immédiatement. Je suis instituteur. La classe est divisée en deux groupes. Dans chaque groupe, chacun est responsable de ses propres apprentissages et de ceux des autres enfants du groupe. Et les élèves, entre eux, osent se dire les choses. Ils osent se dire : "J'ai pas compris parce que j'étais dans les nuages".

On dit souvent : tout le monde ne peut pas réussir. Faux. Tout le monde peut réussir. Ce qui différencie les enfants, et c'est pour ça qu'il faut une pédagogie différenciée, ce n'est pas l'intelligence, c'est la vitesse d'apprentissage. À l'élève lent, moi, je dis : "Tu veux du temps ? On va t'en donner." Et au bout du compte, il maîtrise les compétences et ses copains qui l'ont aidé ont consolidé leurs acquis en aidant l'élève plus lent. Au total, le niveau de tous a augmenté.

Pisa montre que le redoublement est inefficace, inutile.

Des centaines d'études l'ont montré. On sait qu'un enfant qui redouble va augmenter son niveau jusqu'à Noël avant de retomber au niveau qui était le sien un an avant.

Vous assimilez le redoublement à de la "maltraitance"...

Un enfant qui redouble est en souffrance. Il vit avec le sentiment d'incompétence acquis. Il est extrêmement honteux. J'ai accueilli un élève qui avait redoublé. Il m'a dit "Vous fatiguez pas, j'suis con". Il faut des années pour changer le mental de ces enfants-là. L'école est un droit. Si l'école ne met pas en pratique tout ce qui est possible pour amener les enfants à maîtriser les compétences - comme la remédiation - alors, il y a déni de droit.



La luciole reprend la plume. Elle va poser la questions à d'autres blogueurs : que pensent-ils du redoublement ?

Attention, il peut y avoir des exceptions : on peut tous connaître des cas d'enfants ayant redoublé avec succès à la clé. Mais, comme les études le montrent, pour la très grande majorité, ce ne sera pas le cas.

Aussi, comment s'est passé ce redoublement "réussi" ? Avec remédiation à l'école, à la maison ? Souvent, les parents mettent les moyens après un redoublement : plus d'assistance de leur part, voire l'embauche d'un professeur particulier. Ce qui fait que ce qui profite à l'enfant n'est pas le redoublement en lui-même, mais les moyens mis en oeuvre à cause de lui.

Les blogueurs que je taggue :

Sylvain (l'animateur de la commission éducation au MoDem : à tout seigneur tout honneur), Françoise, membre de cette même commission, César dont on sait la passion pour l'éducation, Minou, qui, je parie, va écrire "des baffes !" dans sa réponse, JF que cela devrait intéresser aussi, une nouvelle venue sur la blogosphère : la petite Claire, et deux blogueurs que je crois n'avoir jamais tagués encore : Frédéric LN et Christian. Tous auront des arguments intéressants à la question, je crois.

mardi 4 janvier 2011

Échec et double, et double échec (1)

Le redoublement

Double interview par Pierre Bouillon, journaliste au Soir, le quotidien belge. La 1ère ici :

Étienne Michel, Directeur général du Secrétariat général de l'enseignement catholique (Segec)

 "Travaillons plutôt en amont"

L'enquête PISA signale que les pays où le redoublement est pratiqué, (Belgique, France, Luxembourg, Portugal, Espagne) ont de mauvais résultats.



Pisa teste les enfants de 15 ans, quelle que soit leur année scolaire. Il est donc logique que le redoublement, en effet beaucoup pratiqué chez nous, ait un effet sur les résultats. Ce serait différent si Pisa testait les élèves d'une année scolaire précise. Avant de réfléchir au redoublement, il faut analyser Pisa. Le résultat en lecture est le signe que nous allons dans la bonne direction. Nous avons quasi rejoint nos pays de référence*, de tradition social-démocratie comme Suède, Finlande, Danemark, Royaume-Uni. La Corée est plus performante? Mais que savons-nous de la Corée ? Notre société peut-elle être valablement comparée à la Corée ?

Et le redoublement ? À bannir ?

Le redoublement est un symptôme, le révélateur d'une difficulté scolaire - il signale que le Conseil de classe a considéré que l'élève ne maîtrise pas les compétences attendues. Maintenant, il faut s'interroger sur la dimension pédagogique du redoublement. Des pédagogues éminents, comme Marcel Crahay (ULg), ont démontré de façon convaincante que le redoublement ne peut être considéré comme un "moyen" pédagogique. Il n'a pas de valeur intrinsèque.

Alors ? Il faut le bannir ?

Travaillons plutôt en amont, sur ce qui explique nos meilleurs résultats à Pisa.

Et quelles sont ces raisons ?

D'abord, il y a une prise de conscience collective - que Pisa n'a fait qu'accélérer - de ce que la lecture est "le" savoir de base, qui conditionne tous les autres. Cette prise de conscience a touché les enseignants, les équipes éducatives à la recherche des meilleures méthodes de lecture, le politique, qui a appelé à recentrer sur les apprentissages de base - c'est le Contrat pour l'école de Marie Arena [NDLuciole : l'ex-ministre de l'enseignement en Belgique]. Et les fédérations de pouvoirs organisateurs, comme la nôtre, qui travaille sur les évaluations externes - on permet à nos écoles de se situer par rapport à la moyenne, par rapport aux écoles proches, par rapport aux écoles qui ont un même type de public scolaire, etc. Voilà : il y a eu une mobilisation générale et le début d'un cercle vertueux. S'il est vrai que le redoublement n'est qu'un symptôme, il ne faut pas agir sur le révélateur mais sur les difficultés qui sont révélées. Travaillons en amont, en développant notamment la remédiation - en classe, et, si hors classe, à l'école.

*[NDLuciole : dans son Communiqué de presse du 8 décembre dernier, la Ligue des droits de l'enfant disait : "Ce mardi, d'aucuns se réjouissaient de la progression de la Belgique dans le classement PISA. Si celui-ci est réjouissant - la Belgique occupe le 11e rang sur 64 pays - il est essentiellement dû aux résultats de la Communauté flamande et, dans une moindre mesure, de la Communauté germanophone. Les quelques progrès que la Communauté française a réalisés en lecture (+14 points) ne doivent pas occulter les difficultés qui s'agrandissent en mathématique et surtout en sciences".

La 2e partie de ce billet sera consacrée à l'interview de JP Coenen, le Président de la Ligue des droits de l'enfant]

mercredi 22 décembre 2010

La chaîne, le poisson et le centre.

Alexandre me met en maillon d'une chaîne.

L'enjeu est d'expliquer ce qui fait la spéficité centriste.

Beaucoup doutent de l'existence du centre.

Je vais donc leur donner mon sentiment personnel. Qu'est-ce qui fait que je me définis comme centriste et non gauchiste ou droitiste ? Rien à voir avec le fait que sois gauchère pour certaines choses et droitière pour d'autres, et que ces choses n'ont jamais été interchangeables chez moi.

Ce qui définit le mieux mon engagement politique, c'est la parabole du poisson :

"Si tu donnes un poisson à un homme, il mangera un jour. Si tu lui apprends à pêcher, il mangera toute sa vie".

Je pense qu'être à gauche, en gros, c'est donner le poisson. Je pense qu'être à droite, en gros, c'est confisquer le matériel de pêche. Je pense qu'apprendre à pêcher, c'est être centriste.

Evidemment, ceci est très schématisé et c'est pour cette raison que j'ai insisté en caractères gras. Car cela souffre beaucoup d'exceptions et est très réducteur, malgré que mon discours soit en train de s'enfoncer dans l'épaisseur...

Je vais même appeler ici aux cris de protestation de trolls gauchers et droitiers : au plus on est à gauche, au plus on en rajoute : on pêche le poisson, on le vide, on l'écaille, on le cuisine, on met la table, on débarrasse la table et on fait la vaisselle.
Au plus on est à droite, on confisque le matériel de pêche, les bâtons pour s'en fabriquer, les forêts dont les branches des arbres pourraient être taillées en bâtons...

J'exagère je vous dis ! En fait, je me trompe plutôt, car notre Président actuel qui n'est pourtant pas à l'extrême-droite fait tout cela, lui, au grand désespoir des vrais gaullistes qui savent ce que droite sociale veut dire... Tandis que certains bien plus à droite se montrent préoccupés, au moins dans leur discours, des "petits" citoyens, populisme oblige.

Pour finir ce billet un peu bâclé (mes nombreuses responsabilités font que j'ai encore une tonne de travail à accomplir en ces vacances), je vais essayer de me rattraper en citant un ami qui m'est très cher, il se reconnaîtra :

"Finalement le centre reste à sa place, c'est tantôt la droite tantôt la gauche qui se recentrent et donnent l'illusion d'optique que le centre serait fluctuant".

Il m'avait écrit cette très jolie (et vraie) phrase cet été, je l'ai conservée car cette citation devait l'être, et je lui avais dit que je m'en servirai un jour. Merci à Alexandre de m'avoir permis de le faire.