samedi 29 août 2009

Le Loup devenu Berger (Jean de la Fontaine)


Le Loup devenu Berger


Un Loup qui commençait d'avoir petite part

Aux Brebis de son voisinage,

Crut qu'il fallait s'aider de la peau du Renard

Et faire un nouveau personnage.

Il s'habille en Berger, endosse un hoqueton,

Fait sa houlette d'un bâton,

Sans oublier la Cornemuse.

Pour pousser jusqu'au bout la ruse,

Il aurait volontiers écrit sur son chapeau :

C'est moi qui suis Guillot, berger de ce troupeau.

Sa personne étant ainsi faite

Et ses pieds de devant posés sur sa houlette,

Guillot le sycophante approche doucement.

Guillot le vrai Guillot étendu sur l'herbette,

Dormait alors profondément.

Son chien dormait aussi, comme aussi sa musette.

La plupart des Brebis dormaient pareillement.

L'hypocrite les laissa faire,

Et pour pouvoir mener vers son fort les Brebis

Il voulut ajouter la parole aux habits,

Chose qu'il croyait nécessaire.

Mais cela gâta son affaire,

Il ne put du Pasteur contrefaire la voix.

Le ton dont il parla fit retentir les bois,

Et découvrit tout le mystère.

Chacun se réveille à ce son,

Les Brebis, le Chien, le Garçon.

Le pauvre Loup, dans cet esclandre,

Empêché par son hoqueton,

Ne put ni fuir ni se défendre.

Toujours par quelque endroit, fourbes se laissent prendre.

Quiconque est Loup agisse en Loup :

C'est le plus certain de beaucoup.

samedi 11 juillet 2009

Le dernier ghetto


Aujourd'hui, j'ai choisi de vous parler de l'avenir.

J'attendais de nouveaux éléments pour écrire mon prochain article, (une vue "étrangère" sur la politique française et le MoDem) mais, comme ils ne me sont pas encore transmis, je vais donc passer à l'avenir.

L'avenir immédiat, ce sont les élections régionales.

L'État confie de plus en plus de responsabilités aux régions, d'aucuns diront que c'est dans un souci de décentralisation, d'autres d'économie.

Quelle qu'en soit la raison, le résultat est là : les élections régionales seront cruciales pour notre avenir.

Je voulais vous parler de l'avenir d'une population dont nous pouvons tous faire partie un jour.

Notre société, qui a mis si longtemps à accepter les différences de couleur de peau, de religion, de sexualité, a gardé un dernier bastion d'inaccessibilité.

Nous naissons, certains sont blacks, certains sont beurs, certains sont feujs, certains sont musulmans, certains sont gays. Ceux qui ne sont pas dans tel ou tel cas n'oseraient reprocher la différence de ceux qui le sont.

Par contre, nous serons tous, si la vie nous le permet, vieux. Nous sommes tous suceptibles d'être dépendants. Nous sommes tous suceptibles d'être handicapés ou de mettre au monde des enfants qui le soient.

Et, est-ce par peur de ce miroir que nous renvoie l'handicapé ? Nous refusons de le considérer, nous lui refusons le plein acccès à la société. Trottoirs, escaliers, signaux visuels, auditifs, école-pour-l'-enfant-"normal"....

C'est pour cela que je demande que la condition de l'accessibilité soit une part importante dans l'enjeu de ces régionales.

C'est pour cela que je veux que cette question ait la place qui lui revient dans le programme du MoDem.

C'est pour cela que je demande que, dans des régions, il y ait des personnes chargées des commissions handicap à une place ÉLIGIBLE sur les listes électorales.

L'idéal, pour plus de justice, serait d'ailleurs qu'au regard des commissions, l'on ait une répartition des rôles. S'il n'est pas possible d'avoir dans toutes les régions les responsables de toutes les commissions à une place éligible, il serait bon de répartir les fonctions dans les listes au niveau national pour une équité et surtout une efficacité.

Le problème du handicap me tient particulièrement à coeur, mais il n'est pas le seul problème. C'est donc aussi un exemple pour illustrer les autres thèmes. Que pensez-vous d'une répartition équitable à l'aide des commissions ? Il me semble que cela règlerait pas mal de problèmes, de choix des compétences, de refus de lobbying...

Je soulève aussi la question suivante : un bon "commissaire" n'est pas forcément un bon "débatteur" ou un bon "élu". Donc, le cas par cas doit aussi bien être étudié.

Il me semble qu'ainsi, nous aurions toutes les personnes compétentes pour faire avancer -et changer- les choses.

J'attire votre attention sur le logo que j'ai mis en photo. C'est un panneau de signalisation qui avertit les automobilistes de la proximité d'une école. Le petit garçon - c'est évident, il est sur un fauteuil roulant - est handicapé. Il a un cartable. La petite fille aussi a un cartable. Ce sont donc des écoliers. Mais la dame qui les accompagne est une infirmière, car la petite fille est malade.

L'école pour tous, car l'école est le premier contact avec la société. Il ne viendrait pas à l'esprit de refuser des élèves pour leur couleur de peau. Pourquoi les refuserait-on à cause de leur handicap ?

Les élections régionales doivent aussi répondre à cette question.