dimanche 7 février 2010

Sarkozy vu par les Belges

Lundi 25 janvier dernier, dans "le courrier de l'Escaut", journal belge, était paru un billet de Robert Nicolas intitulé : "Casse-toi pov'con". Je vous laisse deviner qui y figurait en vedette.

J'avais décidé de le mettre de côté afin de vous en réserver la teneur pour après les élections régionales, car j'avais la crainte que l'on prenne cette diffusion pendant la campagne pour de l'antisarkozysme primaire.

Or, voilà que notre ami Le Crapaud du Marais sort un billet dans lequel il se fait quelque peu l'avocat de notre cher Président, et Claudio pense qu'il a tort, et Mirabelle lui explique pourquoi. Et cela m'incite à avancer la publication de ce qui suit.

Je me garderai bien de juger dans ce billet, je veux juste recopier, mot pour mot, ce que dit M. Nicolas (le journaliste), un Belge, donc forcément plus objectif que nous les Français, au sujet de Nicolas (le président).

Casse-toi, pov'con
(Illustration by Greg Newbold)


Vu cette semaine à la télé : un débat, chez Guillaume Durand, sur les écarts de langage des hommes politiques français qui ont perdu le sens de la dignité, croient que la vulgarité est un signe de modernité, dérapent et gaffent en oubliant les micros et les caméras. Et tout le monde de rappeler le mot célèbre de Sarkozy : "Casse-toi pov'con !", auquel on a envie de répondre, comme l'aurait fait Cyrano de Bergerac : "C'est tout ? Ah non ! C'est un peu court, jeune homme".


L'insulte est une parade qui permet de garder son calme quand l'envie de cogner se fait pressante. Mais c'est tout un art qui peut conduire jusqu'à l'absurde et ainsi à la poésie. L'insulteur digne de ce nom prépare soigneusement son coup. Il aiguise sa phrase pour la rendre plus tranchante. Il peaufine son ouvrage avant de dégainer. Et pour cela, il faut du talent et de l'imagination.

Quand Sarkozy insulte, c'est quand même assez pauvre et très plat. La haine et l'agressivité sont là, mais il manque l'esprit. Casse-toi, pov con !, c'est ringard. Celui qui l'éructe se déclasse. L'insulte parle autant de son auteur que de celui à qui elle s'adresse. Ainsi, c'est parfois celui qui le dit qui l'est.

Que le pov'con se console en sachant que la rage et la morgue font partie de l'indomptable nature de certains chefs. On dit que Sarko est comme ça avec tout le monde, même avec ses ministres. En tout temps et en tous lieux, il reste férocement lui-même. Partout et toujours, cet homme survitaminé est emporté par le pouvoir, le jeu de l'humiliation et le contentement de soi. Et en affichant tous ses signes extérieurs de richesse, il est vraiment tout le contraire de Cyrano. Lui, c'est moralement qu'il avait ses élégances.