mardi 29 septembre 2009

Retour sur une affaire de moeurs


Beaucoup d'excellentes choses ayant déjà été écrites, voir les billets de l'hérétique, de Nemo Auditur et celui de ses liens, la luciole vient apporter ici un éclairage supplémentaire de Belgique (facile, vu que les autoroutes de ce pays sont éclairées). Pas très écolo, mais pratique pour éviter des accidents.


Je ne reviendrai que brièvement sur les faits que :


  • la chose ayant été jugée, il n'y a pas prescription.

  • il est bien triste qu'on arrête un homme si âgé, mais s'il n'avait pas fui pendant plus de 3 décennies, on l'aurait arrêté plus tôt

  • n'est-il pas venu de lui-même se jeter dans la "gueule du loup" en cherchant ainsi, inconsciemment ou pas, à la fin de sa vie, une quelconque rédemption ?

  • cela fait ainsi d'autres victimes : les enfants qu'il a eus après sa fuite, et qui n'avaient rien demandé à la naissance, comme tous les enfants.

Beaucoup ont déploré sur la blogosphère, l'indulgence et, si j'ose dire, le "militantisme" de la sphère people en sa faveur.


En vérité, rien qui ne m'ait étonné. Qu'un ministre de la culture, lui-même auteur d'ouvrage (la mauvaise vie) où il raconte son "marché aux éphèbes", ses voyages vers les "boys thaïlandais", père adoptif de 3 jeunes garçons le défende ? Cela coule de source. Le président de la République aurait été bien avisé d'observer une neutralité sur l'affaire, mais, après tout, ce n'est ni la première, ni la dernière bourde qu'il commet.


J'attire ici votre attention sur un lobby que certains ont eu le courage de combattre.


Je parle d'un lobby dénoncé (entre autres personnes) par une maman d'enfant disparu (assassiné) en Belgique. Cette maman a dû s'exiler au Canada, tant les pressions contre elle en retour étaient grandes. Cette maman qui a éprouvé la douleur de perdre sa fille, a été accusée publiquement de tous les maux : son téléphone étant mis sur écoute car elle était soupçonnée, elle a commis l'imprudence (l'impudence ?) de prendre un RDV chez le gynécologue (eh oui, c'est une femme, donc...) On a répandu la rumeur que sa fille était en fait décédée d'un avortement clandestin qu'elle même avait fait pratiquer. (Je vous laisse imaginer pourquoi il y a eu des fuites).


En fait, sa fille était au nombre des victimes de Fourniret.


Lors du procès Dutroux, un de ses présumés complice, suspecté d'être l'organisateur de réseaux, a été blanchi de toute accusation, étant donné qu'il n'y avait aucune preuve matérielle contre lui, du moins au tribunal. Car la preuve apportée par un pompiste, sous forme de paiement par Carte Bleue de plein d'essence la veille d'un "repérage" effectué avant l'enlèvement d'une victime sur son itinéraire s'était opportunément "perdue" avant le procès.


Voisins de la Belgique, les Pays-Bas ont même leur parti pédophile, qui milite pour le "nouvel amour" et dont les revendications sont :



  • abaissement de l'âge de la majorité sexuelle à 12 ans

  • permission à partir de cet âge de tourner des films pornographiques, même avec des animaux

  • permission de quitter le domicile parental

  • permission de consommer des drogues et de l'alcool

  • à terme, suppression de l'âge de la majorité sexuelle

Bien sûr, à condition que l'enfant soit consentant. C'est certainement ce que diront les pères qui ont violé leur bébé dès le retour de la maternité.


Des associations, défenseures des droits des enfants, on traîné ce parti devant les tribunaux. Le juge les a déboutés. Selon lui, ce parti est légal, les électeurs trancheront.


Dutroux (qui a enterré ses petites victimes vivantes afin de plaider non coupable de crime au cas où il aurait été arrêté), Fourniret, Pierre Bodein dit Pierrot le Fou qui a éventré ses victimes et mis leurs organes génitaux dans un sachet à côté d'elles, les laissant agoniser ainsi de longues heures, étaient tous de dangereux multi-récidivistes en liberté, pour lesquels la justice s'est révélée plus que clémente. L'épouse et complice de Dutroux ne devrait d'ailleurs pas tarder à être libérée, en tous cas dès que l'on estimera que tout risque de lynchage est écarté.


Quelle relation avec un homme qui a simplement abusé d'une fillette en la droguant et lui faisant boire de l'alcool ? Ce n'est pas un monstre, il a eu sa part d'épreuves (le Ghetto de Cracovie, sa mère décédée à Auschwitz, l'assassinat horrible de sa femme et de l'enfant qu'elle portait nous pousse à éprouver de la compassion pour lui). Il a d'ailleurs dit à ce sujet qu'il avait toujours aimé les très jeunes femmes, et encore plus après la mort de sa femme. Une part plus importante d'altruisme l'aurait poussé à faire une analyse afin de ne pas bousiller toute une vie pour 5 minutes de plaisir, mais...


La relation entre les monstres et les célébrités qui goûtent à tous les plaisirs, même ceux qui détruisent les autres, c'est cette complaisance qui entoure les auteurs d'actes de pédophilie. Cette caste, cette intelligentsia qui crie haro sur Bayrou, encense les écrivains et autres people qui se vantent publiquement de leurs actes pédophiles dans leurs ouvrages et sur les plateaux télé.

Ceux qui voulaient faire signer une pétition dans les années 80 afin que la sécu rembourse des voyages en charters vers les pays de tourisme sexuels pour les pédophiles français en font partie.


Soyez attentifs à ceux de nos élus qui voteront, si le cas se présente dans le futur, un abaissement de l'âge de la majorité sexuelle : de ce lobby, ils en sont.


Je relève toutefois l'attitude courageuse de Luc Besson, qui n'aboie pas avec la meute, et dont, une fois n'est pas coutume, je partage l'avis (à ce sujet).


Je vivais déjà en Belgique, au moment de l'affaire Dutroux, et comme tout un peuple, j'ai été traumatisée par cette affaire, et, comme Luc Besson qui est un papa, je suis une maman, c'est tout vous dire.

Voilà, juste un billet pour vous dire ce que vous savez déjà en tant que parents : soyez vigilants.





10 commentaires:

Hervé Torchet a dit…

J'avoue que j'ai une opinion plus nuancée sur l'affaire :

http://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/ce-que-l-affaire-polanski-enseigne-62326

luciolebrune a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
luciolebrune a dit…

Il est vrai, Hervé, qu'une mère qui laisse sans surveillance sa fille de 13 ans pour une séance photos a peut-être la même idée que les parents qui ont laissé dormir leur petit garçon chez Michael Jackson : gagner beaucoup d'argent facilement et rapidement.
Je pense qu'elle devrait donc aussi se retrouver sur le banc des accusés, avec comme charge "proxénétisme aggravé" ou ce qui s'en approche dans la juridiction concernée.
Cependant, j'ai bien vu une interview de Roman Polanski, des années plus tard, libre comme l'air en France, où il disait, revenant sur l'affaire, qu'il avait toujours aimé les très jeunes femmes, et plus encore après la mort [tragique] de la sienne.
Donc, il n'a jamais nié avoir eu des relations avec une gamine de 13 ans, d'ailleurs il a justement plaidé coupable pour négocier afin de laisser tomber le chef d'accusation d'administration de drogue et d'alcool.
Entendons-nous bien : je ne le dénonce pas plus qu'un autre. Je dénonce plutôt le système qui fait que ce genre d'individus bénéficie d'indulgence.
Depuis l'affaire d'Outreau, nous sommes parvenus en France à l'effet inverse : les services concernés : police, justice, assistance sociale, etc. n'osent plus signaler de faits de crainte de reproduire une des plus lamentables erreurs judiciaires que la France ait connue.
Je te remercie d'avoir éclairé la luciole par ton article - c'est aussi ce que j'attends des commentaires, un enrichissement par la contradiction et l'apprentissage de faits nouveaux ou d'un autre angle de vue - et je viens tout de suite le commenter.

luciolebrune a dit…

Mais j'ajouterai quand même, crûment, qu'un homme doit entrer en érection pour avoir un rapport sexuel. Et vues les photos de la gamine, il a quand même un sérieux problème (enfin surtout les gamines).

Nemo a dit…

Distinguons ce qu'il y a lieu de distinguer:
1. Que la mère ait poussé sa fille dans les bras engage sa responsabilité mais n'exonère pas celle du violeur
2. On parle d'un viol - requalifié en simple abus sexuel sur mineur de 13 ans - reconnu par l'auteur qui n'attendait que de connaître l'étendue de la peine. Sa culpabilité ne fait juridiquement pas de doute. Moralement, on peut en discuter mais il ne l'a apparemment jamais contesté.
3. Je trouve anormal qu'il ait échappé à la prison. On ne refait pas le procès. Il a reconnu sa culpabilité point. S'il veut remettre en question le procès, les voies de recours existent.
4. La France n'aurait pas du cautionner (sans pour autant extrader) la fuite d'un pédophile (juridiquement il s'agit d'un acte de pédophilie en France). Un procès aurait dû avoir lieu en France...le silence est pire que tout.

luciolebrune a dit…

1. En effet, Nemo, la responsabilité possible de la mère n'allège nullement celle du violeur. La victime n'en est pas moins une.
2. En effet aussi, il a toujours reconnu l'acte, même après sa fuite, quand il était à l'abri.
3. Oui, il aurait dû assumer son acte en ne fuyant pas.
4. Etant donné qu'il avait la nationalité française, et que la peine encourue aux Etats-Unis était plus lourde que celle encourue en France, je suppose que cela justifie l'absence d'extradition. Pour ce qui est des crimes commis à l'étranger je suppose que la France pouvait alors le juger ? Ce n'est que depuis peu que nous pouvons juger en France les actes de pédophilies commis par nos ressortissants en Asie, mais les accords bilatéraux France-USA, encore plus en cas de refus d'extradition, devaient déjà permettre un jugement en France à l'époque ?

Nemo a dit…

Luciolebrune,

En fait, la difficulté vient du fait que:
a. La France n'extrade pas ses nationaux
b. Procès il y a eu aux Etats-Unis, la France ne pouvait rejuger selon le principe du "non bis in idem".

Il n'empêche que rien n'interdisait la médiation diplomatique qui n'a pas eu lieu.
On aurait certainement abouti à ce que la peine soit prononcée aux Etats-Unis pour être effectuée en France, seule solution un tant soit peu acceptable. (Un peu comme dans l'affaire Bertrand Cantat).

luciolebrune a dit…

Il est vrai que le jugement de culpabilité était déjà prononcé, ne restait à venir que la sentence de peine. Cas particulier, donc, qu'a encore compliqué la fuite entre les deux. Serait-ce donc à ce moment-là que serait intervenue la médiation diplomatique ?
Mais oui, dans cette affaire, les dispositions qui s'imposaient n'ont pas toutes été prises, c'est certain.
S'il y a eu fuite, c'est peut-être parce que le fuyard savait pertinemment échapper à la justice ainsi, d'un côté de l'Atlantique comme de l'autre, puisque la fuite est un facteur aggravant de peine.
Avait-il reçu l'assurance de d'une sorte d'immunité ou bien a-t-il tenté le tout pour le tout ? Plus que troublant...

isabelle.krief@dbmail.com a dit…

Bertrand Cantat a eu l'honneur, malgré l'horreur de son acte, d'accepter le jugement et de purger sa peine. Polanski a eu la lâcheté de fuir ...
quel homme !

Dans le premier cas, le coupable et les victimes (la famille de marie t.) ont pu faire le deuil, quelque part.

Mais dans le second cas, la victime de Polanski ne fera jamais le deuil ; raison pour laquelle, elle préfère oublier car elle a bien compris que ce type là, depuis 30 ans qu'il l'a souillée, meurtrie, aura beau être jugé, sa vie à elle a été gâchée, même si elle dit qu'elle a sa vie, maintenant...

Tu parles ! Il aurait dû se rendre et purger sa peine comme un homme, un vrai !

luciolebrune a dit…

En effet, Isabelle, dans toute cette histoire, la réaction de Roman Polanski a toujours été celle d'un homme qui n'a pas assumé ses actes.
Il a simplement voulu prendre ses 5 mn de plaisir, sans se soucier de bousiller la vie entière de la jeune vie en face de lui... Pur égoïsme, en quelque sorte, comme celui de fuir ses responsabilités par la suite.
Mais je t'avoue que je m'interroge plus sur la complaisance d'autres personnes qui a entouré ces actes mêmes...
Certaines participent du lobby auquel je fais allusion dans l'article, d'autres pensent que, dans la caste à laquelle elles appartiennent, il est bon de se serrer les coudes afin de se placer au-dessus des lois, n'est-ce pas, au cas où... D'autres encore, plus sincères, se laissent convaincre par les discours des 2 premières sortes de personnes. Et c'est d'autant plus facile de tomber dans ce piège car de nombreuses choses peuvent inciter à la sympathie pour cet artiste : son aura, son enfance dans le ghetto de Varsovie, sa mère morte à Auschwitz, son épouse horriblement assassinée ainsi que l'enfant qu'elle portait.
C'est très insidieux, comme sentiment.
Mais cela ne le dédouane en rien d'avoir commis du mal, il faut le rappeler. Il a d'ailleurs déclaré avoir toujours aimé les "très jeunes femmes" (peut-on dire cela d'une gamine de 13 ans), même avant la disparition tragique de la sienne.
Euh, en même tant, Cantat n'a pas pu fuir et n'a pu que purger (la partie obligatoire) de sa peine... mais ceci est une autre histoire.