samedi 10 janvier 2015

Fatigue (7 janvier 2015)





Jamais une statue ne sera assez grande
Pour dépasser la cime du moindre peuplier
Et les arbres ont le cœur infiniment plus tendre
Que celui des hommes qui les ont plantés


Pour toucher la sagesse qui ne viendra jamais
Je changerai la sève du premier olivier
Contre mon sang impur d´être civilisé
Responsable anonyme de tout le sang versé


Fatigué, fatigué
Fatigué du mensonge et de la vérité
Que je croyais si belle, que je voulais aimer
Et qui est si cruelle que je m´y suis brûlé
Fatigué, fatigué


Fatigué d´habiter sur la planète Terre
Sur ce grain de poussière, sur ce caillou minable
Sur cette fausse étoile perdue dans l´univers
Berceau de la bêtise et royaume du mal


Où la plus évoluée parmi les créatures
A inventé la haine, le racisme et la guerre
Et le pouvoir maudit qui corrompt les plus purs
Et amène le sage à cracher sur son frère


Fatigué, fatigué
Fatigué de parler, fatigué de me taire
Quand on blesse un enfant, quand on viole sa mère
Quand la moitié du monde en assassine un tiers
Fatigué, fatigué


Fatigué de ces hommes qui ont tué les indiens
Massacré les baleines, et bâillonné la vie
Exterminé les loups, mis des colliers aux chiens
Qui ont même réussi à pourrir la pluie


La liste est bien trop longue de tout ce qui m´écœure
Depuis l´horreur banale du moindre fait divers
Il n´y a plus assez de place dans mon cœur
Pour loger la révolte, le dégoût, la colère


Fatigué, fatigué
Fatigué d´espérer et fatigué de croire
A ces idées brandies comme des étendards
Et pour lesquelles tant d´hommes ont connu l´abattoir
Fatigué, fatigué


Je voudrais être un arbre, boire à l´eau des orages
Pour nourrir la terre, être ami des oiseaux
Et puis avoir la tête si haut dans les nuages
Pour qu´aucun homme ne puisse y planter un drapeau


Je voudrais être un arbre et plonger mes racines
Au cœur de cette terre que j´aime tellement
Et que ces putains d´hommes chaque jour assassinent
Je voudrais le silence enfin et puis le vent


Fatigué, fatigué
Fatigué de haïr et fatigué d´aimer
Surtout ne plus rien dire, ne plus jamais crier
Fatigué des discours, des paroles sacrées
Fatigué, fatigué


Fatigué de sourire, fatigué de pleurer
Fatigué de chercher quelques traces d´amour
Dans l´océan de boue où sombre la pensée
Fatigué, fatigué

 

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Souvent les chansons que l'on écoute, et que l'on trouve belles, perdent tout charme une fois dénudées sur le papier .

Mais il est aussi des chansons que l'on trouve encore plus belles lorsque l'on les lit .


Amitiés Hervé .

Isabelle Resplendino a dit…

Merci Hervé